, comte de Valois, ou Charles Ier de Valois, dit « le Défenseur de l'Église »., né à Vincennes le Selon la généalogie de Charles de Valois sur le site Medieval Lands.Selon la chronique de Saint-Denis (EX Brevi Chronico ecclesiæ S. Dionysii) : « Cette même année 1270, au cours du Quadragésima, naissance de Charles, fils du roi Philippe et de sa première épouse ». Recueil des historiens de la France, , 145. et mort au PerrayOu à Nogent-le-Roi, voir le père Anselme ou Moréri - cité dans Les Valois, de Patrick Van Kerrebrouck (1990). le , est le quatrième fils du roi Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon. Il est le fondateur de la maison de Valois.

Il reçut en apanage les comtés de Valois, d'Alençon et du Perche, fut roi titulaire d'Aragon (1284-1295), devint en 1290 comte d'Anjou et du Maine, par son mariage avec Marguerite, fille aînée de , roi de Naples ; par un deuxième mariage, contracté avec l'héritière de , dernier empereur latin de Constantinople, il avait aussi des prétentions sur ce titre.

Petit-fils de Louis IX dit Saint Louis, Charles Ier de Valois est fils, frère, beau-frère, oncle et gendre de rois ou de reines (de France, de Navarre, d'Angleterre et de Naples). Il est a l'origine de la deuxième maison capétienne, les Capétiens-Valois en 1328, par son fils . Ses espérances pour le trône, après les décès sans héritiers mâles de Louis X et Philippe V, furent anéanties par sa propre mort (1325).

Enfance et famille Charles est le quatrième fils de , lui-même fils du roi , et d'Isabelle d'Aragon. Ses trois frères aînés sont les princes Louis, Philippe (né en 1268) et Robert (né en 1269).

Lorsqu'il vient au monde au début du printemps 1270Attention, l'année civile ne commençait qu'à Pâques. Les mois de janvier, février, mars, et parfois avril étaient les mois qui finissaient une année. Et, en 1270, Pâques tombe le 13 avril., son père accompagne son grand-père le roi à la huitième croisade. Quelques mois plus tard, en , le roi meurt devant Tunis, laissant le trône à qui rentre en France. Mais sur le chemin du retour, sa mère, la reine Isabelle d'Aragon, meurt en des suites d'une chute de cheval, laissant Charles et ses frères orphelins.

L'enfance de Charles est très mal connue. Son aîné Louis meurt en 1276, faisant de son frère Philippe l'héritier du trône. Son autre frère Robert décède à la même époque. Entretemps, s'est remarié avec Marie de Brabant, avec laquelle il a trois enfants : Louis, futur comte d'Évreux, Marguerite qui épouse , et Blanche qui s'unit au duc d'Autriche .

Roi d'Aragon Le se déroulent à Palerme les Vêpres siciliennes. Mécontents de leur roi Charles d'Anjou, oncle de de France, les Siciliens massacrent ses troupes et le chassent du pouvoir. Peu après, ils offrent la couronne au roi , débarqué à Palerme à la tête d'une flotte aragono-catalane. Par mariage, est lié aux Hohenstaufen, anciens rois de Sicile et ennemis jurés de la papauté. Son armée chasse ensuite de l'île l'armée fidèle à Charles d'Anjou, lequel se réfugie à Naples dans la partie continentale de son royaume.

Furieux et inquiet de cette intrusion aragonaise en Italie, le pape excommunie et lui confisque sa couronne d'Aragon. Le pape prépare par la suite avec le roi de France une croisade anti-aragonaise. Reste à trouver un nouveau souverain pour ce royaume. Leur choix se porte sur le jeune Charles de Valois, fils d'Isabelle d'Aragon, sœur de (Charles épousera par ailleurs en 1290 Marguerite, petite-fille de Charles d'Anjou, afin de renforcer sa position en Sicile).

En , une assemblée réunie à Paris proclame Charles, à quatorze ans, roi d'Aragon sous l'autorité du Saint-Siège, la première de ces couronnes imaginaires qui allaient jalonner son existence. Le , prend l'étendard à Saint-Denis et lance l'expédition contre l'Aragon. Charles l'accompagne. En juin, ils pénètrent dans le royaume, et c'est au château de Llers que Charles est couronné roi par le cardinal légat. Cependant, celui-ci n'ayant aucune couronne à disposition, il doit se contenter de le sacrer avec son chapeau cardinalice, ce qui lui valut le sobriquet de « roi du chapeau ». Cette croisade d'Aragon entreprise par son père tourne bien vite au désastre. La flotte française est détruite à la bataille des Formigues, tandis que la dysenterie décime la troupe. Au retour de la campagne, meurt le à Perpignan. Son fils Philippe le Bel, frère aîné de Charles, devient le roi .

Par le traité d'Anagni, conclu le , la France renonce officiellement à la donation de la couronne d'Aragon qu'avait faite le pape à Charles de Valois.

Sous Philippe le Bel Conseiller de son frère En tant que seul frère germain du roi, Charles de Valois jouit d'une certaine influence au Conseil du roi de France. Toutefois, lui et les autres princes n'ont que peu de prise sur la volonté royale. Philippe le Bel se repose en effet surtout sur un groupe de conseillers issus de la petite noblesse ou de la bourgeoisie que l'on a regroupés sous le nom de légistes : Pierre Flote, Guillaume de Nogaret, Enguerrand de Marigny, Pierre de Latilly.

Premières armes : Hainaut et Guyenne C'est en 1292 que le comte de Valois mène sa première expédition contre Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, accusé de piller des églises confiées à la garde du roi. Charles rassemble une armée à Saint-Quentin qui suffit à effrayer le comte. Escorté par Charles, ce dernier vient se soumettre à Paris.

Un conflit éclate entre la France et l'Angleterre en 1294 : la Guerre de GuyennePhilippe Contamine, Charles Giry-Deloison et Maurice Hugh Keenh, Guerre et société en France, en Angleterre et en Bourgogne, , Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, 1991, 37.. Charles de Valois est chargé d'envahir la Gascogne, alors fief du roi en tant que duc d'Aquitaine. Avec le connétable Raoul de Nesle, il prend Rions le puis Saint-Sever, toutefois rapidement repris par les Anglais. Le conflit tournant à l'avantage des Français, il quitte le Sud-Ouest quelques semaines plus tard, laissant le commandement au comte de Foix.

La première campagne de Flandre (1297) En 1297, Philippe le Bel entre en guerre contre les Flamands qui se sont alliés à l'Angleterre. Charles rejoint l'ost royal à Compiègne le , avant de mener avec le connétable de Nesle une percée vers Orchie qu'il prend sans difficulté. Le , il retrouve son frère devant Lille. Le roi le charge alors de pousser jusqu'en Flandre occidentale. Il balaie une armée yproise sur la Lys le , prend Warneton et pille sauvagement les campagnes environnantes, provoquant la colère et même des représailles de la part des paysans flamands. Après un court retour à Lille, il repart vers le nord en compagnie de son cousin Robert d'Artois. Les deux hommes remportent la bataille de Furnes le .

Charles prend ensuite Courtrai puis rejoint son frère à Bruges, tandis qu' a débarqué à Damme. Il s'empare de cette cité, mettant en fuite la flotte anglaise, mais Édouard s'est depuis longtemps installé à Gand. L'hiver approchant, aucune des armées n'est en mesure de progresser et une trêve est signée en octobre.

récompense très généreusement son frère pour ses faits d'armes. Il érige son comté d'Anjou en pairie et lui offre l'hôtel de Nesle à Paris, qui va devenir sa résidence favorite ainsi que le siège de son administration.

La conquête de la Flandre (1300) vignette|Lettre de Philippe IV le Bel par laquelle il reconnaît devoir à son frère Charles de Valois livres tournois pour les Juifs de tous ses comtés qu’il a vendus, 2 juin 1299. Fin 1299, les trêves successives signées avec la Flandre s'apprêtent à prendre fin, et Philippe le Bel souhaite une reprise des hostilités. Nommé lieutenant du roi et commandant en chef, Charles de Valois prend la tête de l'armée royale à Lens début .

Il reçoit la soumission de Douai dès le , et arrive sans encombre à Bruges, ville pro-française, le . Il envoie deux armées assiéger Damme et Ypres, tandis que lui-même se dirige vers Gand où se sont réfugiés le comte Gui de Dampierre et son fils Robert de Béthune. Il ne réussit pas à prendre la ville, mais brûle les campagnes alentour tandis que le port de Damme, réputé imprenable, tombe aux mains des Français en avril, suivi par presque toute la province.

Enfermé dans Gand, sa dernière place forte, Gui de Dampierre est contraint de se rendre. Le , Charles reçoit sa soumission à Aardenburg. Ses conditions sont douces, ce qui encourage les dernières cités résistantes Audenarde et Ypres à se rendre.

Charles de Valois rentre à Paris le accompagné de ses prisonniers que sont le comte de Flandre, Robert de Béthune et d'autres grands seigneurs flamands.

L'expédition italienne Catherine de Courtenay et le trône de Constantinople

En 1300, deux grandes opportunités s'offrent à Charles de Valois. Veuf depuis la mort de Marguerite d'Anjou l'année précédente, Charles se cherche une nouvelle épouse et trouve un excellent parti en la personne de Catherine de Courtenay, héritière en titre de l'Empire latin de Constantinople en tant que petite-fille du dernier empereur latin . Certes, les droits de Catherine sont faibles puisque l'empire est passé aux mains des Grecs depuis la prise de Constantinople par en 1261, mais ces prétentions peuvent servir à justifier des expéditions en Méditerranée orientale. L'affaire se conclut rapidement entre Charles et Catherine, malgré le droit de regard du roi de Naples. Toutefois, le comte a besoin pour se remarier de dispenses pontificales que le pape marchande.

Le vicaire pontifical Le souverain pontife cherche en effet à pacifier ses États ainsi qu'à chasser les Aragonais de l'île de Sicile. propose au comte de Valois de reconquérir l'île au profit du roi de Naples , son cousin et ancien beau-père. Ce projet avait en fait été envisagé dès 1298. En échange d'une décime et d'autres garanties financières, Charles accepte de se rendre en Italie. Les négociations entre le pontife et Charles de Valois sur les conditions de l'expédition durent près d'un an. Le mariage avec Catherine de Courtenay est célébré le . De plus, Philippe le Bel, peu enclin aux expéditions lointaines, est inquiet du départ de son frère et exige son retour immédiat au cas où le royaume de France serait en danger. Il n'est donc pas question pour Charles d'aller reconquérir Constantinople.

Le nouvel empereur de Constantinople quitte Paris en et s'attarde en route, d'abord en Savoie, puis chez le marquis d'Este. Ce n'est que le qu'il rencontre le pape à Anagni. le nomme capitaine général de l’Église et recteur dans les territoires du Saint-Siège. Il lui accorde en outre le titre paciarius, pour inviter le comte à régler les dissensions qui existent en Toscane.

Passage à Florence thumb|350x350px| recevant le comte de Valois (Chronique de Giovanni Villani, milieu du , Bibliothèque Apostolique Vaticane). Le comte de Valois n'est absolument pas au fait des subtilités et des imbroglios de la politique italienne. Mal conseillé et passablement cupide, il ne va cesser de se vendre au plus offrant. Florence est au début du une ville guelfe, résolument hostile au pouvoir impérial mais aussi relativement méfiante envers la tutelle pontificale. Toutefois, les guelfes se divisent à partir de 1301 en deux partis : les Blancs, favorables à une entente avec les Gibelins et farouchement indépendantistes, et les Noirs partisans de relations étroites avec le Saint-Siège. Lorsque Charles de Valois arrive à Sienne dans le but de négocier avec les Florentins, la ville s'est dotée d'un gouvernement guelfe modéré.

Charles commet une première erreur en se liant avec le chef des guelfes noirs Corso Donati, qui achète soixante-dix mille florins l'appui du prince français. Déjà le comte de Valois apparaît aux yeux des Florentins comme l'instrument de la vengeance des guelfes noirs. Le jour de la Toussaint, après avoir juré de respecter les coutumes de la cité, il fait une entrée solennelle dans Florence.