Cette page concerne l'année 1830 du calendrier grégorien.

Événements

Janvier vignette|gauche| L'île Louviers sous la neige lors de l'hiver 1830. Antoine Perrot, musée Carnavalet. - et - : période de froid intense. : premier numéro du National fondé par Adolphe Thiers, Armand Carrel et François-Auguste Mignet qui ont essayé, en vain, de se rapprocher du Globe. : fondation de la Conspiration La Fayette ou Association de Janvier. : Guizot est élu député de l'Eure. : le gouvernement décide d'intervenir à Alger, et l'annonce le par le discours du trône.

Récamier engage Quinet à venir la voir.

Février

: préparatifs de l'expédition contre Alger. - : froid intense, suivit d'un dégel complet. : ordonnance royale sur l'instruction primaire portée par le ministre Guernon-Ranville. Elle prescrit l’établissement d’écoles primaires dans toutes les communes et la « généralisation des classes modèles » dans chaque académie. : première parution sous sa nouvelle forme du Globe (de Leroux et Dubois, qui devient quotidien. Il compte parmi ses rédacteurs Sainte-Beuve, Damiron, Jouffroy, Magnin, Patin, Rémusat, Duvergier de Hauranne, Duchâtel et Vitet. : « Le roi n'administre pas, ne gouverne pas, il règne », formule de Adolphe Thiers publié dans un article du National, qui résume la pensée de ceux qui se rallient à une monarchie parlementaire. vignette|La Première d’Hernani, 1830, Albert Besnard. : bataille d'Hernani. Représentation dans une atmosphère surchauffée à la Comédie-Française de la pièce Hernani de Victor Hugo, qui devient le chef de file de l'engagement politique en France. Trente-six représentations jusqu'au . : incendie à Brémoy, dans l'arrondissement de Vire (Calvados), premier d'une série d'incendies mystérieux qui atteignent les régions périphériques du Bassin parisien au printemps. En 40 jours, 34 incendies ou tentatives sont déclenchés. L'épidémie incendiaire gagne l'arrondissement de Mortain dans sud de la Manche entre mars et avril, avant d'embraser l'ensemble de la Manche, du Calvados et de l'Orne entre mai et juin (199 incendies identifiés formellement dont 79 dans le Calvados, 100 dans la Manche). La Mayenne, la Sarthe, l'Eure et le Maine-et-Loire sont également touchés (53 incendies). Des administrateurs demandent des mesures de police pour éviter des mouvements populaires. Le général de Latour-Foissac est envoyé le avec deux régiments de la garde royale pour lutter contre les pyromanes et désarmer les paysans. Mars

: ouverture de la session parlementaire. Discours du trône. Charles X menace l'opposition et annonce l'intervention d'Alger. 15 et : discussion de l'adresse des 221 pour le refus du concours aux ministres. : la majorité des députés, en réponse au discours du trône, réclame la démission des ministres. Par une Adresse au roi, deux cent vingt et un députés de l'opposition votent la défiance contre le ministère Polignac ; début d'une intense agitation politique. : présentation de l'Adresse au roi. : la session de la Chambre est prorogée au .

Avril

banquet donné aux Vendanges de Bourgogne, restaurant du Faubourg Poissonnière. Discours d'Odilon Barrot qui déclare que les voies légales suffisaient au triomphe de la liberté, mais ajoute « si ces voies étaient fermées, alors il n'y aurait d'autre ressource que dans le courage des citoyens, et le courage ne manquerait pas ». réception de Lamartine à l'Académie française. Mai

: en riposte aux prises de position des 221 députés, Charles X dissout la Chambre.

l'ordonnance de dissolution parait dans le Moniteur. Les légalistes Christophe de Chabrol de Crouzol, ministre des finances, et de Jean de Courvoisier, garde-des-sceaux, qui désaprouvent la mesure, donnent leur démission. les souverains des Deux-Siciles sont les hôtes du roi de France à Saint-Cloud. Ils restent en France jusqu'au . : le comte de Peyronnet est nommé ministre de l'Intérieur, le baron de Montbel aux finances, Jean de Chantelauze à la Justice. Capelle obtient les travaux publics, ministère nouvellement créé. : à Toulon, embarquement du corps expéditionnaire pour Alger. : le duc d'Orléans donne une réception en l'honneur du roi de Naples, son beau-frère, au Palais-Royal. Charles X est présent. Salvandy (futur ambassadeur en Espagne), en passant à côté du duc, s'adresse au futur Louis-Philippe, pressentant la révolution de Juillet, « Monseigneur, ceci est une fête toute napolitaine ; nous dansons sur un volcan ».

Juin

: proclamation du roi à l'occasion des élections. : début de l'expédition d'Alger. Trente-huit mille hommes conduits par le général de Bourmont, ministre de la guerre, débarquent à Sidi-Ferruch, à 25 km à l'ouest d'Alger. : ajournement des élections dans 20 départements, dont la Seine, aux 12 et . - : victoire de l'opposition aux élections. : Benjamin Constant est réélu à Strasbourg. Malade, il s'installe à la campagne le . : le tronçon de seize kilomètres de la ligne de chemin de fer Givors-Grand-Croix est ouvert au public.

Juillet

: élection d'une nouvelle chambre. Au terme de la deuxième journée des élections, l'opposition au ministère (républicains et orléanistes) sort renforcée ; de 221, elle passe à 274 députés sur 428. vignette|Bombardement d'Alger, le 4 juillet 1830. : prise d'Alger. Capitulation du dey Hussein. L'Algérie devient colonie française. Sur le plan diplomatique, l'expédition d'Alger, réalisée sans tenir compte des questions de la Grande-Bretagne sur les intentions de la France, déterminera son ambassadeur à ne pas soutenir la dynastie lors de la révolution de Juillet. L'envoi en Afrique et la concentration dans le sud de la France de nombreuses troupes ne peut que faciliter le succès d'une insurrection parisienne. : Barthélemy Thimonnier et l'ingénieur des mines Auguste Ferrand déposent le brevet de la première machine à coudre. Nuit du 18 au : première apparition de la Vierge Marie à Catherine Labouré au couvent parisien de la rue du Bac. Elle lui aurait annoncé la chute de la monarchie… : fin des élections ajournées. : après la victoire de l'opposition aux élections (-) Charles X utilise l'article 14 de la Charte et signe les quatre ordonnances de Saint-Cloud qui restreignent la liberté de la presse, modifient la loi électorale (modification du cens, la patente étant exclue des impôts considérés comme valables), dissolvent la chambre des députés et convoquent les collèges électoraux pour le mois de septembre, et procèdent à des nominations de conseillers d'État.

publication dans Le Moniteur des ordonnances de Saint-Cloud. réunion des journalistes dans les bureaux du National. Protestation rédigée par quarante-quatre journalistes, dont Thiers. vignette| : combat de la Porte Saint-Denis. vignette|28 juillet : combat devant l'hôtel de ville. vignette|29 juillet : attaque du Louvre. vignette| : combat de la rue de Rohan. 27 - : révolution de juillet ou les Trois Glorieuses (en référence aux journées d'émeutes des 27, 28, ).

arrêt du tribunal de commerce portant que « l'ordonnance royale du , étant contraire à la charte, ne saurait être obligatoire pour personne. » à la suite de la saisie des presses de quatre journaux (Le National, Le Temps, Le Globe, Le Journal du Commerce) qui ont paru sans autorisation du gouvernement, la résistance des ouvriers typographes déclenche l'insurrection parisienne contre les ordonnances. Celle-ci est en outre électrisée par la nomination du maréchal Marmont, duc de Raguse, comme commandant militaire de Paris. La Révolution est le fait du petit peuple (boutiquiers, manœuvres ou domestiques). Premières barricades. réunion des députés chez Casimir Perier. combats aux environs du Palais-Royal. : combats près de l'Hôtel de Ville, dans les rues Saint-Denis et Saint-Martin. Marmont écrit à Charles X qui se trouve au château de Saint-Cloud : « Ce n'est plus une émeute, c'est une révolution. » Charles X signe une ordonnance mettant Paris en état de siège. Les insurgés parviennent à s'emparer de l'hôtel de ville pendant que les ministres apeurés se réfugient au palais des Tuileries sous la protection de Marmont. La défense du régime échoue : manque d'effectifs, mauvaise coordination et manque d'approvisionnement des troupes. Les combats font 800 morts et du côté des insurgés, 200 morts et 800 blessés de celui de l'armée.

prise de la poudrière d'Écharcon en Essonne, du Louvre, des Tuileries, de la caserne Babylone. les ouvriers typographes parisiens détruisent les presses mécaniques de l'Imprimerie royale. à la suite de la défection de deux régiments qui passent aux insurgés, les troupes de Marmont doivent évacuer Paris et s'installer dans le bois de Boulogne. La Fayette est nommé par les députés réunis chez Laffitte commandant de la garde nationale (dissoute en 1827) et le général Gérard le commandement des troupes de ligne. Une commission municipale provisoire, composée de Casimir Perier, du général Mouton, de Pierre-François Audry de Puyraveau, François Mauguin et Auguste de Schonen, est chargée d'administrer la capitale. Charles X, isolé à Saint-Cloud, remplace trop tard Polignac par le duc de Montemart qui forme un ministère libéral ; mais alors que les insurgés parisiens crient « Vive la République », à l’hôtel de ville, Lafayette déclare que « toute réconciliation est impossible, et que la famille royale a cessé de régner ».

sous l'impulsion du banquier Jacques Laffitte, d'Adolphe Thiers et du général Sebastiani, les orléanistes passent à l'offensive. Un manifeste invitant à appeler comme roi le duc d'Orléans est publié dans Paris après avoir rallié 47 des 50 députés présents dans la capitale, désireux d'éviter la proclamation de la République ou celle du duc de Reichstadt. À Neuilly-sur-Seine, dans la soirée, une délégation de députés propose la lieutenance générale du royaume à Louis Philippe d'Orléans, qui se rend au Palais-Royal où il passe la nuit. Benjamin Constant rédige avec Sébastiani une déclaration en faveur de Philippe d'Orléans et fait partie du cortège qui l'accompagne à l'Hôtel de ville le lendemain. mal en cour, mais très populaire pour ses combats sans relâche en faveur de la liberté de la presse, Chateaubriand est porté en triomphe par la jeunesse des écoles alors qu'il se rend à la chambre des pairs. Aux cris de « Vive la Charte », il répond : « Vive la Charte ! Vive le Roi ». création de la Société des amis du peuple. vignette|31 juillet : Louis-Philippe quitte le Palais-Royal.

dans la nuit, Charles X et sa famille quittent Saint-Cloud pour Trianon, puis Rambouillet. au matin, Louis Philippe publie une proclamation dans laquelle il déclare accepter la lieutenance générale du royaume et conclut : « La Charte sera désormais une vérité. ». 95 députés signent la proclamation qui annonce cette acceptation. à l'hôtel de ville, Louis Philippe rencontre La Fayette qui approuve le nouveau régime, et le fait acclamer du balcon, écartant ainsi la menace républicaine. La commission municipale cherche à se transformer en exécutif provisoire et nomme des commissaires aux différents départements ministériels (V. Ministère nommé par la commission municipale de Paris).

Août : arrivé au château de Rambouillet dans la nuit du au , Charles X signe une ordonnance confiant au duc d'Orléans la lieutenance générale du royaume, que Louis-Philippe refuse de recevoir, l'ayant déjà acceptée des députés. Louis Philippe désigne des commissaires provisoires aux différents départements ministériels, en reprenant à peu de chose près les nominations faites par la commission municipale et remplace Bavoux par Girod de l'Ain à la préfecture de police. Une ordonnance rétablit officiellement la cocarde tricolore. Une autre ordonnance convoque les chambres pour le .