Achille Alexandre Gustave Marie Lanson, né le à Orléans et mort le à Paris , est un historien de la littérature et critique littéraire français qui encouragea une approche objective et historique des œuvres.
Biographie Jeunesse et études gauche|vignette|La Sorbonne. M. le professeur Lanson (Bibliothèque de la Sorbonne, NuBIS) Gustave Lanson est reçu troisième à l'École normale supérieure en 1876. Il est agrégé de lettres en 1879.
Le , il soutient ses deux thèses de doctorat ès lettres, à la Faculté de Parishttps://eslettres.bis-sorbonne.fr/notice/Doctorant/5393, consulté le 11 décembre 2023.. La première, en français, traite de Nivelle de la Chaussée et de la comédie larmoyante.. La deuxième, en latin, traite du génie du poète Marcus Manilius..
Gustave Lanson est le fils de Louis Gustave Lanson, fabricant de gants, et d'Alexandrine Louise Marie BonneauArchives nationales, base Leonore, LH/1473/65, dossier de Légion d'honneur (document nº17: extrait de naissance). Il épouse en 1888 Alice Caroline Legendre« Lanson (Achille, Marie, Gustave), », Christophe Charle, Les professeurs de la faculté des lettres de Paris – Dictionnaire biographique 1809-1908, Paris, Publications de l'INRP, p. 109-110 Numérisé sur Persée..
Parcours professionnel Une fois l'agrégation obtenue, Gustave Lanson est affecté comme professeur de rhétorique à titre provisoire au lycée de Bayonne (1879), au lycée de Moulins (1880) puis au lycée de Rennes (1881). Chargé, à titre suppléant, des fonctions de professeur de rhétorique au lycée de Toulouse (1882) puis chargé de rhétorique (1883), il est nommé professeur divisionnaire de au lycée Charlemagne en 1886. La même année, il devient précepteur à la cour de Russie.
gauche|vignette|Carte postale d'un cours de Gustave Lanson à La Sorbonne dans l'amphithéâtre Richelieu.
Une fois son doctorat obtenu en 1887, Lanson est nommé professeur de rhétorique au lycée Michelet (1888), puis au lycée Charlemagne en 1890. En 1894, il devient professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand.
Il est suppléant de Brunetière pour deux de ses conférences à l’ENS (1894-95 et 1896-1900). Chargé de cours d’éloquence française à la Faculté des lettres de Paris (1903-04), il devient professeur d’éloquence française en 1904. De 1910 à 1913, il est assesseur du doyen de la Faculté des lettres de Paris. En 1911, professeur invité à l’université Columbia de New York, il visite les universités américaines.
Gustave Lanson est directeur de l’École normale supérieure de 1919 à 1927. Il tente en vain de persuader Maurice Genevoix d'y reprendre des études, afin de se présenter au concours d'agrégation. Ce dernier refuse, afin d'entreprendre la rédaction de son témoignage de guerre.
Apports Figure majeure de la réforme du système universitaire français, et de la critique littéraire jusqu’au milieu du , il est intéressé par les influences sociales et s’oppose aux idées d’Hippolyte Taine. Il apparaît comme un précurseur de la sociocritique. Il s’est attaché en particulier à la dissertation et à l’explication de texte, contribuant à faire de ces lectures détaillées et minutieuses d’extraits un exercice pédagogique et une institution toujours en vigueur dans l’enseignement des lettres. Concernant la réforme du système universitaire, il milite pour un accès plus égalitaire des filles et des garçons aux études. Tout en soutenant la loi Camille Sée, il se prononce pour l'abolition d'un système dual, arguant en 1906 lors de l'admission de Marie Curie comme titulaire d'une chaire d'enseignement supérieur, que :
Son Histoire de la littérature française (1894) a longtemps fait autorité. Il a écrit de nombreuses études sur les œuvres de Bossuet, Corneille, Voltaire ou Lamartine, qu’il s’est efforcé de resituer dans leur contexte historique et d’après leur biographie. Dans ce même volume, il a consacré de très importantes pages à Honoré de Balzac, où il a défini la part de réalisme de son œuvre et la part de romantisme. Gustave Lanson dans Histoire de la littérature française, Hachette, 1894, p 985..
Il écrivit cette formule dédaigneuse sur Christine de Pisan : . Il faut néanmoins préciser que cette citation s'insère dans un chapitre consacré à la littérature du , siècle mal considéré depuis Michelet, et dont il introduit la littérature par cette phrase. . Cependant, s'il dénigra Christine de Pisan, plus loin, dans le même ouvrage, il ne tarit pas d'éloges sur l'œuvre de Germaine de Staël, lui consacrant un chapitre entier de « la littérature pendant la Révolution et l'Empire ». S'il critique son style, il loue sa pensée : .
Il est souvent considéré comme le fondateur de l’histoire littéraire en tant que discipline. Il a publié avec Paul Tuffrau un Manuel illustré d’histoire de la littérature française (1929).
Au cours de sa carrière, il a également collaboré avec plusieurs revues telles que la Revue bleue, la Revue historique, la Revue des Deux Mondes, la Revue d'histoire littéraire de la France, la Revue de Paris, la Revue de métaphysique et de morale.
Son influence a décliné au cours du : le New criticism anglo-saxon, puis la nouvelle critique emmenée par Roland Barthes ont remis en cause son attachement à l’auteur et au déterminisme socio-historique dans l'étude des œuvres littéraires.
En 1931, il est fait grand officier de la Légion d'honneurArchives nationales, base Leonore, LH/1473/65, dossier de Légion d'honneur..
Jugements
Distinctions .
Ouvrages . . Histoire de la littérature française, Paris, Hachette, 1894, 1182 p. Manuel illustré d'histoire de la littérature française (en collaboration avec Paul Tuffrau) Manuel bibliographique de la littérature française moderne (1500-1900) (également en CD-ROM) Esquisse d’une histoire de la tragédie française. L’Art de la prose. Corneille, Hachette. Les Essais de Montaigne : étude et analyse. Le Marquis de Vauvenargues. Le Théâtre classique au temps d’Alexandre Hardy. Boileau, Hachette, 1892. Hommes et livres : études morales et littéraires, 1896. Études pratiques de composition française, Hachette, 1898. Bossuet : étude et analyse, 1899. Choix de lettres du , Hachette, 1901. Les Origines du drame contemporain. Nivelle de La Chaussée et la comédie larmoyante, 1903. Voltaire, Hachette, 1906. Choix de lettres du , Hachette, 1909 Extraits des philosophes du , Hachette, 1909 Conseils sur l’art d’écrire, Hachette, 1913. Histoire illustrée de la littérature française, Paris, Hachette, 1923. Voltaire : lettres philosophiques, 2 vol., 1924. Méthodes de l’histoire littéraire, 1925. Les Essais de Montaigne. Étude et analyse, Mellottée, 1929. Voltaire : extraits, Paris, Hachette, 1930. Montesquieu, 1932. Lettres choisies des , Paris, Hachette, 1932.
Notes et références
Bibliographie Antoine Compagnon, La Troisième République des lettres, de Flaubert à Proust, Paris, Seuil, 1983, 381 p. Luc Fraisse, Les Fondements de l'histoire littéraire, de Saint-René Taillandier à Lanson, Paris, Honoré Champion, "Romantisme et modernités", 2002, 715 p. .
Liens Articles connexes Lecture attentive Louise Rosenblatt Ivor Armstrong Richards William Empson Liste des directeurs de l'École normale supérieure (Ulm)
Liens externes
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