Edward Gierek, né à , aujourd'hui quartier de Sosnowiec, le , et mort le à Cieszyn, est un homme politique communiste polonais.

Issu d'un milieu ouvrier, Edward Gierek vit en France à partir de 1923, travaillant comme mineur dès l’âge de 13 ans. Expulsé en 1934 pour militantisme communiste, il gagne la Belgique, où il participe à la résistance pendant l'occupation allemande. En 1948, il rentre en Pologne, où il commence sa carrière politique au sein du Parti ouvrier unifié polonais.

Il dirige la République populaire de Pologne de 1970 à 1980, jusqu'aux grèves de Gdańsk qui conduisent à l'émergence du syndicat Solidarité.

Biographie Jeunesse et ascension Edward Gierek connut dans son enfance la misère de la condition ouvrière dans un pays pauvre. Alors qu'il est âgé de quatre ans, son père meurt dans un accident à la mine.

Edward Gierek émigre à l'âge de dix ans en France avec sa mère, sa sœur et son beau-père. Après avoir travaillé dans l'agriculture dans la Haute-Saône et dans les mines de potasse d'Alsace, Gierek gagne le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. En 1926, à l'âge de 13 ans, il embrasse la carrière de mineur dans la Compagnie des mines de l'Escarpelle, à la fosse , sise à Leforest.

Il adhère au Parti communiste français et à la CGTU en 1931. En , cette fosse est témoin d'événements tragiques. Une grève éclate au fond du puits. Après 35 heures de lutte, les grévistes remontent et les sanctions tombent. Gierek, comme soixante-dix-sept autres syndicalistes, est l'objet d'un décret d'expulsion de la direction de la sûreté générale. Parmi eux, un autre syndicaliste polonais célèbre, Thomas Olszanski.

Il effectue son service militaire en Pologne, puis arriva en 1937 dans la province de Limbourg en Belgique pour travailler dans les minesJacques Kmieciak, « Edward Gierek, le galibot devenu chef d’État », L’Humanité, 15, 16 et ..

Durant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le (Union des patriotes polonais), une organisation de jeunes résistants communistes.

Retourné en Pologne en 1948, il adhère immédiatement au Parti ouvrier unifié polonais (PZPR) dont il dirige la section de Katowice puis est élu au Comité central en 1954 l'année suivant la mort de Staline.

Il suit à son retour en Pologne des études par correspondance à l'École supérieure des mines de Cracovie.

À partir de 1957, il est secrétaire du Parti pour la Haute-Silésie, principal centre minier et industriel de la Pologne ; il prend ainsi la tête de la faction technocratique du Parti, devenant « l'homme fort » de la Silésie.

Dirigeant de la Pologne Après les émeutes de la Baltique, consécutives à la hausse des prix, en , il remplace au poste de premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais. La nouvelle équipe gouvernementale formée par Gierek est l'une des plus jeunes d'Europe.

Il entreprend alors de moderniser l'industrie polonaise et d'améliorer la disponibilité des biens de consommation.

Initiant des liens avec les États-Unis« Ford-Gierek : la seconde visite d'un président américain en Pologne en trois ans », Le Monde, le 29 juillet 1975. et l'Allemagne de l'OuestAndré Fontaine, déclare au Monde M. Edward Gierek, Le Monde, le 3 octobre 1972., il entretient globalement de bonnes relations avec l'Occident, notamment avec Willy Brandt, Richard Nixon, Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt.

Gierek normalise les relations avec le pape : il rencontre Paul VI en 1977. L'année suivante voit l'élection de , premier pape polonais de l'histoire, qui fait une visite en Pologne en , suivie de près par des autorités inquiètes qui redoutent l'enthousiasme populaire.

Alors que le niveau de vie s'est amélioré dans le début des années 1970, le choc pétrolier entraîne une pénurie et de l'inflation dans le pays. Le syndicat apparaît alors sur les chantiers de Gdańsk. Contrairement à la répression de la grève des chantiers navals de 1970, le syndicat est légalisé après 14 jours de grève au chantier naval Lénine de Gdańsk, via l'accord de Gdańsk du , et il organise son premier congrès le avec 912 délégués.. Il regroupe rapidement 10 millions de salariés sur les 31 de la Pologne.

Cet accord montre de façon évidente que le parti communiste ne pouvait pas être assimilé à la classe ouvrière, ce qui lui supprimait toute légitimité ; d'autre part, il installe une fracture de fait au cœur du dispositif géopolitique de l'Union Soviétique en Europe en isolant l'Allemagne de l'Est.

Ces décisions et la crise déclenchée par le deuxième choc pétrolier achèvent de le rendre impopulaire dans le parti communiste polonais. Il est remplacé par quelques jours après les accords de Gdańsk, puis évincé par le coup d'État de 1981 du général Jaruzelski instaurant l'état de siège. Durant cet état de siège, il est interné pendant un an.

Il laisse dans l'histoire du « socialisme réel », l'expérience (nuancée dans ses résultats) et du moins l'idée d'un développement économique à visage humain et d'accès à la consommation, avec une relative ouverture démocratique qui lui valut son éviction par le parti communiste polonais sur injonction probable de l'URSS, craignant de voir la Pologne trop se rapprocher de l'Occident. Gierek représente par ailleurs, du jeune travailleur militant à l'homme d'État qu'il fut, une figure intègre et humaniste nonobstant son acceptation du cadre soviétique qu'il voulut assouplir, composant une personnalité singulière parmi les dirigeants communistes d'alors.

Hommages Un rond-point portait le nom de Gierek à Sosnowiec, avant d'être débaptisé en 2019 à la suite d'une loi de décommunisation votée en 2016 par le parti Droit et justice au pouvoir malgré l'opposition du conseil municipal s'appuyant sur un référendum local où la grande majorité des habitants avaient voté contre ce changement. En riposte, des élus communistes du Nord de la France ont décidé de donner le nom d'Edward Gierek à des voies publiques, comme à Grenay ou Auby.

Un sondage du quotidien Gazeta Wyborcza de 2004 révèle que Edward Gierek est considéré par 46 % des Polonais comme le meilleur dirigeant du pays depuis la Seconde guerre mondiale.

Notes et références

Annexes

Articles connexes Mineurs westphaliens, Immigration polonaise dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

Liens externes

Bibliographie

Catégorie:Naissance en janvier 1913 Catégorie:Naissance dans le royaume du Congrès Catégorie:Décès en juillet 2001 Catégorie:Décès dans la voïvodie de Silésie Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Diaspora polonaise Catégorie:Député de la Ire législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la IIe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la IIIe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la IVe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la Ve législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la VIe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la VIIe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Député de la VIIIe législature de la Diète de la république populaire de Pologne Catégorie:Résistant polonais Catégorie:Premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais Catégorie:Naissance à Sosnowiec