Dans la mythologie grecque, l’Éridan (en grec ancien ) est un dieu fleuve dans lequel meurt le soleil.

Les versions du mythe thumb|Statue du dieu Eridan au British Museum. Les noms grecs de fleuves divinisés évoquaient originellement les fonctions jouées par ces divinités au sein d'un mythe L'Éridan est mentionné par Hésiode dans sa Théogonie, 338. : fils d'Océan et de Téthys, il coule à l'occident du monde. / ērion signifie « sépulcre, tombeau », vraisemblablement au sens de « lieu sacré » ( / hierón), et / danós, « don, présent, offrande » mais a tardivement été compris comme signifiant « du matin » comme dans / ērigéneia, « qui nait du matin »Dans le premier cas, on peut supposer une évocation des trésors sacrifiés aux fleuves, ce que reprennent les mythes qui y voient précitées un certain nombre de figures allégoriques évoquées par ces mêmes mythes. L'évocation des trésors enfouis dans les fleuves est renforcée dans ces mythes par l'association des idées de soleil, d'or, d'ambre et d'électrum, thème repris dans de nombreuses légendes comme celle de L'Or du Rhin de la Chanson des Nibelungen. Dans le second cas, on peut imaginer que le fleuve est poétiquement figuré comme étant celui qui conduit, durant la nuit, le soleil devenu invisible de l'ouest à l'est où celui-ci rejaillit au matin.. Du fait de son association avec des fleuves en territoire gaulois, le Pô et le Rhône (v. ci-dessous), on a également proposé une étymologie celtique. Xavier Delamarre propose ainsi une lecture « fleuve de l'ouest», composé de -eri « ouest » et -dānos « fleuve », formant un parallèle avec le nom du Rhône (Ro-dānos, « le grand fleuve »)Xavier Delamarre, ἨΡΙΔΑΝΟΣ, Le « fleuve de l'ouest », Études Celtiques, vol. 36, 2008, p. 75-77..

Allégorie du soleil couchant qui sera reprise par Ovide, II, 19, 324-380., selon Apollonios de Rhodes, Zeus y précipite par la foudre l'orgueilleux Phaéton emporté sur un char du soleil incendiaire qu'il ne maîtrise plus, IV, 6, 595-626.. Le bruissement des feuilles de peupliers noirsVirgile (, VI, 62) dit « aulnes » mais ce n'est peut être qu'une licence poétique puisqu'ailleurs il parle bien de peupliers (Énéide, X, 190). qui le bordent est comparé aux pleurs des sœurs de la divinité déchue, les Héliades, et leurs larmes à l'ambre, 735 et suiv. qu'il charrie. C'est dans ses marais que la tradition hésiodique fait naître le cygne, oiseau fuyant les cieux, par transfiguration du demi-frère de Phaéton et roi de Ligurie, Cycnos, homonyme d'un fils de Pyrène, blanchi par le chagrin, CLIV..

Diodore, tout en rappelant les légendes grecques, V, 23., se fait le rapporteur de traditions propres aux Atlantes, habitants de l'AtlasDiodore, III, 53., selon lesquelles, reprenant le thème du feu solaire se couchant dans une eau courante, les Titans jaloux de l'amour incestueux de leur sœur BasiléeL'île nordique de Basilée, que Pythéas a reconnue (, IV, 27) en ce que le controversé pasteur Jürgen Spanuth a identifié, à cause du nom principalement, à Heligoland ( M. Cary et E. H. Warmington, The Ancient Explorers, Penguin Books, 1963, 53 et suiv. ; Pierre Vidal-Naquet, L'Atlantide : petite histoire d'un mythe platonicien, Belles Lettres, 2005, 127.), était réputée, selon Diodore (V, 23), produire sinon exporter l'ambre. pour leur frère Hypérion avaient fait noyer dans ce fleuve le fils de celui-ci, Hélios, « Soleil », dont le nom fut désormais consacréDiodore, III, 59. à l'astre auparavant appelé ElectorPline, XXXVII, 11., Ήλέκτωρ c'est-à-dire « Brillant, Étincelant »E. Pessonneaux, Dictionnaire grec-français, 678, Eugène Belin, Saint-Cloud, 1935..

Les différentes identifications thumb|Le fleuve mythique a reçu maintes localisations. Ici, l'Éridan à Athènes en 2009 À la suite de Virgile, I, 482. qui compare l'Éridan à un taureau aux cornes d'orGéorgiques, IV, 371., Pline l'Ancien rapporte la tradition hellénophile des Romains reprise à Phérécyde consistant à l'identifier au PôPline, III, 16.. Hygin fait de la naïade Zeuxippe la fille du fleuveHygin, Fables, XIV..

Confondu par Eschyle avec le Rhône, aux bouches duquel fut installée la colonie phocéenne alors la plus occidentale, il a été tout aussi bien décrit comme un de ses affluentsApollonios de Rhodes, IV, 7, 627-28. ou de ses embranchementsPhilostéphane de Cyrène (élève de Callimaque) cité par une scholie à Denys le Périégète, Voyage autour du monde, 289.. En tant que constellation du FleuveAratos, Phénomènes, 359-360 et 634., il a été également identifié au Nil, II, 32., pays du dieu solaire Rê. Hérodote, qui le distinguait de ce dernier, récusait déjà, à cause du nom grec du fleuve, son identification, apparemment populaire au , au Rhin « qui se jette dans la mer du Nord » ou à la Vistule « par lequel, dit on, l'ambre est importé », III, 115.Pline (XXXVII, 11) note que la route de l'ambre aboutissait aux bouches du Pô d'où il était embarqué pour la Grèce..

Pour les Athéniens, le nom du fleuve mythique a servi à désigner un affluent de l'IlissósE. Mentelle, Encyclopédie méthodique : géographie ancienne, 1, II, Stoupe, Paris, 1788, 640. coulant à l'ouest de la cité attique, près du Lycée, IX, 1, 19..

Citations

Notes

Références

Catégorie:Dieu fleuve Catégorie:Lieu des Enfers grecs