L'Institut pour les œuvres de religion (IOR), dit la « banque du Vatican », est la principale institution financière du Saint-Siège. L'institut est une banque privée, formellement instituée en 1942 par le pape Pie XII, avec son siège dans la cité du Vatican. L'IOR est à tort considérée comme la banque centrale du Vatican alors que ce rôle revient en fait à l'Administration du patrimoine du siège apostolique (APSA) et l'Autorité d'information financière.

L'IOR a été plusieurs fois au centre de scandales divers dont la faillite de la Banco Ambrosiano.

Depuis 2013, l’IOR a commencé un programme de réforme pour accroître la transparence de l’institution et la conformité à la réglementation internationale.. La première phase du processus de réforme a été terminée en ., et depuis cette date, c'est le Français Jean-Baptiste de Franssu qui a présidé le conseil de surintendance de la banqueLa Tribune : Jean-Baptiste de Franssu, le Français qui dirigera la "banque du Vatican", 9 juillet 2014 jusqu'en avril 2026, date à laquelle le Luxembourgeois François Pauly lui a succédé.

Origine L’ (« Institut pour les œuvres de religion ») a été fondé le par le pape Pie XII. Cet Institut a transformé l'institution précédente, l’Amministrazione delle Opere di religione (« Administration des œuvres de religion » qui n'était en aucune façon une banque)Annuario Pontificio 2007, soumise à une commission cardinalice (la ) et mise en place par le pape Léon XIII, le , cette administration devant selon ses statuts recevoir les capitaux des ordres religieux et du clergé romain (fonds très limités à la disposition du pape après la perte complète des États pontificaux en 1870), les gérer afin de financer les « œuvres de religion ». Ces fonds ont considérablement augmenté dans le cadre du règlement de la Question romaine à la suite des accords du Latran de 1929Lateran Pacts of 1929. En dotant ce nouvel institut de la personnalité juridique, Pie XII peut ainsi facilement transférer ses capitaux à l'étranger et les soustraire aux nazis, et ce grâce au premier président de l'Institut pour les Œuvres de Religion, le cardinal Alberto di Jorio choisi sur recommandation de Bernardino Nogara.

Le but de l'IOR est Annuario Pontificio 2007, .

L'institut n'est donc pas un département de la Curie romaine et n'est donc pas parmi les départements de cette structure administrative centrale de l'Église catholique romaine énumérés sur le site web du Saint-Siège Site officiel du Vatican .

L'IOR n'est pas une banque centrale chargée de la politique monétaire d'un pays et du maintien de la stabilité d'une monnaie et de la masse monétaire.

L'institut ne ressemble pas non plus à une banque normale. Les profits ne vont pas aux actionnaires (qui dans ce cas n'existent pas), mais sont utilisés à des fins religieuses et charitablesL'Osservatore Romano, 24 février 2008 .

L'IOR n'accepte que les dépôts des hauts fonctionnaires de l'Église et des entités rattachées au Saint-SiègeBLEVIN Pierre-Alexis, "Les micro-États européens, étude historique, juridique et fiscale, (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin, Vatican)", Ed. L'Harmattan, 2016, .

Situation actuelle Depuis le , la Deutsche Bank, qui gère les paiements monétiques au sein de la Cité Vaticane, s'est vue dans l'obligation de désactiver l'utilisation de tous ses terminaux électroniques sur ordre de la Banque d'Italie, car le Saint-Siège n'a pas encore atteint les standards requis au niveau international contre le blanchiment d'argent.. Les membres du comité Moneyval (un comité d'experts dépendant du Conseil de l'Europe qui repère notamment les blanchiments des capitaux et les sources occultes de financement du terrorisme) estiment en effet que le Vatican remplit à peine 9 des clés et lui attribuent négatives.. La cité-État vient à peine de débuter depuis 2010 une série de réformes à la suite d'importants scandales financiers ayant impliqué sa banque dénommée l'Institut des Œuvres Religieuses (IOR) et qui gère plus de d'euros. L’IOR s’est trouvé au cours des années au cœur de nombreux scandales notamment sous le mandat de Paul Casimir Marcinkus, ex-directeur de la banque du Vatican. L’établissement était le principal actionnaire du Banco Ambrosiano, banque accusée dans les années 1980 de blanchiment d’argent de la drogue pour la mafia. En , l’IOR refait parler d’elle avec le limogeage de son président Ettore Gotti Tedeschi.. Les États-Unis ajoute en 2012 le Vatican à une liste de 68 États dont la situation est jugée préoccupante, selon le rapport annuel du Département d'État des États-Unis sur la lutte contre le trafic de drogue dans le monde..

Par chirographe en date du , le pape François crée une commission pontificale consultative chargée d'étudier la situation de l'institution et les pistes de réformes en vue de mieux l’harmoniser avec la mission de l'Église universelle et du siège apostolique.. Cette commission est placée sous la présidence du cardinal Raffaele Farina.

En 2014, l'IOR gère clients Rapport annuel - 2014 - de l'IOR appartenant en majorité au clergé catholique, soit environ 7 milliards d'eurosChiffres pour 2013 . En , l'IOR gère clients répartis dans 112 pays. 53 % de ses clients sont des ordres religieux, 12 % de ses clients sont des dicastères de la Curie romaine, des bureaux du Saint-Siège, de l'État de la Cité du Vatican et des nonciatures apostoliques, 9 % de ses clients sont des conférences épiscopales, des diocèses et des paroisses, 8 % de ses clients sont des entités du droit canon, 8 % de ses clients sont des cardinaux, des évêques et des membres du clergé et 8 % de ses clients sont des employés et des retraités du Vatican. Ces clients représentent 5 milliards d'euros de ressources financières en (contre 5,3 milliards d'euros en 2017 et 7 milliards d'euros en 2014).

Les statuts de l'IOR, précédemment réformés par Jean-Paul II en 1990 sont à nouveau revus par François le . Le chirographe définissant les finalités et les modalités de cette réforme. ainsi que les nouveaux statuts. sont publiés le . Ces statuts apportent quelques changements importants: les trois auditeurs internes sont remplacés par un commissaire aux compte externe dont le mandat à une durée maximale limitée, le conseil de surintendance passe de 5 à 7 membres, la mission du prélat est plus précisément définie, et l'ensemble des fonctions dans les organes de direction sont confiées pour des mandats de durée définie et non renouvelables indéfiniment..

Organisation - Administration L'administration est essentiellement gérée par quatre organes: une commission cardinalice de vigilance Les membres de la commission cardinalice, tous cardinaux, sont au nombre de cinq et sont nommés par le pape. Les membres de la commission désignent en leur sein un président. un prélat Le prélat, nommé par la commission cardinalice de vigilance, qui assure le secrétariat de cette commission, assiste aux réunions du conseil de surintendance et promeut la dimension éthique des administrateurs et des employés, afin que leur travail soit conforme aux principes catholiques; un conseil de surintendance Les membres de ce conseil, qui peuvent être des laïcs, sont nommés par la commission cardinalice de vigilance. Le conseil est semblable à un conseil d'administration, composé de sept personnalités qualifiées (banquiers et financier d'origines diverses). Le président de la commission de surintendance est le représentant légal de l'Institut. une direction La direction est composée d'un directeur général et d'un vice-directeur, nommés par le conseil de surintendance. La direction est responsable de toutes les activités opérationnelles de l'Institut et est responsable devant le conseil de surintendance.

Responsables La commission cardinalice de vigilance La commission cardinalice est composée de cinq cardinaux.

Cardinal Giuseppe Petrocchi, italien, archevêque émérite de L'Aquila président de la commission cardinalice Cardinal Luis Antonio Tagle, philippin, pro-préfet du dicastère pour l'évangélisation. Cardinal Konrad Krajewski, polonais, aumônier apostolique Cardinal Emil Paul Tscherrig, suisse, nonce apostolique en et à Cardinal Ángel Fernández Artime, S.D.B., espagnol, pro-préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique.

Le prélat - Prélat de l'institut (par intérim), nommé le .

Le conseil de surintendance Le conseil de surintendance se compose de :

François Pauly (Luxembourgeoise), President depuis le 28 avril 2026 Javier Marín Romano (Espagne), depuis le Georg Freiherr von Boeselager (Allemagne), depuis le Bernard Brenninkmeijer (Néerlandais), depuis le Sheila Marie L. Uriarte-Tan (Philippine), depuis le Elizabeth McCaul (Américaine), depuis le

Direction générale La direction générale est nommée par le conseil de surintendance. Elle est composée de : Gianfranco Mammì, directeur général depuis Ior, Gianfranco Mammì è il nuovo direttore generale, Il Messaggero, 25 novembre 2015.

Controverses

La Banque du Vatican est considérée comme une banque profitable et rentable. Dans les années 1990, la Banque a investi plus de de dollars dans des sociétés étrangères. En 1968, les autorités du Vatican ont embauché Michele Sindona en tant que conseiller financier, en dépit de son passé douteux. Sindona était le principal responsable de l'afflux massif d'argent (technique d'escroquerie de la cavalerie : achats de banques avec les dépouilles de la précédente) quand il a commencé le blanchiment de sommes d'argent issues du narcotrafic lié à la famille Gambino (en prenant une taxe de 50 %) grâce à une société écran nommée « Mabusi ». Cet argent a été obtenu avec l'aide d'un autre banquier, Roberto Calvi, qui a géré la Banque Ambrosiano. Calvi et Sindona étaient membres de la Loge P2Mark Lombardi: Les réseaux mondiaux. Mark Lombardi, Robert Carleton Hobbs, Judith Richards; conservateurs indépendants, 2003 (publié pour l'exposition itinérante de son œuvre, "Mark Lombardi Global Networks»). .

Une théorie apparaît concernant l'empoisonnement de Jean-Paul . Selon celle-ci, Paul Casimir Marcinkus est mis en causeAu nom de Dieu du journaliste britannique David Yallop : en effet, lorsqu'il est devenu pape en 1978, il est informé de suppositions d'actes répréhensibles à la Banque du Vatican et demande à Jean-Marie Villot, le cardinal secrétaire d'État et chef de la Curie papale, de mener une enquête de fond. Jean-Paul meurt 33 jours après son élection, pouvant laisser supposer qu'il avait été assassiné en raison de la découverte d'un scandale. Cette théorie contredit la version officielle du décès du pape mais elle est corroborée par les déclarations du repenti Vincenzo Calcarahttp://www.19luglio1992.com/attachments/663_Memoriali%20di%20Vincenzo%20Calcara%20(english).pdf au juge Paolo Borsellino. La version officielle attribue sa mort à un infarctus ou une crise d'urémie.

Scandale de Banco Ambrosiano

La Banque du Vatican était l'actionnaire principal de Banco Ambrosiano Rupert Cornwell, God's Banker: The Life and Death of Roberto Calvi, Victor Gollancz Ltd, 1984 Malachi Martin - Rich Church, Poor Church (Putnam, New York, 1984) . Le père Paul Marcinkus, directeur de l'IOR de 1971 à 1989, a été inculpé en Italie en 1982 comme complice dans l'effondrement de la Banco Ambrosiano estimé à 3,5 milliards de dollars, l'un des plus grands scandales financiers de l'après-guerre. Banco Ambrosiano a été accusé de blanchiment d'argent de la drogue pour la mafia sicilienne, qui a utilisé Propaganda Due (dite P2), une loge maçonnique, comme intermédiaire. P2 et son vénérable maître, Licio Gelli, ont également été impliqués dans le financement de groupes d'extrême-droite terroristes pendant les années 1970. Comme pour le père Marcinkus, il ne viendrait jamais à un procès en Italie, où les tribunaux ont décidé qu'il possédait l'immunité diplomatique. Il vécut sa retraite à Sun City en Arizona (États-Unis) jusqu'à sa mort le ..