Les Ardennes (Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonémiquement selon la norme API.) sont un département français de la région Grand Est, auparavant rattaché à l'ancienne entité régionale de Champagne-Ardenne. Sa préfecture est Charleville-Mézières et sa plus grande agglomération est Ardenne Métropole qui regroupe depuis 2014 les communes de Charleville-Mézières et Sedan ainsi que 56 autres pour un total de . En 2021, il s'agit de la agglomération de la région Grand Est.
Le département est traversé dans sa partie septentrionale par la vallée sinueuse de la Meuse, de la Semois et de la Chiers ; c'est dans cette partie du département que se concentre l'essentiel des habitants et des activités. Charleville-Mézières et Sedan en sont les principaux centres urbains, aux côtés d'un tissu de petites villes dans l'extrême-nord du département (pointe de Givet). Le territoire est constitué de 4 régions naturelles. L'Ardenne, une chaîne de basse montagne au nord, les plaines de Champagne au sud, les forêts d'Argonne à l'Est et les bocages de Thiérache à l'Ouest.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le .
Géographie
Le cadre géographique sommaire vignette|La vallée de la Meuse à Revin dans le nord du département des Ardennes.
Le département des Ardennes, voisin de la Picardie et de la Lorraine, appartient à la France du Grand Est et fait partie de la région du même nom.
Il est limitrophe des départements français de la Meuse à l'est, de la Marne au sud et de l'Aisne en région Hauts-de-France, à l'ouest.
Au nord, il confine à la Belgique, plus précisément avec la Région wallonne (d'est en ouest : province de Luxembourg, province de Namur, province du Hainaut).
Les données géographiques générales vignette|La Meuse qui arrose Monthermé s'écoule dans le nord du département des Ardennes.
Avec une superficie de , le département des Ardennes est le plus petit des quatre départements qui formaient la région Champagne-Ardenne, dont il occupe la partie septentrionale. Il n'en présente pas moins une certaine diversité géographique.
Unique département frontalier de l'ex-région Champagne-Ardenne (avec la Belgique), il doit son nom à une vaste région naturelle, l'Ardenne, plateau profondément entaillé par la Meuse et ses nombreux affluents, qui s'étend surtout sur la partie wallonne du sud de la Belgique, mais aussi au Luxembourg ainsi qu'en Allemagne (Eifel) et, ailleurs en France, au nord du département voisin de la Meuse en Lorraine.
Son point culminant dans le département est situé sur le versant méridional de la Croix-Scaille (située entre la commune française des Hautes-Rivières et la commune belge de Gedinne) à d'altitude.
C'est dans cette partie du massif ardennais que serpente la Meuse, le deuxième plus ancien fleuve du monde, dans une pittoresque vallée, connue localement comme « la vallée ». S'écoulant dans la partie septentrionale du département des Ardennes, elle arrose d'amont en aval les villes principales de Sedan, Charleville-Mézières et Givet. Elle reçoit de nombreux affluents dont les principaux dans le département sont la Semois et la Chiers.
Au sud du département où coule l'Aisne s'étend la vaste plaine dénudée de la Champagne crayeuse, anciennement dénommée Champagne pouilleuse, prolongée au sud-ouest par la petite région céréalière du Porcien, tandis que la Thiérache à l'ouest et l'Argonne à l'est, franges herbagères, constituent des terroirs très fortement individualisés.
Climatologie
vignette|Rocroi sous la neige, une situation habituelle en hiver dans le nord du département des Ardennes.
Le département des Ardennes ne bénéficie pas d'un climat uniforme sur tout son territoire, notamment pendant la période hivernale. Dans la région située au nord du département qui va de la limite du département de l'Aisne et la frontière avec la Belgique jusqu'au centre du département aux environs du canton d'Omont et le sud de la vallée de la Meuse, le climat est considéré comme « continental dégradé » (fortes précipitations en automne et fréquentes gelées en hiver), alors que le reste du département subit un climat « océanique dégradé » ou « tempéré continental » (par rapport au climat océanique, les hivers sont plus froids et les étés plus chauds, les précipitations en plaine sont moins importantes et les vents perdent de leur force). Tout ceci découle de la situation géographique du département qui se trouve à mi-chemin entre la Manche, la mer du Nord et l'intérieur de l'Europe.
Cette différence peut être aisément observée dans les faits. L'hiver est plus rigoureux et le risque de neige est plus élevé à Rocroi, à Givet ou à Sedan, villes situées dans le nord du département où se trouvent les caractéristiques communes du climat dit continental dégradé. Cette nuance du climat se remarque également par la différence de température avec les régions voisines. Le Nord-Pas-de-Calais et le Bassin parisien bénéficient des influences maritimes de la Manche, du Pas-de-Calais et de la mer du Nord et, également, des conditions géophysiques par la présence d'un relief relativement plat.
Cette différence climatique est particulièrement prononcée par la présence du gel, notamment dans les vallées de la Meuse et de la Semoy et sur le plateau de Rocroi, ainsi que vers la Croix-Scaille où il est peut-être le plus marqué ; il a l'inconvénient de perdurer plus longtemps dans l'année et influe considérablement sur la végétation.
Transports
De la gare de l'Est à Paris ont été mis en place des trains TGV directs pour Rethel (), Charleville-Mézières (), et Sedan ().
Le département est irrigué par les TER Grand-Est et possède une branche du réseau TER Hauts-de-France sur la ligne Lille / Charleville-Mézières. Le département possède et arrêts ferroviaires répartis sur quatre lignes.
Un « Y » autoroutier constitué de l'A304 et de l'A34 relie Paris à Charleroi et Liège en Belgique via l'A4 Reims–Paris. L'A34 relie Reims à Sedan en passant par Charleville-Mézières tandis que l'autoroute A304 est le départ d'une liaison entre Charleville-Mézières et la frontière belge vers Charleroi et Bruxelles.
Démographie
Les habitants des Ardennes sont les « Ardennais(es) »prononcez /ardEunais/ pas d'accentuation du e.
L'évolution et la répartition de la population Peuplé d'environ à la fin du , le département des Ardennes a depuis subi deux déprises démographiques qui n'ont jamais permis au territoire de retrouver ce nombre. La première a été causée par les deux conflits mondiaux du XXe siècle. La population ardennaise évacuée dans les Deux-Sèvres et en Vendée n'est pas complètement revenue après les deux guerres. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le département a connu une croissance démographique fulgurante, passant de 245 000 à 310 000 habitants en l'espace de 20 ans. Ce bond démographique, en plus d'être causé comme partout ailleurs en France par le baby-boom et la fin de la colonisation française, est lié à l'essor industriel du territoire. Les aciéries, fonderies et forges tournent à plein régime et nécessitent de la main-d'œuvre essentiellement venue d'Italie et du Maghreb. Quelques années plus tard, à partir de 1975, malgré un taux de natalité toujours élevé (le plus fort taux en France en 1968), le département commence à perdre des habitants à la suite du déclin d'une économie alors essentiellement tournée vers l'industrie. Depuis 1975, le département perd en moyenne par an.
Les Ardennes sont marquées par une chute démographique dans les centres urbains et les communes rurales, tandis que les communes périurbaines stagnent, voire gagnent des habitants. Cela s'explique par la recherche d'un meilleur cadre de vie, qui correspond au désir d'un grand nombre de personnes de se constituer un petit patrimoine immobilier, dont le modèle type est la maison avec un terrain, au détriment de la proximité du lieu de travail. Ce concept éminemment contemporain favorise les migrations pendulaires du travail ou des allers-retours domicile-travail. C'est le phénomène devenu banal de la périurbanisation qui a gagné la France entière et auquel le département des Ardennes n'échappe pas non plus.
Au , la population ardennaise s'établissait à . La population diminue dans le milieu urbain, mais cinq fois moins que dans l'espace rural. La baisse limitée dans l’espace urbain, où résident deux tiers des Ardennais, résulte de deux dynamiques opposées. Les communes périurbaines gagnent 0,5 % d’habitants par an sur la période 1999-2006 au détriment des pôles urbains (centres-villes et banlieues) qui en perdent 0,6 % par an. Depuis trente ans, la population fléchit dans les principales villes des Ardennes. Entre 1999 et 2021, la baisse de population des principales communes ardennaises varie de 0,2 à 35 %. Ainsi, Charleville-Mézières a vu sa population baisser de 16,4 %, Sedan de 19,1 %, Rethel de 7,8 % et Revin de 35 %, passant de à en l'espace d'un quart de siècle.
L'évolution plus défavorable en milieu rural provient de la dégradation démographique des pôles d'emploi ruraux, comme ceux de Fumay ou Vouziers, et dans une moindre mesure de celle de leur couronne. Elle est légèrement atténuée grâce à une petite progression de la population dans les autres communes rurales.
Les Ardennes, à l'exception des trois pôles urbains majeurs que sont Charleville-Mézières, Sedan et la pointe de Givet, se situent dans ce qui fut appelé la diagonale du vide (cette notion est aujourd'hui obsolète). Cette diagonale part des Ardennes, traverse la France par la Champagne-Ardenne, une petite partie de la Lorraine, la Bourgogne, l'Auvergne, le Limousin, les Cévennes, et se termine par les Landes et les Pyrénées. Peuvent être inclus la Corse, le centre de la Bretagne, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon et le massif alpin, en raison des conditions démographiques identiques à la diagonale du vide. À savoir, une faible densité de population, de l'ordre de 0 à 30 habitants au kilomètre carré en 2006, avec des exceptions pour les grandes agglomérations où les chiffres peuvent atteindre de 300 à (généralement dans le bas de cette fourchette) habitants au kilomètre carré.
Les Ardennes sont donc un département faiblement peuplé dans l'ensemble avec au kilomètre carré contre 107 pour la France. Source : Insee.
Liste des communes
Économie La métallurgie a toujours été présente dans la vallée de la Meuse et de la Semoy depuis le temps des Gaulois jusqu'à l'avènement de la première manufacture d'armes créée en France en 1675, à Charleville. Sa situation entre le Nord qui lui fournissait du charbon pour remplacer le bois et l'Est qui lui fournissait le minerai sur la ligne du chemin de fer Calais-Bâle lui était favorable. L'économie du département, après avoir reposé sur l'agriculture (forêt et élevage, les cultures étant pauvres), repose depuis plus d'un siècle maintenant sur l'industrie (aujourd'hui en situation délicate) et sur le tertiaire bien que la part de la population active ardennaise travaillant dans ce secteur soit inférieure à la moyenne nationale. Au début du , la région était la première de France pour le travail des métaux, grâce au charbon de bois. On n'y a jamais trouvé de charbon (seule l'ardoise de Fumay était exploitable) mais l'industrie métallurgique s'y est développée (boulons, vis, clous, dans les « boutiques »)., le chemin de fer avec de nombreuses ramifications (Compagnie des chemins de fer des Ardennes de la famille Seillière, regroupée ensuite avec la Compagnie de l'Est) a accéléré cette industrialisation à la fin du : Charleville, Sedan (qui avait son tramway), Revin. Le journal « L'Usine ardennaise » est devenu L'Usine nouvelle..