Cette page concerne l’année 1649 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier : Dubuisson-Aubenay : « Ce premier jour de l’an, froid noir et couvert, tendant à dégel. La Reine fut aux Jésuites de la rue Saint-Antoine, à vêpres, pour la célébration du nom de Jésus, et au sermon de l’abbé de Chanvallon, neveu de l’archevêque de Rouen, qui prêcha une heure et demie avec approbation et admiration de tout le monde. » : conseil décisif pour la sortie de la cour hors de Paris. Il se tient chez Monsieur, qui est victime d’une attaque de goutte. Le cardinal Mazarin est pour le départ. Monsieur et Condé sont réticents. 5 - : nuit des Rois, la Cour se réfugie à Saint-Germain-en-Laye. La reine fête les rois, couche Louis XIV et son frère, le duc d’Anjou. Après minuit, elle se couche, puis se relève et fait lever le roi et son frère. Elle emprunte avec eux un escalier dérobé qui conduit au jardin du Palais-Royal. Les carrosses préparés par Beringhen les attendent et les conduisent au cours la Reine. La reine-mère et ses enfants y retrouvent les princes, de Villeroi, Villequier, capitaine des gardes de quartier, Guitaut, capitaine des gardes de la reine, Comminges, son lieutenant et Madame de Beauvais, première femme de chambre de la reine. Ils ne retourneront à Paris que pendant l’été. Cette même nuit, Bussy-Rabutin, qui fuit la vengeance des Miramion, a le plus grand mal à passer la porte Saint-Martin. La reine a ordonné à Gondi (le futur cardinal de Retz) de la suivre à Saint-Germain. Comme il n’y parvient pas, les Frondeurs ayant fermé les portes de la ville, il rejoint le camp de la rébellion. : le roi ordonne le transfert du Parlement à Montargis. Il n’est pas obéi. Le duc d’Elbeuf vient offrir ses services aux magistrats. : le Parlement déclare Mazarin ennemi du roi et de l’État et perturbateur du repos public. Il recrute une armée et organise la résistance. Il faut remarquer que pendant la Fronde tout le monde invoque le roi.
commandées par Condé, les troupes royales commencent l’investissement de Paris. Ainsi commence la première campagne de la Fronde. départ de Conti, Noirmoutier, La Rochefoucauld, la nuit du 9 au de Saint-Germain vers Paris. Début de la Fronde des princes. Gourville, domestique de La Rochefoucauld, en fait un récit assez confus. : arrivée à Paris du prince de Conti et du duc de Longueville, frère et beau-frère de Condé, qui rejoignent le camp du Parlement. : le prince de Conti est, grâce aux intrigues de Gondi, nommé généralissime de la Fronde avec, comme adjoints, le duc d’Elbeuf, le duc de Bouillon et le maréchal de La Mothe qui commanderont les troupes à tour de rôle. Conti se trouve ainsi momentanément opposé à son frère aîné, Condé. : prise de l’Arsenal et de la Bastille par les Frondeurs. Le fils de Broussel, Jérôme, seigneur de Louvières, en prend le commandement. : à la suite de son évasion, Beaufort, dit le « roi des Halles », qui avait vécu caché, réapparaît à ParisRetz, op. cit, .. : crue de la Seine. Paris inondé : le faubourg Saint-Antoine et le Marais sont sous les eaux ainsi que l’île Saint-Louis et le faubourg Saint-Germain. En février, le Pont Rouge s’effondre en partie, effet des inondations. : prise de Corbeil par les soldats de Condé, ce qui permet de couper les voies de ravitaillement de la capitale. : le maréchal de Turenne, s'étant révolté, Mazarin donne à Erlach le commandement de l'armée d'Allemagne.
lettre du Parlement de Paris aux Parlements de province pour les engager à la résistance. Gondi, coadjuteur de Paris, est installé au Parlement comme conseiller d’honneur-né, à la place de son oncle l’archevêque. Il fait signer à tous les chefs de la Fronde une promesse d’union contre Mazarin (ce sont notamment Beaufort, Bouillon, Noirmoutier, La Rochefoucauld, etc.). un incident entre un domestique du comte d’Alais et un laquais d’un conseiller au Parlement provoque une émeute à Aix-en-Provence. : journée des barricades à Aix-en-Provence. Lors de la procession de la Saint Sébastien, une rumeur : dès que la procession serait sortie de l’enceinte de la ville, le comte d’Alais ira assassiner chez eux tous les Frondeurs qui auraient eu le malheur de rester en ville. La foule court aux armes et pille les maisons des amis du comte d’Alais. Le comte d’Alais, gouverneur de la province, est assiégé dans son palais. : la Régente convoque les États généraux pour le à Orléans. : le duc de Longueville, parti soulever la Normandie, est à Rouen, et s’introduit, par escalade, dans le Vieux Palais. Le Parlement de Normandie se prononce pour la Fronde. Henri de Sévigné suit Longueville en Normandie. Les Sévigné seront frondeurs.
Gondi prononce un sermon politique contre Mazarin à l’église Saint-PaulRetz, op. cit, .. le Parlement ordonne la saisie de tous les biens de Mazarin. Le , il prononce la vente de tous ses meubles, sauf la bibliothèque, vente aux enchères qui commence le .
sortie des frondeurs en direction de Bourg-la-Reine. Les Corinthiens, les chevau-légers de Gondi, se font tailler en pièces au pont d’Antony par les troupes du roi. Renaud-René, chevalier de Sévigné, commande le régiment de Corinthe: on appela sa sortie "la première aux Corinthiens"; nuit du 28 au : naissance de Charles-Paris, comte de Saint-Paul, fils de de Longueville et, au su de tout l’univers, de La Rochefoucauld. La duchesse de Longueville a accouché à l’Hôtel de ville où elle réside. C’est Gondi (le futur cardinal de Retz) qui baptise cet enfant, prénommé Charles-Paris (hommage à la ville), en l’église de Saint-Jean-en-Grève. Le parrain est le prévôt des marchands, Le Féron, la marraine la duchesse de Bouillon. Il est comte de Saint-Paul, puis duc de Longueville en 1671 et est tué au passage du Rhin en 1672. Il est ami de l’abbé de Choisy. Février : la crue de la Seine atteint 7,81 mètres à Paris. : sommations de la cour aux Parisiens. : Condé, après un combat sanglant, prend Charenton et menace le ravitaillement de la capitale, largement opéré par voie fluviale. Il fait jeter dans la Seine les corps mutilés et encore vivants. Il fait bonne figure à Bussy le temps de l’engagement. Gaspard IV de Coligny, duc de Châtillon, aide de Condé, est mortellement blessé durant la bataille, et meurt le lendemain des suites de ses blessures. Sa mort affecte beaucoup Condé et une grande partie de la cour. Omer Talon propose sans succès de négocier avec la Cour. : combat dans la plaine de Villejuif. Un important convoi de vivres peut entrer à Paris. Charles de Beauvau, seigneur de Nerlieu ou Noirlieu est tué par le duc de Beaufort. : le Parlement refuse de recevoir le héraut d’armes que lui envoie Anne d’Autriche. : Gaston d’Orléans fait décider au Conseil de régence de mander à la cour les gens du roi (procureurs au Parlement)Jean-Marie Constant, op. cit, .. C’était amorcer les négociations, dit Dethan, un des biographes de Gaston. : prise de Montlhéry par l’armée royale. La route de la Beauce est coupée. : le Parlement de Paris donne audience à un envoyé de l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg, gouverneur des Pays-Bas espagnols. Un convoi de vivres en provenance de Brie-Comte-Robert entre dans Paris. La Rochefoucauld est grièvement blessé dans cet engagement, d’un coup de pistolet à la gorge. Il attribue ses malheurs à Noirmoutier. Il rentre néanmoins à ParisRetz, op. cit, .. La nouvelle de l’exécution de Charles d’Angleterre arrive à Paris. : prise de Brie-Comte-Robert par l’armée de Condé. La route de la Brie est coupée.
les forces royales enlèvent Brie-Comte-Robert, point décisif pour l’alimentation de Paris; Mazarin attire Rantzau à Saint-Germain-en-Laye. Il était enfermé dans Dunkerque et on craint qu’il ne livre la place contre de l’argent. Rantzau est arrêté. Il avait perdu une jambe au siège d’Arras (en 1640) et était estropié d’une main. Il est détenu onze mois. Il attrape, pendant sa détention, une hydropisie, il en mourra peu après sa sortie. 27 - : émotions populaires à Paris.
Mars 4 - : négociations de Rueil entre la Cour et le Parlement. Le setier de froment à 60 livres. : le maréchal de Turenne, qui soutient la Fronde, est déclaré coupable de lèse-majesté par le roi ; sans ressources, il est abandonné par ses régiments qui rejoignent d’Erlach qui gouverne Brisach. Le , un arrêt de la cour du parlement, toutes les chambres assemblées, autorise l’entrée en France de l’armée de Turenne. : signature de la paix de Rueil qui met fin à la Fronde parlementaire : maintien des vingt-sept articles, amnistie aux rebelles, droit de réunion pour les assemblées parlementaires… Le Parlement accepte l’accord début avril. Compris dans l’amnistie, La Rochefoucauld est traité par la reine en homme à craindre et à ménager. Il obtient les honneurs du Louvre pour lui, et pour sa femme le tabouret - faveurs révoquées l'année même, sur les réclamations de quelques personnages importants. : manifestation populaire, organisée en sous-main par Gondi, à Paris contre la paix de Rueil. : émeute à Angers menée par Claude Voisin, régent de l’université. La foule envahit l’hôtel de ville et impose sa volonté aux magistrats municipaux. Le , les Angevins ouvrent les portes de la ville au duc de la Trémoille, un des frondeurs. Le , après que la paix ait été promulguée dans la sénéchaussée, le maire est attaqué par la foule et doit fuir la ville. : reprise des négociations entre la Cour et la Fronde au château de Saint-Germain. L’avant-garde d’une armée espagnole venue des Pays-Bas espagnols arrive aux environs de SoissonsFrédéric Deloffre, Louis Richer, op. cit, .. : le maréchal du Plessis-Praslin repousse les Espagnols. : à Bordeaux, une assemblée tenue dans l’hôtel de ville proclame sa solidarité avec le Parlement de cette ville, lequel est lui-même solidaire de celui de Paris. Début de l’Ormée, Fronde bordelaise. : accords de Saint-Germain-en-Laye, acceptés par le Parlement de Paris. La répression contre les auteurs de mazarinades maintient une certaine tension quoique la justice les acquitte la plupart du temps. Avril : le Parlement enregistre la déclaration royale à la suite de l’accord conclu à Saint-Germain qui reprend les clauses de la paix de Rueil et distribue de nombreuses faveurs aux généraux de la Fronde. Fin de la Fronde parlementaire. : publication de la déclaration royale, portant amnistie générale, remettant chacun dans ses biens et honneurs. Le roi n’exige plus du Parlement l’enregistrement de la Déclaration de Saint-Germain, ni la cessation de ses assemblées. Le maximum de l’emprunt à faire en deux ans est fixé à 24 millions de livres. vignette|upright|La Grande Mademoiselle : la Grande Mademoiselle est à Paris pour rendre visite à la reine consort d'Angleterre et à son second fils, M. le duc d’York tous deux en exil : La Grande Mademoiselle reçoit elle-même force visites. : arrivée de la duchesse de Chevreuse à Paris à 11 heures. Elle est venue d’une traite de Cambrai. Elle était à Bruxelles depuis 1645. : retour de Gaston d’Orléans à Paris. Il est fêté. Mais la famille royale ne suit pas. Elle attend que François de Vendôme cesse d’agiter le peuple. : la Cour quitte Saint-Germain pour le château de Compiègne afin de surveiller la frontière de Picardie. Mai
: dans le cadre des réconciliations générales, le projet de mariage entre le duc de Mercœur, frère aîné de François de Vendôme et Laure Mancini, nièce de Mazarin, est rendu public. : victoire du duc d’Épernon, gouverneur de Guyenne, sur les frondeurs bordelais venus attaquer Libourne. Mai : les Pascal, fuyant les troubles de la Fronde, vont habiter chez les Périer, à Clermont. Gondi annonce son ralliement. Peu après, il se lie avec la duchesse de Chevreuse revenue à Paris et devient l’amant de sa fille. Juin vignette|Le duc de Beaufort prit un bout de la nappe et renversa tout ce qui était sur la table.