thumb|upright|Blason du de Paris.
thumb|upright|Logo du de Paris.
Le arrondissement de Paris est l'un des vingt arrondissements de Paris, la capitale française.
Aux termes de l'article R2512-1 du Code général des collectivités territoriales, il porte également le nom d'« arrondissement de Reuilly »article R. 2512-1 du Code général des collectivités territoriales, sur Légifrance., mais cette appellation est rarement employée dans la vie courante.
Géographie Le est situé dans le sud-est de la ville ; c'est le premier arrondissement de la rive droite de la Seine en suivant le cours du fleuve (avec le 13 sur la rive gauche).
Bordé au nord par les 11 et 20 arrondissements, à l'ouest par le 4 arrondissement, au sud par la Seine et à l'est par les communes de Saint-Mandé et de Charenton-le-Pont, le territoire du comprend également le bois de Vincennes au sud-est.
Avec le bois de Vincennes, sa superficie totale atteint , ce qui en fait le deuxième plus grand arrondissement de Paris (derrière le 16 avec le bois de Boulogne), comptant pour 15 % du territoire de la ville. Sans le bois de Vincennes (), la superficie du est de , ce qui le classe en des plus grands arrondissements du Paris intra-muros.
Marché d'Aligre Le Marché d’Aligre est l’un des marchés les plus emblématiques et populaires de la capitale. Son origine remonte au milieu du XXᵉ siècle, mais ses racines sont liées à l’histoire plus ancienne du quartier et à l’évolution des marchés parisiens. Géographiquement, il se situe sur la place d’Aligre, près de la rue d’Aligre et de la rue de Charenton, dans un quartier populaire et traditionnellement ouvrier du 12ᵉ arrondissement. Il propose un marché couvert et un marché de plein air, 6 jours par semaine, du mardi au dimanche matin. Le marché couvert, contrairement au marché de plein air qui fonctionne les matinées uniquement, est aussi ouvert dans l'après-midi.
Quartiers thumb|250px|Les quatre quartiers administratifs du de Paris. Comme les autres arrondissements, le est divisé en quatre quartiers administratifs : quartier du Bel-Air ( de Paris) quartier de Picpus ( de Paris) quartier de Bercy ( de Paris) quartier des Quinze-Vingts ( de Paris)
Le possède sept conseils de quartiers.
Au sein et au-delà des quartiers administratifs se trouvent des quartiers historiques ou informels : Faubourg Saint-Antoine (en partie dans l’arrondissement) Quartier d’Aligre Quartier de Reuilly
Historique L'historique du arrondissement se confond, pour sa partie ouest, avec celle du faubourg Saint-Antoine, et pour sa partie est avec celles des villages de Bercy et de Saint-Mandé, annexés par la capitale en 1860. L'histoire du bois de Vincennes, rattaché à l'arrondissement en 1929, doit aussi être prise en compte.
Premières occupations et Antiquité C'est dans le qu'ont été mis au jour les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine sur le territoire de Paris. À l'occasion de la construction du centre commercial Bercy Village avec notamment un complexe cinématographique, des fouilles dans le quartier de Bercy ont permis la découverte des vestiges d'un village de la période chasséenne (entre 4500 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, révélant un matériel archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre. Ces découvertes sont visibles au musée Carnavalet. Une rue a été nommée « rue des Pirogues-de-Bercy » pour rappeler l'existence de ce village paléolithique.
Terre de fourrés et de marais, seule une antique voie romaine, reliant le centre de Paris à Meaux et Melun, traverse l’endroit, baigné par les ruisseaux qui descendent des collines de Ménilmontant ou de Belleville.
Moyen Âge vignette|L'abbaye Saint-Antoine-des-Champs, à l'origine du faubourg Saint-Antoine.|alt=|gauche En 1198, Foulques de Neuilly, curé de Neuilly-sur Marne, fonde à la fin du siècle l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs au faubourg Saint-Antoine pour les prostituées repenties, au milieu des marécages.
En 1204, le couvent est transformé en abbaye cistercienne. Des hommes d'armes assurent sa défense sous les ordres directs de l'abbesse, que l'on surnomme « la Dame du Faubourg ». Son église est consacrée à saint Antoine. C'est l'origine de tout le faubourg qui va se créer autour de ce couvent. vignette|Miniature des Très Riches Heures du duc de Berry montrant les chasses royales du bois de Vincennes, et le château de Charles V. Face à ce faubourg populaire, et alors que la ville s'étend et déborde des remparts érigés par Philippe Auguste, le roi Charles V décide, entre 1356 et 1358, de la construction d'une nouvelle enceinte, qu'il pourvoit au revers de la porte Saint-Antoine d'un premier châtelet à deux tours, élevé à la hâte.
La Bastille Saint-Antoine devient, à partir de 1367, un véritable château urbain destiné à protéger la ville à l'est : les deux premières tours sont rehaussées et six autres sont construites. Il sert aussi à protéger le roi en cas de révolte du peuple parisien, puisqu'il permet de sécuriser la route reliant l'hôtel Saint-Pol, résidence du roi à Paris, au château de Vincennes, où Charles V veut établir le centre administratif du royaume. Le bois de Vincennes est en effet, depuis l'avènement des Capétiens, un important domaine de chasses royales.
C'est dans cette forêt de Vincennes, selon la légende, que Saint Louis rend la justice sous un chêne.
Période moderne Bien que coupé de Paris par l'imposante Bastille, devenue prison d'État depuis Richelieu, le faubourg Saint-Antoine participe étroitement à la vie économique de Paris. Depuis ses origines médiévales, il est le faubourg de l'artisanat, et plus spécialement de l'ébénisterie. Il doit son dynamisme à l'abbaye, placée sous la protection des rois de France qui lui accordent des privilèges, notamment, depuis 1471, l'exemption de taxes aux artisans qui travaillent en son enclos.
Les artisans du meuble et les ébénistes s'installent donc très tôt dans le faubourg Saint-Antoine et y développent leur talent, contribuant largement à la réputation mondiale des Arts décoratifs français. À partir du , la Manufacture royale de glaces de miroirs (à l’origine de l’entreprise Saint-Gobain), fait également la célébrité du faubourg.
Au début du , un millier de menuisiers et ébénistes sont ainsi rejoints par une myriade de façonniers, et meublent de leurs créations tous les hôtels particuliers de Paris. De là lui viendra son surnom de « faubourg du meuble ». vignette|La rue du Faubourg-Saint-Antoine.|alt=|gauche Plusieurs dénominations de voies témoignent encore de l’omniprésence des artisans du bois dans ce faubourg : le passage du Chantier, le passage de la Boule Blanche, la cour des Bourguignons, la cour du Bel-Air... C'est également le cas de l'École Boulle, héritière dans ce quartier d'une longue tradition.
Le pouvoir royal intervient par ailleurs fréquemment dans le quartier pour l'embellir, en améliorer l'urbanisme ou en assurer la salubrité ou la sécurité.
Ainsi, sous le règne de Louis XIV, est construite la caserne des Mousquetaires-Noirs. En 1779, le cardinal de Rohan transfère dans cette caserne l'hôpital des Quinze-Vingts.
Le bois de Vincennes est réaménagé par Louis XV : des allées sont tracées et le bois est ouvert au public.
Sous le règne de Louis XVI, un projet, finalement inabouti, de démolition de la Bastille et de création d'une vaste place royale est soumis par l'architecte Maillet. Plus à l'est, le mur des Fermiers généraux, érigé entre 1784 et 1790, est doté à ses portes de barrières d'octroi construites par Claude-Nicolas Ledoux : il en reste notamment, dans l'actuel arrondissement, la barrière du Trône et ses colonnes. vignette|Le château de Bercy. Pendant ce temps des riches aristocrates se font construire à l'écart de Paris des résidences de villégiature, les « folies », comme la folie Rambouillet construite pour Madame de La Sablière, le château de Bercy construit pour Monsieur Malon de Bercy, marquis de Nointel, la folie de Gesvres, la folie de Chaulnes, la maison des champs du duc de Rohan-Chabot, le pavillon Pâris de Montmartel...
Face à ces villégiatures aristocratiques, le Paris ouvrier et populaire du faubourg Saint-Antoine est un foyer d'agitation continu. Il connaît, dès l'Ancien Régime, plusieurs émeutes (comme celle de mai 1750, lancée par une rumeur concernant Louis XV), jusqu'à la Révolution française.
Révolution et vignette|La prise de la Bastille par les habitants du faubourg Saint-Antoine. Composé d'une population durement confrontée aux difficultés économiques tout en participant à la création du luxe de sa clientèle aristocratique, le faubourg Saint-Antoine voit les premiers événements de la Révolution, notamment avec l'émeute Réveillon et le saccage de la folie Titon (avril 1789), la prise de la Bastille (juillet 1789), le début du cortège de l'insurrection conduisant à la prise des Tuileries (août 1792). La section des Quinze-Vingts, formée en 1790, est la plus pauvre de Paris.
C’est dans la partie sud de la « place du Trône-Renversé » (actuelle place de la Nation), que la guillotine a été dressée en juin 1794.
Sur les guillotinées à Paris pendant la Révolution, le sont place du Trône-Renversé, du 26 prairial an II (14 juin 1794) au 9 thermidor an II (27 juillet 1794), soit une moyenne de 30 exécutions par jour.
Les victimes décapitées ont été jetées dans deux fosses communes dans le cimetière de Picpus qui était le jardin du couvent des religieuses chrétiennes assassinées par des révolutionnaires. vignette|Alphonse Baudin sur les barricades du faubourg Saint-Antoine, érigées en 1851. Le faubourg Saint-Antoine demeurera, toute la première moitié du , un important vivier révolutionnaire : révolution de Juillet (1830), révolution de 1848, ou encore barricades érigées en réaction au coup d'État du 2 décembre 1851 et barricades de la Commune de Paris.
À partir de la Restauration, l'actuel arrondissement connaît de nouveaux aménagements : construction de la caserne de Reuilly à la place de l'ancienne Manufacture royale de glaces de miroirs (1830), érection de la colonne de Juillet sur la place de la Bastille (1835-1840), construction de la halle Beauvau (1843), percement de la rue de Lyon (1847), ouverture de l'embarcadère de Lyon (1847), construction de la prison Mazas (1845-1850), inauguration des Arènes nationales (1851)...
Ces travaux sont largement amplifiés lors des grandes percées haussmanniennes qui créeront notamment le boulevard Mazas (1854, devenu le boulevard Diderot), la rue Chaligny (1856), le boulevard de Vincennes (1859, devenu l'avenue Daumesnil), et la rue Crozatier (1861).
Entre 1855 et 1866, sur ordre de Napoléon III, le bois de Vincennes est réaménagé par l'ingénieur Adolphe Alphand, et le jardinier-paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, afin de devenir le contrepoint du bois de Boulogne, situé à l'ouest de Paris, et de fournir « un vaste parc aux populations laborieuses de l'est parisien », selon les vœux de l'empereur.
Création de l'arrondissement moderne vignette|gauche|Mairie du vers 1876 (photographie de Charles Marville). Administrativement, le arrondissement fut créé en 1860, à la suite de la loi du donnant lieu à un nouveau découpage de Paris en 20 arrondissements et à l'extension de la ville par annexion des communes voisines. Le arrondissement est créé par regroupement : d'une partie du 8 des 12 anciens arrondissements de Paris ; d’une partie de l’ancienne commune de Bercy ; d’une partie de la commune de Saint-Mandé.
Le bois de Vincennes, concédé en propriété à la ville de Paris par Napoléon III en 1860, n'est officiellement rattaché au arrondissement que par le décret du .
Histoire contemporaine vignette|La gare de Lyon en 1910.