Cette page concerne l'année 1789 du calendrier grégorien.
Événements
L'hiver 1788-89 est très froid ; le thermomètre descend à -18° et la Seine et la Loire sont gelées pendant deux mois ; le dégel entraîne des inondations catastrophiques ; l'année précédente avait été particulièrement humide. Ces conditions extrêmes entrainèrent une situation difficile dans la période de soudure entre les deux récoltes 88-89, une hausse du prix du pain et un accroissement sensible des émeutes frumentaires pendant les premiers mois de 1789Jean-Christian Petitfils, Louis XVI Perrin 2005, édition Tempus 2010 Tomme II .
Janvier : Jean-Georges Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, est élu député du clergé dauphinois aux États généraux. : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est sacré évêque d'Autun. : lettre de convocation des États généraux, règlement qui ouvre la campagne électorale. : Journée des bricoles à Rennes. : les affrontements à Rennes entre nobles et étudiants font trois morts. Parution de la brochure de l'abbé Sieyes « Qu'est-ce que le Tiers-État ? ».
Février : Monseigneur Loménie de Brienne, archevêque de Sens, ancien ministre proche de la reine de France, reçoit à Nice le chapeau de cardinal des mains du nonce apostolique Tibério Piccolomini et fait d’abondantes aumônes au milieu de la disette générale. : ordre de rédiger des cahiers de doléances. Février : début de la construction de la filature de la Motte-Sanguin, première filature de France équipée d'une machine à vapeur, à Orléans, pour le duc d'Orléans (fin en 1791).
Mars mars : élections aux États généraux.
: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le nouvel évêque d'Autun, est intronisé dans la cathédrale d'Autun. : Gilbert de Riberolles est élu, par la sénéchaussée de Riom, par 265 voix sur 393 votants, député du tiers état de la province d'Auvergne aux États généraux. : émeutes de subsistance à Marseille dues à l'augmentation du prix du blé ; une municipalité illégale et une garde citoyenne sont créées, le régime fiscal est modifié. : Monseigneur Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz, grand aumônier du roi depuis 1786 (à la suite de l'Affaire du collier) est élevé au cardinalat par le pape Pie VI.
Avril 6 - : élections des députés du bailliage de Saint-Omer. : parution d'un prospectus pour le journal de Brissot Le Patriote français ; sa publication est interdite le (fin le ). : assemblée générale des représentants de l’Artois ; élections des députés d’Artois à Arras. : émeute frumentaire à Orléans. vignette|gauche|Fusillade au faubourg Saint-Antoine, le 28 avril 1789, après le pillage de la Maison et de la Manufacture de Réveillon. 26 - : affaire Réveillon. Manifestations ouvrières à Paris, au faubourg Saint-Antoine, à la suite d'un mot mal interprété d’un entrepreneur de papier peint. Pillage de la manufacture Réveillon : la troupe ouvre le feu (12 soldats et près de 300 manifestants tués). : protestation des nobles entrants contre toute modification des droits et prérogatives de la noblesse des États d’Artois.
création à Versailles du Club breton, qui devient la société des amis de la Constitution, puis prend le nom de Club des jacobins en octobre lors de son installation à Paris. émeute à Marseille, où la foule s'empare de trois forts et le , tue l'un de leurs commandants, le chevalier de Beausset, major du fort St-Jean.
Mai vignette|droite|« États Généraux », gazette publiée le par Mirabeau
parution, sous le titre d’États généraux, du premier numéro du premier journal écrit par un député, gazette fondée par Mirabeau et supprimée le . présentation à Versailles de l'ensemble des députés au roi. : Procession, à Versailles, pour l’ouverture des États généraux. L'homélie est prononcée par Monseigneur Anne-Louis de La Fare, évêque de Nancy. : ouverture des États généraux à Versailles dans une salle de l'hôtel des Menus Plaisirs.
les députés du Tiers se réunissent dans la salle des États, tandis que le clergé et la noblesse décident de vérifier séparément leurs pouvoirs respectifs dans des chambres particulières. Le Tiers État prend le nom d'Assemblée des Communes. Brissot publie le premier numéro du « Patriote français ». Un arrêt du Conseil d'État interdit la publication toute espèce de journaux sans autorisation expresse. : saisie du journal de Mirabeau (États généraux). Interdiction de publier des comptes rendus des séances des États. Mirabeau n'en tient pas compte et continue à publier le compte rendu des séances de l'Assemblée ainsi que les analyses sur les questions politiques à l'ordre du jour, d'abord sous le titre Lettres du comte Mirabeau à ses commettants du au , puis sous le titre Courrier de Provence, qui parait jusqu'au . 11- : la noblesse refuse de se réunir au tiers état pour faire en commun la vérification des pouvoirs. Le clergé également invité par le tiers état propose de nommer des commissaires conciliateurs. Les Communes acceptent de participer aux conférences de conciliations, mais elles échouent (23-). La noblesse rejette la vérification des mandats en commun, qui sous-entend le vote par tête, proposé par le Tiers. Malgré l’intervention du roi le et la tenue de conférences supplémentaires sous l'égide du garde des Sceaux à partir du , les débats sont bloqués. : Le roi permet aux journaux de rendre compte des opérations des États Généraux. : renonciation du clergé à ses privilèges pécuniaires. : La noblesse renonce également à ses privilèges pécuniaires et consent à être imposée à raison des biens qu'elle possède.
Juin
: décès à Meudon de Louis, dauphin de France, fils ainé de Louis XVI, 8 ans. : trois curés poitevins se joignent au tiers état, suivit par 13 autres membres du clergé le . : après une proposition de Sieyès, le Tiers état décide de se constituer en Assemblée nationale. Elle proclame le droit des citoyens à consentir l'impôt par l'intermédiaire de leurs représentants.
le clergé décide de se joindre au Tiers par 149 voix contre 137. Le roi ferme la salle des Menus-Plaisirs et annonce un lit de justice pour le . Barère publie le du « Point du jour ». vignette|Le Serment du Jeu de paumepar Jacques-Louis David : serment du Jeu de paume. Les députés de l'Assemblée nationale jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une Constitution à la France.
le roi concentre ses troupes qui arrivent autour de Paris () sous les ordres du maréchal de Broglie du au . Les Parisiens craignent un coup de force et que soient bloqués les convois de blé. Des émeutes éclatent début juillet aux barrières d’octroi. l'Assemblée nationale se réunit à l'église Saint-Louis à Versailles où le serment du Jeu de paume est renouvelé. : séance royale. Le roi ordonne aux députés de siéger par ordre séparé, annule toutes les décisions du Tiers et propose un programme de réforme conforme aux pratiques de la monarchie consultative. À l’issue de la séance royale, le Tiers refuse de quitter la salle. l'Assemblée nationale déclare inviolable la personne de ses députés. Apostrophe apocryphe de Mirabeau : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ». : le clergé vient siéger avec le Tiers. : le roi ordonne aux députés de la noblesse de rejoindre les élus du Tiers état et du clergé. Le vote se fera par tête et non par ordre. : premier numéro du Patriote français de Brissot.
Juillet
: l'Assemblée députe vers le roi pour demander la grâce des soldats aux Gardes Françaises enlevés de la prison de l'Abbaye par un attroupement. : les troupes allemandes approchent de toutes parts. : émeute le long des lignes d'octroi ; attaque des bureaux et incendie des barrières. : l’Assemblée présidée par l'archevêque de Vienne, Jean-Georges Lefranc de Pompignan, se déclare « Assemblée nationale constituante ». vignette|Le Royal-Allemand pénétrant dans les Tuileries le d'après Pierre-Gabriel Berthault, (Musée de la Révolution française).
Jacques Necker annonce sa démission à Louis XVI, remplacé par Breteuil aux finances, contribuant à provoquer le mouvement révolutionnaire. Le futur Maréchal d'Empire Louis-Alexandre Berthier est nommé Lieutenant-colonel. Joseph-Gilbert Motier, marquis de La Fayette présente un projet de déclaration des droits de l'homme à l'Assemblée constituante. 12- : troubles ouvriers à Rouen, animés par les carabots. Une bande de deux ou trois cents pillards envahit le faubourg Saint-Sever, met à sac la manufacture de velours Debourges et Calonne, brise et brûle les machines. Trente métiers mécaniques sont détruits. vignette|gauche|Motion faite au Palais royal, par Camille Desmoulins. : mécontentement, agitation dans Paris à l’annonce du renvoi de Necker dans la matinée du dimanche. À midi, Camille Desmoulins harangue la foule sur une table du café de Foy au Palais-Royal. Dans l’après midi, des manifestations réclament la fermeture des théâtres en signe de deuil. Paris est en état d’émeute généralisée. Dans la soirée, il y a des heurts aux Tuileries entre les manifestants et les cavaliers du Royal-Allemand. Les gardes-françaises passent du côté des émeutiers.
l’émeute s’étend, la population saisit des stocks de grains, détruit des octrois (40 sur 54) et ouvre des prisons. La maison de Saint-Lazare est pillée, des armes sont enlevées et des canons sont enlevés aux Invalides et au Garde-Meuble de la Couronne. Les parisiens s'arment. en raison de l'éloignement des troupes, arrêté de l'Assemblée des électeurs, portant création du Comité permanent, pour demander au roi le rétablissement d'une milice bourgeoise pour assurer l'ordre dans la capitale, avec un effectif de . Elle reçoit des armes (armuriers, invalides). Malgré le refus du roi, les officiers sont élus. Dès le lendemain, , elle participe à la prise de la Bastille, et le 15, elle est placée sous le commandement du général de La Fayette et prend le nom de Garde nationale. vignette|Eau-forte gravé à la main en 1789 représentant la prise de la Bastille.
ordonnance portant la suppression des coups de plat de sabre dans les troupes. le peuple brûle les barrières d'octroi et s'empare de la Bastille à Paris qui détenait, à ce moment, sept prisonniers. Le gouverneur de la forteresse, Launay, trois officiers et trois invalides sont arrêtés et conduits sous escorte à l'hôtel de ville et sont massacrés par la foule. Jacques de Flesselles, prévôt des marchands de Paris, accusé de trahison, est tué d'un coup de pistolet.
au matin, le roi annonce devant l’assemblée qu’il a donné l’ordre de retirer les troupes de Paris. commune de Paris : Bailly, maire de Paris. La Fayette est nommé commandant de la garde nationale. à la nouvelle du renvoi de Necker le peuple de Dijon s’empare du château et des munitions, établit une milice, emprisonne le commandant militaire Gouvernet et consigne chez eux les nobles et les prêtres. : rappel de Necker. : à dix heures du matin, Louis XVI, accompagné de cent membres de l'Assemblée nationale, se rend à Paris, recevoir l'hommage de ses sujets. Il est reçu à l'hôtel de ville de Paris par le maire Jean Sylvain Bailly. À cette occasion, il arbore la cocarde tricolore que La Fayette aurait fait adopter à la garde nationale parisienne au lendemain du . On a dit, à tort que c'était l'origine des trois couleurs nationales. Il reparaît à Versailles vers onze heures du soir. 17- : premiers départs en émigration : le comte d'Artois, frère de Louis XVI, le prince de Condé, affolés par la tournure que prennent les évènements, s'exilent. : émeute frumentaire à Troyes. : à Rennes, la foule s'empare de l'arsenal ; les soldats refusent de tirer sur le peuple. Le commandant militaire Langeron doit quitter la ville..