thumb|Ancien logo des Instituts américains de la santé. Les Instituts nationaux de la santé (en anglais : , abrégé en NIH) sont des institutions gouvernementales des États-Unis qui s'occupent de la recherche médicale et biomédicale. Ils dépendent du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis et constituent, ensemble, l'agence principale du gouvernement fédéral des États-Unis chargée de la recherche biomédicale et en santé publique. Fondée en 1887, l'organisation dispose de nombreuses installations à Bethesda (Maryland), à Washington ainsi qu'au Research Triangle Park (Caroline du Nord) et de plusieurs antennes réparties sur le territoire américain.
Les NIH mènent leurs recherches scientifiques par l'intermédiaire de leur Programme de recherche interne (IRP) et accordent un financement important à la recherche biomédicale extérieure à son propre travail grâce à leur Programme de recherche externe (ERP). En 2013, l'IRP comptait chercheurs principaux et plus de postdoctorants, ce qui en faisait la plus grande institution de recherche biomédicale au monde.. En 2003, l'ERP représentait 28 % des dépenses annuelles de recherche biomédicale aux États-Unis, soit environ de dollars.. À travers la recherche fondamentale, les NIH ont contribué à l'approbation de la quasi-totalité des médicaments par la Food and Drug Administration (FDA) entre 2010 et 2016..
Parmi leurs réalisations notables figurent la découverte de l'utilité du fluor contre les caries, de l'usage du lithium contre les troubles bipolaires et le développement de vaccins contre l'hépatite, l'Haemophilus influenzae (HIB) et le papillomavirus humain (HPV). En 2012, les NIH regroupaient 27 instituts et centres spécialisés "NIH Intramural Research at the Threshold of a New Era" (PDF). NIH Sourcebook. archivé le 5 janvier 2012, consulté le 20 janvier 2012 |url= https://web.archive.org/web/20120105120850/http://sourcebook.od.nih.gov/oir/IRP_transition.pdf. En 2019, les NIH étaient classés à la seconde place du classement mondial de Nature Index des principaux contributeurs aux publications des sciences biomédicales derrière l'université Harvard (classement réalisé à partir des articles scientifiques publiés entre 2015 et 2018)...
Au milieu des années 2020, les NIH sont fragilisés par des coupes budgétaires arbitraires et politiquement orientées, faites à la demande de l'administration Trump, menaçant des milliers de projets scientifiques majeurs, avec des conséquences négatives annoncées sur la santé publique, la recherche biomédicale et l'intégrité du financement scientifique.
Histoire En 1887, un laboratoire d'études des bactéries, l'Hygienic Laboratory, est intégré au Marine Hospital Service, l'organisme alors chargé des soins aux blessés de guerre de la Marine américaine et qui souhaitait alors étendre ses fonctions aux questions de quarantaine et de recherche scientifique. Le laboratoire était alors basé à l'hôpital de la Marine de New York, sur Staten Island. En 1891, il déménage au dernier étage du Butler Building (Washington). En 1904, il déménage à nouveau vers le nouveau campus de l'Old Naval Observatory (Washington).
En 1901, la Division de la recherche scientifique est créée, composée de plusieurs bureaux de recherche et de l'Hygienic Laboratory. En 1912, le Marine Hospital Service devient le Public Health Service (PHS). En 1922, le PHS crée un laboratoire destiné à la recherche sur le cancer au sein de la Harvard Medical School. Cet événement marque le début des partenariats entre les futurs NIH et les universités.
En 1930, l'Hygienic Laboratory est réorganisé par le et devient l'Institut national de santé (en anglais : , au singulier). Il obtient alors un financement de 750 000 $ afin de construire deux bâtiments dédiés au sein du campus de l'Old Naval Observatory. En 1937, le NIH absorbe la totalité des bureaux de recherche compris au sein de la Division de la recherche scientifique, dont il faisait partie.
En 1938, le NIH déménage à son siège actuel, à Bethesda (Maryland). Au fil des décennies suivantes, le Congrès augmente significativement et progressivement le financement de l'institut. Plusieurs instituts et centres de recherches compris au sein du NIH ont été créés pour répondre à des problèmes scientifiques précis. En 1944, le Public Health Service Act est adopté et l'Institut national du cancer devient une branche du NIH. En 1948, le nom de l'institut passe au pluriel, devenant les Instituts nationaux de la santé.
Dans les années 1960, le virologue et chercheur sur le cancer Chester M. Southam injecte des cellules cancéreuses HeLa à des patients du Jewish Chronic Disease Hospital. Après la démission de trois docteurs refusant de procéder à des injections de ce type sans le consentement des patients, l'expérience gagne un intérêt médiatique considérable. Les NIH étaient l'une des principales sources de financement pour la recherche scientifique de Southam et exigeait des chercheurs qu'il aidait financièrement qu'ils respectent strictement le consentement des patients. Après avoir examiné tous les établissements bénéficiaires de leurs subventions, les NIH ont découvert que la majorité d'entre eux ne respectaient pas scrupuleusement les droits humains de leurs patients. Dès lors, les NIH exigeaient de ces établissements qu'ils mettent en place des protocoles visant à s'assurer que ces droits étaient respectés.
En 1967, la Division des programmes médicaux régionaux est créée afin d'allouer des financements aux recherches sur les , les cancers et les AVC. La même année, le directeur des NIH fait du lobby auprès de la Maison-Blanche afin d'obtenir un meilleur financement fédéral en argumentant que les Américains seraient mieux et plus rapidement soignés. Un comité de conseil est alors formé afin de superviser le développement ultérieur des NIH et de leurs programmes de recherche. En 1971, la recherche américaine sur le cancer était l'une des plus avancées au monde. Le président Richard Nixon signe alors le National Cancer Act, qui crée le Programme national sur le cancer, le Panel présidentiel sur le cancer, le Conseil national sur le cancer et 15 nouveaux centres de recherche, de formation et d'expérimentation.
Le financement des NIH a souvent été une source de dissensions au sein du Congrès, variant selon la couleur politique et les affinités de ses membres avec eux. En 1992, les NIH bénéficiaient de près d'1 % du budget opérationnel fédéral et de plus de 50 % de tous les financements dans le pays pour la recherche médicale, ainsi que 85 % des financements pour la recherche médicale dans les universités. Tandis que le financement gouvernemental pour la recherche dans d'autres disciplines avait augmenté en parallèle de l'inflation du fil des décennies depuis les années 1970, le financement des NIH a pratiquement triplé du début des années 1990 au début des années 2000, bien qu'il soit resté stable depuis.
Jusqu'en 2024, le NIH était (le plus grand bailleur de fonds mondial pour la recherche biomédicale)., une situation qui a changé avec le second mandat de Donald Trump.
En 2025, les NIH font en effet partie des institutions dont les budgets et partenariats ont été les plus ciblés par la seconde administration Trump, via le Dodge (près de 40 % de baisse envisagée., avec aussi un projet d'interdire les subventions qui contribuent à financer de la recherche faite à l'étranger), menaçant mi-205 les emplois scientifiques de grands laboratoires de recherche biomédicale et projets universitaires, mais aussi la poursuite de l'innovation américaine dans de nombreux domaine de la santé (dont la lutte contre le cancer et contre la maladie d'Alzheimer) : un article de la revue Science a en révélé, d'après des documents internes obtenus auprès du NIH, de profondes incohérences dans la procédure de cessations ou gels de subventions à la Recherche scientifique et médicale. Selon cet article, alors que le NIH procédait à l'« examen » de 3200 dossiers supplémentaires, plusieurs projets, bien qu'initialement approuvés après un examen par les pairs rigoureux., ont aussi été annulés pour des motifs a priori politiques et sans rapport avec les objectifs déclarés de l'agence ; une pratique qui interroge quant à la transparence, l'indépendance (Le NIH doit maintenant obtenir une autorisation du Cabinet de D. Trump et du ministère de la Santé et des Services sociaux avant de pouvoir publier de nouveaux avis de financement de subventions, ce qui est un changement radical par rapport aux pratiques antérieures du NIH) et la probité de la gestion financière du NIH, et quant à l'impact potentiel de ces résiliations sur la qualité de la Recherche américaine, suscitant l'émoi et l'inquiétude de la communauté scientifiqueScienceInsider, "Exclusive: NIH documents reveal inconsistencies in grant terminations as agency reviews 3200 more", 13 juin 2025|url=https://www.science.org/content/article/exclusive-nih-documents-reveal-inconsistencies-grant-terminations-agency-reviews-3200...
Selon un rapport détaillé « NIH Grant Terminations Brief (mis à jour le ) », publié par l' Association of American Medical Colleges (AAMC, association basée aux États-Unis, fondée en 1876 pour représenter les écoles de médecine, les hôpitaux universitaires et les sociétés académiques dans le domaine médical), près de 1 424 subventions auraient été résiliées – entraînant une perte de financements de l'ordre de 2,5 milliards de dollars – , dans divers domaines de recherche, y compris des essais cliniquesAAMC, "NIH Grant Terminations Brief Updated May 27", 27 mai 2025 |url=https://www.aamc.org/media/83686/download . L'administration explique aux chercheurs touchés que leur budget était des "dépenses inutiles" et/ou de la recherche "non scientifique" et un comité sénatorial a demandé aux directeur des National Institutes of Health (NIH), Jay Bhattacharya, de préciser qui est vraiment à l'origine des décisions de ces coupes radicales dans le financement de la recherche..
L'administration Trump ne publie pas de données précises sur ses refus de financement. Un scientifique de Harvard a construit une base de données de 2 100 résiliations de subventions du NIH, mais son propre financement a été coupé..
ProPublica a publié en un article intitulé « The Scientific Research Lost Amid the Trump Administration's NIH Cuts », notant que cette stratégie de résiliation massive s'inscrit dans le cadre d'une réorientation très politisé de l'agence, visant à recentrer les financements sur des priorités jugées urgentes par l'administration Trump ; cette analyse met en avant l'exceptionnalité de telles pratiques, qui fragilisent potentiellement la stabilité institutionnelle et l'indépendance de la recherche biomédicale aux États-Unis : ProPublica rapporte l'arrêt de plus de 1 450 subventions, représentant plus de 750 millions de dollars. Une autre analyse a révélé que le NIH a dû mettre fin à 694 subventions en quelques mois (du au ) totalisant 1,8 milliard de dollars..
Mi-2025, un suivi régulier, est fait en mode OSINT et sur la base des chercheurs qui documentent leurs propres pertes de subventions, par Grant Watch, un projet qui suit les annulations de bourses de recherche ou de subventions des agences et laboratoires de recherche scientifique sous l'administration Trump en 2025 (parfois simplement parce qu'un mot fait partie d'une liste de « mots bannis »). est utilisé dans le titre ou le résumé d'un projet), sous forme d'un rapport hebdomadaire (« Weekly Terminated NIH Grants Report », quantifiant les résiliations, en s'appuyant sur le NIH Rescinded Grants Database). Ce travail montre notamment les inégalités géographique de traitement, et par sujets (mots-clé) et mode de financement des subventions annulées, complétant ainsi l'analyse globale de l'impact de ces décisions sur la rechercheGrant Watch, "Weekly Terminated NIH Grants Report", 3 juin 2025.. .