Aux États-Unis, le terme désigne un travailleur sans domicile fixe se déplaçant de ville en ville, le plus souvent en se cachant dans des trains de marchandises, et vivant de travaux manuels saisonniers et d'expédients. Le terme pourrait se traduire par « vagabond ».
Ce type de vagabondage est appelé hoboïsme.
Origine du mot Hobo est un mot anglais lié à la réalité historique des États-Unis. Il pourrait trouver comme traduction en français « vagabond », « chemineau » (à ne pas confondre avec cheminot, l'employé du chemin de fer) et plus précisément « trimardeur », sans avoir cependant de véritable équivalent dans la culture française.
Son étymologie n'est pas certaine. Certains s'accordent pour dire que hobo est un jeu de mots sur l'homonymie de la contraction de l'anglais avec le terme slave Robotnik (ouvrier, travailleur forcé) lui-même à l'origine du mot « robot » créé par Karel Čapek en 1920 ; d'autres affirment qu'il s'agirait plutôt de Houston Bowery, tandis qu'une autre origine possible serait la ville terminus de Hoboken (New Jersey), point de départ de nombreuses lignes ferroviaires empruntées par les trimardeurs, à moins qu'il ne s'agisse aussi de la contraction de hoe boy (hoe est un outil agricole, la houe) « employé dans les fermes », ou de "Ho boy !" (embauche d'un journalier), à moins qu'il s'agisse de la contraction de homeless boy (garçon sans maison).
D'autres auteurs affirment que ce fameux hoe boy était employé par les chauffeurs de locomotives pour héler les routards et leur demander de dégager la voie. Pendant la crise de 1892-1893, les hobos suivaient la voie ferrée vers Chicago dans l'espoir de trouver un emploi sur le chantier de l'exposition universelle.
Historique thumb|250px|Signes laissés par un hobo pour avertir les autres passant dans cette ville (Nouvelle-Orléans en l'occurrence). Le cercle barré signifie « bon chemin à suivre », la croix signifie « OK » ; le signe ressemblant à un Y pourrait signifier que les habitants sont volontiers armés. Dès la deuxième partie du , les hobos participent par leur main-d'œuvre saisonnière à la deuxième frontière. Ils travaillent l'été à l'ouest au gré du voyage et regagnent les grandes villes de l'est en saison hivernale, notamment Chicago, grand centre ferroviaire. Leur force de travail et leur capacité de migrer les distinguent des , des « clochards » sédentaires et privés de travail.
Pendant la Grande Dépression, les hobos ou hoboes sont des travailleurs itinérants qui sillonnent les États en quête de petits boulots et de bonnes combines. Ils sont un des résultats des changements profonds qui affectent la société américaine du début du (industrialisation, urbanisation) et ils tentent de fuir la misère provoquée par la crise. Ils voyagent par la route mais aussi dans les trains de marchandises dans lesquels ils montent clandestinement. L'image du hobo est d'ailleurs inséparable de celle du train. Beaucoup de hobos se retrouvent le long des principales lignes ferroviaires dans des points d'accueil plus ou moins improvisés. Ils peuvent alors échanger des informations sur les régions où trouver de l'emploi et mener une vie stable.
Quand ils ne se parlent pas de vive voix, les hobos laissent des symboles dessinés à la craie ou au charbon. Ce système de symboles a pour but d'informer ou d'avertir les autres (endroits pour attraper un train pour dormir, présence fréquente de la police, repas chauds, chiens dangereux, etc.). Cette langue, appelée en France « langue des trimardeurs », est un ensemble de signes qu'on trouve parfois gravés dans la pierre des immeubles des villes et qui indique que la maison est accueillante ou qu'au contraire on y lâche les chiens.
Le hobo est par la suite devenu une figure mythique de l'imaginaire américain. C'est un personnage teinté de romantisme, épris de liberté, développant la faculté de survivre en dehors d'une société aliénante dont il n'a pas à subir les contraintes. Ceci amène certains sociologues à les rattacher à une sous-culture libertaire.
Aspects culturels et sociologiques En 1923, Nels Anderson publie Le Hobo, classique de l'école de Chicago, dont la spécificité provient du fait que lui-même a été longtemps hobo. De nombreux pans de la vie hobo y sont exposés : organisation des campements, université hobo, extraits de poèmes et de chansons, vie affective, vie politique, récits de vie.
Soixante ans plus tard, en 1982, Douglas Harper publie Good Company sur les hobos des années 1970, les « tramps », à partir d'une observation participante initiatrice d'une année. L'accent est mis sur le savoir-faire que nécessite l'usage clandestin des trains et des gares de triage, et le savoir-être devant les rencontres de voyages.
Toujours cité en voie de disparition, depuis d'abord la fin de la frontière, puis devant l'avancée de la machine agricole et de l'automatisation, la figure du hobo, travailleur manuel libre et itinérant, se renouvelle ainsi au gré des besoins de main-d'œuvre temporaire.
La place accordée au hobo dans la littérature, de Jack London à Jack Kerouac, et dans la chanson folk, souligne également l'impact culturel du hobo et la fascination qu'il exerce sur l'imagination.
Citations
Personnalités hobo
Liste de quelques personnalités qui sont ou ont été à un moment de leur vie hobo :
Jack Reacher (personnage de romans, films, séries télévisées)
Quelques références Livres Nels Anderson (sociologueInitiateur de la méthode d'observation participante.), The Hobo: The Sociology of the Homeless Man, Chicago, University of Chicago Press, 1923 ; trad. française, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, suivi de L'Empirisme irréductible, trad. de l'américain par Annie Brigant, postface d'Olivier Schwartz, Paris, Nathan, 1993, 288 p. Douglas Harper, Les Vagabonds du nord-ouest américainVoir sur GoogleBooks. (Good Company, 1982 ; L'Harmattan, 1998), sur les hobos des années 1970 Harry Martinson, Vägen till Klockrike [« Le Chemin de Klockrike »], Stockholm, Bonniers, 1948 ; traduction française : La Société des vagabonds, Marseille, Agone, 2004 Jack Kerouac, Sur la route, 1957 Joyce Kornbluh, Wobblies & Hobos : les Industrial Workers of the World, agitateurs itinérants aux États-Unis, 1905-1919, contient un CD de chansons inédites, traduit de l'anglais par Julius Van Daal, Éditions de l'Insomniaque, 2012 Jack London, Les Vagabonds du rail ou La Route, récit autobiographique qui décrit sa vie de hobo, 1907 Jim Tully, Vagabonds de la vie, autobiographie d’un hobo, 1924, Les Éditions du Sonneur ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Thierry Beauchamp Boxcar Bertha, autobiographie recueillie par Ben Reitman, trad. de l'américain par Doc Van Daal, éd. Chicago, 1937 ; en français, Éditions de l'Insomniaque, 1994 Ted Conover, Au fil du rail (reportage), 1980, Édition du sous-sol Philibert Humm, Roman de gare, 2024, Éditions des Équateurs Alex w. Hinker, Colorado Train, 2022, Sarbacane
Films d'Arvid E. Gillstrom, film muet américain (1917) Les Moissons du ciel, film américain de Terrence Malick (1978) L'Empereur du Nord, film américain de Robert Aldrich (1973) Natty Gann, film américain de Jeremy Kagan (1985)Le voyage d'une adolescente à l'allure de garçon qui, durant la crise des années 1930, parcourt les États-Unis en passager clandestin de trains de marchandise afin de retrouver son père parti travailler à plus de de chez eux. Hobo with a Shotgun, film d'exploitation canadien (2011) Bertha Boxcar, film américain de Martin Scorsese (1972), adaptation de la biographie éponyme (voir ci-dessus) L’Épouvantail, film américain de Jerry Schatzberg (1973) — Palme d’or du festival de Cannes 1973
Séries télévisées Shameless (US), saison 9, épisode 11, intitulé (« Prendre le train en marche ») Mad Men, saison 1, épisode 8, intitulé The Hobo Code (« Langage codé »)
Chansons John Lee Hooker : Hobo blues Charlie Winston : Like a Hobo (2009), repris sur son album Hobo Louis Armstrong : You Can't Ride This Train Hobo Moondog : Be a Hobo
Autres Emmett Kelly et son personnage de clown Weary Willie. La série de jeux vidéo HOBO créée par SeethingSwarm et disponible sur Armor Games.
Notes et références
Notes
Références
Articles connexes Clochard CraieFiti symboliques inspirées des signalétiques hobo pour accéder à des réseaux Wi-Fi libres. Industrial Workers of the World
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