L' est une maladie infectieuse sexuellement transmissible qui se transmet au contact d'une autre partie du corps infectée (bouton de fièvre) causée par le virus Herpes simplex (HSV) de type 1 ou 2.
Le préservatif n'est pas un moyen de protection efficace contre la transmission de l'herpès génital. Il n'offre en effet qu'une protection très faible contre le risque d'infection. Une fois contractée la maladie consiste en des démangeaisons, brûlures, petites cloques, plaies au niveau des organes génitaux et provoque des conséquences psychologiques et sociales importantes pour la personne atteinteCarenity - Herpès génital, entre sentiment de honte et manque d'informations : « Le sentiment de honte est caractéristique de cette pathologie… L’herpès génital est encore perçu comme une maladie honteuse. Il est donc difficile pour une personne atteinte d’en parler à ses proches et même aux professionnels de santé. Aborder le sujet avec son partenaire peut aussi être compliqué du fait de l’épidémiologie complexe de la maladie qui laisse libre cours à toutes les interprétations. ».
L'herpès génital ne peut être guéri et évolue par crises d'intensité variable tout au long de la vie de l'individu infecté. Le traitement consiste alors en des antiviraux permettant de diminuer la contagiosité et de réduire la douleur, la durée et la fréquence des crises.
Si dans la majorité des cas cette infection chez l'adulte est sans gravité en dehors des périodes de poussées et de la gêne sociale qu'elle provoque, sa transmission au fœtus durant l'accouchement, appelée herpès néonatal, occasionne toutefois une importante mortalité et des séquelles lourdesRCOG (2014) Management of Genital Herpes in Pregnancy| Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. London. Dans de rares cas, chez l'adulte, des complications comme une encéphalite, une méningite ou une cécité peuvent également survenirCatie - L’herpès génital - Complications : « En plus des symptômes courants de l’herpès génital, le VHS-1 et le VHS-2 peuvent tous deux causer des complications rares mais graves comme l’encéphalite (inflammation du cerveau), la méningite (inflammation du revêtement du cerveau) et la cécité. ».
Origines L'herpès de type 1 (HSV-1) était déjà présent il y a environ 7 millions d'années chez le dernier ancêtre commun aux chimpanzés et aux humains. L'herpès de type 2 (HSV-2) aurait quant à lui été transmis à Homo erectus par Paranthropus boisei, quelque part entre il y a 1,4 et 3 millions d'années, soit par consommation de leur viande soit par relation sexuelle. Paranthropus boisei l'aurait lui-même reçu dans 40 % des cas directement depuis l'ancêtre commun des Hominini et dans 60 % des cas depuis Homo habilis, contaminé lui-même par l'ancêtre commun. . .
Épidémiologie Les infections génitales peuvent être causées par le virus (HSV) de type 1 ou 2 mais le HSV-2 est le plus courant (environ 70 % des cas). Les infections récurrentes à HSV-2 sont très fréquentes (98 % des patients). Le HSV-1 est moins virulent et peut provoquer des symptômes plus mineurs, tels que les boutons de fièvre (herpès labial). Les porteurs sont la plupart du temps asymptomatiques.
Le CDC estime que l'herpès génital est courant aux États-Unis et indique que plus d'une personne sur six âgée de 14 à 49 ans est atteinteGenital Herpes - CDC Fact Sheet.
Mécanisme de la contamination L’infection se transmet par : un contact entre une muqueuse infectée et une muqueuse saine (coït) ; un contact entre peau infectée et peau saine (une personne a un herpès sur un testicule et le transmet sur les fesses du partenaire) ; un contact entre peau ou muqueuse et sécrétion vaginale infectée ; un contact entre peau ou muqueuse et salive infectée. Il semble que pour qu'il y ait infection sur la peau par les fluides (salive ou sécrétion vaginale), il est nécessaire que la peau soit abîmée.
Quand il entre dans la zone génitale, le virus peut ressortir à n'importe quel endroit dans la zone génitale (par exemple, il entre par un contact gland/fesse mais peut ressortir sur le vagin lors d'une poussée).
Les cas d’auto-inoculation à partir d’un site d’infection oral ou labial antérieure à HSV-1 sont rares et arrivent le plus souvent durant la primo-infection orale (une personne a un herpès sur la bouche pour la première fois, touche les vésicules puis se touche le sexe).
L’excrétion et la transmission asymptomatique (la personne qui est contagieuse n'a aucun signe lui faisant penser qu'elle a une poussée d'herpès) du virus sont fréquentes, surtout pour le HSV-2.
Histoire naturelle La première infection (primo-infection) est souvent silencieuse. La période habituelle d’incubation (délai entre l'infection et les premiers signes) des primo-infections symptomatiques varie entre 2 et 21 jours. Les infections récidivantes se retrouvent habituellement sur le territoire des dermatomes S2 ou S3 (territoire de la peau innervé par la deuxième ou troisième racine sacrée). Les récidives sont fréquemment atypiques quant à leur présentation.
Signes cliniques vignette|Lésions herpétiques chez la femme vignette|Lésions herpétiques chez l'homme
Primo-infection La première éruption ne se manifeste jamais tout de suite après la contamination. Il faut d'abord que le virus s'installe avant de produire des éruptions, ce qui peut prendre plusieurs semaines. La période de latence peut parfois être de plusieurs années, certains patients ne présentant aucun symptôme jusqu'à 20 ans après la primo-infection.
Au cours du premier épisode avec signe, on observe une éruption vésiculeuse et ulcérative aux points d’inoculation du virus ou à proximité. L’infection est localisée au niveau des organes génitaux externes, du pubis, du périnée et des régions péri-anales, ainsi qu’au niveau du col de l’utérus, de l’anus ou de l’urètre, suivant le type de contact. Une adénopathie (gros ganglion) au pli de l'aine, douloureuse, est fréquente. L'éruption guérit sans traitement, en règle générale, en une dizaine de jours Sen P, Barton SE, « » BMJ 2007:334:1048-1052.. Les problèmes urinaires, y compris les retards à l’initiation de la miction ou une difficulté à uriner (dysurie), sont fréquents chez les hommes et les femmes et ils peuvent durer longtemps. De 40 à 70 % des primo-infections s’accompagnent de symptômes généraux, par exemple fièvre ou douleurs musculaires. Une méningite bénigne est observée dans 10 à 30 % des cas de primo-infection symptomatique. La ponction lombaire ramène dans ce cas un liquide stérile.
Infection récurrente symptomatique Elle est due à une réactivation du virus latent. Les symptômes sont moins graves et durent moins longtemps que dans le cas d’une primo-infection symptomatique. Les manifestations de l’infection se limitent généralement aux organes génitaux externes et sont unilatérales. On peut observer une éruption vésiculeuse et ulcérative unilatérale ou bilatérale (chez les femmes)
Examen de laboratoire Pour établir le diagnostic clinique, il faut retrouver les éléments suivants : des lésions typiques ou atypiques et une culture.
La culture, après prélèvement au niveau de la lésion, demeure la méthode de prédilection à cause de sa spécificité, de sa sensibilité et de sa capacité de typer la souche du virus. Le typage de la souche est souhaitable dans la plupart des cas pour permettre de mieux prévoir les récurrences ainsi que de fournir des renseignements pertinents sur la susceptibilité du partenaire. La réaction en chaîne par polymérase (PCR) permet également d'en établir le diagnostic.
En revanche, la sérologie a une application clinique limitée. Elle consiste en la détection d'anticorps dirigés contre le HSV dans le sang du patient. La détection de ces derniers signe un contact antérieur avec le virus mais de manière retardée. Elles peuvent être utilisées pour déterminer si les femmes enceintes qui n’ont pas d’antécédents d’herpès symptomatique sont à risque. Elle ne peut déterminer naturellement s'il s'agit d'une primo-infection ou d'une récidive, mais peut définir le type de virus en cause (HSV 1 ou 2).
Traitement Les traitements sont de deux types : oral (traitement préventif) ou local (pommade à appliquer, traitement curatif des poussées d'herpès). Il faut traiter le plus tôt possible, c'est-à-dire dès l'apparition des signes annonciateurs d'une poussée d'herpès (démangeaisons, gênes ou irritations), ce qui aiderait à réduire la durée des crises et les douleurs afférentes.
L'utilisation de préservatifs n'est pas un mode de protection efficace face au risque de transmission de la maladie, ce dernier n'étant réduit que d'environ 30 % Martin ET, Krantz E, Gottlieb SL. « » Arch Intern Med. 2009;169:1233-1240..
Dans tous les cas, des antalgiques peuvent être utiles et des soins d'hygiène restent utiles pour éviter une infection bactérienne surajoutée.
Primo-infection Le traitement antiviral est utile pour atténuer les symptômes, les complications et l’excrétion du virus, mais il est plus efficace s’il est administré au début de l’épisode symptomatique. Il ne permet pas de prévenir les récidives, sauf s'il est donné de manière prolongée. Valaciclovir deux fois par jour pendant 5 à 7 jours. Aciclovir trois fois par jour pendant 5 à 7 jours. Famciclovir trois fois par jour pendant 5 à 7 jours.
Infections récurrentes Valaciclovir deux fois par jour pendant 5 jours Aciclovir trois fois par jour pendant 5 jours Famciclovir deux fois par jour pendant 5 jours
Cas de la femme enceinte Le nouveau-né peut être contaminé par la mère lors de l'accouchement s'il existe des lésions actives secondaires au HSV au niveau de la sphère génitale maternelle, provoquant un herpès néonatal aux conséquences dramatiques.
Si la primo-infection survient lors du troisième trimestre, un accouchement à terme par césarienne est impératif, prévenant ainsi la contamination. La même attitude est prônée en cas de présence de lésions d'herpès au niveau de la sphère génitale secondaire à une récidive.
Autres traitements De nombreux traitements non médicamenteux ont été proposés, à base de plantes, de compléments alimentaires ou d'huiles dites essentielles. Aucun n'a démontré de manière scientifique une quelconque efficacité.
S'agissant d'une infection sexuellement transmissible, les rapports protégés, voire une abstinence (si les lésions ne sont pas couvertes par le préservatif) sont conseillés lors de la phase éruptive.
Dans un couple sérodiscordant (une personne infectée, l'autre saine), il convient d'utiliser un préservatif pour tous les rapports car il est impossible de prévoir quand la personne infectée est contagieuse (il est estimé à au moins 5 à 10 % des jours de l'année le nombre de jours où une personne positive est contaminante sans symptôme). Cela n'exclut pas la contamination par d'autres voies (peau-peau)
Vaccins Il n'existe pas, à ce jour, de vaccination disponible. Différentes approches ont été étudiées par les chercheurs et elles représentent un véritable défi pour la recherche . De nombreuses pistes ont déjà été tentées Liste des projets de vaccins Liste de projets de vaccins HSV Vaccine Development: Current Progress and Future Directions Status of vaccine research and development of vaccines for herpes simplex virus.
Échecs Au cours des deux dernières décennies, de nombreux efforts ont été entrepris pour tenter de développer un vaccin, mais les résultats des essais cliniques chez l'humain se sont révélés décevants.
Fin , GlaxoSmithKline a décidé de ne pas poursuivre le développement de son vaccin Herpevac/Simplirir, à la suite des résultats obtenus en phase aux États-Unis.. Les essais avaient débuté en 2003. Entre 1996 et 1999, le même laboratoire avait déjà testé un vaccin en phase III, le gD2t avec l'adjuvant GSK208141, sans suite.