Williams Grand Prix Engineering (engagée en compétition sous la dénomination commerciale Atlassian Williams F1 Team depuis 2026) est une écurie britannique de Formule 1, basée à Grove. Fondée en 1977 par Frank Williams et Patrick Head, l'équipe était la propriété de Frank Williams (52,25 %), Brad Hollinger (14,75 %), Patrick Head (9 %), le marché public (20 %) et le fonds en fiducie des employés (4 %) jusqu'en . Le , Williams est rachetée dans son intégralité par le fonds d'investissement américain Dorilton Capital.

Frank Williams a commencé à faire courir des voitures en Formule 1 au cours de la saison 1969. L'écurie a fait ses débuts dans le championnat du monde des constructeurs, sous son nom propre, en 1975 avant d'être rachetée fin 1976. L'équipe Williams telle qu'elle existe aujourd'hui n'a vu le jour qu'en 1977 et a débuté en 1978. Avec ses 16 titres mondiaux acquis lors des années 1980 et 1990 (9 des constructeurs et 7 des pilotes, de Alan Jones en 1980 à Jacques Villeneuve en 1997), 114 victoires et 128 pole positions, elle est l'une des plus prestigieuses écuries de l'histoire de la Formule 1, mais elle n'a enregistré aucune victoire depuis celle de Pastor Maldonado au Grand Prix d'Espagne le , et connaît un sévère déclin à la fin des années 2010, obtenant son dernier podium en 2017 à Bakou puis chutant en queue de peloton au début des années 2020 ; il faut attendre le Grand Prix de Belgique 2021 pour que George Russell, dans des conditions exceptionnelles, permette à l'équipe de remonter sur un podium dans la discipline ; le dernier podium de Williams est acquis par Carlos Sainz en 2025 au Qatar.

En 2020, la direction recherche des investisseurs potentiels et le fonds d'investissement américain Dorilton Capital rachète l'écurie, ce qui conduit, début , au départ de Claire Williams.

Historique Naissance de l'écurie vignette|gauche|Brabham BT26 engagée par l'écurie Frank Williams Racing Cars pour Piers Courage. vignette|gauche|Wolf-Williams FW05 à Goodwood en 2010. La première écurie Williams a été fondée en 1966 sous le nom « Frank Williams Racing Cars Ltd ». À cette époque, Frank Williams prépare et engage des châssis Brabham en Formule 3 et en Formule 2. Puis, à partir de 1969, Williams engage des voitures en Formule 1 : une Brabham BT26A en 1969, une De Tomaso 505 en 1970, deux March en 1971 et 1972 ainsi qu'une Politoys FX3 en 1972.

Devant la médiocrité des résultats accumulés depuis 1969, Frank Williams décide courant 1972 de changer de stratégie et devient constructeur à part entière. C'est ainsi que nait en 1972 la Politoys FX3, baptisée du nom d'un fabricant de jouets partenaire de l'opération. Elle deviendra Iso-Marlboro FX3 en 1973, à la suite d'un partenariat avec le fabricant de voitures de sport italien Iso Rivolta. En 1975, le partenariat se termine, et les châssis sont, pour la première fois, baptisés « Williams ».

Toujours aussi désargenté, Williams accepte fin 1975 la prise de participation majoritaire dans l'écurie du milliardaire austro-canadien Walter Wolf. En 1976, l'équipe devient donc Wolf-Williams et aligne les voitures de l'ancienne écurie de Lord Hesketh. Mais au bout d'une seule saison, Walter Wolf pousse Frank Williams dehors et rachète la totalité de l'écurie, qui devient Walter Wolf Racing en 1977.

Début 1977, Frank Williams fonde une nouvelle écurie en association avec le jeune ingénieur Patrick Head. C'est cette nouvelle structure, baptisée Williams Grand Prix Engineering, qui perdure de nos jours et communique sous le nom de Williams F1 Team.

1977 à 1979 : les débuts thumb|left|La Williams FW07 de Clay Regazzoni qui offrit sa première victoire à Williams à Silverstone en 1979 En 1977, par manque de temps, la nouvelle équipe Williams ne peut faire autre chose que d'engager une March 761 de la saison précédente, motorisée par un Ford-Cosworth DFV. Mais dès 1978, l'équipe retrouve son statut de constructeur, avec toujours le même motoriste, sans grand succès puisqu'elle termine neuvième. En 1979, cependant, Clay Regazzoni obtient la première victoire de l'écurie au Grand Prix de Grande-Bretagne et son coéquipier Alan Jones remporte quatre autres victoires. Williams termine deuxième du championnat du monde, derrière la Scuderia Ferrari.

1980 à 1987 : succès avec Ford puis Honda vignette|La Williams FW07C de 1980 qui apporte à Williams ses premiers titres de champions du monde des pilotes et des constructeurs thumb|La Williams-Honda FW11 de 1986, championne du monde des constructeurs

Alan Jones remporte le championnat en 1980, imité par Keke Rosberg en 1982. En 1980 et 1981, l'écurie gagne également le titre des constructeurs. La saison 1981 voit la guerre interne entre Jones et Carlos Reutemann, amenant en partie à la défaite de ces derniers au profit de Nelson Piquet (Brabham).

Pour rester en haut de l'affiche, Williams se doit de s'allier à un grand constructeur et de passer aux moteurs turbocompressés, à la place des vieux Cosworth DFV . C'est le cas avec Honda dès la fin de l'année 1983. Après quelques coups d'éclats en 1984, dont une victoire de Keke Rosberg au Grand Prix de Dallas, le Finlandais et Nigel Mansell emportent chacun deux succès l'année suivante. De sixième en 1984, elle remonte à la troisième place.

En 1986, Nelson Piquet rejoint l'écurie aux côtés de Mansell, sur une Williams-Honda devenue la référence, l'écurie remportant neuf victoires et s'adjugeant le titre constructeurs au Grand Prix du Portugal, antépénultième manche de la saison. Au Grand Prix d'Australie 1986, Mansell est en position de remporter le titre mais une crevaison le contraint à abandonner. Par mesure de sécurité, Piquet est rappelé aux stands pour changer de pneus, ce qui permet à Alain Prost de remporter son deuxième titre malgré une McLaren globalement moins compétitive. En 1986 un accident de la route laisse Frank Williams paralysé alors que l'écurie revient d'une séance d'essais ayant eu lieu sur le circuit Paul-Ricard le .

En 1987 en revanche, Mansell et Piquet n'ont pas de rivaux mais, en interne, leur duel s'avère intense. Piquet souffle le titre à Mansell et quitte l'écurie, mécontent de ne pas être clairement le numéro 1. De plus, en raison de divergences avec Williams, Honda décide de motoriser McLaren.

1989 à 1997 : succès avec Renault thumb|La Williams FW14B, championne du monde pilotes et constructeurs en 1992. thumb|La Williams FW19 de 1997, dernière Williams championne du monde.

Frank Williams, qui a perdu son champion et le puissant moteur Honda, se rabat sur le moteur Judd en 1988, en attendant le moteur Renault prévu pour 1989. L'année est difficile, égayée par deux podiums de Nigel Mansell qui rejoint Ferrari à la fin de l'année. L'écurie chute à la septième place et connaît sa première saison sans victoire depuis dix ans alors que Honda et McLaren ont dominé la saison.

L'année suivante, Renault motorise l'écurie et Thierry Boutsen offre à l'association Williams-Renault deux victoires, à Montréal et à Adelaïde. Riccardo Patrese est troisième du championnat du monde des pilotes et Williams termine deuxième du championnat des constructeurs, derrière les intouchables McLaren-Honda.

En 1990, malgré les victoires de Patrese à Imola et de Boutsen à Budapest, la saison est une déception et Williams termine quatrième du championnat. En 1991, Nigel Mansell revient dans l'écurie et remplace Boutsen. Après des débuts difficiles, la FW14 devient redoutable et remporte sept victoires. Toutefois, l'avance prise par Ayrton Senna et McLaren en début de saison leur permettent d'être sacrés champions du monde.

En 1992, Williams remporte 10 victoires, 15 pole positions et réalise un doublé au championnat des pilotes. La FW14B bénéficie au maximum des aides électroniques très développées et survole la saison. Néanmoins, Nigel Mansell, enfin devenu champion du monde après trois échecs, se brouille avec Frank Williams pour des raisons financières et quitte l'écurie et la Formule 1 pour le championnat CART.

En 1993, Alain Prost remplace Mansell et le pilote-essayeur Damon Hill remplace Patrese. Si, aux mains de Prost et Hill, la nouvelle FW15C survole l'exercice des qualifications (15 pole positions dont 13 pour Prost) fixant même un record de 24 pole positions consécutives, le début de saison s'avère plus délicat qu'en 1992 et Prost, promis à une nette domination, est aux prises avec son rival Ayrton Senna tandis que Williams a du mal à s'affirmer face à McLaren. Néanmoins, à partir du Grand Prix du Canada, Williams enchaîne sept victoires dont les trois premières de Damon Hill. Prost remporte son quatrième et dernier titre mondial et Williams-Renault conserve le titre constructeurs.

En 1994, Prost, qui a pris sa retraite, est remplacé par Ayrton Senna. Les aides au pilotage ont été supprimées ce qui rend très instable la FW16. Senna abandonne lors des deux premières courses. Survient alors le drame d'Imola, où Senna se tue après un accident alors qu'il était en tête du Grand Prix. Hill, propulsé leader de l'écurie face à Michael Schumacher, ne peut rien face à l'Allemand malgré l'aide de David Coulthard et de Nigel Mansell qui revient pour cinq Grands Prix et qui contribuent au sacre constructeur de Williams avec sept victoires.

En 1995, Hill fait équipe avec David Coulthard, préféré à Mansell. Face à Schumacher et Benetton-Renault, l'Anglais est impuissant et commet de nombreuses erreurs. Williams remporte cinq victoires et finit second au championnat. En 1996, Williams conserve Damon Hill qui fait équipe avec le novice Jacques Villeneuve. La FW18 est très performante et Hill devient champion du monde avec huit victoires tandis que son coéquipier termine vice-champion du monde avec quatre victoires dès sa première saison, une première dans la discipline. En fin de saison, Hill se laisse rattraper par Villeneuve et quitte l'écurie en 1997, où il est remplacé par Heinz-Harald Frentzen.

En 1997, malgré une FW19 supérieure à la concurrence, Villeneuve doit attendre la dernière course pour être sacré face à Schumacher et Ferrari. Williams est également champion avec huit victoires, les sept de Villeneuve ajoutées à la première de Frentzen au Grand Prix de Saint-Marin. Avec un neuvième titre chez les constructeurs, Williams devient l'écurie la plus titrée de l'histoire de la Formule 1, devant la Scuderia Ferrari, Lotus Cars et McLaren Racing.

1998-1999 : période de transition thumb|left|La Williams FW20 de 1998 (avec la FW21 de 1999 à sa droite)

En 1998, les départs de Renault Sport et d'Adrian Newey ne permettent pas à Williams et Jacques Villeneuve de conserver leurs titres. Le moteur Mecachrome (ex-Renault) n'est pas assez performant et Newey a manqué pour le développement de la FW20 alors qu'il dessinait la voiture championne du monde, la McLaren MP4-13. L'équipe connaît sa première saison sans victoire depuis 1988, n'obtenant que trois podiums, et doit lutter jusqu'au bout pour la troisième place du championnat face à Jordan et Benetton.

1999 est une année de transition, en attendant BMW. Le moteur est toujours un Mecachrome commercialisé désormais par Supertec mais Villeneuve et Frentzen sont partis, remplacés par Alessandro Zanardi, double champion de CART en titre, et Ralf Schumacher. L'Italien est la déception de l'année, ne marquant aucun point alors que Schumacher monte à trois reprises sur le podium et inscrit . Williams termine cinquième du championnat, son pire classement depuis 1988.

2000 à 2005 : renouveau avec BMW thumb|La FW23 qui remet Williams sur le chemin de la victoire en 2001 thumb|Avec la FW25, Juan Pablo Montoya, Williams et BMW passent près des titres mondiaux 2003.