vignette|Pistes de ski à Puy-Saint-Vincent.

Le parc national des Écrins est un parc national français créé en 1973, après avoir été préfiguré dès 1913. Il est situé dans les Alpes, s'étendant sur une grande partie du massif des Écrins avec pour sommet éponyme la barre des Écrins culminant à d'altitude. Il se situe sur des communes de deux départements : l'Isère (région Auvergne-Rhône-Alpes) et les Hautes-Alpes (région Provence-Alpes-Côte d'Azur) et chevauche la limite entre Alpes du Nord et Alpes du Sud en France, formée par la ligne de partage des eaux entre le bassin hydrographique de l'Isère et celui de la Durance.

Son cœur est classé comme aire protégée de catégorie II par la Commission mondiale des aires protégées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, principale organisation non gouvernementale mondiale consacrée à la conservation de la nature), tandis que son aire optimale d'adhésion est classée de catégorie V.

Histoire L'histoire du parc commence le , lorsque l'État français acquiert de montagne sur les hauteurs de Saint-Christophe-en-Oisans (commune de l'Isère située dans le massif des Écrins). Ainsi est créé le « parc de la Bérarde » (hameau de Saint-Christophe-en-Oisans), sur le modèle de la réserve suisse de l'Engadine fondée quatre ans plus tôt. Il s'agissait de défendre la montagne contre l'envahissement des pâturages, qui entraînait érosion, déboisement et désordre torrentiel ; mais rapidement, les aspects scientifiques et pédagogiques du projet ont émergé. L'appel aux souscriptions était à peine lancé qu'éclatait la Première Guerre mondiale et le processus pour doter les parcs nationaux d'un statut officiel fut interrompuLa longue et passionnante histoire des parcs nationaux français, Henri Jaffeux, Association pour l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement, publié dans la revue du comité d’histoire du ministère de l’Écologie « Pour mémoire » , 2010, et 152, site ahpne.fr..

L'Administration des eaux et forêts ne renonça pas néanmoins aux mesures de protection déjà mises en œuvre et, sans base réglementaire, continua d'administrer les terrains domaniaux acquis et ceux loués dans l'idée de les laisser en libre évolution. Le parc de la Bérarde change alors de dénomination à plusieurs reprises en étant officieusement assimilé à un parc national durant l'entre deux guerres : « Parc national de l’Oisans », puis en 1923 « Parc national du Pelvoux » agrandi à . Le parc perd néanmoins cette qualification de « parc national » en 1962 et devient un parc domanial, « domaine privé de l’État soumis au régime forestier », avant de renaître en parc national des Écrins en 1973.

En 1960, en effet, le statut de parc national est créé. Voient alors le jour quatre premiers parcs, le parc national de la Vanoise et celui de l'île de Port-Cros en 1963, celui des Pyrénées en 1967, et celui des Cévennes en 1970. Cette même année, une mission de création est formée pour un parc national des Écrins, sur la base de l'ancien parc de la Bérarde devenu depuis 1962 une simple forêt domaniale. Et c'est finalement le que le parc national des Écrins est créé, par décret du Premier Ministre.

Les premiers agents du parc sont recrutés par concours à partir de 1974, et dès 1976 le parc se dote d'un lieu d'accueil : la maison du Parc, à Vallouise ; cette maison est visitée par le président Valéry Giscard d'Estaing le . C'est dès cette année que commencent les premières actions du Parc : une tentative infructueuse de réintroduction de bouquetins, et la création des première bases de données scientifiques le . L'année suivante, en 1978, est monté le premier plan d'action pour l'accueil des touristes dans la zone périphérique. vignette|left|Périmètre du parc national. Les années 1980 sont marquées par de grands travaux : le projet d'aménagement hydroélectrique de la haute-Romanche fait couler beaucoup d'encre en 1980, puis la sécurisation du lac d'Arsine (Briançonnais) à plus de d'altitude dès le printemps 1986. Enfin, en 1989, seize bouquetins sont réintroduits avec succès dans le Valbonnais ; les animaux provenaient des parcs de la Vanoise et du Vercors. vignette|Le nouveau logo du Parc. En 1990, est introduite une nouvelle charte graphique pour tous les parcs nationaux. Elle comprend notamment la fameuse spirale composée d'une multitude d'éléments (silhouettes animales, végétales et minérales) organisés selon une structure en spirale. C'est une représentation métaphorique du mouvement, de la richesse et de la complexité de la vie. En 1991, le siège du parc est déplacé au domaine de Charance, à Gap, où il se trouve toujours.

Les années 1990 sont placées sous le signe des conventions : la première convention escalade est signée en 1992, et de nombreux contrats de gestion des alpages sont entérinés avec les bergers en 1993. En 1995, outre la réintroduction de trente-et-un bouquetins, le parc innove en créant la première réserve naturelle intégrale de France, dans le vallon du Lauvitel. Le , le parc signe la Charte de partenariat de développement durable avec la ministre de l'Environnement Corinne Lepage ; cette charte sera ensuite déclinée avec les collectivités territoriales, l'Office national des forêts et les chambres d'agriculture des Hautes-Alpes et de l'Isère.

vignette|Bouquetin des Alpes (Capra ibex).

En 2006, une nouvelle loi pose le principe d'une division des parcs nationaux en deux zones distinctes : le « cœur de parc » (ancienne zone centrale), protégé réglementairement, dont le périmètre est défini par l'Etat ; l'« aire d’adhésion » (ancienne zone périphérique) où les mesures applicables sont coconstruites avec les acteurs locaux. Le territoire d'une commune ne fait partie du PN que si celle-ci approuvent la nouvelle charte. La rédaction d'une nouvelle charte commence donc pour l'établissement national.

Le Conseil économique social et culturel du Parc national des Écrins est mis en place en 2008, au Monêtier-les-Bains.

2010 voit la structuration du programme « Alpages Sentinelles », permettant une étude des alpages et des répercussions des évolutions du climat sur ceux-ci, avec un dialogue instauré entre bergers, éleveurs, scientifiques, techniciens pastoraux et agents du Parc.

En , le projet de charte du parc est adopté à l'unanimité par le Conseil d'administration du Parc national des Écrins. Le , un décret du Conseil d'État porte l'approbation de la charte du Parc national des Écrins. En 2013, pour le quarantième anniversaire du parc, 46 communes signent cette charte.

En , une reconnaissance internationale pour les travaux scientifiques effectués dans la réserve intégrale de Lauvitel intervient avec un classement UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

Les années 2010 voient la création de plusieurs éléments et services destinés au grand public : la nouvelle Maison du Parc à Vallouise et le site Internet Rando-Écrins sont inaugurés en 2014, et l'année suivante naît la Marque Esprit Parc national dans les Écrins. Dans la même décennie, plusieurs communes supplémentaires adhèrent la charte du parc national des Écrins, portant leur nombre total à 53 en 2015, ce qui correspond à un taux d'adhésion de 90 %. Dans le même temps, les études scientifiques se poursuivent, avec, par exemple, l'étude de l'évolution de la répartition géographique d'espèces de la flore et la géolocalisation de bouquetins dans le parc en 2013. Un atlas en ligne de la faune et la flore du parc, Biodiv'Écrins, est lancé en 2016.

En , le parc est inclus dans la Liste verte de l'UICN, certification qui reconnaît les aires protegées dont la géstion est efficace et dont la gouvernance suit les standards établis par le dit organisme.

Fin , la zone cœur du parc s'agrandit de avec l'intégration de deux réserves contiguës au cœur du parc: la réserve naturelle nationale de la haute vallée de Saint-Pierre et la réserve naturelle nationale du Versant Nord des Pics de Combeynot, afin de simplifier la gestion de ces espacesLe cœur du Parc national s'agrandit, Le journal du parc.

Le parc s'est vu distingué par le Conseil de l'Europe comme Parc européen de la haute montagne. Le Conseil de l'Europe a renouvelé en 1996 le label obtenu auparavantUn jeune Parc à l'histoire déjà longue.

Géographie

Relief vignette|250px|Les Écrins par rapport à la région PACA. Le territoire du parc national des Écrins (), créé en 1973, s'étend dans une zone située entre les villes de Gap ( à vol d'oiseau), Briançon () et Grenoble (). Il est délimité par les vallées de la Romanche, la Guisane, la Durance et le Drac.

Le parc est situé entre une altitude d'environ et , et il compte une centaine de sommets situés à plus de et une quarantaine de glaciers (couvrant environ hectares).

Il possède de sentiers entretenus et balisés, dont le GR 54 (tour de l'Oisans), et une trentaine de refuges de montagnes. Il contient de nombreux sommets dont la Meije, se dressant à d'altitude, au-dessus du village de La Grave, le mont Pelvoux ( d'altitude) et celui de la barre des Écrins, point culminant du Parc à d'altitude.

Hydrographie thumb|Carte des frontières, cours d'eau, sommets et villes du parc national des écrins. Le parc des Écrins est arrosé par une douzaine de torrents principaux, qui se jettent ensuite en deux rivières distinctes : le Drac à l'ouest et au nord et la Durance à l'est et au sud.

Affluents du Drac vignette|Le torrent du Sirac, affluent de la Séveraisse, dans le parc national des Écrins. Aout 2022. Du plus oriental au plus occidental : la Romanche prend sa source du glacier de la Plate des Agneaux, à d'altitude. Elle se jette dans le Drac après . le Vénéon prend sa source du glacier de la Pilatte, à d'altitude. Il se jette dans la Romanche après . la Bonne prend sa source au lac des Pissoux, près du refuge de Font Turbat, à d'altitude. Elle se jette dans le Drac après . la Malsanne prend sa source au lac du Vallon, à d'altitude. Elle se jette dans la Bonne après . la Séveraisse prend sa source du glacier de Chabournéou, à d'altitude. Après avoir arrosé la vallée du Valgaudemar, elle se jette dans le Drac après . le Drac Blanc prend sa source dans le vallon du Rougnoux, à d'altitude. Aussi appelé Drac de Champoléon, il rejoint le Drac Noir sur la commune de Champoléon. le Drac Noir est considéré comme la branche-mère du Drac. Celui-ci prend donc sa source dans le massif du Mourre-Froid, à d'altitude, et se jette dans l'Isère après .

Affluents de la Durance vignette|La Guisane avant son arrivée au hameau du Casset (commune du Monêtier-les-Bains). Du plus oriental au plus occidental : la Guisane prend sa source au col du Lautaret, à d'altitude. Elle se jette dans la Durance à Briançon, après . le Gyr et l'Onde forment la Gyronde, qui se jette dans la Durance après . le Fournel prend sa source au Pic de la Cavale, à . Il se jette dans la Durance à l'Argentière-la-Bessée après . la Biaysse prend sa source au col d'Orcières, à d'altitude. Elle se jette dans la Durance après . le Rabioux prend sa source dans le Vallon du Tissap, à d'altitude. Il se jette dans la Durance après . le torrent de Réallon prend sa source dans la Montagne de Charges, à d'altitude. Il se jette dans le Lac de Serre-Ponçon après .

Lacs Le parc possède aussi un grand nombre de lacs spectaculaires.

thumb|Le lac du Lauzon. Le Lauvitel est le plus profond et le plus grand du Parc : il fait entre 25 et de superficie et entre 40 et de profondeur. Il se trouve au pied de l'Aiguille de Vénosc, près de la station des Deux Alpes (région Auvergne-Rhône Alpes). Tout près de celui-ci se trouvent le lac du Plan Vianney qui abrite de nombreux saumons et le lac de la Muzelle. Le lac du Lauzon est situé en contrebas des Rouies, au-dessus du torrent du Gioberney. Le lac des Pisses est situé près de la station de sports d'hiver d'Orcières. Les lacs de Crupillouse, à Champoléon, sont accessibles par une randonnée offrant points de vue et passages près des cascades.