Pierre de Tarentaise (en latin ), né vers 1102 à Saint-Maurice-l'Exil (Dauphiné) et mort le en l'abbaye Notre-Dame de Bellevaux, est un moine cistercien du , nommé archevêque de Tarentaise sous le nom de Pierre II.

Canonisé en 1191, ce saint catholique est commémoré le ou localement le .

Biographie Origines et vocation monastique Pierre dit de Tarentaise serait originaire de Saint-Maurice, près de Vienne, situé dans le diocèse de Vienne.. (lire en ligne).. Joseph-Antoine Besson (1759) indique que Pierre a 20 ans en 1118 lorsqu'il entre dans les ordres. Son année de naissance serait 1102.. Le site nominis.cef.fr n'avance aucune date, ne citant qu'un extrait d'une Notice du diocèse de Besançon concernant saint Pierre de Tarentaise donnant « Né en 1101 »« Saint Pierre de Tarentaise » sur le site nominis.cef.fr..

Sa famille est dite modeste, toutefois cette version est remise en cause notamment par le père Anselme Dimier, moine de Tamié (lire en ligne)., dans son ouvrage Saint Pierre de Tarentaise : essai historique(1935). Il a un frère abbé de Chézery, saint Lambert, et un autre qui est moine à Bonnevaux. Sa mère, suivie par l'une de ses sœurs, mène les premières religieuses du monastère du Betton, vers 1132 ( lire en ligne)..

En 1121, il entre au monastère de Bonnevaux.. À la demande de Pierre de Tarentaise, il devient le premier abbé de l'abbaye Notre-Dame de Tamié, sur une terre offerte par la famille de Chevron, en 1132..

Archevêque de Tarentaise Pierre est appelé par le Chapitre de Moûtiers, pour devenir archevêque de Tarentaise. Il ne semble pas enthousiaste à cette nomination et n'accepte qu'après (Roubert, 1961). Besson a donné l'année 1138 pour accession, tandis que l'on donne plus couramment l'année 1141 (lire en ligne)., au mois de septembre. Il succède à I(d)sraël, déchu par Rome et qualifié d'usurpateur, ancien chapelain du comte d'Amédée III. Ce dernier incarne dans la Vita sancti Petri, le mauvais évêque, préoccupé par les affaires temporelles et insouciant de ses devoirs pastoraux. Celui-ci a un rôle de faire-valoir, puisqu'il met en valeur la tâche de réformateur de Saint Pierre. Il est nommé Pierre II, car suivant le bienheureux Pierre (1132-1140)..

Dès sa nomination, il aurait pris une décision à l'origine de sa réputation. Il aurait ordonné que pendant 28 jours au mois de mai, il soit désormais servi une soupe aux plus démunis. Le mois de mai étant un mois charnière, le plus difficile pour les plus pauvres, car les réserves de l'hiver étaient épuisées, il fallait qu'ils survivent jusqu'aux premières récoltes. Cette soupe, une pauvre pitance, était faite avec ce qu'il restait en victuailles (essentiellement de vieux légumes, du gras et du pain), mais elle permettait aux indigents de survivre. Geoffroy d'Auxerre relate cet épisode ainsi . Il s'agit de l'aumône dite du « Pain de mai », dont il serait le fondateur (lire en ligne)., qui est racontée comme un récit légendaire.. Toutefois, Jean-Paul Bergeri énumère trois éléments du récit Geoffroy d'Auxerre pouvant prouver un fondement à cette légende : l'ensemble correspond aux qualités caritatives prêtées à Pierre de Tarentaise ; les « trois mois qui précèdent la moisson » correspondent aux mois précédent celui d'août ce qui fait que cette opération débutait au mois de mai ; enfin cette pratique se rapporte au « chaudron de la charité » situé au siège de l'archevêché dont parle d'anciens documents.

Service épiscopal Fidèle à sa vocation monastique, il ne porte pas son costume ecclésiastique, mais garde sa tunique de moine. Il redresse l'administration et les finances de l'archevêché.

Durant le schisme provoqué par Frédéric Barberousse, il œuvra pour le pape légitime Alexandre III. Il exerça en outre sur les grands de ce monde, une influence pacificatrice. Il intervient ainsi auprès des monastères, des comtes de Savoie, mais aussi en tant que légat du Pape pour pacifier la situation entre le roi de France, Louis VII de France, le roi d'Angleterre, Henri II de Plantagenêt (lire en ligne). et son fils Richard Coeur de Lion, à propos notamment du mariage de ce dernier. En effet, Richard Cœur de Lion était promis en mariage à la fille de Louis VII, mais celle-ci lui fut volée par son père Henri II Plantagenêt, qui en fit sa maîtresse, complexifiant ainsi les relations familiales et diplomatiques.

Au retour d'une de ses missions, il s'arrête, épuisé, à l'abbaye de Bellevaux pour y mourir en 1174 (lire en ligne)., au milieu de ses frères cisterciens. À 2 km de l'abbaye Notre-Dame de Bellevaux (Haute-Saône), en direction de Chambornay, sous la croix dite "Croix de St-Pierre", on trouve la "source de St-Pierre" où il s'arrêta pour étancher sa soif et commencer son agonie. La dévotion populaire attribue parfois à cette eau une vertu surnaturelle.

Vénération À la suite des pèlerinages sur son tombeau et de la constatation de miracles, le pape Célestin III canonise Pierre par la bulle du , et fixe sa fête au .

Notons qu'elle fut fixée au (anniversaire de l'exhumation du corps saint). (le site nominis donne le ), puis avancée au (date de sa mort) ou encore au (jour de la canonisation)Patrick Braun , « Belleveaux, un couvent de trappistes en exil », Cîteaux, commentarii cistercienses, Volume 37, 1986, p.227...

Le corps de Saint Pierre ne tarda pas à être partagé et dispersé pour satisfaire les communautés qui revendiquaient ses reliques. Bellevaux ne conserva alors dans le sarcophage que la partie inférieure du corps depuis le bassin et dans ce buste doré, à l'autel de gauche de l'église de Cirey. L'évêché de Tarentaise reçu la partie supérieure du corps, le bras droit fut donné à l'abbaye de Cîteaux et le bras gauche à celle de Tamié..

Épitaphe Stripe viennensis, fuit abbas stamediensis Maximus alpensis præsul Tarentasiensis Anno Milleno centeno septuageno. Quarto transivit, ad coelos Petrus ivit

Confusions Il est parfois confondu avec le premier Pierre de Tarentaise (Bienheureux Pierre l'Ancien, également appelé saint Pierre de Tarentaise), disciple de Bernard de Clairvaux et ancien abbé de la Ferté, évêque de Tarentaise entre 1124 et 1140.

Une autre confusion existe avec Pierre de Tarentaise, qui devient pape sous le nom de Innocent V le bienheureux, en 1276.

Notes et références

Voir aussi Biographie Ouvrages généraux

Ouvragés spécialisés Geoffroy d'Auxerre (ou de Clairvaux ou d'Hautecombe) rédige, à la demande du pape, Vie de saint Pierre (1102-1174). Fondateur et premier abbé de Tamié, Archevêque de Tarentaise, 1184-85. Il en existe trois manuscrits, un à Troyes, un à Munster et un à Saint-Omer. La Vie est également transcrite en latin dans Godefridus Henschenius, Daniel Papebrocius, Acta sanctorum, , tome 8 II, col 322C, , Paris, Victor Palmé, 1866. Il en existe deux traductions : l'une datant de 1876, faite par un moine de Lérins, et la seconde établit par Germain Roche en 1974. Chanoine Jacques Chevray (1795-1860), La vie de saint Pierre II, archevêque de Tarentaise, impr. de Simon (Baume), 1841, 312 pages (). Anselme Dimier, Saint Pierre de Tarentaise : essai historique, Abbaye Saint-Martin de Ligugé, 1935. Anselme Dimier, Bibliographie générale de l'ordre cistercien, Recueil de textes pour servir à l'histoire de Saint Pierre II de Tarentaise, La documentation cistercienne, vol 21, fascicule 4 bis, Rochefort, 1978.

Dom Le Nain, La Vie de Saint Pierre, 1685 Henri Riguet, Printemps en chrétienté, L'aventure spirituelle de Saint Pierre de Tarentaise, éd. Abbaye de Tamié, Annecy, 1967. .

Articles connexes Diocèse de Tarentaise Vallée de la Tarentaise Histoire de la Savoie au Moyen Âge Liste des saints du diocèse de Grenoble

Liens externes

« Vie de saint Pierre de Tarentaise », sur le site abbaye-tamie.com

Catégorie:Cistercien Catégorie:Archevêque de Tarentaise Catégorie:Archevêque catholique du XIIe siècle Catégorie:Abbé du XIIe siècle Catégorie:Saint cistercien Catégorie:Saint catholique français Catégorie:Saint canonisé par Célestin III Catégorie:Saint catholique du XIIe siècle Catégorie:Saint de Rhône-Alpes Catégorie:Saint savoyard Catégorie:Saint dauphinois Catégorie:Date de naissance incertaine (XIIe siècle) Catégorie:Décès en 1174 Catégorie:Saint catholique fêté le 14 septembre Catégorie:Saint catholique fêté le 8 mai