Anne Joseph Eusèbe Baconnière de Salverte est un poète, chansonnier, goguettier et homme politique français né le à Paris et mort le à Paris.

Biographie

Fils de Jean Marie Eusèbe Baconnière de Salverte, administrateur du contrôle et des domaines, et de son épousé née Élisabeth Faure, frère d'Eustache Baconnière de Salverte (1768-1827), qui fut représentant du département de la Seine à la Chambre des Cent-Jours en 1815, Eusèbe de Salverte fit ses études chez les Oratoriens au collège de Juilly et devint avocat au Châtelet.

À la suppression de cette juridiction, il entra dans les bureaux du ministère des Relations extérieures (1792) dont il fut renvoyé à la suite de dénonciations dont il fit l'objet. Il devint alors professeur d'algèbre à l'École des ponts et chaussées.

Compromis dans l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, il fut condamné à mort par contumace, vint purger sa contumace en 1796 et fut acquitté. Il occupa alors un emploi au cadastre et se fit connaître par des brochures antireligieuses et politiques.

Poète et chansonnier, il sera un membre actif et remarqué de la célèbre société chantante du Caveau moderne. Début 1814, parlant de la participation d'Eusèbe de Salverte au Caveau moderne, Paul de Kock écrit dans ses mémoires : Mémoires de Ch.-Paul de Kock, écrits par lui-même ; et publiés par son fils, E. Dentu éditeur, Paris 1873, p. 133..

En 1814, deux ans après son mariage avec la veuve du comte de Fleurieu, il se retira à Genève, où il passa cinq ans et ne cessa de publier des brochures de circonstances contre le gouvernement de la Restauration et en faveur des idées libérales.

Le , il fut élu député du de Paris1 162 voix sur 1 205 votants et prit place à gauche. Il fut de ceux qui appuyèrent, en 1828, la motion de Labbey de Pompières tendant à la mise en accusation du ministère Villèle, parla contre les Jésuites, pour la suppression de la loterie, pour le refus de l'impôt en cas de violation de la Charte et signa l'adresse des 221 contre le ministère Polignac.

Réélu le 1 237 voix sur 1 386 votants contre 146 à M. Breton, il protesta contre les ordonnances de Saint-Cloud, demanda de prendre la déclaration de la Chambre de 1815 pour base de nouvelles institutions politiques, réclama la mise en accusation des derniers ministres de Charles X, et demanda la liberté de l'imprimerie et de la librairie.

Aux élections du , il fut élu par le de Paris646 voix sur 940 votants. Il signa le Compte-rendu de 1832, parla en faveur du rappel de la famille Bonaparte et pour la libération de la duchesse de Berry.

Aux élections du , il échoua contre Adolphe Thiers387 voix contre 508 mais, celui-ci ayant été nommé ministre, il regagna son siège le suivant551 voix sur 1 022 votants et 1 183 inscrits contre 465 à M. Davillier. Il continua de siéger à gauche, et de harceler les ministres, dans la forme piquante et incisive qui lui était familière. Successivement réélu le 713 voix sur 1 139 votants et 1 287 inscrits contre 415 à Jean-Baptiste-Nicolas Parquin. et le 732 voix sur 968 votants, il mourut en octobre suivant en refusant les secours de la religion. Son enterrement fut purement civil.

Il était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1830, participa aux activités de la Société du Caveau et en , il fait partie des fondateurs de la Société française pour l'abolition de l'esclavage.

Publications Eusèbe de Salverte a publié de nombreuses brochures politiques, historiques ou littéraires. Il a en outre collaboré à un certain nombre de journaux, revues et recueils.

Éloge philosophique de Denis Diderot, lu à l'Institut national le 7 thermidor an 8, Paris, Surosne, an IX (1801), in-8 Des rapports de la médecine avec la politique, Paris, Moreau, 1806, in-12 Tableau littéraire de la France au , avec Victorin Fabre, Paris, H. Nicolle, 1809, in-8 De la civilisation, depuis les premiers temps historiques jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, Paris, Schoell, 1813, in-8 Notice sur la Vie et les Ouvrages de Charles Louis Cadet de Gassicourt, pharmacien, Paris, Baudouin Frères, 1822 Essai historique et philosophique sur les noms d'hommes, de peuples et de lieux considérés principalement dans leurs rapports avec la civilisation, Paris, Chez Bossange, 1824, 2 vol. Du taux d'intérêt de l'argent, et de sa réduction, Paris, Delaunay et Ponthieu, 1824, in-8 Des sciences occultes ou Essai sur la Magie, les prodiges et les miracles, Paris, Sédillot, 1829, 2 vol. in-8 – Texte intégral sur la base Gallica : Volume I – Volume II

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des familles subsistantes de la noblesse française (A à K)

Liens externes

Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Poète français du XIXe siècle Catégorie:Chansonnier français Catégorie:Goguettier français Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député de la Ire législature de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la IIe législature de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la IIIe législature de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la IVe législature de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la Ve législature de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la Seine Catégorie:Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres Catégorie:Spécialiste de Denis Diderot Catégorie:Élève du collège de Juilly Saverte Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Montmartre Catégorie:Naissance en juillet 1771 Catégorie:Décès en octobre 1839 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 68 ans