Le Stonehenge de l'Amérique (America's Stonehenge en anglais, connu jusqu'en 1982 sous le nom de Mystery Hill), est un site abritant de gros rochers et des structures en pierres disséminés sur environ près de la ville de Salem dans le New Hampshire, dans le nord-est des États-Unis. L'appellation America's Stonehenge est un néologisme récent. Il n'y a aucun lien avec le site de Stonehenge en Angleterre. Ouvert au public moyennant un droit d'entrée, le site est devenu une attraction touristique populaire, en particulier auprès des adeptes du New Age.
Historique L'histoire du site est embrouillée en partie du fait des interventions de William Goodwin, un agent d'assurances qui avait acheté les terres portant le site en 1936. Il était convaincu que Mystery Hill était la preuve que les Culdee, des moines irlandais, avaient vécu sur place longtemps avant la découverte de l'Amérique, une thèse qu'il cherchait à faire connaitre. À cette fin, il déplaça plusieurs pierres, estimant qu'elles n'étaient pas à leur place originelle, du même coup détruisant en bonne partie l'intérêt archéologique des lieux. Le propriétaire actuel des lieux, la société privée America's Stonehenge Foundation, affirme que ses interventions sont « une des raisons pour lesquelles l'énigme de Mystery Hill est si obscure ».
La configuration du site a été modifiée également par l'activité de carriers. Nombre de pierres présentent en effet des traces de foret laissées après 1830 David R. Starbuck, The archeology of New Hampshire: exploring 10,000 years in the Granite State, University of New Hampshire Press, 2006, ..
Théories Parmi les nombreuses théories non vérifiées concernant les origines du site figure celle selon laquelle le site pourrait être un observatoire astronomique construit par une civilisation précolombienne inconnue. Les tenants de cette thèse affirment que certaines pierres sont encastrées dans des arbres qui auraient pu pousser avant l'arrivée des premiers colons, qu'il y a des similitudes entre les ruines et l'architecture phénicienne et que les marques sur certaines pierres ressemblent à des systèmes d'écriture antiques de l'Ancien Monde. Barry Fell, spécialiste de biologie marine de l'université Harvard et épigraphiste amateur, affirmait que des inscriptions du site étaient en ogham, en phénicien et en ibérien (aussi connu sous le nom d'ibérien-punique) Barry Fell, America B.C., 1989 ( edition), Pocket Books, ..
Une « roche sacrificielle » qui comporte des rainures pouvant servir à l'écoulement du sang, ressemble étrangement à des pierres trouvées dans plusieurs fermes anciennes qui servaient à extraire la soude caustique des cendres de bois, première étape dans la fabrication du savon.
Datation Pour le professeur en archéologie Curtis Russels, la théorie selon laquelle America's Stonehenge fut érigé par les Celtes n'est pas crédible : le site n'a livré aucun objet de l'âge du bronze (en fait aucun objet européen de cette période n'a été trouvé dans les Amériques) Brian Fitzgerald, Archaeology professor debunks claims for ancient rock structures as pseudoscientific fallacy, B.U. Bridge, Week of 1 February 2002, Vol. V, No. 21 : . America's Stonehenge est l'une des centaines de zones comportant de curieux aménagements en pierre et des réduits souterrains (chambres, tunnels) que l'on trouve en Nouvelle-Angleterre : ainsi à Upton (Massachusetts), à Groton (Connecticut), à Petersham (Massachusetts), à Goshem, à Concord et Bridgewater près de Boston (Massachusetts). Alors qu'on avait toujours pensé qu'il s'agissait de caveaux à tubercules du temps de la colonisation, certains archéologues de la fin du se mirent à y voir l'œuvre de colons européens entre les et millénaires Brian Fitzgerald, op. cit. : .
Les inscriptions ou pétroglyphes trouvés sur des rochers comme Bourne Rock au cap Cod et Dighton Rock à Dighton dans le Massachusetts ont été attribués à des colons pré-colombiens, ce que réfutent les archéologues américains, pour qui il n'existe pas d'inscriptions de l'Ancien Monde en Amérique du Nord, du moins avant l'arrivée des anciens Scandinaves à Terre-Neuve vers l'an mille de notre èreBrian Fitzgerald, op. cit. : .
La datation au carbone 14 des puits de charbon découverts sur place donne une date entre 173 et 2000
Des objets trouvés sur le site amènent les archéologues à conclure que les pierres furent assemblées par des fermiers du cru au et au .
Liens externes
Site officiel d'America's Stonehenge Brian Fitzgerald, Archaeology professor debunks claims for ancient rock structures as pseudoscientific fallacy, B.U. Bridge, Week of 1 February 2002, Vol. V, No. 21
Bibliographie
Robert Ellis Cahill, New England's Ancient Mysteries 1993, Old Saltbox, Danvers, Massachusetts Barry Fell, America B.C. 1989 ( edition), Pocket Books Mark Feldman, The Mystery Hill Story, Mystery Hill Press, 1977 Mary Gage, America's Stonehenge Deciphered, Powwow River Books, 2006 David Goudsward, America's Stonehenge, Branden Books, 2003 David Goudsward, Ancient Stone Sites of New England, McFarland Publishing, 2006 Joanne Dondero Lambert, America's Stonehenge, Sunrise Publications, 1996
Notes et références
Catégorie:Pierre sèche Catégorie:Site archéologique aux États-Unis Catégorie:New Hampshire Catégorie:Monument en ruine aux États-Unis Catégorie:New Age Catégorie:Pseudoarchéologie