La bataille de Bar-sur-Aube eut lieu le à Bar-sur-Aube, entre les armées françaises et autrichiennes. Les Français étaient commandés par Étienne Jacques Joseph Macdonald, alors que les Autrichiens et leurs alliés bavarois et russes étaient sous les ordres du prince Karl Philipp de Schwarzenberg. La bataille se termina sur une victoire de la coalition.

Prélude Le repli de l’armée de Bohême Après la bataille de Montereau, le , les troupes de l’armée de Bohême s’étaient repliées jusque vers Troyes. Au soir du , elles se tenaient sur une ligne allant de Fontvannes à Malmaison. Le commandant en chef de l’armée de Bohême, le prince autrichien Schwarzenberg, envisagea sérieusement la possibilité de livrer bataille à partir de ces positions et demanda pour cela le renfort de l’armée de Silésie de Blücher qui arriva avec hommes le à Méry-sur-Seine.

Le même jour, l’état-major de Schwarzenberg reçut une mauvaise nouvelle du sud où l'armée autrichienne de Ferdinand von Bubna und Littitz, qui était entrée en France par Genève, se trouvait en difficulté face aux hommes de l'armée de Lyon commandée par le maréchal Augereau : celui-ci venait de reprendre Chambéry et menaçait Genève. Les lignes d’approvisionnement et de repli de l’armée de Bohême via la trouée de Belfort étaient menacées. Schwarzenberg réagit en envoyant l’armée autrichienne de Bianchi forte de hommes de Troyes via Dijon sur le Rhône afin de combattre l’armée d’Augereau.

L’armée de Bohême se trouva alors affaiblie dans ses effectifs et le quartier général de Schwarzenberg redoutait que Napoléon ne tente de passer avec son armée via Dijon vers le sud pour encercler les forces coalisées. Ceci amena Schwarzenberg à ordonner le un repli stratégique au-delà de l’Aube et l’abandon de Troyes.

Au matin du se déroula au quartier général du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III une réunion générale en présence du tsar Alexandre , de l’empereur d’Autriche François , de ses principaux ministres et du prince Schwarzenberg. Schwarzenberg dut faire face à de vives critiques en raison des mouvements de repli de l’armée de Bohême mais sut trouver les arguments pour défendre sa position.

Avance des troupes menées par Napoléon et combats de Méry Après que Napoléon a fait halte les 19 et à Montereau, les troupes françaises avancèrent sous son commandement au sud de la Seine vers l’est et se trouvèrent le vers midi en vue de Troyes.

Napoléon voulait s’installer à Méry-sur-Seine, où il avait envoyé le corps d’armée du maréchal Oudinot. Cependant, le corps d’armée russe du général Sacken de l’armée de Silésie, venu du nord, avait déjà occupé Méry, situé principalement sur la rive nord du fleuve, alors que le corps de Wittgenstein de l’armée de Bohême s’était porté à Villacerf.

Les troupes françaises arrivèrent le vers 14h00 en provenance du sud-ouest au pont de Méry sur la Seine et un vif affrontement s’engagea. Au même moment, un incendie se déclara dans Méry, probablement dû à un feu de bivouac des troupes russes mal éteint. Quelques unités françaises parvinrent à passer le pont et à prendre position sur la rive nord de la Seine, semant le désordre dans les rangs de l’armée de Silésie avant d’être repoussés par la contre-attaque de plusieurs bataillons.

Napoléon s’installa au soir à Châtres alors que les échanges de coup de feu à travers le fleuve se poursuivirent toute la nuit. Les troupes des deux camps étaient confrontées à des difficultés, ne parvenant pas à trouver suffisamment de nourriture ou de bois de chauffage pour la nuit. De nombreuses masures en bois de paysans servirent de combustible pour une nuit. Les commandants des unités durent faire garder leurs quartiers pendant la nuit afin qu’on ne les leur démonte pas pendant leur sommeilcf. Damitz.

Le , la bataille de Méry continua, à ceci près qu’à Méry les troupes Russes furent remplacées par des francs-tireurs prussiens qui parvinrent à déloger les Français de la rive opposée. Chaque camp subit des pertes de quelques centaines d’hommes ces jours-là.

Prise de Troyes par l’armée française Depuis la matinée du , l’armée française avançait sur les routes de Nogent et Sens en direction de Troyes, tenue par les forces coalisées de l’armée de Bohême. Une escarmouche entre la division légère autrichienne du Pince Moritz von Liechtenstein et la cavalerie française eut lieu près de Fontvannes mais l’armée de Bohême se retirait vers l’est derrière Troyes. Vers 16h00, les Français atteignirent les murailles de la ville et demandèrent aux coalisés de la leur livrer, ce qui leur fut refusé. Les Français prirent alors Troyes sous le feu de leur artillerie et plusieurs incendies se déclarèrent dans la ville. Trois assauts nocturnes pour s'emparer de Troyes échouèrent. Toutefois, les forces de la coalition se retirèrent de la ville jusqu’au vers 02h00 du matin. À 03h00, les premiers Français pénétrèrent par les portes de la ville désormais ouvertes. Napoléon, qui avait passé la nuit à proximité de la ville, entra dans Troyes avec la garde impériale à 11h00. La veille, il avait par décret condamné à mort quiconque avait collaboré avec les troupes de la coalition.

Le à 16h00, les troupes autrichiennes proches de Montieramey furent attaquées par la cavalerie de la garde et essuyèrent de légères pertes.

Napoléon demeura à Troyes jusqu’au matin du et s’occupa de l’organisation, de l’approvisionnement et du renfort de ses armées. Dans la nuit du 26 au , Napoléon appris que l’armée de Silésie de la coalition, sous le commandement de Blücher, avait quitté ses positions sur la rive nord de la Seine dans la nuit du 23 au en direction du nord et s’était livrée entre-temps à plusieurs combats avec le corps des maréchaux Mortier et Marmont. Dans la nuit, Napoléon pris la décision de poursuivre Blücher, donna les ordres nécessaires et se lança le lendemain avec une armée de plus de hommes à la poursuite de l’armée de Silésie.

Les troupes françaises restantes des maréchaux Macdonald, Oudinot et Gérard furent placées sous le commandement de Macdonald.

Poursuite du repli de l’armée de Bohême Le , l’armée de Bohême poursuivi son repli vers l’est : les gardes russes, les réserves à Colombey-les-Deux-Églises et les autres corps jusqu’à l’Aube. Des troupes françaises les suivaient de près. Ce soir-là, les empereurs de Russie et d’Autriche résidaient déjà à Chaumont alors que le roi de Prusse s’était établi à Bar-sur-Aube.

Le , les gardes et cuirassiers russes se replièrent à Chaumont, les autres corps de l’armée de Bohême franchirent l’Aube pour prendre position sur l’autre rive. Dès 10h00, le roi de Prusse et le Prince Schwarzenberg se trouvaient à Colombey-les-Deux-Églises où ils avaient installé leurs quartiers généraux. C’est là qu'ils reçurent vers 15h00 des courriers les informant de l’avancée de l’armée de Silésie ainsi que du fait que la plus grande partie de l’armée française était encore stationnée vers Méry-sur-Seine et Troyes. Seuls deux corps d’armée français commandés par les maréchaux Oudinot et Macdonald avaient suivi l’armée de Bohême, le premier le long de la route de Troyes à Bar-sur-Aube, le second le long de la Seine. Napoléon n’accompagnait en personne aucun des deux corps.

Sur la foi de ces informations, le Prince Schwarzenberg pris des dispositions pour la journée suivante dans le but de livrer bataille aux troupes françaises.

Dans l’après-midi du , une division française menée par Gérard arriva à Dolancourt, à 10 kilomètres au nord-ouest de Bar-sur-Aube et tira avec son artillerie sur les troupes de la coalition qui tenaient le pont, les forçant à se retirer. Les Français dégagèrent le pont et la cavalerie put franchir l’Aube.

Au cours de ce même après-midi, les corps bavaro-autrichien de Wrede franchi la rivière à Bar-sur-Aube, traversa la ville et prit position au-delà de la ville le long des routes menant vers les hauteurs. Une division des troupes d’Oudinot s’approcha dans la soirée de Bar-sur-Aube, passa également la rivière et installa une forte garnison dans la ville. Le gros du corps d’armée d’Oudinot suivi et se trouvait le soir à l’ouest de la ville. Une tentative française de sortie vers l’est fut contrée par un feu d’artillerie nourri des troupes bavaroises de Wrede, provoquant quelques incendies en ville. Un bataillon bavarois parvint à prendre une des portes de la ville en contre-attaquant mais fut rapidement contraint à se replier. Pendant la nuit la situation était la suivante : les Français tenaient les fortifications alors que les Bavarois contrôlaient les alentours.

Topographie du champ de bataille En 1814, Bar-sur-Aube comptait environ . La ville est située sur la rive droite (orientale) de l’Aube et était défendue par une enceinte et trois portes. La première porte ouvrait sur la route de BrienneDe nos jours D619, vers le nord, la seconde vers l’est et la route de Colombey-les-Deux-Églises, la troisième porte allait vers l’ouest et le pont sur l’Aube (route de Troyes via SpoyDe nos jours D4.)

À l’est ainsi qu’à l’ouest, les collines s’avancent jusqu’à la ville et la rivière, l’ouest est boisé tandis que les coteaux orientés vers l’est étaient couverts de vignobles clôturés par des murs rendant le déploiement de la cavalerie impossible.

Les coteaux entrecoupés de vallées aux ruisseaux marécageux à l’est de la ville furent le théâtre des combats du .

Les positions à la veille de la bataille

Les positions françaises Le corps d’armée de Oudinot occupait Bar-sur-Aube avec une division. Une seconde se trouvait en retrait sur la rive occidentale de l’Aube.

Une division de Gérard se trouvait vers Dolancourt sur la rive occidentale de l’Aube afin de protéger le pont, toutes les autres unités du corps d’armée avaient franchi la rivière pour prendre position le long de la vallée jusqu’à Bar-sur-Aube. Ces troupes ne disposaient que du pont vers Dolancourt pour toute retraite car les rues étroites de Bar-sur-Aube, qui était de plus assiégées de l’est par les troupes bavaroises, lui était de facto impraticables. Seules les hésitations du commandement russe permirent aux Français de rallier au soir de la bataille la rive droite de l’Aube.

En tout, Français avec 60 pièces d’artillerie étaient mobiliséscf. Damitz, Thielen, même si tous ne prirent pas part aux combats du lendemain. Les difficultés d’approvisionnement étaient cependant telles que de nombreuses autres pièces d’artilleries étaient restée à Magny-Fouchard, où l’on avait préféré laisser se reposer les chevaux de trait. Ainsi, lors du combat du , les Français ne disposèrent dans les premières lignes que de l’artillerie à cheval comme soutien, ce qui joua un rôle sur le déroulement de la bataille.

Le corps d’armée du maréchal Macdonald se tenait beaucoup plus au sud, sur le cours supérieur de la Seine jusqu’à Essoyes avec une avant-garde à Fontette.

Les positions des coalisés Le corps d’armée bavaro-autrichien de Wrede se tenait à l’est de la ville, des remparts jusqu’aux vallées des collines avoisinantes. Il était fort de hommes, dont un tiers d’Autrichiens, et de 96 pièces d’artillerie. Des troupes autrichiennes de ce corps d’armée tenaient le pont près de Fontainecf. Thielen, Damitz, Bogdanowitsch.

Le corps d’armée russe de Wittgenstein comportait hommes et 52 pièces d’artillerie. Ceux-ci avaient traversé l’Aube au petit matin du avant les Bavarois et les Autrichiens à Bar-sur-Aube et Dolancourt et bivouaquaient dans la nuit du dans les collines à l’est de l’Aube jusqu’à Colombey-les-Deux-Églises.

Les corps d’armée de Wurtemberg franchi également l’Aube le , à Bar-sur-Aube et Fontaine, et se retira vers Blessonville non loin de Chaumont. Les Wurtembergeois occupaient également Laferté-sur-Aube et Châteauvillain.

Le corps d’armée autrichien de Gyulay se tenait vers Arc-en-Barrois qu’il avait rejoint les jours précédents depuis Gyé-sur-Seine.

La bataille de Bar-sur-Aube le 27 février 1814 Les combats jusqu’à 10h00