Pierre Sonneville, né le à Armentières (Nord) et mort le à Paris, est un officier de marine français et un résistant rallié à la France libre dès 1940 et fait compagnon de la Libération en .
Envoyé en France pour contacter des officiers de marine de la flotte de Toulon à l'époque de son sabordage le , il fonde peu après le réseau Marco-Polo, spécialisé dans le renseignement. En 1944, il est le représentant du général de Gaulle en France, participant notamment à la libération de Paris () et au défilé sur les Champs-Elysees (), aux côtés de Jacques Chaban-Delmas.
Biographie Origines familiales et formation
Il entre à l'École navale en 1930.
Ralliement à la France libre (1940)
Affecté sur le sous-marin ( flottille de sous-marins) en , il quitte Cherbourg à l'arrivée de l'armée allemande en avec plusieurs sous-marins en réparation, incapables de combattre ni de plonger, et les emmène en Angleterre.
À la suite de l'opération Catapult (), il décide de rester et de continuer le combat aux côtés de l'armée britannique et s'engage dans la France libre, instituée par le général de Gaulle lors de son appel du 18 juinLes Combattants de la liberté : Ils n'étaient pas dix mille, La Table ronde, 1968..
Il passe les premiers mois à remettre en état son sous-marin, avec de grandes difficultés d'approvisionnement en pièces détachées, puis effectue quelques missions au large de la Norvège (mouillage de mines, attentes de croiseurs allemands, torpillage d'un cargo...). Son sous-marin nécessitant des réparations importantes, il obtient de la Royal Navy, , un sous-marin tout neuf, qui devient le . Mais, devant attendre plusieurs mois avant l'achèvement du navire, il sollicite le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) pour partir en mission en France.
Durant cette période, il est déchu de la nationalité française et de son grade de lieutenant de vaisseau par le maréchal Pétain (décret du Journal officiel du 13 octobre 1941, extrait reproduit sur le site Parcours de vies dans la Royale).
Mission en France pour le BCRA (1942) Sa mission est de prendre contact avec des marins de la flotte stationnée à Toulon, aux ordres du régime de Vichy, notamment de l'amiral Darlan. Mais, le , a lieu le sabordage de la flotte de Toulon, événement dû à l'invasion par l'armée allemande de la zone libre à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord. Cela rend sa mission initiale inutile.
Création du réseau Marco-Polo Il commence alors à organiser le réseau Marco-Polo, opérant entre Lyon (où se trouve alors Jean Moulin) et la côte méditerranéenne, pour recueillir et transmettre des renseignements intéressants pour les Alliés. Sa qualité d'officier de marine d'active lui assure, bien que venant de Londres, une certaine reconnaissance de la part des personnes qu'il contacte, notamment des officiers français chargés de démobiliser l'armée d'armistice, comme le , de l'armée de l'air, qui lui permettent d'obtenir beaucoup d'informations sur les installations allemandes.
Il échappe à plusieurs reprises à l'arrestation, soit lors de contrôles inopinés, soit parce que les Allemands ont des informations sur lui.
Il quitte la France en laissant le réseau sous la direction de Pierre Montrose, lui aussi officier sous-marinier.
Retour à la marine de la France libre (1943)
De retour en Angleterre, il prend le commandement du Curie et patrouille en mer du Nord puis en Méditerranée, ce qui l'amène à Alger où le général de Gaulle, ayant quitté Londres, a installé le nouveau quartier général de la France libre, devenue la France combattante.
Représentant du général de Gaulle en France au moment de la libération (juin-août 1944) Définitivement affecté au BCRA, il (Jean Moulin ayant été arrêté en ). Il participe à l'organisation de la Résistance et des futures institutions de la veille du débarquement de Normandie () à la libération de Paris (). Il participe à cette libération dans l'état-major du colonel Lizé. Il est présent aux côtés de Jacques Chaban-Delmas, général de brigade des Forces françaises de l'intérieur nommé gouverneur militaire de Paris, au défilé du général de Gaulle sur les Champs-Elysées le .
Il est ensuite affecté au cabinet du général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française.
Carrière ultérieure
Il quitte la marine nationale avec le grade de capitaine de frégate et entre dans la marine marchande.
Mort et funérailles (1970)
Les mémoires de Sonneville (1968) et ses opinions sur de Gaulle En 1968, il publie un ouvrage de souvenirs, Les Combattants de la liberté : Ils n'étaient pas dix mille (Paris, La Table Ronde).
Dans cet ouvrage, en 1940, il n'est pourtant pas gaulliste et montre son hostilité au Général.
Il dresse aussi un bilan très négatif de la situation à Alger en 1943, entre courants politiques (gaullistes, giraudistes, vichystes), militaires en concurrence et hostilité entre Français libres de la première heure et vichystes ralliés depuis .
Décorations
par décret du (5 citations) par décret du (Officier)
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Serge Ravanel, en collaboration avec Jean-Claude Raspiengeas, L'Esprit de Résistance, Paris, Le Seuil, coll. « L'histoire immédiate », 1995 (notamment à propos des relations entre Sonneville et Montrose lors de la création du réseau Marco Polo).
Liens externes Site de l’Ordre de la Libération Site d'Alphonse Lenormand Site des bibliothèques de Paris (organigramme, page 30) « Pierre Marie Sonneville » sur le site Parcours de vies dans la Royale « Capitaine de frégate Pierre Sonneville » sur le site Theatrum Belli
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