vignette|Procession des Pères conciliaires à la basilique Saint-Pierre de Rome, lors du concile Vatican II en octobre 1962.
(latin pour « Lumière des nations »), la constitution dogmatique sur l'Église, est l'une des quatre constitutions conciliaires rédigées par le concile Vatican II. Elle fut solennellement promulguée le par le pape Paul VI, en communion avec les Pères conciliaires, les évêques assemblés l'ayant approuvée par voix contre 5.
Elle est partiellement inspirée de l'encyclique Mystici Corporis Christi, promulguée par le pape Pie XII le , qui définissait l'Église comme le « corps mystique de Jésus-Christ ». Comme c'est la coutume pour les documents de l'Église catholique, son titre est tiré du début de sa première phrase en latin : ().
Contenu Le mystère de l'Église Le peuple de Dieu La Nouvelle Alliance et le Peuple nouveau Le sacerdoce commun L’exercice du sacerdoce commun dans les sacrements Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chrétien L’universalité ou « catholicité » de l’unique Peuple de Dieu Les fidèles catholiques Les liens de l’Église avec les chrétiens non catholiques Les non-chrétiens Le caractère missionnaire de l’Église La constitution hiérarchique de l'Église et en particulier l'épiscopat Les laïcs La vocation universelle à la sainteté dans l'Église Les religieux L'Église en marche : son caractère eschatologique et son union avec l'Église du ciel La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Église Préambule Le rôle de la Sainte Vierge dans l'économie du Salut La bienheureuse vierge et l'Église Le culte de la sainte Vierge dans l'Église Marie, signe d'espérance certaine et de consolation pour le peuple de Dieu en marche
Faits saillants
Le mystère de l’Église (chapitre I) Ce chapitre part du dessein universel de salut du Père, inauguré par la mission du Fils, et continué par la sanctification par l’Esprit Saint. Il articule les différentes images de l’Église, et en particulier celles de l’Église comme royaume et comme corps mystique du Christ. Il présente finalement la nature à la fois visible et spirituelle de l’Église en reprenant l’analogie des deux natures du Christ. Il articule ainsi les deux modèles de l'Église, comme société organisée d'une part et comme corps mystique d'autre part. Ainsi, l’Église continue la mission du Christ avec ses pauvres moyens et ses propres pécheurs. Elle est mystère et sacrement car elle est le signe visible d’une réalité toute spirituelle.
Peuple de Dieu (chapitre II) Le texte pose le principe de la possibilité du salut des non-chrétiens, qui ignorant l'Évangile sont « ordonnés au Peuple de DieuSaint Thomas, Somme théologique III, q. 8, a. 3, ad 1. » : les JuifsRomains 9, 4-5., « peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appelRomains 11, 28-29. », des musulmans, « professant avoir la foi d’Abraham », et de tous ceux qui ignorent Dieu, Dieu voulant, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut1 Timothée 2, 4.. Il est ici question de « ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternelLettre de la Sacrée Congrégation du Saint-Office à l’archevêque de Boston. : Denz. 3869-72. ».
Lumen gentium affirme, soulignant la possibilité du baptême de désir impliciteLe « baptême de désir implicite » s'appuie sur l'idée est que si quelqu'un est droit, généreux, sincère, on peut présumer que s'il avait eu pleine connaissance du Christ et de l'Évangile, il aurait sûrement accepté le baptême et que donc il pourrait être sauvé. L'obligation du baptême est ainsi maintenue, mais dans les faits c'est reconnaître que le salut n'est pas assuré par l'accomplissement d'un rite mais par l'attitude intérieure : le baptême de salut implicite permet à des millions voire des milliards d'hommes que certains croyaient damnés pour l’Éternité de se retrouver dans la même situation dans l'au-delà que les baptisés, baptisés sans le savoir. Le concept de « baptême de désir implicite » permet de rattacher à l'Église souffrante ou triomphante après leur mort des gens qui ne se rattachaient pas à l'Église catholique de leur vivant et de maintenir la vérité de l'adage « hors de l'Église, point de salut ». L'extension de la notion de baptême de désir, puis de baptême de désir implicite implique une rupture avec la théologie de saint Augustin par l'idée d'un salut rendu accessible par le Christ à toute l'humanité à travers le temps et l'espace et pas seulement aux baptisés ; cette idée était présente dès le début de l'Église, les théories de saint Augustin ne constituant pas un dogme de l'Église catholique et n'ayant jamais été admises dans les Églises orthodoxes. : « À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangéliqueEusèbe de Césarée, Praeparatio Evangelica, 1, 1 : PG 21, 28 AB. et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie ».
Lumen gentium n'en affirme pas moins la nécessité pour l'Église catholique de soutenir les missions pour la conversion déplorant que les hommes, égarés dans leurs raisonnements, ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du CréateurRm 1, 21.25. Lumen gentium rappelle le commandement : « Prêchez l’Évangile à toutes créaturesMarc 16, 16.. »
Mariologie (chapitre VIII)
Le chapitre sur Marie fut l'objet de débats. Le plan initial prévoyait un document distinct dédié au rôle de Marie afin de rendre davantage « œcuménique », c'est-à-dire moins offensif pour les protestants, qui voient l'hyperdulie mariale avec soupçon. Cependant, les pères conciliaires ont souligné, avec l'appui du pape, que le traitement de Marie devait être dans la constitution sur l'Église puisque la place de Marie est dans l'Église.
De son côté, le courant traditionaliste Coetus Internationalis Patrum souhaitait l'établissement d'un document spécifique sur la Vierge Marie et sa place dans l'Église et non pas seulement le chapitre VIII de . Il était aussi favorable à la proclamation du dogme de « Marie, médiatrice de toute grâce et corédemptrice. ».
L'idée retenue a finalement été de donner à la Vierge Marie une place importante dans le document sur l'Église, c'est-à-dire de prendre le parti d'évoquer Marie à travers sa place « dans le mystère du Christ et de l'Église », sans la proclamer « corédemptrice ».
Notes et références
Notes
Références
Annexes
Articles connexes II concile œcuménique du Vatican Mystici Corporis Christi Collège apostolique
Liens externes
Laurent Villemin et Georges Chevallier, « La distinction incorporé à / ordonné à dans Lumen gentium : quelles conséquences pour la compréhension du rapport Église/Royaume ? », Recherches de science religieuse, 2011/3, tome 99, p. 371-393 Texte de la constitution dogmatique Lumen Gentium en français sur le site du Vatican
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