Michèle Métail, née le à Paris, est une poète et artiste qui diffuse ses textes sous forme de . Ses lectures sont souvent accompagnées de projections, d'images, de prélèvements sonores et de rouleaux calligraphiés. Elle prête une attention particulière aux supports de texte. Elle est la première femme cooptée à l'Oulipo en 1975, dont elle s'éloigne à partir de 1998.
Elle reçoit en 1990 le prix IAT de la de Paris, et en 2018 le prix Bernard Heidsieck d'honneur pour l'ensemble de son œuvre.
Parcours Après des études d’allemand, Michèle Métail passe un doctorat de chinois portant sur la poésie chinoise ancienne« Poétique curieuse dans la Chine ancienne : analyse des poèmes de formes variées » sur theses.fr.. Elle y montre que des pans entiers de cette poésie reposent sur des techniques comme celle du palindrome, horizontal ou vertical, ainsi que sur l'utilisation des ressources d'une combinatoire particulièrement raffinée. L'Asie reste ensuite très présente dans son travail, notamment la Chine, le Japon et Taïwan, où elle se rend régulièrement à l'occasion de projets sur les paysages ou sur les traces de poètes (Lu You, , Wang Wei, ), donnant lieu à des publications (La route de cinq pieds (1985-1987)), parfois accompagnées de photographies (Pierres de rêve avec paysage opposé, et sur le Japon notamment Les de l'ère Heisei).
À partir de 1971, elle suit assidûment les activités du Groupe d'études et de réalisations musicales, et rencontre Karlheinz Stockhausen, dont les méthodes de composition ont sur elle une forte influence. Elle se dit proche du groupe poétique expérimental Wiener Gruppe.
Entrée à l'Oulipo en 1975 sur proposition de François Le Lionnais, elle s'en éloigne en 1998 pour des raisons littéraires :
Refusant le texte imprimé pendant vingt ans, elle pratique principalement ce qu'elle appelle des , lectures performées au cours desquelles elle déroule de longs rouleaux de texte, parfois accompagnées d'instruments (gong, bol japonais) ou d'images projetées, les supports de lecture variant à chaque fois.
Œuvres principales
Compléments de noms Ce poème, commencé en 1973, est constitué uniquement d'une suite de substantifs reliés entre eux par « de ». À chaque vers, le complément de nom final disparaît au profit d'un autre, placé au début. La structure initiale provient de la traduction d’un nom composé allemand fait d’agglutinations : der (le capitaine de la compagnie des voyages en bateau à vapeur du Danube)
En 2002, elle compose un passage autonome en allemand, évoquant les du cours du Danube, . Et en 2012, un nouveau passage autonome, en français, Compléments de noms : Poème infini , sur lespressesdureel.com.. Ce passage est publié dans Le cours du Danube – en /vers… l'infini.
Compléments de noms, qui vise à utiliser l'exhaustivité du lexique, mais en n'utilisant chaque mot qu'une seule fois, .
Le choix des mots qui se succèdent ne doit rien au hasard : sont particulièrement recherchées et organisées des figures de rhétorique comme l'apophonie, l'allitération, la catachrèse, l'apocope, la rime ou l'homophonie.
Lors des lectures, des grilles sont superposées au texte, basées sur trois paramètres : le débit (lent à rapide), la nuance (faible à fort) et le caractère (doux à coléreux). Ces grilles sont établies en fonction du lieu de lecture, à partir des relevés météorologiques de la ville, de l'annuaire des marées, ou de tout autre système préalablement définiMichèle Métail, Première décennie - Compléments de noms 1973-1983, Cahiers Loques, non daté. Cité dans ..
Gigantextes Cette série de , commencée en 1979, associe au travail poétique un travail de calligraphie et d'art plastique. Par exemple, le Gigantexte , Zone pavillonnaire, dresse la liste de courantes dans lesquelles apparaît le mot « pavillon » (pavillon de chasse, pavillon de banlieue, pavillon de l’oreille), transposées sur toile dans le code international des signaux maritimesDescription détaillée des ''Gigantextes'', avec illustrations, dans ..
Autant textes à regarder et images à lire, les Gigantextes .
Portraits-robots
Les Portraits-robots sont constitués de de personnes ou de professions, en dix expressions mises sous forme d'inventaire, regroupés en huit chapitres, présentés en rectangles gris à raison de deux par page. Chaque ligne renvoie en général à une partie du corps.
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Autres œuvres Les Poèmes topographiques, série commencée en 1973, sont construits à partir de relevés toponymiques effectués sur des cartes géographiques, réorganisés en fonction de critères sémantiques ou phonétiques.
Cent pour cent, réalisé avec Louis Roquin, est une œuvre à la fois sonore et visuelle, un leporello dont chaque page comprend trois niveaux : un collage d'instruments, une partition visuelle, un poème. Celui-ci est écrit à partir d'un mot contenant le son [san] et n'emploie que les lettres de ce mot.
Toponyme : Berlin est constitué de photographies prises dans les reflets vitrés des immeubles modernes, associées à des poèmes reprenant les dimensions des images, tirées en 10 x 15, soit de chacun.
Bibliothèque oulipienne
Portraits-Robots, BO fascicule 21, 1982. Cinquante poèmes corpusculaires, fascicule 33, 1986. Filigranes, fascicule 34, 1986. Cinquante poèmes oscillatoires, fascicule 35, 1986. Petit atlas géo-homophonique des départements de la France métropolitaine et d'outre-mer, fascicule 39, 1990 : . Cinquante poèmes oligogrammes, fascicule 50, 1990 : .
Éditions Michèle Métail, Louis Roquin, Cent pour cent, Despalles éditions, 1998. Les Horizons du sol. Panorama, CipM/Spectres Familiers, , 1999 . Mandibule, mâchoire - poèmes désarticulés & collages. Accompagné de Mandibule Music de Louis Roquin. Livre + CD, Ed. La Chambre 2000 . 64 poèmes du ciel et de la terre, Tarabuste, 2000 . Dialogues – trois pièces microphoniques, VOIXéditions, Richard Meier, 2002. Toponyme : Berlin. Dédale – cadastre – jumelage – panorama, Tarabuste, 2002 . Voyage au Pays de Shu (Journal : 1170 - 1998 & Anthologie), Tarabuste, 2004 . L'un, l'autre : esperluette, en collaboration avec Louis Roquin, Marcel le Poney, 2008. La route de cinq pieds (1985-1987), Tarabuste, 2009. Anatomie de la littérature en vingt-six planches rehaussées de couleurs & Fichier Casanova. Anatomie du libertinage, VOIXéditions, Richard Meier, 2010. Le vol des oies sauvages. Poèmes chinois à lecture retournée. ( - ), Tarabuste, 2011. Le cours du Danube – en /vers… l'infini, Les Presses du réel, 2018 Berlin, Trois rues et vues, Tarabuste, 2019 Portraits-robots, Les Presses du réel, 2019 Pierres de rêve avec paysage opposé, LansKine, 2019 Mono-multi-logues – Hors-textes & Publications orales (1973-2019), Les Presses du réel, 2020 Le paysage après Wang Wei, LansKine, 2021 Les 500 inconnues de l’ère Heisei, LansKine, 2024.
Livres écrits en allemand :
2888 Donauverse. Aus einem unendlichen Gedicht, Edition Korrespondenzen, Wien, 2006. Die Zwischensprache, Wallstein Verlag, 2022. Beschreibung einer unsichtbaren Rede. Dans « Aber jetzt ist Schluss », Fischer Verlag, 2024.
Expositions
Expositions personnelles « Cent pour cent » (en collaboration avec Louis Roquin), Galerie Lara Vincy, Paris, - « Gigantexte : Les lettres sont des insectes pris dans le filet des mots », Galerie Lara Vincy, Paris, - « 64 poèmes du ciel et de la terre », CipM, La Vieille Charité, Marseille, - « L'un, l'autre : esperluette » (en collaboration avec Louis Roquin), Le mazet, Lasalle, juin- « Forêt de stèles. Gigantexte », Musée de la vallée de la Creuse, Eguzon, 6- « X-Libris. Gigantexte », CipM, La Vieille Charité, Marseille, - « Le cours du Danube. Gigantexte », CipM, La Vieille Charité, Marseille, - « C’est parce que les mots », Commissariat Sally Bonn, Galerie des grands bains douches de la Plaine, Marseille, - « Topo/phono/graphes », Commissariat Michaël Batalla, CipM, a Vieille Charité, Marseille, - « Les 500 inconnues de l’ère Heisei. Gigantexte », 1er au , LE LIEU, Centre en art actuel, Québec, Canada
Expositions collectives « Trans-positions », avec Louis Roquin et Bernard Heidsieck, La Coopérative, Centre d'art et de littérature, Montolieu, - « Les cinq ans du prix littéraire Bernard Heidsieck » 8 au , Centre Pompidou, Paris « Les nouveaux ambassadeurs », Commissariat Laurent Cauwet, 19 au , EL TALLER (13) TREIZE, Ille sur Tet « ELLE(S). Poétesses intermédia en France de 1959 à 2022 », Commissariat François Massut, au , Musée Rimbaud. Charleville Mézière
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Entretiens Entretien avec Vincent Barras, dans Poésies sonores, Genève, Contrechamps, 1992. Lire en ligne. Femme, Oulipo, poésie sonore, musique, entretien avec Camille Bloomfield, 2011. Lire en ligne. Poésie : travaux publics, entretien avec Anne-Christine Royère, Les Presses du réel, 2019. Lire en ligne. Entretien avec Emmanuèle Jawad, Diacritik, . Lire en ligne. Entretien avec Paul de Brancion, Chute libre : entretien avec Michèle Métail (Le Paysage après Wang Wei), Diacritik, . Lire en ligne De l'électro-acoustique au poème-partition. Entretien avec Camille Bloomfield, Ut musica poesis. Poésie visuelle et sonore au Moyen Âge et aujourd'hui, sous la direction de Nathalie Koble et Amandine Mussou, Éditions Macula, 2024, .
Ouvrages critiques . .
Articles critiques Camille Bloomfield, « Michèle Métail, contraintes & contiguïtés », Entre jeu et contrainte : pratiques et expériences oulipienne, V. Mikšić et É. Le Calvé-Ivićević (dirs.), actes du colloque international « Ecriture formelle, contrainte, ludique : l’Oulipo et au-delà », Meandar Media, 2016, . . .
Liens externes Notice et ressources sur le site du Cipm: Michèle Métail
Lien audio Poésie ininterrompue, extrait, France Culture, 1978 () Poésie avec Michèle Métail, L'heure bleue, France Inter, ()
Lien vidéo Hommage à Bernard Heidsieck, Centre Pompidou, () Poésie infinie, Centre Pompidou, () Soirée Polyphonix/Chaosmose, Centre Pompidou, ()
Notices d'autorité Page de Michèle Métail sur le site officiel de l'Oulipo
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