Melle est une ancienne commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine. Depuis le 1er janvier 2019, elle a fusionné avec les communes de Mazières-sur-Béronne, Paizay-le-Tort, Saint-Léger-de-la-Martinière et Saint-Martin-lès-Melle pour former la nouvelle commune de Melle.
Géographie Le pays autour de Melle est un pays de doux vallonnement, de prairies et de forêts plantées de châtaigniers, de noyers.
La terre composée de sols argileux parsemés de débris calcaires est riche et permet la culture de la luzerne, du trèfle, du sainfoin et du blé.
Situation
La ville est bâtie sur un promontoire situé au centre du plateau mellois.
Située à au sud-est de Niort, à 60 km de Poitiers et à 45 km de Saint-Jean-d'Angély, Melle est le chef-lieu du canton, après avoir été sous-préfecture des Deux-Sèvres jusqu'en 1926.
Melle est sur le chemin de la via Turonensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur l'axe Poitiers-Saintes.
Hydrographie Trois cours d'eau référencés par le Sandre traversent la commune. Il s'agit de la Béronne (nommée ruisseau de la fontaine de triangle par le Sandre). affluent de la Boutonne, le ruisseau du Rivault. et le ruisseau de Vireblanc. qui se jettent dans la Béronne. Il faut ajouter le Pinier, lui aussi affluent de la Béronne ainsi que la Légère et la Berlande situées au sud de la commune.
Transports Melle est traversée par l’ancienne RN 148, cette route nationale, qui a été déclassée en route départementale 948, relie Noirmoutier à Étagnac (RN 141) en passant par Niort. La RN 150 qui allait dans son tracé initial de Lusignan (Poitiers) à Royan en passant par Saintes et Melle a été déplacée et déclassée en route départementale 950.
La ville ainsi que les usines de Melle étaient reliées au réseau de tramway des Deux-Sèvres. Actuellement, la ville est desservie par le Réseau de Transport des Deux Sèvres (RDS) sur la ligne Chef Boutonne-Niort. La gare SNCF la plus proche est celle de Saint-Maixent-l'École, avant celle de Niort.
Communes limitrophes
Toponymie Les formes anciennes du nom, Medolus vers 760 et Metullo au , sont d'origine incertaine ; Mellum en 961. Certains y ont vu une forme corrompue du latin metallum (mine, métal), ou un dérivé de metula (la petite borne). Il est possible que ce nom dérive de la racine celtique metl, bien attestée dans les noms de lieux, dont le sens exact est discuté : hauteurLe Robert encyclopédique des noms propres 2008, Le Robert-Sejer, Paris, 2007 ? enclos ? mais plus certainement moissonneur (metelo-)
Histoire vignette|Carte du Sud-Est des Deux-Sèvres à l'époque gallo-romaine d'après la toponymie et l'archéologie. La présence humaine est attestée sur les lieux dès l'Antiquité, les fouilles archéologiques de Champ-Persé ayant permis de mettre au jour des sépultures des et sMelle Deux-Sèvres, Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Geste Éditions, coll. « Images du Patrimoine », La Crèche, 1993-2006 .
Durant le haut Moyen Âge, Melle fut un centre actif de monnayage, grâce à d'importantes mines d'argent. situées sous la ville et aux alentours. Celles-ci ont été exploitées de 602 jusqu'à au moins 995. Le minerai extrait était de la galène : du plomb contenant de l'argent. Le plomb servit tout d'abord à payer un tribut aux rois francs : sous Dagobert , huit mille livres en étaient envoyées tous les ans à Paris où il servit à la couverture de la basilique Saint-Denis.
Le monnayage fut actif de 768 à 1189. L'atelier monétaire faisait notamment partie des dix ateliers autorisés à maintenir leur activité grâce à un édit de Charles le ChauveEdit de Pîtres du 25 juin 864, promulgué par Charles II le Chauve. de 864. Il était le seul légal pour la grande Aquitaine. Deux types de monnaies étaient frappées : l'obole et le denier.
L'activité dans un atelier est ainsi décrite : « Les lingots étaient taillés en autant de livres que l'on voulait. On martelait les lingots pour les réduire à l'épaisseur des deniers, puis on découpait des petits carrés, on les arrondissait à coups de marteau et on leur donnait le poids voulu. Les matrices (les coins) étaient façonnées par les graveurs, à l'aide de poinçon, pour donner à chaque côté de la pièce, soit un monogramme royal, soit l'effigie de l'empereur, soit le nom de l'atelier. Le coin trouvé à Melle et conservé au musée de Niort porte la légende CARLUS REX FR. Sur le revers d'un denier de Louis le Pieux, sont figurés deux marteaux et deux coins entourés du mot METALLVM (Melle), lieu de l'atelier monétaire. La frappe pouvait avoir lieu : un flan est placé entre deux coins et reçoit à coups de marteau l'empreinte des deux coins »Pierre Riche, La vie quotidienne dans l'empire carolingien, Paris, Hachette, 1973..
De nos jours on peut visiter une petite partie des anciennes mines d'argent, qui sont les plus anciennes visitables d'Europe. Elles précèdent de plusieurs siècles celles de Bohême.
En 848, les Normands atteignent et pillent MelleRobert Favreau, in , p. 132, menés par leur chef Hasting. C'est un peu avant l'an 1000 que l'atelier est transféré à la fois à Niort, à Saint-Jean-d'Angély et à Poitiers. La désaffectation des mines à cette époque est peut-être due à un épuisement des filons, ou à des modifications politiques et économiques. À moins qu'elles n'aient pas résisté à un tremblement de terre.
La ville est livrée à Thomas de Wodestock, fils du roi d’Angleterre Édouard III, en 1363, en application du traité de Brétigny, signé trois ans plus tôtRobert Favreau, , p. 196.
Durant la Cinquième guerre de religion, le duc de Montpensier prend la ville en 1575, après une résistance de trois jours, et fait pendre le gouverneur p. 308. C'est également à Melle que Catherine de Médicis rencontra son neveu et gendre Henri de Navarre, le futur Henri IV en 1586.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1926.
Le , Melle fusionne avec Mazières-sur-Béronne, Paizay-le-Tort, Saint-Léger-de-la-Martinière (Elle-même issue de la fusion des communes de Saint-Léger-lès-Melle et L'Enclave-de-la-Martinière en 1973) et Saint-Martin-lès-Melle qui deviennent des communes déléguées au sein de la commune nouvelle de Melle.
Héraldique
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Démographie Ancienne sous-préfecture du département et capitale du « Pays Mellois », la ville a atteint un maximum de en 1975 mais n'a cessé de perdre des habitants depuis. Cependant la tendance est fortement ralentie dans les années 2000, qui voient la population stagner.
À partir du , les recensements réels des communes de moins de ont lieu tous les cinq ans. Pour Melle, cela correspond à 2006, 2011, 2016., etc. Les autres dates de « recensements » (2009, etc.) sont des estimations légales.
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Économie Melle possède un bureau de la Chambre de commerce et d'industrie des Deux-Sèvres.
Melle mise beaucoup sur le tourisme pour son développement, notamment grâce à son patrimoine exceptionnel, à son image de ville botanique, verte et fleurie.
La commune de Melle est de petite taille dès que l'on quitte la ville on sort assez rapidement de la commune, la plupart des commerces, usines, ateliers, et autres qui entourent la ville sont bien souvent sur le territoire des communes voisines.
Agriculture Les environs de Melle vivent principalement de l'agriculture.
Longtemps Melle fut réputée pour son centre d'élevage de mules et de baudets du Poitou. Ces derniers ont presque disparu du paysage mellois. La motorisation des campagnes a, en effet, mis fin à l'utilisation de cet animal. Les baudets ont équipé pendant des années l'armée. De nombreuses foires étaient organisées, ayant un rayonnement dépassant les frontières de la France.
Industrie chimique vignette|Jean-François Cail, Industriel et père d'Alfred Cail, inventeur d'un système de distillation industrielle d'éthanol. Les « Usines de Melle » et Saint-Léger-de-la-Martinière sont nées au de la production industrielle d'alcool éthylique à partir des betteraves.
Elles ont été créées au départ par Alfred Cail, fils de l'industriel Jean-François Cail sous la forme d'usine produisant du sucre à partir de betteraves sucrières. Après une faillite en 1885, les usines ont été rachetées pour devenir des distilleries d'alcool de betterave. Une unité de production d'alcool absolu est construite en 1910, suivie d'une autre d'acétates vers 1912 (dont la demande sera forte durant la guerre). Avec la Première Guerre mondiale, les usines évoluent vers de la chimie et biochimie industrielle, elles fabriqueront des solvants et produits utilisés pour la confection des explosifs utilisés dans les munitions dont la production devenait intensive. Après plusieurs rachats (dont en 1972 par le groupe Rhône-Poulenc, alors que l'usine faisait travailler 750 personnes), elles produiront notamment de la cyclopentanone (à partir de 1980) et fabriquent maintenant divers produits chimiques, et appartiennent au groupe français Rhodia pour une part et au groupe danois Danisco pour l'autre part.. L'usine Rhodia est une source de risque technologique et de pollution, mais est aussi devenue la seconde entreprise du département, derrière Rougier (fondée en 1923)[À propos] du patrimoine industriel des Deux-Sèvres ; Indicateurs du patrimoine, Geste Editions, 2005, 288 pagesPatrimoine industriel et activivités chimiques, Ministère de la culture, consulté 2010/09/05.
Média La radio D4B basée à Melle est une des dernières radios associatives locales. Elle existe depuis 1982.
Lieux et monuments
Outre ses vestiges des fortifications médiévales, Melle possède trois églises romanes intéressantes. Leur construction est concentrée entre la fin du et le milieu du , ce qui offre en un seul lieu un condensé de l'évolution architecturale de cette époque. On appelle cet ensemble la triade romane de Melle.
Église Saint-Hilaire
Du nom du premier évêque de Poitiers, mort en 367, cette église, la plus vaste des trois, est également la seule à être toujours utilisée en tant que lieu de culte. D'après une charte du , l'église dépendait du prieuré bénédictin de Saint-Jean-d'Angely et fut sans doute donnée à l'abbaye en 961 par Guillaume Tête d'Étoupe, comte de Poitou. À l'origine l'église était en bois. Elle fut remplacée au par l'édifice actuel. Ce dernier fut construit en deux étapes : vers 1090 pour le chœur et le transept, et vers 1150 pour la nef et la façade.
L'église Saint-Hilaire est classée Monument Historique depuis le . Elle est aussi classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998, en tant qu'étape des chemins de Compostelle en FranceSite Unesco.
Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre a été construite en calcaire ocre au début du sur l'emplacement d'un oratoire datant de 950 et dépendant de l'abbaye de Saint-Maixent. Cette première église était cernée par un cimetière carolingienUne société de pierre : Les épitaphes carolingiennes de Melle. Société archéologique et spéléologique du Mellois et le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (Université de Poitiers/CNRS). Présentation d'une exposition..
L'église a été restaurée entre 1965 et 1966 et a retrouvé de nouvelles verrières et une nouvelle toiture.
Elle est classée Monument Historique depuis 1862.
Le plan de l'église est très simple : une large nef menant à un transept à bras plats sur lequel s'ouvrent deux absidioles. Ces dernières épaulent l'abside centrale du chevet. La croisée du transept est surmontée d'une tour carrée percée de quatre baies étroites et couverte d'un toit pyramidal datant de 1466.
Église Saint-Savinien Probablement la moins remarquable des trois mais la plus ancienne, elle est la seule à avoir été construite dans la cité féodale.