Osorkon est un roi de la , vers 865 à 830 avant l'ère commune, dont la capitale est à Boubastis et Tanis, dans le nord-est du delta du Nil. Il règne environ trente-cinq ans sur l'Égypte.
La période allant de la fin du règne de son grand-père à son avènement est mal connue et trois rois a minima ont régné pendant cette période : le père d'Osorkon , , et les obscurs rois et . Ainsi, son prédécesseur est inconnu : il s'agit peut-être de son père ou bien l'un des deux obscurs Sheshonq. De plus, à son avènement, un roi nommé Horsaïset régnait probablement à Thèbes.
La fin de son règne est aussi mouvementée, car son propre petit-fils, , se proclame roi à Thèbes avant même la fin de son règne tandis que , dont le lien de parenté avec Osorkon est inconnu, monte sur le trône à la mort d'Osorkon et ne règne que sur la Basse-Égypte. Ces évènements mèneront à une longue guerre civile qui affaiblira la dynastie.
Généalogie
Osorkon est le fils de et de la reine Kapes.
Osorkon a plusieurs épouses : (ou Karomama), qui semble être la reine principale, avec qui il a : Sheshonq, grand prêtre de Ptah à Memphis, Hornakht, décédé vers douze ans et dont le titre de grand prêtre d'Amon de Tanis était probablement honorifique ou peut-être prospectif, une fille nommée Karomama comme sa mère et qui est probablement identique à la divine adoratrice d'Amon Karomama Mérytmout, une fille Tashaâkhéper, une fille Taiirmer, Djedmoutiouesânkh, avec qui il a : , général d'Héracléopolis puis grand prêtre d'Amon à Thèbes, Isetemkhébyt, avec qui il a : Tjesbastperet, qui épouse son neveu Takélot, le fils de son frère Sheshonq et son successeur en tant que grand prêtre de Ptah à Memphis.
Osorkon est également peut-être le père d'autres enfants : Tanytsepeh, fille de roi et épouse de Djedptahiouefânkh, fils de , la chronologie semble confirmer un tel lien, le roi , successeur d'Osorkon en Basse-Égypte, il pourrait être son fils ou plus probablement son petit-fils mais un tel lien n'est pas assuré, l'une de ses épouses est en tout cas une arrière-petite-fille du roi, fille de Takélot, le roi , il fait probablement partie de la famille royale mais son lien avec Osorkon est complètement inconnu, il règne à Thèbes en même temps que .
Règne Début Les circonstances de son avènement ne sont pas connues car la période allant de la fin du règne de son grand-père à son propre avènement est obscure. Trois rois a minima ont régné dans un ordre incertain : son père et les obscurs rois et . L'un de ces obscurs rois Sheshonq pouvait être un frère aîné d'Osorkon tandis que l'autre pourrait être un frère de , ces deux rois seraient peut-être morts sans fils comme successeur.
De plus, lors de son accession au trône, il semble qu'un roi était déjà maître de la Haute-Égypte : Horsaïset , peut-être fils de Sheshonq, et donc potentiel cousin d'Osorkon . Toujours est-il qu'il n'est pas attesté à Thèbes avant l'an de son règne, peut-être après la mort d'Horsaïset . Toutefois, il est possible, bien que jugé moins probable, qu'Horsaïset ait été roi plus tardivement dans le règne d'Osorkon et que son petit-fils se soit proclamé roi peu après la mort d'Horsaïset .
Politique intérieure
Imitant la politique de ses glorieux ancêtres, à commencer par celle du fondateur de la dynastie, , il place ses fils aux postes clés du pays. À Memphis, il installe son fils Sheshonq, dont la lignée fera souche à la tête du pontificat memphite. Il nomme également son fils Nimlot général d'Héracléopolis et grand prêtre d'Hérishef, puis (peut-être après la mort d'Horsaïset ) grand prêtre d'Amon à Thèbes, ce dernier laissant sa charge à Héracléopolis à son propre fils . Une fois Nimlot décédé, Takélot prendra sa charge à Thèbes et c'est Djedptahiouefânkh, second fils de Nimlot, qui prendra sa charge à Héracléopolis. Ces deux princes, petits-fils d'Osorkon , feront souche respectivement à Thèbes et à Héracléopolis.
Activité constructrice vignette|gauche|Scène de la fête-Sed d'Osorkon , représentée sur les murs du grand temple de Bastet, à Boubastis.
vignette|Osorkon faisant une offrande au dieu Sokaris, suivi de la déesse Hathor - Relief provenant de Memphis - Musée du Caire.
Le roi est également un grand bâtisseur. Il embellit le temple de Bastet, dans sa ville de Boubastis où il fait bâtir, à l'entrée du grand temple de Bastet, un édifice jubilaire en prévision de la fête-Sed. Ce portail monumental tout en granit est orné d'une colonnade à chapiteaux hathoriques colossaux, dont certains exemplaires sont visibles dans les grandes collections égyptologiques. L'étude des reliefs a révélé une haute maîtrise du bas-relief sur granit, et le programme iconographique des scènes rituelles représentées remonte au moins à la notamment les scènes du même événement représentées au temple de Soleb, fondation jubilaire d'..
À Tanis, un second pylône est ajouté devant le temple d'Amon, un bâtiment à colonnes palmiformes est connu à l'est du temple, mais il ne s'agit peut-être pas de son emplacement d'origine, enfin Osorkon fait déplacer à Tanis énormément de statues et de blocs provenant de Pi-Ramsès que avait lui-même récupéré de constructions de antérieures datant du Moyen Empire. Il intervient également dans la nécropole royale en réaménageant un tombeau préexistant à son profit en y inhumant son fils Hornakht, mort à l'âge de huit ans, et en y réinhumant son père . De plus, le réaménagement de la nécropole qui voit le déplacement des momies de Siamon, et a dans la tombe de .
À Léontopolis, un colosse du Moyen Empire regravé et des blocs inscrits laissent supposer une intervention dans le temple principal de la ville. De plus, la tombe de la reine Kama, de style très proche des tombeaux de la nécropole royale de Tanis, pourrait laisser penser qu'il s'agit de la dernière demeure de l'épouse principale d'Osorkon , la reine Karomama . Il intervient aussi à Memphis, où il fait enterrer son fils Sheshonq.
Le roi est aussi connu en Haute-Égypte, mais plus faiblement : des vases votifs au nom du roi ont été trouvés à Abydos, tandis qu'à Thèbes, les attestations se résument à un décret en faveur du temple d'Amon inscrit sur un mur dans la cour du et trois chapelles à Karnak-Nord, dont l'une était dédiée à Osiris Oup-ished et à Horus-fils-d'Isis, et une deuxième à Osiris Khnem-Maât, dans laquelle Osorkon est associée à la divine adoratrice (et probablement sa fille) Karomama Mérytmout. Il fait aussi restaurer le temple de Khnoum d’Éléphantine, où une stèle de donations évoque l'action d'un fils royal de Koush au nom perdu.
Politique extérieure
Un fragment de statue assise d'Osorkon retrouvée à Byblos témoigne probablement de la continuité des cadeaux diplomatiques aux rois de Byblos faits par les prédécesseurs d'Osorkon . De plus, une jarre au nom d'Osorkon et trouvée dans le palais des Omrides à Samarie prouve les échanges commerciaux entre l'Égypte et le Levant, Levant qui s'est de plus en plus développé depuis l'époque du règne d'Osorkon . Enfin, alors que la menace assyrienne des rois et son fils commence à se faire sentir au Levant et à la suite de la conquête du nord de la Syrie par ces mêmes Assyriens, une coalition composée des royaumes de Hamath, de Damas et d'Israël se met en place et est rejoint par l'Égypte pour laquelle elle envoie seulement mille soldats, Osorkon ne prenant peut-être pas la mesure de la menace assyrienne. La bataille a lieu à Qarqar, sur l'Oronte, et se solde par une défaite assyrienne. L'Égypte reste par la suite spectatrice de ce qu'il se passe au Levant pour plusieurs décennies.
Fin de règne
La date certaine la plus élevée du règne d'Osorkon est l'an , mais non seulement une inscription nilométrique à Karnak datée d'un an lui appartient très probablement, mais aussi un bloc portant une inscription de sa fête-Sed autrefois daté d'un an daterait en fait d'un an , ce qui correspondrait d'ailleurs bien mieux à la teneur de l'inscription qu'il porte. Dans certaines familles de l'élite, trois générations se sont succédé à certains postes, ce qui pousse à rallonger son règne. Enfin, il semble qu'aucun de ses fils ne soit vivant à la fin de son règne : en effet, les postes clés du pays sont tous occupés par ses petits-fils (Takélot à Memphis, Djedptahiouefânkh à Héracléopolis et à Thèbes) tandis que ses successeurs sont également de la génération de ses petits-fils (à nouveau à Thèbes et en Basse-Égypte, qui épouse une fille de Takélot). Certains donnent à son règne une durée de quatre à cinq décennies, bien que Frédéric Payraudeau lui compte seulement trente-six ans de règne.
À Memphis, Sheshonq meurt, et Osorkon le fait enterrer à l'ouest du temple de Ptah, dans une tombe surmontée d'une chapelle le représentant officiant devant les dieux. C'est alors Takélot, petit-fils d'Osorkon, qui succède à son père à la fonction de pontife du clergé memphite. Ce dernier avait pour épouse la propre fille d'Osorkon, Tjesbastperet, qui elle aussi décède avant la fin du règne de son père. Avec son épouse Isetemkhébyt, Osorkon offre alors quatre vases canopes pour le viatique funéraire de leur fille, qui a probablement été enterrée dans la région de MemphisPour une copie des textes qu'ils portent, cf. K. R. Lepsius Abt. . Bl. 255 fig, e, f, g et h..
Dès la génération suivante, ses héritiers vont se disputer le pouvoir entre lignées différentes, et plusieurs rois vont régner en même temps. , alors grand prêtre d'Amon, se proclame roi avant même la fin du règne d'Osorkon , vers 834 avant l'ère commune. , membre de la famille royale et probable petit-fils d'Osorkon , lui succède à Tanis-Boubastis, à ce qui correspond à l'an de . Ceci mènera à une guerre civile, particulièrement en Haute-Égypte où un autre camp, incarné par le roi , contestera le trône à puis à son fils le futur .
Iconographie
90px|gauche|vignette Osorkon nous est rendu célèbre en particulier par la splendide statuette d'or et de lapis-lazuli, dite « triade d'Osorkon », qui se trouve au Musée du Louvre.
Elle représente au centre le dieu Osiris, accroupi sur un socle-pilier ; à sa gauche, debout et effectuant de la main un geste de protection, Isis ; de l'autre côté, et avec le geste symétrique, leur fils Horus. Une inscription comporte la titulature du roi, et des propos d'Osiris lui accordant ses bienfaits.
Sépulture vignette|Vue restituée de la tombe d'Osorkon , et de son fils Hornakht - Nécropole royale de Tanis
Osorkon est enterré à Tanis, dans la nécropole royale, où son tombeau, numéroté NRT , a été retrouvé pillé, par la mission Montet, le .
Il comprenait deux caveaux, dont la décoration et les textes indiquent clairement qu'ils ont été commandés par le roi. L'un d'eux est utilisé par son père ; le second, pour lui-même, est bâti en granit. À la mort de son jeune fils Hornakht, Osorkon fait agrandir son propre caveau, afin d'ensevelir le prince grand prêtre de Tanis, dont le sarcophage a été retrouvé partiellement pillé.
Titulature
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Voir aussi
Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Pharaon de la XXIIe dynastie égyptienne