Angraecum sesquipedale, l'étoile de Madagascar, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Orchidaceae endémique de Madagascar.
Description C'est une plante vivace à croissance monopodiale, épiphyte ou plus rarement lithophyte originaire des forêts côtières de la côte Est (canal des Pangalanes).
C'est une plante à croissance lente d'assez grande taille aux feuilles allongées, pliées à la base, aux extrémités arrondies. Les hampes florales portent de une à trois fleurs et se forment chaque année à l'aisselle des feuilles principales. Au fur et à mesure de la croissance, le niveau d'apparition des nouvelles hampes comme celui de formation des racines aériennes remonte d'un nœud.
Les fleurs sont blanches, légèrement verdâtres, les trois sépales et les pétales forment une grande étoile à six branches. La branche inférieure élargie est produite par le labelle. De la base du labelle part un grand éperon de 25 à de long dont la base est remplie de nectar.
Floraison L'étoile de Madagascar fleurit en hiver, c'est-à-dire de juin à novembre à Madagascar et de fin décembre à janvier en Europe. Les fleurs émettent leur parfum la nuit, caractéristique qui a fait rechercher un pollinisateur parmi les papillons nocturnes.
Pollinisation On pensait que la pollinisation était assurée par un papillon nocturne de la famille des Sphingidae, Xanthopan morganii praedicta (sous-espèce à la trompe particulièrement longue du sphinx africain Xanthopan morganii). La morphologie de la fleur d'Angraecum sesquipedale n'avait pas manqué d'attirer l'attention de Charles Darwin qui écrivait en 1862 :
Tournée en dérision au début, cette prédiction se trouva renforcée par la découverte de papillons présentant ces caractéristiques au Brésil (Hermann Müller, 1873) puis par les recherches d'Alfred Russel Wallace qui proposa Xanthopan morgani comme pollinisateur potentiel en 1871. Ce n'est finalement qu'en 1903 que la sous-espèce Xanthopan morgani praedicta fut décrite par Lionel Walter Rothschild (1868-1937) et Karl Jordan (1861-1959). Au repos, la trompe de ce papillon est enroulée 20 fois sur elle-même. La variété longicalcar d'une autre espèce Angraecum eburneum possède un éperon encore plus long d'environ et on ignore s'il existe un pollinisateur particulier avec une morphologie adaptée à la longueur de cet éperon.
Notes et références
Charles Darwin, Fertilisation of Orchids, 197-203 William Alexander Forbes 1873 Fertilisation of orchids. Nature, 8 : 121. Hermann Müller 1873 Proboscis capable of sucking the nectar of Angraecum sesquipedale. Nature, 8 : 223. Walter Rothschild et Karl Jordan 1903 A revision of the lepidopterous family Sphingidae. London and Aylesbury, Hazell, Watson and Viney : 30-32. Alfred Russel Wallace 1867 Creation by law. Quarterly Journal of Science, 4 [] : 470-488 (October). 1871 Contributions to the theory of natural selection. London, Macmillan, 2nd edition : 272-275. Marcel Lecoufle 1981 La pollinisation de l’Angraecum sesquipedale, décrite par Charles Darwin. L’Orchidophile, : 1897-1899 (octobre). Gene Kristy 1991 Darwin's Madagascan hawk moth prediction. American Entomologist, 37 [] : 206-210 (Winter). Michel Raynal 1987 The Linnaeus of the zoology of tomorrow. Cryptozoology, 6 : 110-115. 1994 Le papillon "prédit" de Madagascar : un succès méconnu de la cryptozoologie. Cryptozoologia, n° 9 : 1-5 (décembre) 1996 The "predicted" moth of Madagascar : an ill-known success of cryptozoology. Animals and Men, : 25-26.
sesquipedale Catégorie:Espèce d'Orchidaceae (nom scientifique) Catégorie:Orchidée endémique d'Afrique Catégorie:Monocotylédone endémique de Madagascar