vignette|Forêt urbaine récemment plantée (Royaume-Uni), La Forêt urbaine du pays noir, désigne des initiatives et projets collectifs de reboisement de zones urbaines et anciennes friches industrielles vignette|Cely Wood, forêt urbaine de Thames Chase (Upminster, au Royaume-Uni) vignette|La forêt urbaine est aussi un lieu de premier contact avec la nature pour bien des enfants vignette|Partie de la forêt périurbaine « Koumysnaïa Poliana » de Saratov (Russie)

La notion de forêt urbaine est née à la fin du , désignant une forêt ou des boisements poussant dans une aire urbaine. On parlera plutôt de forêt périurbaine quand elle cerne la ville ou sa banlieue.

Elle a fait son apparition principalement au Canada et dans les villes abritant de vastes étendues boisées telles que Bruxelles, Oslo, Londres, Berlin, Stuttgart, Stockholm ou Zurich. Ce concept récent se différencie de la notion de « parc urbain » en accordant plus d'importance à la naturalité, aux milieux et aux services écosystémiques rendus.

Définition

Les forêts urbaines sont d'une grande variété, mais semblent pouvoir être catégorisées en quatre grands types. Tout d'abord, certaines sont des vestiges préservés de la forêt naturelle. Ces boisements ont souvent été réaménagés, comme le bois de la Cambre (en ) au cœur de la ville de Bruxelles. D'autres sont issus de boisements anciens présents avant l'accroissement urbain (et ensuite ouverts au public ou non), parfois en partie pour des raisons de stratégie militaire (comme le bois de Boulogne autour de la citadelle de Vauban à Lille), et souvent pour ménager des parcs de chasse à proximité des lieux de pouvoir (comme les bois de Boulogne et de Vincennes de part et d'autre de Paris). Elles peuvent également trouver leur origine dans des boisements replantés ou artificiellement créés, sur des friches par exemple, en tant que jardin urbain, comme mesure compensatoire, comme lieu d'aménités ou pour protéger la ressource en eau (protection de captage ou de zone d'alimentation de la nappe phréatique). Enfin, il peut s'agir de forêts périurbaines, comme la forêt de Soignes, relique de forêt ancienne de qui couvre à peu près la moitié de la surface de la région Bruxelles-Capitale en Belgique.

ONU, PNUE Sous l'impulsion de l'architecte Stefano Boeri, un mouvement pour les « forêts urbaines », comme outils de régulation climatique a vu le jour en 2017.

En 2018, dans le cadre de l'Objectif de développement durable n° 11 : villes et communautés durables (ODD qui vise à créer des villes inclusives, sûres, résilientes et plus soutenables), lors d'un « Forum mondial sur les forêts urbaines » à Mantoue, la FAO et l'ONU ont lancé une initiative dite Programme mondial des villes forestières, visant à rendre les villes plus vertes, résilientes et durables en intégrant mieux les arbres dans leurs trames vertes Tree cities of the world, consulté le 12 février 2020.

Début 2020, la FAO et la Fondation ont présenté les 59 premières villes inscrites et reconnues par l'ONU comme villes forestières (ce qui nécessite de remplir 5 critères Tree Cities of the World ; Celebrating greener cities worldwide, FAO, consulté le 12 février 2020) : Dublin, Ljubljana, Quito, Paris, Erevan, et des mégalopoles comme New York, San Francisco et Toronto, ou des villes plus petites telles Bradford (Grande-Bretagne), Thunder Bay (Canada), Tempe (Arizona, États-Unis) ou Mantoue (Italie). Selon Hiroto Mitsugi (sous-directeur général de la FAO chargé du département des forêts), . Début , plus d'une centaine d'autres villes s'étaient déjà engagées à participer, en attente pour se qualifier. Il s'agit aussi de former un réseau international de villes qui partageront la connaissance et leurs bonnes pratiques de gestion durable de ces forêts urbaines (et des espaces verts) Des arbres dans la ville : vers une foresterie urbaine durable (FAO), ONU Info .

En Europe Un programme COST « E12 forêts urbaines et des arbres » C. C. Konijnendijk, J. Schipperijn, K. Nilsson (2005), Action Number: E12Urban Forests and Trees - Proceedings , page 296, EU Publications Office (OPOCE), EU-BookShop, , EUR 21524. a réuni plus de 100 experts en arbres urbains et forêts urbaines, représentants 22 régions d'Europe et 70 institutions. Ce groupe a de 1999 à 2001 enquêté sur les pratiques actuelles de plantation dans les villes européennes (surfaces, zones, essences, pratiques de suivi et évaluation, facteurs d'échec…) pour 17 pays, avec parmi les résultats : Un nombre d'arbres de rue par personne très variable, allant de 50 à 80 arbres de rue pour en Europe centrale, jusqu'à seulement 20 arbres pour à Nice ; Souvent, ce sont les mêmes quelques espèces qui sont plantées partout, ; La plantation d'arbres de rue de plus de de circonférence, se fait de plus en plus souvent avec les racines en terre dans une motte enveloppée de toile de jute enveloppée, mais quelques pays utilisent encore des plants à racines nues et des arbres beaucoup plus petits (moins de de circonférence) ; Chaque plantation coûte de moins de à plus de par arbre ; Des sols pauvres, tassés et/ou dégradés, et le creusement fréquent de tranchées (pour les réseaux) sont considérés comme réduisant l'espérance de vie des arbres sains ; Le vandalisme affecte jusqu'à 30 % des arbres nouvellement plantés dans les rues dans certaines villes et villages ; Les pratiques de gestion varient beaucoup selon les villes.

En France vignette|350px|gauche|Taux de boisement (forêts) pour quelques grandes unités urbaines de France (plus de ) et de leur zone d’extension (même zone + ceinture de , distance choisie parce qu'en 2005, les Français des unités urbaines se disaient prêts à faire en moyenne pour aller se promener en forêt), selon l'IFN et l'INSEE, 2006 Projets locaux depuis 2000-2005 En 2006, l'IFN a croisé ses données avec celles du recensement de la population (Insee) pour calculer le taux de forêts sous influence urbaine (forêts susceptibles de subir plus de dérangement pour la faune, mais aussi susceptibles de rendre des services aménitaires supplémentaires pour les personnes). En France, un cinquième du total des forêts regroupe urbaines de plus de et leurs zones d’influence, soit d’hectares boisés. Selon l'IFN, vers 2005,

En termes de surface, Paris, ou plus exactement l'unité urbaine parisienne est dans une situation moyenne (pour le pays), boisée sur 20,1 % de sa surface (dans la moyenne nationale) passant à 21,7 % pour sa zone d’extension, mais la densité de population est de loin plus élevée que dans les autres régions, ce qui laisse supposer une pression intense sur les milieux (forêts fermées à plus de 96 % (c'est-à-dire des milieux couverts d'arbres à plus de 40 % précise l'IFN).

En , la maire de Paris annonce la création de forêts urbaines sur le parvis de l'Hôtel de ville, sur celui de la gare de Lyon, derrière l’Opéra Garnier ainsi que sur les berges . Voir aussi : .. De même, en , le président de Bordeaux Métropole annonce l'objectif de planter un million d'arbres et de . À Lyon, le "Plan Canopée" (3000 arbres supplémentaires par an), adopté en par le Conseil de la Métropole, devrait augmenter de manière significative la couverture de la ville par les arbres et limiter les effets d’îlot de chaleur urbainLancement du Plan Canopée, sur Grand Lyon.. Des actions ponctuelles sont en cours en 2020Lyon : , .

Diversification des essences Afin de réaliser de telles forêts urbaines, la diversification des essences apparaît comme une nécessité. Par exemple, il semble souhaitable, lors du lancement du Plan Canopée à Lyon en 2017, d’atteindre un seuil de 10% d’une même espèce, 15% d’un même genre et 20% d’une même famille. En 2018, pour la forêt de La Duchère, conçue par le botaniste Akira Miyawaki, le boisement préconisé selon une démarche de génie écologique, repose sur la sélection d’un grand nombre d’essences autochtones qui existaient avant l’intervention de l’homme sur le site de plantation, et sur la densité de plantation qui permettra l’émulation et la coopération entre ces essences.. Dans le projet en cours en 2020 au parc de Parilly, le choix des espèces a été fait en prenant en compte le réchauffement climatique c’est-à-dire en imaginant le climat lyonnais beaucoup plus chaud, mais avec des hivers très froids. Les semis (200 graines sur chacune des quatorze espèces) se font avec des espèces méditerranéennes non gélives..

Valeur Les habitants, les aménageurs, urbanistes et élus locaux accordent à la forêt urbaine une valeur environnementale (eau, air, sol, écosystèmes), paysagère, sociale et parfois économique (la productivité n'est pas ce qu'on y recherche, mais la présence d'une forêt urbaine fait nettement grimper la valeur foncière des zones voisines).

Certaines études laissent penser que la demande en forêt urbaine présente (aux États-Unis) une certaine élasticité dépendant du coût d'accès à ces forêts et du revenuPengyu Zhu, et Yaoqi Zhang, Demand for urban forests in United States cities ; Landscape and Urban Planning Volume 84, Issues 3-4, 3 March 2008, Pages 293-300 doi:10.1016/j.landurbplan.2007.09.005 (Résumé).. Aux États-Unis, une enquête a montré que les villes et gestionnaires de forêts urbaines leur accordent aussi une valeur croissante de puits de carbone, éventuellement négociable dans le cadre du marché du carboneUrban forests' potential to supply marketable carbon emission offsets: A survey of municipal governments in the United States ; Forest Policy and Economics, Volume 12, Issue 6, July 2010, Pages 432-438 Neelam C. Poudyal, Jacek P. Siry, J.M. Bowker (Résumé)..

En France, rien qu'en comptant les coûts de déplacement liés aux visites récréatives, la valeur non marchande de la forêt a été évaluée par l'IFN en 2006 à environ d'euros par an, chiffre dépassant la valeur annuelle de la récolte de bois (environ d’euros).

Dans certains contextes, l'arbre et la forêt ont aussi une valeur paysagère de cache visuel ou de tampon sonore, par exemple pour cacher une voie de transport, une usine, une carrière avec une efficacité encore discutée : les premières études et expérimentations sur la propagation du son en forêt datent des années 1940Eyring cf (1946) Jungle acoustics J. Acoust. Soc. Am., 18 pp. 257-270 et n'ont jamais cesséPrice M. ,Attenborough K & Heapn W (1988) Sound attenuation through trees : measurements and models. J. Acoust. Soc. Am. ,8 4, pp 1836-1844Barrière N (1999) Étude théorique et expérimentale de la propagation du bruit de trafic en forêt. École centrale de Lyon ; CSTB (thèse de doctorat)Barrière N, Defrance j (2001) La forêt : Un écran anti-bruit météorologique. 2ème partie : Campagne de mesures dans les Landes. Validation des méthodes de calcul. Acoustique Technique, 24, pp 34-40Chobeau P (2015) Modeling of sound propagation in forests using the transmission line matrix method. Université du Maine (Thèse de Doctorat), en particulier pour prévoir ou modéliser la propagation des ondes sonores. Leurs résultats parfois contradictoires montrent la complexité des problèmes physiques faisant intervenir le sol et le relief, l'hygrométrie et le vent, l'effet de diffusion des feuillages, troncs et branches (et donc leur densité), et la variété des contextes (saison, météo et type de forêt)Defrance J, Jean P & Barrière N (2019) Les arbres et les forêts peuvent-ils contribuer à l’amélioration de l’environnement sonore?. Sante Publique, 1(HS), 187-195..

Difficultés et problèmes spécifiques