L'équipe d'Allemagne de football (en allemand : ) est constituée d'une sélection des meilleurs joueurs allemands sous l'égide de la Fédération allemande de football ( - DFB).

La DFB administre le football et l'équipe nationale de l'Allemagne de l'Ouest (RFA) à partir de 1949 puis étend son autorité sur le football de l'Allemagne réunifiée en 1990. Du temps de l'existence de la République démocratique allemande (RDA) de 1949 à 1990, l'équipe nationale est-allemande est en effet administrée par sa propre fédération, la Fédération d'Allemagne de l'Est de football. La réunification allemande est entérinée peu après le tirage au sort des éliminatoires de l'Euro 1992 qui, coïncidence, place les deux Allemagnes dans le même groupe. La RDA, en sursis et appelée à disparaître, annonce logiquement son retrait au profit de la RFA quelques semaines avant le début de la compétition. L'équipe d'Allemagne de l'Est ayant fait ses adieux en septembre 1990, la sélection nationale est de fait considérée comme l'équipe de l'Allemagne réunifiée à partir d'octobre 1990. La présente page ne traite donc, pendant les années de séparation, que de l'équipe de l'Allemagne de l'Ouest.

L'équipe d'Allemagne compte l'un des palmarès du football mondial les plus fournis, avec un record de huit finales de Coupe du monde, dont quatre remportées (1954, 1974, 1990 et 2014) et quatre perdues (1966, 1982, 1986 et 2002). Elle compte aussi six finales de championnat d'Europe, pour trois succès (1972, 1980 et 1996) et trois échecs (1976, 1992 et 2008). L'Allemagne a également remporté la Coupe des confédérations en 2017. Elle a été la troisième équipe de l'histoire à remporter le trophée planétaire (après l'Uruguay et l'Italie), et la première à réaliser le doublé Championnat d'Europe-Championnat du monde en 1972 et 1974. Avec sa victoire en 2014, l'équipe d'Allemagne égale le nombre de titres mondiaux de l'Italie (quatre chacune), mais reste toujours derrière le Brésil qui en a conquis cinq. L'Allemagne est également l'un des deux seuls pays, avec l'Espagne, à avoir remporté les Coupes du monde féminine et masculine.

Par ailleurs, l'Allemagne a terminé sur le podium lors de quatre éditions consécutives de la compétition planétaire ( en 2002, en 2006 et en 2010 et vainqueur en 2014) ce qui en fait la première formation à atteindre quatre fois de suite les demi-finales de la Coupe du monde. Néanmoins, cette série s'interrompt en 2018 lorsque, pour la première fois de son histoire de l'après-guerre, l'Allemagne est éliminée dès le premier tour, alors qu'elle était tenante du titre et avait atteint au minimum le second tour ou les quarts de finale depuis 1954, soit lors de seize mondiaux consécutifs.

Les Allemands utilisent les surnoms de « die Nationalmannschaft » (« l'équipe nationale »), « die Nationalelf » (« le onze national ») ou de « die DFB-elf » (« le onze de la DFB »). Les joueurs sont parfois surnommés « die Adler » (« les Aigles »).. L'appellation « Mannschaft » s'est diffusée à la fin du . Elle a été mise en valeur par Oliver Bierhoff, le manager de l’équipe allemande lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, qui a voulu faire de « Die Mannschaft » une marque commerciale. En , « Die Mannschaft » devient l'appellation officielle du onze allemand.. Cependant, celle-ci est abandonnée dès juillet 2022 car l'opinion publique du pays la dénonce comme discriminante, ne mettant en avant uniquement la sélection nationale masculine au détriment d'autres formations....

Une citation du footballeur anglais Gary Lineker ironisant sur la réussite de la sélection allemande après l'élimination de l'Angleterre par la Mannschaft aux tirs au but en demi-finale du mondial 1990 est restée célèbre : « Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. ».

Historique Les débuts de l’Allemagne vignette|L'Allemagne aux Jeux olympiques d'été de 1912.

La Fédération allemande de football (Deutscher Fußball-Bund) est fondée en 1900, puis affiliée à la FIFA en 1904. Le premier match officiel de l’équipe d'Allemagne de football (Deutsche Fußballnationalmannschaft) fut joué à Bâle, contre la Suisse, le (défaite allemande sur le score de à 3).. La plus large défaite de l’Allemagne fut enregistrée à Oxford, contre l’Angleterre (amateur), le (9-0). La plus large victoire de l’Allemagne fut enregistrée à Stockholm contre la Russie (Empire russe) sur le score de à 0, le 1912.

Avant-guerre

vignette|gauche|Sélection affrontant l'Italie à Milan en mai 1929.

Absente de la première édition du mondial en Uruguay en 1930, l’équipe d'Allemagne enregistre ses premiers résultats probants à l'occasion de la Coupe du monde 1934. Éliminée en demi-finale par la Tchécoslovaquie malgré le but de Rudolf Noack, l'Allemagne s'impose dans la petite finale pour la troisième place, 3-2 contre la Wunderteam autrichienne (doublé d’Ernst Lehner et but d’Edmund Conen). Quatre ans plus tard, l'Allemagne fait figure de favorite à la suite de l'annexion de l'Autriche. Cinq joueurs de la fameuse équipe autrichienne sont incorporés au onze allemand. Dès son entrée en compétition, l'Allemagne tombe pourtant sur une étonnante et coriace équipe de Suisse. Tenus en échec 1-1 après prolongation (but de Josef Gauchel), les Allemands cèdent 4-2 (buts d’Ernst Lörtscher (csc) et de Wilhelm Hahnemann) au cours du match rejoué cinq jours après et sont éliminés.

La RFA de Sepp Herberger (1936-1942 ; 1950-1964)

vignette|Monument célébrant le titre de champion du monde 1954.

Incorporée sous le régime du mis en place en 1933 dans la Fédération des exercices physiques (Reichsbund für Leibesübungen), Service spécial football (Fachamt Fußball), la fédération allemande de football, réduite à son simple rôle d'affiliation à la FIFA, décline et est finalement dissoute en 1940, tandis que l'équipe d'Allemagne reste encore présente sur les terrains et joue son dernier match pendant la guerre contre la Slovaquie en 1942.

Mais le football allemand, sanctionné par la FIFA en 1945 à l'issue de la Seconde Guerre mondiale avec interdiction de disputer la moindre rencontre internationale, ne meurt pas : la DFB renaît le , peu après la fondation de la République fédérale d'Allemagne. Elle retrouve son affiliation auprès de la FIFA en 1950, seulement deux mois après la Coupe du monde 1950, à laquelle la Mannschaft ne pouvait donc ni s'inscrire ni participer. Déjà sélectionneur entre 1936 et 1942, l'entraîneur Sepp Herberger reprend alors en charge l'équipe nationale. Huit ans, jour pour jour, après le précédent match international disputé par l'équipe d'Allemagne, c'est devant une forte affluence (plus de ) que se déroule en amical le au Neckarstadion de Stuttgart la rencontre de la renaissance face à la Suisse, le tout premier match de l'équipe de (l'actuelle) République fédérale d'Allemagne (victoire 1-0)..

La DFB est membre de l'UEFA depuis sa création en 1954. L'Allemagne fait sportivement son grand retour sur le plan international au cours de la Coupe du monde 1954. Balayée au premier tour 8-3 par le fameux « Onze d'or hongrois », la Mannschaft parvient néanmoins à atteindre la finale où elle retrouve à Berne la Hongrie, grande favorite. Contre toute attente, l'Allemagne s'impose 3-2, après avoir été menée 0-2 (doublé de Helmut Rahn et but de Maximilian Morlock). Cette rencontre, est passée à la postérité sous le nom de « miracle de Berne ». Il sera révélé en 2010 que les joueurs étaient dopés à la pervitine, le produit n'étant pas interdit et les contrôles antidopage n'existant pas encore à l'époque. Les footballeurs allemands de cette époque ont expliqué qu'ils pensaient prendre de la Vitamine C (d'ailleurs, il existe une histoire analogue avec les Algériens lors de la coupe du monde de 1982). La Mannschaft a été largement avantagée grâce aux chaussures légères à crampons vissés d'Adi Dassler (Adidas) dont ils étaient équipés. Le déluge qui s'est abattu sur Berne a fait basculer le destin. En rendant le terrain trop lourd, il handicapa fortement le jeu léché des Hongrois à la technique supérieure, et favorisa ainsi celui des Allemands qui avaient de bien meilleurs appuis.

Ce succès a une importance qui dépasse le cadre du football pour les Allemands de l'Ouest, symbolisant leur retour dans le concert des nations, cinq ans après la fondation de la République fédérale d'Allemagne. L'Allemagne confirme quatre ans plus tard en étant présente dans le dernier carré et démontre ainsi sa régularité au plus haut niveau. Éliminés en demi-finale par la Suède (1-3, but de Hans Schäfer), les hommes de Sepp Herberger s'inclinent dans la petite finale pour la troisième place, 6-3 contre la France (buts de Helmut Rahn, de Hans Cieslarczyk et de Hans Schäfer). Au Chili en 1962, les Allemands sont sortis de la Coupe du monde en quarts de finale par la Yougoslavie (1-0). Cette défaite entraîne la mise à l'écart en 1964 de l'emblématique sélectionneur Sepp Herberger. Helmut Schön lui succède.

L'ère Helmut Schön (1964-1978)

vignette|gauche|Berti Vogts et, à gauche, Franz Beckenbauer à la Coupe du monde 1974. vignette|256x256px|Les allemands champions du monde en 1974. Sous la direction d'Helmut Schön, l'Allemagne de l'Ouest va connaître une domination quasi sans partage sur le football européen et mondial, en s'appuyant notamment sur une génération de joueurs habitués à vaincre en club sous les couleurs du Bayern Munich (Franz Beckenbauer, Gerd Müller, Sepp Maier ou Hans-Georg Schwarzenbeck). La RFA remporte un championnat d'Europe (1972 en battant l’URSS 3-0 en finale) et perd le suivant aux tirs au but (1976, finale contre la Tchécoslovaquie, 2-2 ap, 5-3 tab). Elle perd une Coupe du monde en finale (1966 contre l'Angleterre à Wembley, sur un score de 4-2 après prolongation malgré des buts de Helmut Haller et de Wolfgang Weber) après une fin de match confuse et un but litigieux, avant de remporter un second titre mondial en 1974, à domicile. Sa performance la conduit à battre l’Australie, le Chili, la Yougoslavie, la Pologne et les Pays-Bas en étant seulement battue 1-0 par l’Allemagne de l’Est. L'Allemagne dispute également au cours de cette période une autre demi-finale de Coupe du monde (1970) face à l'Italie à Mexico (3-4, dont cinq buts en prolongation) que beaucoup considèrent comme le plus grand match de tous les temps. Le titre de 1974, qui représente un aboutissement pour des joueurs comme Franz Beckenbauer et Gerd Müller, est acquis après la victoire 2-1 en finale au Stade Olympique de Munich contre les Pays-Bas de Johan Cruyff (buts de Gerd Müller et de Paul Breitner).

Seule fausse note dans ce bilan, pour sa toute première participation, l'Allemagne est éliminée au tour préliminaire du Championnat d'Europe 1968. Elle rate la qualification pour les quarts de finale après un match nul 0-0 lors de la dernière journée sur le terrain de la modeste Albanie, et termine son groupe à la seconde place, un point derrière la Yougoslavie, futur finaliste de l'épreuve. C'est la seule fois de l'histoire que la Mannschaft ne dispute pas la phase finale d'une compétition majeure, Coupe du monde ou Championnat d'Europe, pour laquelle elle s'est inscrite.

La consécration du Kaiser sélectionneur (1984-1990)

Jupp Derwall remplace Helmut Schön après une décevante Coupe du monde 1978 et la RFA ne tarde pas à renouer avec les succès. L'équipe des Karl-Heinz Rummenigge, Horst Hrubesch et autres Harald Schumacher remporte l'Euro '80 (2-1 en finale contre la Belgique, doublé de Horst Hrubesch).