La Coupe du monde de football de 1994 est organisée pour la première fois aux États-Unis du au . En choisissant ce pays, la FIFA espérait y implanter durablement le football (appelé « soccer » sur le continent nord-américain). Dans la foulée du mondial, le championnat professionnel Major League Soccer est d'ailleurs relancé.

Plusieurs grandes nations de football sont absentes de cette Coupe du monde comme l'Angleterre, la France, l'Uruguay, et la Tchécoslovaquie (dont l'équipe a terminé les éliminatoires pour le mondial après la dissolution du pays sous la bannière de la « Représentation des Tchèques et des Slovaques ») et l’équipe championne d'Europe en titre, le Danemark, qui ne sont pas parvenus à se qualifier.

L'équipe du Brésil, emmenée par Romário, Bebeto et le capitaine Dunga, domine son groupe du premier tour, élimine les États-Unis en huitièmes de finale (1-0), les Pays-Bas en quarts (3-2), la Suède en demi-finale (1-0) et remporte son quatrième titre mondial face à l'Italie en finale le au Rose Bowl de Pasadena, dans un match au score vierge conclu 3-2 aux tirs au but. Les Brésiliens dédient leur victoire à Ayrton Senna qui s'est tué en course la même année.

Cette Coupe du monde est notamment marquée par le parcours de la Bulgarie, qui avait éliminé la France lors du dernier match des qualifications européennes, et qui parvient jusqu'en demi-finales où elle est stoppée par un doublé de Roberto Baggio pour l'Italie (2-1). La Bulgarie est ensuite battue par la Suède (4-0) dans la « petite finale » et termine au pied du podium. Avec six réalisations, le Bulgare Hristo Stoitchkov est le co-meilleur buteur de la compétition avec le Russe Oleg Salenko. Ce dernier réalise l'exploit, toujours inégalé dans l'histoire de la Coupe du monde, de marquer cinq buts consécutifs lors d'une rencontre (face au Cameroun lors du premier tour).

Dans le règlement du tournoi, la principale innovation concerne les points attribués lors des matchs de poule. La FIFA décide en effet de mettre de côté le barème historique (2 points pour une victoire, 1 point pour un nul, 0 pour une défaite) et d'expérimenter la victoire à 3 points, cela afin d'inciter les équipes à chercher en priorité la victoire (sachant qu'un nul ne rapporte toujours qu'un petit point) et donc de favoriser le jeu offensif. C'est la première fois que le barème de la victoire à 3 points est appliqué dans une grande compétition internationale.

Stades

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Rose Bowl, Pasadena (Los Angeles) - Capacité : . Stanford Stadium, Stanford (San Francisco) - Capacité : . Silverdome, Pontiac (Détroit)- Capacité : . Giants Stadium, East Rutherford (New York) - Capacité : . Citrus Bowl, Orlando - Capacité : . Soldier Field, Chicago - Capacité : . Cotton Bowl, Dallas - Capacité : . Foxboro Stadium, Foxborough (Boston) - Capacité : . Robert F. Kennedy Memorial Stadium, Washington - Capacité : .

Équipes qualifiées

+ Les 24 équipes nationales qualifiées pour la phase finalepar confédération et par participations Carte Europe (UEFA)13 places Amérique du Sud (CONMEBOL)4 places Afrique (CAF)3 places220px|center Allemagne : finale Belgique : Bulgarie : Espagne : Grèce : Irlande : Italie : Norvège : Pays-Bas : Roumanie : Russie : Faisant suite à sept participations de l’URSS dont la Russie est principale héritière ( participation selon la FIFA) Suède : Suisse : Argentine : finale Bolivie : Brésil : Colombie : Cameroun : finale Maroc : Nigeria : Océanie (OFC)0 place Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes (CONCACAF)2 places dont une au pays hôte Asie (AFC)2 places États-Unis : finale Mexique : Arabie saoudite : finale Corée du Sud :

C'est la première participation pour l'Arabie saoudite, la Grèce et le Nigeria, et c'est aussi la première participation de la Russie bien que la FIFA la reconnaisse comme successeur de l'Union soviétique. C'est aussi la première participation depuis 1938 de l'Allemagne réunifiée et c'est la première fois depuis 1950 qu'aucune équipe britannique n'est présente. Grâce au bon parcours du Cameroun en 1990, l'Afrique a obtenu une troisième place qualificative en plus des deux qui lui étaient déjà attribuées.

Tirage au sort C'est la dernière Coupe du monde à accueillir 24 équipes en phase finale. Les équipes ont été réparties dans des chapeaux en fonction de leur classement et de leur zone géographique. En effet, aucun groupe ne doit contenir plus d'une équipe provenant d'une même zone géographique hormis l'Europe : seul un groupe peut contenir trois équipes européennes les autres ne devant en contenir que deux.

Le tirage au sort a été effectué le à Las Vegas, aux États-Unis. Chapeau 1 Têtes de sérieChapeau 2 CAF (Afrique), CONCACAF (Amérique du Nord) et CONMEBOL (Amérique du Sud) (organisateur) (tenant du titre)

À l'exception du pays hôte, les têtes de série sont choisies en fonction des résultats obtenus lors des trois précédentes éditions de la Coupe du monde (1982, 1986 et 1990).

La Bolivie et la Colombie ne peuvent être dans le même groupe que le Brésil ou l’Argentine. Le Mexique ne peut être dans le même groupe que les États-Unis.Chapeau 3Les 6 équipes les mieux classées de l'UEFA (Europe)Chapeau 4 AFC (Asie) et les 4 équipes les moins bien classées de l'UEFA (Europe)

Une seule des quatre équipes européennes peut tomber dans un groupe dont la tête de série est européenne (Allemagne, Belgique ou Italie).

Composition des six groupes Groupe AGroupe BGroupe CGroupe DGroupe EGroupe F

Dans chaque groupe les équipes disputent trois matches, un contre chaque autre équipe. Les deux premiers du classement de chaque poule ainsi que les quatre meilleures troisièmes sont qualifiés pour les huitièmes de finale à élimination directe. Ce format est appliqué pour la troisième et dernière fois dans l'histoire de la Coupe du monde, après 1986 et 1990, puisque 32 équipes participeront à partir de 1998.

L'innovation de ce mondial concerne le barème : une victoire rapporte désormais 3 points au lieu des 2 points traditionnels.

Effectif des équipes Voir l'article : Effectif des équipes à la Coupe du monde de football 1994

Premier tour Groupe A

Le groupe A sera marqué par deux moments historiques pour le football international. Le premier est le match entre les États-Unis et la Suisse, disputé en intérieur sous le toit du Silverdome à Détroit. Le second est l'assassinat du défenseur colombien, Andrés Escobar, tué par balle lors de son retour en Colombie, très probablement à cause de son but marqué contre son camp contre les États-Unis. La Colombie avait la faveur des pronostics dans ce groupe au début du tournoi, mais encaisse deux défaites, contre la Roumanie (3-1), puis face au pays hôte à Pasadena (2-1). Malgré une belle victoire contre la Suisse lors de la dernière journée, la Colombie termine dernière du groupe, éliminée. Les victoires contre la Colombie et les États-Unis devant suffisent à la Roumanie pour s'emparer de la première place du groupe, en dépit d'une lourde défaite 4-1 face à la Suisse. Une différence de buts favorable permet aux Suisses de finir deuxièmes au détriment des Américains. Ces derniers sont toutefois repêchés parmi les meilleurs troisièmes et accèdent également aux huitièmes de finale.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff16320155024311154+134311133043310245-118 juin1118 juin31 22 juin4122 juin1226 juin2026 juin10 journée

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Groupe B

Le groupe B est l'une des deux poules où seulement deux équipes obtiennent finalement leur qualification pour le tour suivant. Le Brésil et la Suède, deux des quatre futurs demi-finalistes de ce mondial, démontrent leurs supériorité face aux deux autres adversaires dans chaque compartiment de jeu. Les Auriverdes disposent ainsi aisément des Russes (2-0) puis des Camerounais (3-0) avant de faire match nul (1-1) contre les Suédois pour assurer la première place. Avec cinq points, la Suède, également invaincue, s'empare de la deuxième place. Le match Russie-Cameroun voit établir deux nouveaux records. Le Russe Oleg Salenko devint le premier — et actuellement le seul — à inscrire cinq buts au cours d'un match de Coupe du monde, pour une écrasante victoire 6-1 face aux Camerounais. Salenko finira avec Hristo Stoitchkov co-meilleur buteur du mondial (six buts chacun). En marquant face aux Russes, Roger Milla devint, à 42 ans, le plus vieux buteur en phase finale de Coupe du monde. Cette large victoire ne permet cependant pas à la Russie de compenser ses deux défaites face au Brésil (2-0) et à la Suède (3-1) et de figurer dans les troisièmes de groupe repêchés.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff17321061+525312064+233310276+1413012311-819 juin2220 juin20 24 juin3024 juin3128 juin6128 juin11 journée

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Groupe C

thumb|upright=1.3|Équipe d'Espagne en 1994

L'Allemagne, tenant du titre, remporte le match d'ouverture de la compétition contre la Bolivie (1-0). Les deux équipes européennes, l'Allemagne et l'Espagne, franchissent logiquement le premier tour en terminant celui-ci invaincues respectivement à la première et à la deuxième place, mais sans toutefois surclasser leurs adversaires au tableau d'affichage. La Corée du Sud fait preuve de caractère en remontant deux buts de retard en quatre minutes face à l'Espagne pour arracher le match nul 2-2 puis en s'inclinant de peu (3-2) contre l'Allemagne après avoir été menée 3-0 à la mi-temps. Cependant, pour ne pas avoir réussi à gagner contre la Bolivie lors de la deuxième journée, la Corée du Sud termine avec deux points et figure parmi les deux troisièmes de groupe éliminés. La Bolivie ferme la marche avec un petit point et, en trois participations en phase finale, n'a toujours pas remporté une seule rencontre.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff17321053+225312064+232302145-141301214-317 juin1017 juin22 21 juin1123 juin0027 juin3127 juin32 journée

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Groupe D