Le Gang de la Brise de mer est un groupement criminel corse actif depuis la fin des années 1970 qui doit son nom à celui d'un barsitué quai de la Marine, aujourd'hui rebaptisé « Le Méditerranée » du vieux port de Bastia, en Haute-Corse, lieu de réunion pour certains de ses membres.

Ce gang assoit sa réputation sur des actions militarisées et violentes. Il opère jusque dans les années 2000 essentiellement en France continentale, en Corse, ainsi qu'en Suisse et en Russie. La bande est responsable d'une centaine d'attaques à main armée ; parmi elles, un « Casse du Siècle », le braquage de l’Union de banques suisses à Genève (Suisse) le dimanche , l'attaque d'un fourgon de Securipost en 1992 et la prise de contrôle d'un avion Mercure d'Air France en 1992. Le gang est impliqué également dans le blanchiment d'argent sale, notamment dans le milieu du football avec des liens supposés avec le club de Bastia..

Les débuts du gang À la fin des années 1970, plusieurs délinquants âgés de vingt à quarante ans, prennent l'habitude de se réunir dans un bar sur le vieux-port de Bastia, nommé à l'époque « Brise de Mer », et dirigé par un certain Antoine Castelli. Ils se livrent d'abord à de la petite délinquance, pas toujours avec succès du reste - par exemple, à l'occasion d'un braquage, ils se seraient aperçus, une fois arrivés sur place, qu’ils avaient oublié leurs armes. Ils développent d'autant plus leurs activités que la situation politique en Corse se dégrade. Au début de leurs activités, ils ne sont pas pris au sérieux, jusqu'au jour du où il assassinent le parrain du milieu local, Louis Memmi, officiellement restaurateur à Corte en Haute-Corse, pour prendre sa place. Cet acte constituerait le début de leur règne sur l'îleDocumentaire "Vendetta"- France 3.

Les membres principaux ou piliers de la Brise de Mer sont :

- Francis Mariani (qu'on peut comparer de manière approximative au « capo » bien que la hiérarchie ne soit pas formelle au sein de cette association de malfaiteurs mais basée sur des rapports de force), le personnage le plus charismatique, brutal et intrépide de l'organisation, celui qui en impose le plus, suivi par les autres piliers.

- Richard Casanova (qui serait donc le « consigliere » de Francis Mariani, pendant 20 ans son meilleur ami), un homme de l'ombre, mystérieux autant que séducteur, cultivant les appuis politiques et les liens à l'international (Afrique, Italie, Amérique latine..), c'est le pendant nécessaire de Francis Mariani avant de se détacher de lui au tournant des années 2000 et de monter son organisation dissidente avec ses lieutenants Jean-Luc Germani et Jean-Luc Codaccioni, en s'appuyant sur ses alliés : la famille Mattéi-Rogliano (dissidente également de la Brise de Mer depuis 2000 et les coups portés par Alexandre Rogliano sur Pierre-Marie Santucci dans la cour de la prison de Borgo) Michel Tomi, le clan d'Ange-Toussaint Federici aussi appelé Gang des Bergers Braqueurs de Venzolasca et le clan d'Alain Orsoni en Corse du Sud.

Cette alliance entre en opposition violente avec celle formée au nord par les piliers de la Brise de Mer et leurs fils ou proches : Francis et Jacques Mariani, Francis Guazzelli et ses fils Christophe et Richard, le clan autour de Pierre-Marie Santucci, le clan autour de Maurice Costa, le clan autour de Robert Moracchini, notamment, et au sud par les héritiers du clan de Jean-Jérôme Colonna, mort en 2006, à savoir Ange-Marie Michelosi puis son fils Ange-Marie Michelosi Junior et le gang du Petit Bar dirigé par Jacques Santoni, en position dominante dans la région ajaccienne dans les années 2020. Les premiers affrontements entre les hommes d'Alain Orsoni et le Petit Bar remontent au milieu des années 2000 avec l'éclatement de la Société Méditerranéenne de Sécurité, fondée par deux anciens nationalistes alliés militairement dans les années 1990 contre le FLNC Canal Historique, Antoine Nivaggioni (ex-MPA) et Yves Manunta (ex-ANC), et reconvertis dans les affaires. Manunta accuse Nivaggioni de piquer dans les caisses de la société. Ce dernier décide de se venger, alors Manunta se rapproche du Petit Bar. Les deux hommes finiront assassinés quelques années plus tard. Jean-Jé Colonna était proche du corso-africain Robert Féliciaggi, assassiné en 2006, associé puis rival de Michel Tomi. On assiste donc à une Grande Guerre du milieu corse au qui concerne par alliances croisées des structures criminelles du nord et du sud de l'île, ayant de nombreuses possessions sur le continent (Aix-en-Provence, Etang de Berre, Marseille, région parisienne..), des connexions internationales et des appuis dans la Françafrique et qui débute en 2000 avec la bagarre entre Rogliano et Santucci, prend une autre dimension avec la tentative d'assassinat sur Francis Mariani en 2005 qui entrainera en représailles une avalanche d'assassinats à partir de 2006 touchant des membres de la Brise de Mer (Richard Casanova en tête, vengé ensuite par Germani qui assassine Mariani, Guazelli, Santucci, Costa..) et puis des représailles provenant des fils de ces derniers comme Christophe Guazelli qui assassine en 2017 les deux hommes de main de Germani, Tony Quilichini dit Tony le Boucher et Jean-Luc Codaccioni. Cette guerre touche aussi Féliciaggi, Ange-Marie Michelosi Senior, Antoine Nivaggioni, Yves Manunta et de nombreux autres. Ces représailles sont toujours en cours dans les années 2020.

Les autres piliers de la Brise de Mer sont Pierre-Marie Santucci, Maurice Costa, Robert Moracchini, Francis Guazelli, les frères Benedetti, les frères Patacchini, les frères Voillemier entre autres.

Des associés à l'origine d'importance mineure comme Alexandre Chevrière ou Jean-Luc Germani vont ensuite prendre une importance bien plus grande avec les années.

Activités du gang Ces personnes sont soupçonnées de commettre tant en Corse que sur le continent des vols à mains armées en série avec effraction des coffres/clients dans des établissements bancaires en plein jour. À ce moment, on parle de « gang des postiches ». Au total, on dénombre une centaine d'attaques.

Vols à main armée Le premier grand coup répertorié, est un vol à main armée, le , à Bastia, au préjudice d’une agence du Crédit lyonnais au 22 rue César-Campinchi. Profitant du long week-end de Pâques, ils neutralisent le système d'alarme de la banque, mais sont dérangés par la concierge et fuient avec un butin estimé à de francs, en ayant forcé 159 coffres. Le , quatre ou cinq individus cagoulés et armés attaquent un fourgon de la société de Transport de fonds "STF", sur la route impériale à proximité de Bastia. Ils dérobent les armes des convoyeurs et une somme de francs.. En mai 1984, à Toulouse, une fusillade oppose la police à sept individus, qui viennent de fracturer 90 coffres dans une Caisse d'épargne. Un auteur de l'attaque, François G. est interpellé sur place et l'enquête permet d'établir que ses complices appartiennent à la "Brise de Mer". Le , à Neuilly-sur-Seine, une affaire similaire conduit à l'arrestation de trois individus dont deux membres de la même bande. Le , à Nice, Philippe TortosaIl se suicidera par pendaison dans sa cellule en juin 1987 à . alors considéré comme le chef du gang, est arrêté avec cinq de ses complices alors qu'il s’apprêtait à attaquer la salle des coffres de la Société Générale. Les enquêteurs avaient en effet remarqué que la technique employée était toujours la même : un premier hold-up permettait aux bandits masqués de reconnaître les lieux et un deuxième suivait alors un mois plus tardLes exploits du gang des postiches in Chronique de la France et des Français, Larousse, 1987, .. Le , plusieurs malfaiteurs armés notamment d'un bazooka attaquent, rue Capanelles à Bastia, un fourgon de la société SECURIPOST et s'emparent de la somme de francs. Le à Pietralba, cinq individus lourdement armés (lance-roquettes, fusils-mitrailleurs…) et cagoulés attaquent un fourgon blindé de la société SECSO qui revient d'une collecte de fonds en Balagne. Ils dérobent plus d'un million de francs. Dans le cadre de cette attaque, les trois convoyeurs avouent rapidement qu'il s'agit d'un simulacre d'agression et ils dénoncent les organisateurs et acteurs de l'opération : Guy et Gilbert Voillemier, François Santucci, Francis Guazzelli, Christian Leoni et Joël Pattachini. Les frères Voillemier et Guazzelli peuvent être arrêtés. Ils nient les faits. Dès le , le juge d'instruction met en liberté Gilbert Voillemier et Francis Guazzelli qui prouvent par des témoignages qu'ils n'ont pas pu participer à l'agression. Leoni est interpellé le et incarcéré. Les convoyeurs se rétractent. Le juge d'instruction ordonne la remise en liberté de Leoni et Guy Voillemier dès le . Le , la chambre d'accusation de Bastia ordonne le maintien de la détention provisoire du second mais confirme la mise en liberté du premier. Le , le juge d'instruction ordonne la mise en liberté des trois convoyeurs. Ses décisions sont confirmées par la chambre d'accusation le . Finalement, après correctionnalisation, le TGI de Bastia condamne Guy Voillemier et Pastini à d'emprisonnement, les trois convoyeurs à deux ans d'emprisonnement ferme, et ce, par jugement en date du . Les médias insulaires n'ont accordé aucune attention à cette condamnation. Le , deux individus cagoulés et armés interceptent près de Cardo (Haute-Corse) le véhicule à bord duquel ont pris place M. Giordani, convoyeur de fonds au service de la société Transbank, et son épouse. Les malfaiteurs prennent Giordani en otage et ordonnent à son mari de procéder normalement à sa tournée de collecte de fonds et de leur livrer le fourgon à la fin des opérations après avoir éloigné ses collègues. Le convoyeur s'exécute. Les auteurs des faits emportent un butin de trois millions de francs. Un gendarme en permission, témoin de la fin des faits, identifie formellement l'un des auteurs comme Michel Chiappalone. Dès le , estimant que « le témoignage ayant mis en cause Chiappalone n'avait pas montré au cours de la reconstitution toute la force probante souhaitée », le juge d'instruction ordonne la mise en liberté de l'intéressé. Après différents épisodes procéduraux, qu'il serait trop long d'évoquer, l'affaire est correctionnalisée. Michel Chiappalone est condamné par jugement en date de à d'emprisonnement. Mais le tribunal ne décerne pas de mandat à l'encontre du condamné. Le , la cour d'appel de Bastia confirme la condamnation. Michel Chiappalone, directeur salarié et en réalité gérant de fait du café "Palais des Glaces" à Bastia prend la fuite. Il n'a pas été retrouvé à ce jour.

« Casse du Siècle » en mars 1990 Le groupe continue ses larcins après celui-ci et réalise le « Casse du Siècle » le dimanche : un braquage dans une agence de l'Union de banques suisses (UBS) de Genève. de francs suisses, soit de billets, sont dérobés ( de francs français)Investigateur, Le Rapport Marion sur "La Brise de Mer"Le casse du siècle restera un mystère sur leparisien.fr, 13 juin 2004, (Consulté le 15 juillet 2025). Le butin ne sera jamais retrouvé, et sur les neuf personnes concernées par l'enquête, dont André Benedetti, Alexandre Chevrière, Thierry Bringuier et les frères Joël et Jacques Patacchini, aucune ne sera condamnée. L'enquête montrera qu'ils ont disposé de complicités à l'intérieur de la banque.

Prise de contrôle d'établissements de nuit en Corse Plusieurs assassinats sont en rapport direct avec la prise de contrôle d'établissement de nuit par la bande de la Brise de mer. Notamment au détriment des frères Ziglioli , Paul Quatana, Joseph Silvagnoli, Dominique Cortopassi…

Le joyau de la bande est « Le Challenger », ouvert à l'Île Rousse en 1984, considéré à l'époque comme la plus belle boîte d'Europe. Il y a aussi le « Biblos » à Calvi (incendié en 1986), « Le Palladium » à Saint-Florent, le « Starlight » à Calvi, le « Midnight » à Cervione, le « New-Club » devenu « L'Aventure » à Corte et « L'Apocalypse » à Bastia qui est inaugurée par Alain Delon.