Johannes Blaskowitz est un Generaloberst de l'armée de terre du Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, né le à en province de Prusse-Orientale et mort le à Nuremberg.
Les circonstances de sa mort, apparemment un suicide au cours d'un des procès de Nuremberg, restent toutefois obscures car il allait être acquitté.
Biographie Jeunesse et Première Guerre mondiale Né à Paterswalde, arrondissement de Wehlau (province de Prusse-Orientale), Johannes Blaskowitz est le fils d’un pasteur luthérien. Il va l'école primaire à (arrondissement de Gumbinnen), puis dans un établissement secondaire privé à (arrondissement de Stallupönen). En 1894, il entre à l'école des cadets de Köslin et, plus tard, à l'école principale prussienne des cadets de Berlin-Lichterfelde. En 1899, il commence sa carrière militaire en tant que candidat-officier dans le à Osterode.
Blaskowitz étudie à l'école de Guerre d'Engers, dont il sort second et est promu lieutenant le . Il participe à un stage de l'école de gymnastique militaire de Berlin et travaille ensuite pendant un an et demi comme professeur auxiliaire dans cet établissement. Affecté à l'Académie de guerre de Berlin de 1908 à 1911, il y passe l'examen d'interprète en français et rejoint ensuite la compagnie du d'infanterie à Offenbourg en tant que premier-lieutenant. Le , il est muté à l'état-major du d'infanterie.
Au cours de la Première Guerre mondiale, il sert sur les fronts de l'Est et de l'Ouest et travaille pour l'état-major. Après la guerre, il poursuit son service militaire dans la Reichswehr sous la république de Weimar. Il est indifférent à la prise de pouvoir par les nazis parce qu’il croit que l'armée se doit d’être « neutre politiquement ». vignette|De gauche à droite: Gerd von Rundstedt, Johannes Blaskowitz et Walter von Reichenau (1939).
Pologne (1939) Il commande la allemande lors de l'invasion de la Pologne au début de la Seconde Guerre mondiale. Il est commandant en chef de l'Est en Pologne à partir du . Il est révolté par les atrocités commises par les SS et les Einsatzgruppen contre les Polonais et les Juifs. Il fait parvenir au commandant en chef, Walther von Brauchitsch, deux rapports détaillés sur ces crimes de guerre. Il n’hésite pas à imposer la peine de mort aux membres de la SS et de la Gestapo qui sont impliqués dans des crimes de guerre (ces sentences seront abolies plus tard par Hitler). Il note, entre autres :
— Aide-mémoire, ..
Face à une attitude jugée « puérile », Hitler relève Blaskowitz de son commandement en Pologne le , sur l'insistance du gouverneur général Hans Frank.
Campagne de France (1940) et son occupation Blaskowitz est muté au commandement de la dans l'Ouest lors de la campagne de France. Il devient gouverneur militaire du Nord de la France au début de . Il conserve cette position jusqu’en puis est muté au commandement de la sur la côte sud-ouest entre la Bretagne et la frontière espagnole, poste qu’il occupe jusqu'en .
En , après la nomination de Gerd von Rundstedt en tant que commandant en chef à l'ouest, Blaskowitz est nommé commandant du groupe d'armées G. Ce groupe relativement faible, composé de la et de la , est chargé de défendre le sud de la France de l'invasion alliée imminente.
L'invasion de la France méridionale a commencé le , avec l'opération Dragoon, lorsque les forces alliées débarquent en Provence entre Toulon et Cannes.
Campagne de l’Ouest (1944-1945) Le , à 11 h 15, Blaskowitz reçoit l'ordre de retirer toutes les forces allemandes à l'ouest de la ligne Orléans-Clermont-Ferrand-Montpellier, que ce fût la Wehrmacht, la SS ou autres, sauf les seules unités de la et celles affectées à la défense de Marseille, Toulon et des poches de l'Atlantique (La Rochelle, La Palice, Royan et la pointe de Grave). Il organise le retrait de ses forces jusque dans les Vosges. Là, les forces de Blaskowitz sont renforcées par la Panzer dirigée par Hasso von Manteuffel. Blaskowitz souhaite consolider ses forces, mais Hitler lui ordonne de contre-attaquer immédiatement la armée américaine. Blaskowitz réalise la futilité d'une telle action, mais, aux ordres, attaque les forces américaines à proximité de Lunéville les 18 – . L'attaque est un échec. Furieux, Hitler relève Blaskowitz de son commandement et le remplace par Hermann Balck. Il est relevé du commandement du groupe d'armées G à la fin de septembre 1944 mais est rétabli à ce poste le . Le , il est nommé commandant en chef du groupe d'armées H. Ce commandement est remanié au début de 1945 et Blaskowitz devient commandant en chef aux Pays-Bas. vignette|Signature de la capitulation des troupes allemandes des Pays-Bas à Wageningue par le général Blaskowitz (à droite, au centre) devant le général canadien Foulkes (à gauche, au centre). Le , Blaskowitz est convoqué à l'hôtel de Wereld, à Wageningue, par le général Charles Foulkes, commandant en chef du canadien, afin de discuter de la capitulation des forces allemandes des Pays-Bas. Le prince Bernhard zur Lippe Biesterfeld, qui agit en tant que commandant en chef des troupes intérieures néerlandaises, assiste également à la rencontre. Blaskowitz est d’accord avec toutes les demandes de Foulkes, mais on ne parvient pas à trouver une machine à écrire dans l'hôtel (certaines sources disent maintenant qu’il n’y en avait nulle part dans la ville). Le document de la capitulation ne peut être rédigé. Les parties se rencontrent de nouveau le lendemain, le document sur la capitulation ayant finalement pu être rédigé. Blaskowitz le signe en présence du général Foulkes et du prince.
Internement et décès Blaskowitz est accusé de crimes de guerre et jugé devant un tribunal militaire américain lors du procès dit « du haut commandement ». Il se suicide pendant le procès le en sautant d'une fenêtre de la prison de Nuremberg. La rumeur de son assassinat par des SS se répand au sein des autres prisonniers, mais aucune preuve ne vient l'appuyer.
Promotions Fähnrich Leutnant Oberleutnant Hauptmann Major Oberstleutnant Oberst Generalmajor Generalleutnant General der Infanterie Generaloberst
Décorations
Croix de fer (1914) (1914) (1915) Insigne des blessés (1914) Croix du Mérite militaire (Bavière) classe avec glaives (1916) Croix de chevalier de l'ordre du Lion de Zaeringen avec glaives (1915) Croix de Frédéric-Auguste (Oldenbourg) classe (1916) (1916) Croix de chevalier de l'ordre royal de Hohenzollern avec glaives (1917) Croix d'honneur des combattants 1914-1918 (1934) Agrafe de la croix de fer (1939) (1939) (1939) Médaille de l'Anschluss (1938) Médaille des Sudètes (1938) avec barrette du château de Prague Croix allemande en argent (1943) Croix du Mérite de guerre
Ordre de la Couronne d'Italie, grand croix (1941) Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives Croix de chevalier (1939) Feuilles de chêne (1944) Glaives (1945)
Notes et références
Liens externes
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