est une mangaka née le dans la préfecture de Yamaguchi, au Japon. Elle possède également comme nom de plume .

Elle a rencontré le succès et gagné sa renommée internationale grâce à sa série manga Mushishi (en dix volumes de 1999 à 2008), multi-récompensée et multi-adaptée à l'écran.

Yuki Urushibara appartient à cette génération de femmes nées dans les années 1970 qui se sont frayé un chemin dans l'univers du manga (jusqu'ici plutôt masculin), comme Hiromu Arakawa, Asumiko Nakamura ou Aya Kanno, ou encore : Moyoko Anno (de « La Nouvelle Manga »), Naoko Takeuchi, Ai Yazawa, Kyōko Okazaki, Hiromu Arakawa, Kaoru Mori . . . Elles ont succédé dans les années 1990 jusqu'à aujourd'hui (années 2020), à la génération précédente marquée par le fameux Groupe de l'an 24« Groupe de l'an 24 » c'est-à-dire la génération de femmes mangakas nées autour de la année de l'ère Shōwa (règne de l'empereur Hirohito), soit l'année 1949 de l'ère commune, lesquelles ont totalement refondé la catégorie des mangas Shōjo (« pour filles » adolescentes et jeunes adultes), jusque là plutôt écrits et dessinés par des auteurs hommes selon des stéréotypes féminins plus juvéniles. Cette génération de femmes mangakas « de l'an 24 » est à l'origine du « shōjo moderne », qui a intégré dans les années 1960 et 1970 l'influence du style : dessin plus réaliste pour des récits plus dramatiques et une thématique plus mature. (d'autrices mangakas nées à la fin des années 1940 et qui officiaient pendant leur enfance à elles), et elles ont contribué hautement à renouveler le genre manga, tant dans l'art du dessin que dans les thématiques, et pas seulement dans la catégorie Shōjo (pour adolescentes).

Au sein de sa génération de mangakas Yuki Urushibara a su occuper une place à part et imposer un ton et un style éminemment personnels et incomparables, voire atypiques, apportant au manga Seinen/Josei et même Seijin une tonalité poético-nostalgique et contemplative, un niveau de réflexion philosophique, une constante préoccupation écologiste, ainsi qu'un type de narration fusionnant tragédie et nonchalance, affectivité et environnement, éléments quotidiens et fantastiques, en un univers qui décidément n'appartient qu'à elle. Celui-ci est bien illustré dans son œuvre phare qui a acquis un statut de série culte : Mushishi, et s'est trouvé à la fois confirmé et décliné dans ses œuvres suivantes : Underwater - Le village immergé (2009) et Flow (2018), toutes trois fondées à chaque fois sur un concept différent et tout à fait original.

Trajectoire Biographie En 1998, elle remporte le grand prix du Concours des Quatre Saisons organisé par le magazine de prépublication manga Monthly Afternoon, ce qui lui vaudra la publication de son œuvre Mushishi, au départ dans un numéro hors série et ensuite, à partir de 2002, directement dans le mensuel AfternoonBiographie sur le site de l'un de ses éditeurs : . . Cette série obtient un franc succès de par le monde ; elle est traduite en français, ainsi que ses deux autres séries plus récentes : Underwater - Le village immergé, et Flow.

Style et thématique Registre D'une série à l'autre, Yuki Urushibara exprime en effet un style et un univers très personnels, tant dans son dessin à la plume en noir et blanc que dans ses aquarelles, dans son usage des trames, ainsi que dans ses scénarios poétiques et nostalgiques, à mi-chemin entre réalisme et fantastique, le tout dessinant une œuvre d'un ton particulièrement original dans l'univers du manga Seinen et Josei (pour jeunes et adultes, hommes et femmes), voire Seijin (pour adultes mais ici sans la dimension érotique sous-entendue).

Émotion et reliance Une autre constante, dans son œuvre, outre la douce atmosphère onirique en demi-teinte , c'est l'attention portée aux émotions, aux relations affectives entre les personnes, ainsi que la dimension écologique systémique, voire holistique, de son univers, dont tous les éléments sont reliés (parfois imperceptiblement), et en interaction secrète les uns avec les autres. Ses personnages, parfois énigmatiques et portant aussi un secret, sont attachants tant par leur mystère et leurs silences que par leur charme nonchalant.

Paysages Enfin, son souci du détail et son goût pour les paysages divers, la nature, la végétation, les vastes espaces (marins ou en altitude) ne se démentent jamais tout au long de son œuvre et dominent son amour du dessin et de la peinture en un émerveillement renouvelé, infusant toutes ses histoires et nombre de ses pages d'un fort aspect contemplatif plutôt inhabituel dans le genre manga . . : dans ses séries traduites en français, il s'agit d'abord des paysages campagnards et montagnards du Japon éternel (Mushishi), puis des paysages aquatiques et subaquatiques dans Underwater, enfin d'un décor urbain ou péri-urbain contemporain dans Flow.

Yuki Urushibara elle-même explique ainsi son objectif dans un commentaire dessiné en post-scriptum du tome I de Flow, où elle donne la parole à ses propres chats (qui constatent la présence d'un chat parmi les trois personnages principaux) : . . La suite a prouvé que oui (notamment le succès dans le monde et en France, surfant sur la vague de Mushishi)…

Travaux Livres Yuki Urushibara est l'autrice complète de ses mangas : scénario, dessin, lettrage (en idéogrammes japonais), couleur (pour les aquarelles de couverture, ou bien celles qui ouvrent certains épisodes).

[En caractères gras et soulignés les titres des éditions francophones] : Bio Luminescence (1997), une compilation de courts travaux, reprise plus tard dans Filaments. Non traduit en français. Mushishi (en japonais : 蟲師), publié depuis 1999 au Japon chez Kōdansha. Paru en français de 2007 à 2009 chez Kana. Adapté en anime pour la télévision, en VOD puis au cinéma (détails : voir section suivante). Récompensé : Prix d'Excellence du Festival des arts médias de l'Agence pour les affaires culturelles, catégorie Manga, en 2003. et Prix du manga de son éditeur Kōdansha en 2006 . . . . . . , 2004. Filaments (2004), : nouvelle compilation de courts travaux, reprenant les histoires de Bio Luminescence + deux nouvelles histoires. Édition en japonais : . Non traduit en français, publié en espagnol par . . , 2009 au japon, 2016 en français sous le titre <u>Underwater </u> (« sous l'eau ») - Le Village immergé. , 2018 au Japon, 2021 en français sous le titre anglophone de Flow (« Flux », « Fluctuation »), tome 1 : « Quand un chat est tourné vers l'Ouest ».

Audio-visuel En tant qu'autrice, Yuki Urushibara intervient dans l'adaptation du scénario ou comme scénariste pour les films d'animation et en prise de vues réelles tirés de son œuvre écrite et dessinée, mais ceux-ci sont réalisés et animés, parfois aussi adaptés par d'autres. Voir détail ici : Mushishi en série animée . 2005 : , sous-titré à l'international : , anime, réalisé par Hiroshi Nagahama pour le studio Artland, publié (DVD) en France par Black Box . . 2006 : film en prise de vues réelles, réalisé par Katsuhiro Ōtomo, voir Mushishi (film). 2013 / 2014 : , titre traduit à l'international par « L'ombre qui dévore le soleil », anime (toujours réalisé par Hiroshi Nagahama pour Artland), diffusé en VOD par Crunchyroll . ; parfois annoncé sous le titre : . . 2014 : , anime (toujours par Hiroshi Nagahama, diffusé par Crunchyroll). C'est la seconde adaptation de Mushishi en animé diffusée en 2014 à la TV Japonaise . . 2015 : , film. Ce film va clore les aventures de Gingko en adaptant le dernier arc du manga, « Les larmes des grelots », encore réalisé par Hiroshi Nagahama, et édité en VOD par Wakanim . .

Œuvres traduites en français

Mushishi

Sa série phare, Mushishi est parue en français en dix tomes chez Kana / Dargaud, collection “Big Kana”, de 2007 à 2009. Elle s'est vue adaptée en anime en 2005-2006 (et à nouveau en 2014 et 2015) puis en film à prise de vues réelles (2007), et elle a connu des produits dérivés (notamment en jeu vidéo : Mushishi: Amefuru Sato sur Nintendo DS en 2008).

Dans une atmosphère particulièrement onirique et poétique, elle raconte les itinérances de Ginko, un expert en “mushi”Dans les livres, les mots « mushi » et « mushishi » ne portent pas de marque du pluriel, donc on écrit « des mushi » et « des mushishi », qui sont de petits êtres imaginaires surnaturels (ou “infranaturels”) à la fois morts (ou inertes) et vivants, à la fois biologiques, physiques et chimériques.. Ces mushi, organismes microscopiques (mais pas toujours), à la base des processus biologiques fondamentaux, vivent en symbiose avec des éléments de la nature et avec les humains, Présentation de Mushishi par l'éditeur : . , et ils se comportent alors en , pouvant donner des facultés étranges à leur vecteur humain (ou autre), mais aussi mimer le vivant ou déclencher des transformations de leur personnalité voire des maladies parfois mortelles, et sont donc souvent considérés par les personnages comme . , voire comme une véritable malédiction ou une suite de calamités dont ils ignorent la cause, jusqu'à ce qu'un spécialiste les aide à les gérer ou s'en débarrasser. Ils sont pourtant sans malveillance aucune puisqu'ils sont dépourvus de volonté de nuire et interagissent avec leur environnement selon leur nature aveuglémentCet aspect des mushi comme “dépourvus de volonté” (de nuire en tout cas) est à nuancer en ce que ceux-ci manifestent tout de même une certaine intentionnalité en rapport avec leur nature et ce qu'on pourrait appeler un instinct de survie : ceci peut les amener à influencer les humains dans le sens qui leur convient ou même les perturber gravement. C'est ce que dit Ginko le héros, spécialiste des mushi, à la page 170 du volume 4 : [qui se présente sous la forme d'un haut bambou anormalement blanc, et interdit à ses hôtes ou “serviteurs” ou “descendants” toute sortie de la bambouseraie qui l'abrite, laquelle représente alors une “cage” : titre de l'épisode]. Dans la vie réelle, on observe que certains parasites comme le protozoaire Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose, sont capables de modifier le comportement de leur hôte dans un sens qui leur donne un avantage sélectif ; notamment par leur présence dans le cerveau de l'hôte. Par exemple, les souris et les rats ont moins peur du chat, ce qui favorise la transmission du parasite. De même le toxoplasme pourrait avoir une influence sur le comportement humain, les troubles psychiatriques, voire des effets à grande échelle sur la culture d’un pays : voir les sources de ces études épidémiologiques dans les sections « Troubles du comportement » et « Rôle de la toxoplasmose dans les troubles mentaux » de l'article consacré à la toxoplasmose. Ceci établit un lien entre les mushi imaginaires d'Urushibara et les protozoaires réels, même si l'on ne peut pas parler de “volonté” au sens propre et conscient du terme. . Mais ils créent alors un déséquilibre dans l'ordre naturel qu'il convient de réparer.

, et ont une sensibilité particulière aux mushi, puis une connaissance de ces entités acquise par expérience et par transmission. Ils deviennent alors des mushishi, ou experts en mushi, dont : Ginko est de ceux-là, une sorte de médecin spécialiste errant, à mi-chemin entre enquêteur, chasseur et guérisseur, presque un chaman, qui cherche des personnes à aider. Au hasard des rencontres, toujours touchantes, il lui arrive des aventures qui permettent à l'autrice d'aborder, à travers .

Sont parues depuis en français deux autres séries manga (mini-séries cette fois) de Yuki Urushibara :

Underwater - Le village immergé Présentation Une nouvelle série en deux tomes plus volumineux (que ceux de Mushishi), signée Urushibara (toujours autrice complète : scénario et dessin), est parue en français en 2016 chez Ki-oon, dans la collection “Latitudes” [tome 1 : , tome 2 : ].