Kitimat est une ville industrielle et portuaire canadienne de la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique dans le district régional de Kitimat-Stikine. Sa population dépasse . D'abord village de pêcheurs haislas, la ville nouvelle de Kitimat se développe dans les années 1950, avec l'implantation d'une importante aluminerie, associée à la création de la centrale hydro-électrique de Kémano. Depuis 2025, le port est équipé d'un terminal d'exportation gazier associé à une usine de liquéfaction du gaz, la première en fonction au Canada. La large vallée de Kitimat se prolonge par le chenal Douglas, en recoupant la chaîne Côtière, jusqu'aux eaux côtières de l'Alaska du Sud-Est et de la Colombie-Britannique. Cette disposition du relief facilite la pénétration de l'air marin qui génère un climat océanique humide propice au développement d'une forêt pluviale à conifères géants. Kitimat est reliée à Terrace, le chef-lieu régional et au reste de la province par une unique route. Elle bénéficie de liaisons aériennes régulières avec Vancouver depuis l'aéroport de Terrace-Kitimat.
Histoire
Peuples Premiers Kitimat signifie « Gens de la neige » en langue tshimshian et sert à désigner les indiens Haislas qui peuplent traditionnellement la région. Dans les années 1890, des réserves sont créées pour les Haislas, dont plusieurs se trouvent sur le futur territoire de la municipalité de district de Kitimat. Un village d'été, appelé Oolichan Camp ou Old Village, est établi sur la réserve de Kitamaat 1. Il est situé à proximité immédiate de l'actuelle agglomération de Kitimat. Le site de ce village est aujourd'hui disparu, emporté par les divagations de la rivière Kitimat.
Découvreurs et pionniers européens En 1792, l'expédition dirigée par Jacinto Caamaño pour le compte du gouvernement espagnol remonte le chenal Douglas et cartographie le port de Kitimat. L'année suivante, en 1793, une expédition dirigée par Georges Vancouver fait de même pour le compte du gouvernement britannique.
Entre 1870 et 1910, trois compagnies de chemins de fer envisagent d'établir un terminus à Kitimat. Ce sont le Canadien Pacifique et le Grand Tronc, pour leurs lignes transcontinentales. Elles souhaitent utiliser un tracé passant par le col de Tête-Jaune et la vallée de la Skeena pour rejoindre Edmonton au Pacifique. À ces deux projets, il faut ajouter celui d'une compagnie provinciale. Finalement seul le projet du Grand Tronc Pacifique aboutira, en 1912, mais face à la spéculation foncière qui renchéri les terrains dans la vallée de la Kitimat, la compagnie établit son terminus à Prince Rupert près de l'embouchure de la Skeena.
Charles Clifford, un ancien cadre de la Compagnie de la Baie d'Hudson mène cette spéculation. Sur les terres qu'il a acheté, il planifie une ville-nouvelle sur les rives de la Kitimat. En 1904, il ouvre un hôtel, construit une jetée sur le bras de Kitimat. En 1904 et un bureau de poste est créé. Dès les années 1920, le site se réduit à un camp forestier, abandonné en 1945.
Fondation d'une ville industrielle Dans les années 1940, la province de Colombie-Britannique et l'industriel de l'aluminium Alcan étudient la création d'une usine d'aluminium à Kitimat alimentée par une centrale hydroélectrique située à près de , à Kemano. Le projet de l'aluminerie de Kitimat s'inscrit dans un projet plus vaste qui comprend la création d'un barrage et d'un réservoir sur la haute Néchako dont les eaux doivent alimenter la future centrale de Kemano par l'intermédiaire d'un tunnel à creuser de de dénivelé. Une ligne à haute tension de de long doit relier Kemano à Kitimat.
En 1950, l'Alcan et la province de Colombie-Britannique signent un accord permettant la réalisation du projet. En , est créée la municipalité de district de Kitimat et en sort le premier lingot d'aluminium de l'aluminerie. Les travaux sont facilités par la découverte d'une importante source de sable et de granulats à proximité immédiate de la future usine : la carrière de Sandhill. Les accès terrestres pour relier Kitimat à Terrace sont complétés les années suivantes. En , la ligne de chemin de fer Terrace-Kitimat est ouverte au trafic fret et au trafic passager en . Elle constitue une bifurcation du chemin de fer du Grand Tronc Pacifique. En 1957, la route entre Kitimat et Terrace est ouverte, entrainant l'arrêt de la desserte ferroviaire pour les passagers.
Géographie
Situation La municipalité de Kitimat est située sur la côte Nord-Ouest de la Colombie-Britannique. la ville est située au fond du chenal Douglas sur le bras de Kitimat à plus de par bateau du détroit d'Hécate. La cité est établie au débouché de la vallée de la rivière Kitimat sur le chenal Douglas. Le fond de la vallée y mesure environ de large.
Les quartiers résidentiels occupent essentiellement le sud de la confluence entre la rivière Kitimat et son affluent de la rive gauche : la Hirsch. Au sud de la confluence, les quartiers de Nechaco et Whitesail s'étagent entre 70 et d'altitude sur un plateau. Au sud et au pied de ce plateau se situe la basse-ville avec le quartier de Kildala entre 10 et d'altitude. La basse-ville comprend aussi le City Centre : centre ville administratif (hôtel de ville), commercial et culturel. Enfin au nord de la confluence se trouve le quartier résidentiel de Cable Car. La zone industrielle, le port, la carrière de Sandhill ainsi qu'une zone commerciale occupent la rive droite de la Kitimat entre 0 et d'altitudeLes altitudes ont été évaluées à partir des courbes de niveau sur OpenStreetMap.. Les plans de la ville sont conçus par le cabinet d'urbanistes new-yorkais Whittlesey et Mayer. Ils ont pour but de créer une ville agréable, dotée de toutes les commodités, où les ouvriers de l'aluminerie auront envie de s'installer durablement. Ce plan sépare les quartiers industriels des quartiers résidentiels. Le trafic routier est concentré sur les avenues principales tandis que les rues résidentielles sont en impasses ou en forme de fers à cheval. Chaque quartier comprend école et centre commercial tandis que le centre-ville comprend outre l'hôtel de ville, deux cinémas, une salle de spectacle, une bibliothèque, un musée, une patinoire.
Le district municipal s'étend sur sur la rive occidentale et le fond du bras de Kitimat. Il occupe une position sud au sein du district régional de Kitimat-Stikine. Au sein de la province de Colombie-Britannique, la cité occupe une position centrale, à Les distances ont été évaluées avec l'outil Mesurer une distance de Géoportail de la frontière avec le Yukon au nord ou du détroit de Juan de Fuca au sud, tandis qu'à l'est la frontière avec l'Alberta est à et à l'ouest la côte de l'océan Pacifique est à au niveau des îles Haïda Gwaïï . Toutefois, la frontière sud de l'Alaska n'est qu'à 150 km. En dépit de cette situation assez centrale la ville est généralement qualifiée de ville du nord de la Colombie-Britannique du fait de la concentration de la population au sud de la province.
Transport Kitimat est un cul-de-sac routier, ferroviaire et maritime du fait de sa situation géographique.
La ville est desservie par la route interprovinciale 37 qui rejoint la transcanadienne 16 (route de Tête Jaune) à Terrace. Une route locale rejoint la ville à Kitamaat Village sur la rive opposée du bras de Kitimat. Un réseau de bus urbain et interurbain, à destination de Terrace et Kitamaat Village, géré par la société BC Transit dessert la ville.
vignette|Terminal vraquier de l'aluminerie Rio Tinto sur le port de Kitimat. La ligne ferroviaire est desservie par le Canadien National pour le service fret uniquement. La gare passager la plus proche est à Terrace sur la ligne de Prince-Rupert à Jasper exploitée par Via-Rail. Il existe une piste d'aviation gravelée destinée à l'aviation de loisirs à Kitimat et l'aéroport de Terrace dispose de liaisons passagers régulières pour Vancouver ou Prince-Georges desservies par Air Canada et Westjet ou Central Mountain Air.
Kitimat dispose d'un port en eau profonde permettant l'accostage de vraquiers en particulier les minéraliers. Le port n'est pas desservi par une ligne de traversier. À proximité, Kitamaat Village dispose d'un port tourné essentiellement vers la plaisance.
Climat Le climat de Kitimat est océanique et tempéré, classé Cfb dans la classification de Köppen. Les précipitations sont très importantes: supérieures à par an, essentiellement sous forme de pluie. Les épisodes neigeux, en hiver, sont importants et représentent plus de cumulésLa neige fondue ne représente plus que le dixième de sa hauteur initiale à l'état solide.. Ces conditions climatiques sont celles du fond de la vallée où sont situées la ville et la station météorologique. En bordure du district municipal de Kitimat, l'altitude peut avoisiner , entrainant un climat plus rigoureux. Ce climat tempéré et très humide a deux conséquences : le territoire communal est couvert d'une abondante forêt et le port de Kitimat ainsi que son accès à la haute mer sont libres de glace toute l'année.
Hydrographie Le district municipal situé sur la lisière nord du bras de Kitimat du chenal Douglas est au débouché de plusieurs petits bassins hydrographiques. Le principal est celui de la rivière Kitimat qui traverse les zones urbanisées. Son bassin Hydrographique s'étend sur environ Superficie évaluée avec l'outil de mesure de surface de Toporama.. Le régime est nivo-pluvial. Il est soutenu en été par la fonte des neiges en altitude dans la chaîne Côtière avec un débit mensuel maximum en juin alors que les précipitations son minimum. C'est toutefois en octobre et en novembre que surviennent les plus importantes crues associées à de fortes pluies qui font fondre le manteau neigeux sur les reliefs voire en plaine. Sur le territoire du district municipal, la Kitimat reçoit un de ses affluents majeurs : la rivière Hirsch (Hirsch Creek). En longeant vers le sud la côte du chenal Douglas, on croise successivement trois rivières de moindre importance : Bish Creek, Emsley Creek et Jesse Creek .
+Débits et niveaux de la rivière Kitmat à l'aval d'Hirsch Creek - Station 08FF001 - Année 2022 - JanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembreAnnéeNiveau (m) Les niveaux correspondent à l'altitude au dessus du niveau marin.moyen--6,86,67,27,87,56,96,76,86,86,6-maximum--8.07,07,88.67,98,47,68,98,77,48,9minimum--6,46,46,87,47,26,76,36,36,46,3-Débit (m³/s)moyen quotidien34,4103,085,860,2153,0315,0225,0121,079,9110,097,439,6161maximum quotidien97,9 Effet de glace587,0374,0116,0301,0575,0328,0510,0258,0777,0650,0127,0minimum quotidien9,6410,5031,7028,2082,50197,00155,0067,3022,7020,5021,1021,90total mensuel Volume (dam³)total mensuel
Risques naturels
Inondations Depuis le début des enregistrements des débits de la rivière Kitimat en 1964, une vingtaine de crues ont dépassé des débits instantanés de 1500 m/s, débits qui peuvent être associés à des inondations. Les inondations les plus importantes sont celles de 1966, 1978, 1992, 2017
L'inondation de 1966 survient le après deux jours de pluie et de chutes de neige fondante. Une grande partie du quartier de Kildala formant la basse-ville ainsi que le centre-ville sont recouverts par les flots. Dans les années qui suivent les plans de préventions des inondations aboutissent à la mise en place d'enrochements pour stabiliser les berges et de digues pour protéger le quartier de Kildala et le centre-ville. La ville protège aussi ses stations de pompage. Sur la rive droite les industriels, en particulier l'Alcan qui gère l'aluminerie de Kitimat, s'inquiètent depuis les années 1950 du risque d'inondation. L'Alcan dispose dès avant 1964 de son propre limnographe. Elle stabilise les berges de la rivière avec des enrochements et construit des digues afin de sécuriser les pylônes de la ligne à haute tension qui approvisionne son usine.