L'Arlberg-Kandahar (AK) est une épreuve très importante de l'histoire du ski alpin, créée en 1928 en Autriche à Sankt Anton am Arlberg, par les skieurs Arnold Lunn et Hennes Schneider. Elle est à l'origine de la reconnaissance du ski alpin par la Fédération internationale de ski.
À son summum dans les années 1960 et 1970, le lieu de la compétition alternait entre cinq sites : Sankt Anton, Mürren, Chamonix, Sestrières et Garmisch-Partenkirchen.
Histoire Origines du nom Chacune des deux parties du nom « Arlberg-Kandahar » fait respectivement référence à :
Arlberg, le nom d'un col autrichien — qui sépare le Tyrol du Voralberg — près de Sankt Anton, petite ville de montagne où l'école de ski autrichienne inventa une technique de ski ;
Kandahar, le nom d’une ville afghane, porté de manière honorifique par le field marshal britannique « Lord Roberts, de Kandahar, Pretoria et Waterford », lequel avait participé, dans les dernières années du , à la soumission de l’Afghanistan par l’Empire britannique, notamment à la bataille de Kandahar, et qui devint ensuite (en 1903) vice-président du Public School Alpine Sports Club.
En hommage à Lord Roberts de Kandahar, , agent de voyages britannique, organise en 1911 le à Montana., en Suisse, une épreuve en ligne partant du plateau de la Plaine Morte et connue comme une des premières épreuves de descente de l'histoire du ski alpin. Puis en , Lord Roberts, âgé de 82 ans et retraité, meurt d’une pneumonie au début de la Première Guerre mondiale, maladie contractée en rendant visite à des troupes indiennes du Commonwealth stationnées à Saint-Omer dans le Nord de la France. Il a ensuite droit à des funérailles nationales à Londres.
Après la guerre, Arnold Lunn, fils de Henry, fait disputer en 1922 le premier slalom (« course en S » en norvégien) à Mürren, dans l’Oberland bernois. En 1924, il fonde le , réservé aux citoyens britanniques. La même année, les premiers Jeux olympiques d'hiver sont disputés à Chamonix et la Fédération internationale de ski (FIS) est créée. Influencée par les Scandinaves, défendant ainsi les disciplines nordiques, la FIS se montre réticente à la reconnaissance des épreuves de descente et de slalom.
Premières éditions, de 1928 à 1940 En 1928, Arnold Lunn s'associe avec Hannes Schneider, le skieur autrichien le plus célèbre de l'époque, pour organiser une nouvelle compétition alpine : Schneider étant originaire de l'Arlberg, et Lunn tenant à conserver le nom de son club, le , ils décident de la baptiser « Arlberg-Kandahar », qui devient ensuite connue sous son sigle « AK » ; cette nouvelle course combine descente et slalom.
La première édition de l’AK est disputée les et à Sankt Anton, comme les deux éditions suivantes.
Face au succès de l’AK, la FIS, en lors du congrès d'Oslo, accepte d’intégrer les épreuves de descente et slalom dans ses règlements.
Puis, l'épreuve se déroule, à partir de 1931, alternativement entre la station autrichienne de Sankt Anton et la station suisse de Mürren, sauf en 1938 où l'épreuve est annulée à Sankt Ankton en raison de l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne.
L'édition de 1939 a normalement lieu à Mürren ; celle de 1940 ne se déroule pas à Sankt Anton mais en France à Chamonix car l'Autriche, désormais allemande, est en guerre contre ses voisins depuis la déclaration de guerre de .
La guerre se généralise au printemps 1940, car la France est envahie au mois de mai ; puis la guerre s'intensifie sur tout le continent européen : l'Arlberg-Kandahar est suspendu en attendant la fin du conflit. La guerre s'achève en , l'édition de l'AK n'a pas lieu début 1946 car l'Europe n'est pas encore remise de ses blessures majeures.
Reprise après la Seconde Guerre mondiale L'AK reprend début 1947 à Mürren. En 1948, Chamonix devint le troisième site partenaire de la Kandahar, suivi par Sestrières en Italie, et Garmisch-Partenkirchen en Allemagne de l'Ouest dans les années 1950.
L'AK devient la compétition alpine la plus reconnue dans le monde ; et le nom de Kandahar se répand dans le milieu, parmi les noms d'hôtels, de restaurants et de matériels de ski.
Cette compétition se déroule en dehors de l'égide de la Fédération internationale de ski mais est un rendez-vous annuel très prisé des meilleurs skieurs de l'époque. Après les Jeux olympiques et les Championnats du monde, c'est la troisième épreuve la plus prestigieuse. Les plus grands noms du ski alpin figurent à son palmarès.
Avec la création en 1967 de la Coupe du monde de ski, qui l'incorpora dans son programme, l'épreuve perdit de son esprit originel et de son éclat.
Après la création de la Coupe du monde en 1967 La compétition intégrée dans le calendrier de la Coupe du monde continue d'être un évènement marquant de l'année. D'autres stations s'inscrivent au programme de l'AK, bien souvent en remplacement des épreuves annulées précédemment dans la saison : Crans-Montana en Suisse et Sugarloaf aux États-Unis en 1971, Kitzbühel en Autriche en 1972 ou encore Lake Louise au Canada en 1980, etc.,
Au début des années 1970, les difficultés organisationnelles se sont multipliées – Mürren et Sestrières ont abandonné en raison de charges financières excessivesArlberg Kandahar Race. En 1973, seules les stations de Garmisch-Partenkirchen, Sankt Anton et Chamonix restent dans le comité d’organisation.
Après l'année 1997, l'épreuve se déroule à un rythme qui n'est plus nécessairement annuel.
En 2005, le comité d'organisation de l'épreuve de Chamonix abandonne le terme « Arlberg-Kandahar » et conserver uniquement celui de « Kandahar »chamonixworldcup.com, LE KANDAHAR N’EST PAS NÉ ICI PAR HASARD. Une chose similaire se déroule pour le site de Garmisch-Partenkirchen.
La station de Sankt Anton continue d'utiliser le nom d'Arlberg-Kandahar. Les compétitions rentrent dans la classification de la Coupe du monde en 2004, 2007, 2013, 2021, 2023 et 2026, et les éditions 2022 et 2026 pour la Coupe d'Europe|https://www.worldcup-stanton.com/en/siegerinnen/ Winners Arlberg Kandahar Race].
Postérité du « Kandahar » L'AK s'est disputée dans la station française de Chamonix en 1948, 1952, 1957, 1963, 1968, 1973 (épreuves femmes uniquement), 1975 (ainsi qu'à Saint-Gervais et Megève), 1978 (ainsi qu'à Saint-Gervais et Megève), 1980, 1994, 1997, 2000 et 2004. Une piste noire de la station est habituellement utilisée à cet effet : la Verte des Houches.
Après l'abandon officiel du nom, l'épreuve se déroulant Chamonix est référencé sous le nom « Coupe du Monde de ski alpin Kandahar ». Elle se déroule en 2005, 2006, 2007, 2008, 2011, 2012, puis les 19 et et les 8 et .
L'édition de 2021 accueillit deux slaloms respectivement les 30 et . Elle vit la en carrière de Clément Noël le . Le 31, c'est le Norvégien Henrik Kristoffersen qui s'imposa.
Le slalom du Kandahar est disputé les 3 et : le Suisse Ramon Zenhäusern s'impose devant le Gréco-Américain AJ Ginnis et l'autre Suisse Daniel Yule.
En 2024, deux descentes et un slalom étaient initialement prévus. Mais par cause de manque de neige et pour des questions de sécurité, les descentes ont été annulées. Néanmoins, le slalom a pu se dérouler le , épreuve remportée par Daniel Yule après une course historique. Le skieur suisse ayant terminé à 1"93 du premier de la première manche, Clément Noël. En deuxième manche, parti en premier sur une piste qui s'est très rapidement dégradée, Daniel Yule a remonté tout le monde, c'est la première fois qu'un tel exploit arrive.
Cinquième site désigné des courses d'Arlberg-Kandahar, Garmisch-Partenkirchen a accueilli les courses en 1954, 1959, 1964, 1970, 1974, 1976, 1979, 1982, 1984, 1985, 1992, 1993. À partir du début du , seul le nom de « Kandahar Garmisch-Partenkirchen » désigne l'épreuve de la Coupe du monde se déroulant sur la piste éponymeskiweltcup-garmisch.com.
A Sestrières, la piste , tracée en 1933 a accueilli l'AK entre 1951 et 1972. Depuis 1990, une nouvelle piste nommée continue d'utiliser le terme de Kandahar et d'accueillir la Coupe du monde.
Palmarès Par année Sous le tableau au sein d'une liste récapitulative, sont donnés — avec un numéro d'ordre — les noms des skieurs (hommes ou femmes) qui ont remporté un « K de diamant »Un skieur ayant totalisé cinq podiums (descente, slalom ou combiné) sur cinq années différentes ou trois podiums et une victoire en combiné sur quatre années différentes est récompensé par un « K de diamant ».. On retrouve tous ces numéros dans le tableau, à l'endroit de la course dont le podium a permis au skieur concerné d'obtenir ce K de diamant : on observe ainsi que la course en question ne mentionne pas nécessairement le nom du skieur concerné car il arrive que le skieur a pu obtenir son K de diamant dans cette course où il était en ou mais non le vainqueur ; c'est pourquoi en 1981, deux skieurs ont obtenu leur K de diamant à l'issue de la même course, il s'agit de Phil Mahre et Herbert Plank à l'issue du combiné.
En gras, épreuves comptant pour la Coupe du monde de ski alpin :