Vincent de Soignies, né Madelgaire de Famars de Hainaut vers 607 au château de Sotteville à Strépy dans le comté de Hainaut et mort le à Soignies, était le fils de Mauger et OnuguerraJacques simon explique que la mention relative aux parents de Madelgaire provient d'un vieux manuscrit conservé à Haumont mais sans citer lequel. et mari de sainte Waudru. Il se retira du monde vers 643 et fonda l'abbaye de Hautmont dont il devint l'abbé sous le nom de Vincent. Autour de son ermitage se développa une agglomération qui devint la ville de Soignies, dont il est considéré comme le fondateur. Liturgiquement, saint Vincent est commémoré le .

Il ne doit pas être confondu avec Madalgaire ou Madelgaire (Madalgarius), évêque de Laon en 682.

Éléments biographiques thumb|left|upright 1.35|Lieu de naissance de Madelgaire à Strépy (ferme Sotteville). Le plus ancien texte hagiographique () connu à propos de saint Vincent, la , est assez tardif par rapport à sa mort en 677 puisqu'il date des environs de l'an 1020. Le texte hagiographique de sa belle-sœur, Aldegonde de Maubeuge, la , plus ancien car du début du , permet de comparer les éléments rapportés à propos de Vincent dans les deux ouvrages.

Saint-Vincent, né sous le nom de Madelgaire de Famars de Hainaut, est le fondateur de la ville qui allait devenir Soignies. Il était le fils de Mauger et d'Onugerra (Omigère). Issu de l'aristocratie franque, il est né vers l'an 607 au château de Sotteville à Strépy et est décédé à Soignies, le . Mauger, son père, était l'un des leudes les plus puissants du royaume d'AustrasieChanoine Paul Scarmure, Collégiale Saint-Vincent, Fédération du tourisme de la province du Hainaut, Mons, réédition 1962..

Madelgaire fréquentait la cour de , puis de et accomplit différentes missions en Irlande« Hibernica tellus » désigne l'Irlande et non l'Ibérie comme traduit erronément in Vinchant, Annales de la province et comté du Hainaut, . dont il revint avec de fervents évangélistes : Feuillien, Ultan, Fursy, Eloquius, Adalgis et Elton.

Madelgaire épousa Waudru ou Waldetrude de Lommois qui était la fille de Walbert, le gouverneur du Hainaut, et de Bertille (ou Berthilde) de Thuringe. Waudru et Vincent eurent quatre enfants : Landry, évêque de MeauxJean-Baptiste Dufau, dans son ouvrage intitulé Hagiographie Belge, T. 1, Ed. Ajamar explique que c'est à Guillaume Gazet (in L'histoire ecclésiastique du Pays-Bas contenant l'ordre et suite de tous les euesques et archeuesques de chacun diocese, auec vn riche recueil de leurs faicts plus illustres, ensemble vn catalogue des saincts, qui y sont spécialement honnorez; les fondati, Vervliet, 1614") et à la suite d'une erreur de traduction que nous devons de penser que Landry aurait pu être évêque de Metz. "tous les auteurs qui ont écrit en latin disent : meldensis episcopus, or Metz se dit en latin Metæ, metarum. L'adjectif qui en dérive est Metensis.On trouve également Metz, Grandmetz, Melsbroeck mais il est admis de manière unanime qu'il faille traduire Meldensis episcopus par évêque de Meaux. qui succéda à son père à la tête des monastères d'Hautmont et de Soignies, Dentelin (probablement décédé à l'âge de sept ans), Aldetrude qui succéda à Aldegonde (sa tante) comme Abbesse du couvent de Maubeuge et Madelberte qui succéda à sa sœur à cette charge.

Madelgaire et, à sa suite, Waudru décidèrent de se retirer du monde et entrer en vie religieuse. Madelgaire fonda un monastère à Hautmont qui devint l'abbaye bénédictine d'Hautmont. « Vincent » est son nom de moine en raison de sa victoire sur le « siècle » disent les textes anciens. Encore trop sollicité à Hautmont, il quitta le monastère avec quelques disciples vers un ermitage plus isolé encore. Ce dernier deviendra Soignies où il vécut jusqu'à sa mort (677). Aujourd'hui encore, ses reliques y sont vénérées en tant que saint patron fondateur de la ville.

Repères chronologiques 150px|thumb|Statue de Vincent de Soignies à Hautmont. Les éléments repris ci-dessous sont issus, sauf mention contraire, des travaux des BollandistesBollandistes, Acta Sanctorum belgii..

607 : Naissance de Madelgarius de Famars à Strépy ( discussion sur son origine irlandaise) 636 : Mariage avec Waldetrude de Lommois, (sainte Waudru). Madelgaire a alors 29 ans tandis que Waudru est âgée de 24 ans selon Jacques SimonJacques, Simon, Le Portrait de l'état de mariage et de continence fait sur la vie de la très-illustre Sainte Waudru, Comtesse de Hainaut, Hoyois, 1627, reimprimatur 1846., de 14 ans selon les Bollandistes. 637: Naissance de son fils, Landry. 643: Madelgaire fait bâtir le monastère bénédictin d'Haumont. 646: Au décès de Walbert, confie la gouvernance du Hainaut au comte Madelgaire. Ce dernier accepte la charge, il l'assurera pendant dix années. ( discussion sur le titre de comte de Hainaut). 656: Madelgaire prend la tonsure et entre à l'Abbaye d'Haumont sous le nom de Vincent. Il a alors 49 ans. 670: Vincent se retire en ermitage, autour duquel se forme un monastère qui sera le berceau de la ville de Soignies. 676: Landry, jusqu'alors évêque régionnaire, accepte la charge de père abbé du monastère de Soignies. 677: Selon la tradition, c'est le que meurt Vincent.

Madelgaire était-il comte de Hainaut ? Madelgaire, selon Jacques de Guyse (), fut le premier Comte de HainautJacques de Guyse, Histoire du Hainaut, , Paris, Bruxelles, 1829.. À sa suite, son fils Saint-Landry aurait renoncé à la couronne comtaleIl faudra attendre le mariage d'Adélaïde de Bourgogne (née vers 900) avec pour que la couronne comtale revienne à la lignée de Madelgaire. * (695-725), fils de et d'Adeltrude de Famars de Hainaut, il épousera Aldegonde de Bavière dont : * qui épousera Richarde de Ponthieu dont : * Angilbert (le Saint) de Ponthieu (750-814) qui épousera Berthe de France (fille de Charlemagne) dont : * Hardouin de Ponthieu (né vers 800) qui épousera Richilde d'Amiens dont : * Beuves dit Bivin de Provence (822-877) qui épousera Richilde de Bourgogne dont : * (856-921) qui épousera Adélaïde de Bourgogne (née circa 860) dont : * Adélaïde de Bourgogne qui épousera , comte de Hainaut. .

Historiquement, la lignée héréditaire des Comtes de Hainaut débute cependant avec Régnier de Hainaut dit Régnier au long col en 880. La charge de gouverneur du Hainaut existait cependant au . Elle fut notamment endossée par Saint Walbert, père de Waudru de Mons.

Alban Butler, plus prudent que de Guyse, avance que Madelgaire était Comte en HainautAlban Butler et de l'Abbé Jean-François Godescard, La Vie des Saints, Lefort, 1855.. Il semble en effet que Madelgaire ait été élevé à la dignité de Comte et, par ailleurs, qu'il assura, au décès de Walbert, la gouvernance du Hainaut de 646 à 656. Il était donc probablement Comte-gouverneur du Hainaut.

Régnier au long col considérait probablement Madelgaire comme étant le premier Comte de Hainaut si l'on en juge par la dévotion dont il fit preuve à l'égard des reliques du Saint (cf. article sur Soignies). En 1397, le comte de Hainaut, , mentionne dans une charte qu'il est issu de Saint-Vincent de Soignies, Comte de Hainaut Œuvres de Froissart. Chroniques. Tome 25 / / publ. avec les variantes des divers ms. par M. le baron Kervyn de Lettenhove -Biblio (Osnabrück)-1867-1877..

Mentionnons enfin que les armes primitives du Hainaut (d'or à trois chevrons de sable) sont celles de la famille de Walbert de Lommois, ce qui plaide également pour qu'un lien entre l'historique de mise en place de la couronne comtale du Hainaut et Madelgaire soit établi.

Contribution irlandaise Selon la tradition irlandaise rapportée par le chanoine et historien irlandais John O'Hanlon, Madelgaire serait d'origine irlandaise, et s'appelait Maelceadar (Mael Ceadar). Arrivé en France, ses qualités de guerrier aurait été reconnues et, en remerciement des services rendus ( lui avait confié une mission en Irlande), la couronne comtale du Hainaut lui aurait été remiseCanon John O'Hanlon, Lives of the Irish Saints, , 1873-1905.. L'hagiographe irlandais John Colgan () plaça Sainte Aldetrude au rang des saints irlandais en raison de son sang irlandais lui venant de son père. Maelceadar est également fêté le Martyrology dungallense, Calendarium sanctorum hibernae, Michael O'Clery, 1630 traduit du latin par John O'Donovan in Martyrology of Donegal: a calendar of the saints of Ireland, Dublin, 1864..

Études contemporaines En 2002, Stefanie Hamann et publient un article tendant à montrer que les sources irlandaises et franques semblent corroborer une présence de Madelgaire, envoyé par Dagobert Ier, à la bataille de Magh Rath à l'été 637. Madelgaire et Waudru se seraient installés en Irlande où leurs quatre enfants seraient nésStefanie Hamann, Hermann Moisl “A Frankish aristocrat at the battle of Mag Roth”, in Michael Richter et Jean-Michel Picard (dir.), Ogma: essays in Celtic studies in honour of Próinséas Ní Chatháin, Dublin, Four Courts, 2002, ..

Liste des avoués de saint-Vincent

Les reliques de Saint-Vincent furent très tôt l'objet de vénérations. Nombre de descendants du Saint vinrent en effet prêter serment sur son tombeau. Les Comtes de Hainaut, la famille de Bourgogne, la maison d'Autriche avaient pour coutume de prêter le serment d'honneur sur les reliques de saint-Vincent ce qui en faisait des avoués de saint-Vincent. Charles d'Anjou, en 1254 Albert Ier de Hainaut, en 1387 Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, le Philippe le Bon, joyeuse entrée en 1428, serment le Charles le Téméraire, en 1470 Maximilien d'Autriche, en 1512 Charles Quint est à Soignies en pour y rencontrer sa sœur Marie de HongrieAcadémie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Mémoires couronnés et autres mémoires, Volume 30, F. Hayez, 1880. et le Les Annales du Cercle archéologique du canton de Soignies, , .. Sa prestation de serment est incertaine. , le Louis-Engelbert d'Arenberg, Duc d'Aremberg, le

Le Tour Saint Vincent thumb|upright=1.2|left|Carte Ferraris, vers 1775.

Chaque année, le lundi de la Pentecôte, les Sonégiens (habitants de Soignies) se réunissent tôt le matin pour « le grand tour » durant lequel ils « processionnent » la châsse de Saint-Vincent autour de la cité (). Cette tradition fut mentionnée pour la première fois en 1262 (acte officiel du par l'évêque de Cambrai de Fontaine.) mais il est probable que la coutume lui soit antérieure de quelques années.

À six heures du matin, après la « descente » de la châsse et une messe solennelle, le cortège s'élance. Il sera accompagné par les tambours jusqu'aux portes de la ville (Cense del'Baille) d'où le Grand Tour démarrera véritablement. Un homme de fer, à cheval, accompagne le pèlerinage, il veille sur la châsse du Saint-Patron. Les confrères de la confrérie Saint-Vincent, se relaient pour porter la pesante châsse. De proche en proche, le cortège s'arrête aux différentes chapelles que compte le parcours. La foule entonne des Sante vincenti, ora pro nobis, le panégyrique de Vincent est fait à la chapelle du Marais Tilleriau lors d'une halte plus importante. vignette|100px|Sur tes chemins Vincent. Une messe sera célébrée à l'église des Carrières. Avant de se remettre en route et de rallier la Cense del'Baille d'où démarrera la procession historique à . Cette procession est de tradition plus récente.. Elle est constituée de différents tableaux vivants retraçant la vie du Saint et est clôturée par la châsse de Saint-Vincent et son gardien fidèle: l'Homme de fer. Les festivités se clôturent par la « remontée » de la châsse en la collégiale Saint-Vincent qui reprend sa place dans la chapelle supérieure aménagée en 1720 au-dessus de l'autel du Chœurcomme l'atteste le chronogramme : « sonegIIs DIVo VInCentIo saCrUM »..