vignette|Blasons de deux métiers sur la façade ouest, néogothique, du Palais provincial (à gauche la herse des cherwiers (agriculteurs); à droite, un fer de moulin représentant les meuniers). vignette|Les 32 métiers sur un vitrail du chœur de l'église Saint Jacques. vignette|Livre des 32 métiers (1734) conservé au Grand Curtius à Liège.
Les 32 bons métiers de Liège, qui regroupent les ouvriers manuels selon leur spécialité, sont originellement des groupes d'inspiration religieuse basés sur la solidarité et l'honnêteté professionnelle. Plus tard, ils organisent des corps militaires.
Ils ont chacun leur saint patron, leur local et leurs règles très strictes, un chef, des traditions et des apprentis.
Ils vont subsister jusqu'à ce que la révolution liégeoise, à la fin du , interdise ce genre d'association au nom de la liberté.
Aujourd'hui on peut encore voir les blasons de ces métiers sur un vitrail de l'église Saint-Jacques et sur la façade ouest, néogothique, du Palais provincial.
Historique En Europe, l'origine des corporations de métiers remonte aux collegia de l'Antiquité romaine, on retrouve leur trace au , et c'est en 1288 qu'une première mention d'un métier liégeois nous est connue : les tanneurs. En 1297, ces unions d'artisans liégeois furent fixées à douze et dotées d'une organisation militaire. En 1302, les métiers obtenaient leur premier « maître » au conseil des jurés (conseil communal) et devenaient des collèges politiques.
Le sera remarquable à Liège, car c'est alors que naquit la première volonté de démocratie, de liberté et d'indépendance des métiers et corporations face à une féodalité galopante. Le , on signe la Paix d'Angleur qui décide qu'à l'avenir nul ne pourra plus être ni Maïeur, ni Juré, s'il n'est « ouvrier à main » (manouvrier). En 1330 (Paix de Saint-Nicolas en Glain), ils obtenaient leur reconnaissance officielle du prince et le droit de mettre par écrit leur règlement. Avant 1373, le nombre de « Bons Métiers » est fixé à 32 et n'en changera plus puisqu'il est à cette époque fixé par le nombre de conseillers de la cité de Liège. En 1384, la démocratie était instaurée : le peuple liégeois obtient le droit de choisir tous les membres du conseil de la Cité et les 32 métiers élisent les deux « maîtres à temps » (Bourgmestres) et la totalité des jurés.
Le sera celui des affrontements. Il commencera par la défaite d'Othée en 1408 qui se solda par l'abolition des 32 métiers restaurés par Jean de Wallenrode en 1418. En 1467, Charles le Téméraire confisqua leurs chartes, bannières et tous leurs biens, qui leur furent rendus à sa mort en 1477 par sa fille Marie de Bourgogne.
Tout le fut marqué par une lutte entre le pouvoir princier et les métiers qui finirent par perdre toute initiative politique. Par son Régiment du , Maximilien-Henri de Bavière répartit les 32 métiers en 16 chambres dont les membres nommés à vie, formèrent désormais le corps électoral. Ces chambres étaient composées de 20 nobles, patriciens et rentiers, 10 marchands notables et 6 artisans, qui partageaient avec le prince, l'élection des bourgmestres et du conseil. Ce système s'est maintenu jusqu'à la révolution liégeoise où les chambres cessèrent d'elles-mêmes leurs travaux.
Le dernier vieux métier liégeois descendant directement de l'époque féodale disparu en 1935.
Les 16 chambres regroupant les métiers étaient constituées, chacune, sous le vocable d'un saint :
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