Jean Lefebvre est un acteur français, né le à Valenciennes, dans le Nord, et mort le à Marrakech au Maroc.

Connu pour ses rôles comiques dans des films de Georges Lautner (dont Les Tontons flingueurs), pour la série du Gendarme ou celle de La Septième Compagnie, il a tourné dans plus de cent vingt films..

Il a également été la vedette de nombreuses pièces de boulevard.

Biographie Enfance, formation et débuts Jean Marcel Lefebvre naît le à Valenciennes (avec mentions marginales)., dans une famille de petits industriels, Georges Marcel Lefebvre et de Zélia Louise Mathilde Masquelier.. À l'âge de 18 mois, il est atteint de poliomyélite et reste appareillé jusqu'à l'âge de dix ans.. Il a vécu cette maladie comme un drame dans son enfance mais c'est ce qui a déterminé d'une certaine façon son destin de comique car il a réagi en faisant le clown pour s'attirer la sympathie de ses camarades d'école. Il est surnommé « Fifi l'oiseau » au lycée Henri-Wallon parce qu'il chante bienLise Genet, « Jean Lefebvre : “Jouer un drame ? C'est mon rêve” », Télé 7 jours , semaine du 14 au , page 39..

Ses études pour devenir pharmacien sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Selon une légende très douteuse qu'il entretenait lui-même, il aurait été fait prisonnier, condamné à mort et aurait échappé de justesse au peloton d'exécution. Aucune source historique fiable ne permet de confirmer cet épisode plutôt invraisemblable. Il est réquisitionné comme ouvrier agricole, il s'échappe pour rejoindre sa famille évacuée près de Châteauroux. Il est quelque temps conducteur de tramway à Limoges sur la ligne Hôtel de ville de Limoges-Cimetière de Louyat où il écrase un âne. Il fait aussi du marché noir en vendant des harengs fumés. Il devient ensuite vendeur de sous-vêtements. À la fin de la guerre, il rentre chez lui dans sa maison de Valenciennes, où il travaille quelque temps pour son père, puis entre au Conservatoire de Paris en 1948.

Avec un deuxième prix d'opéra-comique du Conservatoire, il doit, pour complaire à sa famille, faire carrière en tant que chanteur d'opéra in L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, ., mais, repéré par René Simon, célèbre professeur d'art dramatique, il commence à jouer au cabaret au début des années 1950, puis intègre la célèbre troupe des Branquignols avec laquelle il part jouer aux États-Unis pendant deux ans L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, ..

Carrière Après quelques apparitions au cinéma dans les années 1950, il devient l'un des acteurs les plus célèbres de sa génération dans les années 1960-70, tant à l'écran qu'au théâtre, en incarnant souvent le personnage du « franchouillard » gentil et un peu hébété, au « regard triste de cocker » (qualifié ainsi par Lino Ventura). Toujours dans un registre burlesque, il enchaîne ainsi les seconds rôles dans des comédies, faisant de lui un acteur populaire reconnu et apprécié.

vignette|Jean Lefebvre en 1966 dans le film On a volé la Joconde. C'est le film Ne nous fâchons pas (1966) qui lui donne le statut d'acteur de premier plan L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, ..

Parmi ses apparitions notables, citons son rôle de Paul Volfoni (le frère de Raoul alias Bernard Blier) dans Les Tontons flingueurs, de Charly, garçon d'écurie donnant des tuyaux à Jean Gabin dans Le Gentleman d'Epsom, de Goubi dans Un idiot à Paris, d'Arsène, compère — à nouveau — de Blier dans Quand passent les faisans, de Léonard Michalon, petite frappe victimisée par Lino Ventura dans Ne nous fâchons pas, de Fougasse dans la série du Gendarme de Saint-Tropez et de Pithiviers dans La Septième Compagnie. Il reste dans les mémoires pour son comique de l'autodérision, dont il fit la trame de sa carrière.

Le tournage de la série du Gendarme n'aura pas toujours été du goût de Lefebvre. Le Gendarme de Saint-Tropez se fait sans mal, mais à partir du deuxième film Le Gendarme à New York, une brouille entre Lefebvre et Jean Girault apparaît. Le cinéaste l'écarte quelque temps de l'aventure, d'où sa faible présence dans le deuxième film. Lors du troisième film, Le Gendarme se marie, des scènes entre Lefebvre et Geneviève Grad sont tournées mais n'apparaissent pas dans le montage final. Lefebvre reprochera à Louis de Funès de lui voler toutes ses scènes et son temps dans le film. , lui reproche-t-il. Lefebvre acceptera néanmoins de faire partie de l'aventure du quatrième film, Le Gendarme en balade, mais sera absent dans Le Gendarme et les Extraterrestres et Le Gendarme et les Gendarmettes pour cause d'exigences autant artistiques que financières. , conclut-il. Michel Modo avouera :

vignette|En 1974, pour le film italien Commissariat de nuit avec Annie Cordy. À la suite de leur collaboration dans Les Tontons flingueurs, Jean Lefebvre et Bernard Blier se retrouvent souvent dans des comédies sans prétention où leur association rappelle celle des frères Volfoni : Quand passent les faisans en 1965, Du mou dans la gâchette en 1966, C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule en 1974, Un idiot à Paris ou Le Fou du labo 4. Il tourne avec certains des plus grands comédiens, comme Jean Gabin, Louis de Funès, Orson Welles, Richard Burton, Lino Ventura, Bourvil, Paul Meurisse, Jean-Paul Belmondo ou encore Bernard Blier et Michel Serrault, avec lesquels il collabore souvent, ainsi qu'avec de grands cinéastes : Georges Lautner, Philippe de Broca, Roger Vadim, Gilles Grangier, Jean Girault, Costa-Gavras, Yves Robert, Édouard Molinaro, Yves Allégret, Robert Lamoureux ou encore Julien Duvivier. Parieur invétéré et gros flambeur, Jean Lefebvre dilapidait ses cachets au casino d'Enghien-les-Bains au point d'avoir régulièrement des problèmes avec le fisc. Son appétit pour les jeux d'argent oriente sa carrière vers une suite moins glorieuse. En effet, le succès le fuit à partir des années 1980 ; il accepte de jouer dans des films pour rembourser ses nombreuses dettes de jeu et non pas pour la qualité de leur scénario. Il déclare alors : Il gagne pourtant au Loto en 1999 mais ce lot de de francs ne parvient pas à le tirer totalement d'affaire..

vignette|Yves Mourousi et Jean Lefebvre en 1983, à Toulouse. Toutefois, selon un sondage de l'IFOP réalisé en 1981, il est désigné par les Français comme leur troisième acteur comique favori, après Louis de Funès et ColucheCarole Sandrel : « Trente paires de gifles ont fait de Jean Lefebvre une vedette », Télé 7 jours , semaine du 14 au , pages 54-55... Il regrette surtout que le cinéma ne lui ait pas offert un rôle dramatique, comme Coluche avec Tchao Pantin, et déclare qu'il n'attend que ça Télé 7 jours , semaine du 14 au , page 39..

Il se distingue au théâtre en jouant le double-rôle principal de la pièce Les Jumeaux.

Il est aussi l'un des fondateurs de l'émission Les Grosses Têtes, sur RTL, émission à laquelle il participe régulièrement dans les années 1980. Il s'y distingue par ses questions ingénues :

En plus de sa carrière d'acteur, il s'était essayé à l'écriture avec le livre Qu'est-ce qu'elles me trouvent ? ou encore à la chanson avec, entre autres, le 45 tours Le Démon de midi.

Mort Jean Lefebvre meurt le à l'âge de , des suites d'une crise cardiaque dans sa résidence du restaurant La Bohème à Marrakech, au Maroc. Ses funérailles se déroulent à l'église de Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines).

Il est ensuite crématisé et ses cendres sont répandues sur le mont Blanc..

Vie privée Jean Lefebvre se marie quatre fois (dont deux fois avec la même femme) : il épouse en premières noces le à Micheline Reine Grasser dont il divorce le avec qui il aura 3 filles Catherine, Marie-Christine et Caroline ; en deuxièmes noces le à Neuilly-sur-Seine la comédienne Catherine Chassin-Briault, dite Yori Bertin dont il divorce le avant de la réépouser le à . Le couple a un fils, Pascal, puis divorce définitivement le ; il épouse enfin le à Las Vegas Brigitte Jacqueline Françoise Lerebours avec laquelle il n’aura pas d’enfants. il a un fils ainé, Bernard, né hors mariage et élevé par ses parents.

Théâtre

Filmographie Cinéma

Télévision Téléfilms

Séries télévisées

Distinctions Tony Awards 1959 : Special Tony Award décerné à l'ensemble de la distribution du spectacle La Plume de ma tante, joué au Royale Theatre de Broadway.

Box-office

Discographie Albums 1995 : C'est drôle c'que j'plais - Tréma 1995 : Pauvre France

Singles 1968 : On est les minets de la plage / On y va, bonne chance, merci (avec Henri Génès) - Vogue 1971 : Aimons nous les uns les autres / Moi j'drague pas - Philips 1978 : Les Vignes du Seigneur (avec Bernard Dumaine) - Barclay 1981 : Tout baigne dans l'huile (avec Bruna) 1982 ; Le Pied - CBS 1990 : Le Démon de midi Jean Lefebvre a aussi repris la chanson du film Simplet (1942) de Fernandel.

Publications Jean Lefebvre, Pourquoi ça n'arrive qu'à moi, Michel Lafon, 1984 Jean Lefebvre, Mais qu'est ce qu'elles me trouvent, Michel Lafon, 1991

Notes et références

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