On dit numérique une information qui se présente sous forme de nombres associés à une indication de la grandeur physique à laquelle ils s'appliquent, permettant les calculs, les statistiques, la vérification des modèles mathématiques. Numérique s'oppose en ce sens à « analogique » et, pour le calcul, à « algébrique ».

On a pris l'habitude de désigner comme numériques les données informatiques. Elles sont traitées par les ordinateurs, développés depuis la seconde moitié du à partir de machines à calculer programmables. Par extension, on appelle numérique tout ce qui fait appel à des systèmes électroniques construits sur des fonctions logiques, auxquelles se réduisent les calculs arithmétiques.

La culture numérique désigne, par extension, les relations sociales dans les circonstances où dominent les médias reposant sur ces systèmes.

Sens propre

On dit « numérique » une information qui se présente sous forme de nombres associés à une indication de la grandeur physique à laquelle ils s'appliquent, permettant les calculs, les statistiques, la vérification des modèles mathématiques. Le calcul numérique se fait sur ces nombres, par opposition au calcul algébrique, qui se fait sur des variables désignées par un symbole..

En électronique et systèmes d'information En électronique, la notion de numérique s'oppose à celle d'analogique. Dans l’électronique analogique, les variations sont continues, tandis que dans l'électronique numérique, les valeurs utilisées sont discrètes, sous forme binaire, permettant des opérations logiques et, par association d'opérations logiques, des opérations arithmétiques dans ce que l'on appelle une unité arithmétique et logique (UAL ou en anglais ALU).

Lorsque l'on passe de documents ou signaux analogiques à des informations numériques, on parle de numérisation ; c'est la fonction d'un convertisseur analogique-numérique (CAN ou en anglais ADC). Ce type de circuit électronique est utilisé dans des appareils servant à la numérisation de signaux représentant des images : scanner, appareil photo, caméra vidéo ; des sons à partir d'un microphone ; ou de tout autre grandeur à partir de capteurs physiques ou chimiques : thermomètre, hygromètre, accéléromètre, gyroscope, sonde de pression

Réciproquement, un convertisseur numérique-analogique (CNA ou en anglais DAC) convertit des données binaires abstraites en un signal analogique, qui permettra de produire un son par la vibration d'un haut-parleur, une luminosité d'écran ou de projecteur numérique

Ces deux types de conversion sont essentiels à toute interface homme-machine et sont auxiliaires du contrôle de diverses parties d'une quantité d'appareils.

Généralités Les ordinateurs ont d'abord été conçus comme des machines à calculer programmables. Ils traitent par l'arithmétique et la logique des données dans laquelle la part des nombres représentant des grandeurs n'a cessé de décroître, au profit de ceux qui pointent vers des symboles et des algorithmes. Les programmeurs sont ainsi passés du calcul numérique au traitement de texte, le développant plus tard avec la correction orthographique et, aujourd'hui, la traduction automatique.

Simultanément, le secteur des télécommunications a développé la conversion des signaux électriques en suites de nombres, dans le but d'améliorer l'efficacité des transmissions. La théorie de l'information associée à cette transformation indique que tout message peut être codé sous forme numérique. Elle indique en passant que cette information se réduit à un nombre de choix binaires. L'automatisme utilise depuis longtemps le système binaire : c'est le cas des boîtes à musique, des orgues de Barbarie, du métier à tisser de Jacquard ; mais les calculatrices mécaniques étaient décimales.

Après sa conversion en données numériques, les ordinateurs peuvent traiter l'information qui décrit les supports de ces messages.

L'électronique numérique a ainsi rejoint l'informatique pour traiter une quantité croissante de documents. L'adjectif « numérique » distingue le son numérique, la photographie numérique, la vidéo numérique et le cinéma numérique de leurs versions plus anciennes fonctionnant avec des procédés analogiques.

« Numérique » et « digital » alt=Ordinateur IBM 305 (1956)|vignette|Ordinateur IBM 305 RAMAC (1956). L'adjectif « numérique » vient du latin « » (« nombre », « multitude ») et signifie « représentation par nombres ». On oppose ainsi le calcul numérique (l'arithmétique et l'analyse numérique) effectué sur des circuits logiques électroniques basés sur un système binaire représentant des nombres, au calcul littéral (par lettres, ou algèbre) et au calcul analogique, opérant sur des grandeurs électriques pouvant prendre des valeurs continues.

Devenu substantif, « le numérique » désigne dans le langage courant, les technologies de l'information et de la communication, et « numérisation », le basculement des spécialités vers ces technologies. Cet usage est consacré en France par la création en 2011 d’un Conseil national du numérique. On trouve aussi en français et dans beaucoup d'autres langues le mot « digital », calqué sur l'équivalent américain. En anglais, le latin « » qui signifie « doigt » a donné « » qui désigne un chiffre (0 à 9), et de là « », qui s'applique à un calculateur électronique dès 1945 J. Eckert & alii, « Digital », Oxford English Dictionary, (4), 1945 : . D.R. Hartree, Nature, 500/2, 12 octobre 1946 : . En 1964, lHistoire générale des sciences présente Histoire générale des sciences, t.3, vol.2, 1964, apud Trésor informatisé de la langue française : numérique.. En anglais ne s'applique qu'au calcul électronique et à l'informatique, sans faire la différence que l'on trouve en français pour le mot numérique tiraillé entre un usage mathématique et statistique et une application aux ordinateurs.

Soumis aux modes, aux variations, aux stratégies de communication, et à la pression de la langue anglaise, le français hésite entre « numérique » et « digital ». Les instances terminologiques officielles française (2000, 2013. et 2021) et québécoise (2018) ont dit leur préférence pour l'utilisation de numérique, mais l'usage de digital se perpétue en français.. Par exemple, en 2014, la Commission européenne crée un « Digital Champion » et Gilles Babinet suggère alors qu'un an auparavant, il se posait dans le même journal la question . Le contexte guide en cas d'ambiguïté. Sauf trait d'humour, « empreinte digitale » n'est pas synonyme de « empreinte numérique ».

Définition des données numériques Prise dans son sens strict, une donnée numérique n'est pas nécessairement informatique :

Dans le contexte de l'informatique et des dispositifs d'électronique numérique, numérique (en anglais ) prend un sens précis. Une donnée numérique est une suite de caractères et de nombres qui constituent une représentation discrète d'un objetCommission électrotechnique internationale : Electropedia 101-12-07 : numérique, dépendant de Electropedia 10-12-06 : discret ; ..

La représentation numérique de l'information utilise, pour représenter les caractères, c'est-à-dire des signes conventionnels comme les chiffres, les lettres, les codes d'opérations), des nombres entiers positifs qu'on peut comprendre comme numéro d'index dans une table de correspondance. Les nombres, quant à eux, sont représentés par des codes dans des formats définis à l'avance comme entier, virgule flottante Les logiciels indiquent aux machines la façon dont elles doivent traiter ces différents types de données, qui sont dans tous les cas des séquences de chiffres binaires.

La numérisation

Le substantif numérisation peut désigner :

la description d'un document physique par un fichier numérique ; la conversion d'un signal électrique analogique en un flux numérique ; l'entreprise de conversion des fonds documentaires datant des époques technologiques précédentes. Elle comporte deux actions complémentaires : l'échantillonnage (en anglais ) et la quantification.

Numérique au sens d'informatique Informatisation de la société

vignette|Mini-ordinateur PDP8, années 1970. vignette|Selfie avec smartphone et appareil photo numérique, 2019. L'industrialisation des processeurs et de l'ordinateur à partir des années 1970 a transformé profondément certaines technologies et services. On a pu parler de « révolution numérique », au sens où le calcul numérique s'oppose au traitement analogique de l'information. On a ainsi la télévision numérique, la radio numérique, la téléphonie numérique, le cinéma numérique., la photographie numérique, le son numérique, l'analyse médicale numérique, ou plus généralement tout appareil basé sur de l'électronique numérique.

Le mot « numérique » est . Gérard Berry, constatant que le mot « numérique » a supplanté le mot « informatique » dans le discours politique et dans les médias, estime que pourtant .

L'utilisation de matériel électronique numérique a provoqué des changements au-delà de l'aspect technique annoncé depuis les années 1970Simon Nora et Alain Minc ont rendu leur Rapport sur l'informatisation de la société en 1977.. Depuis la fin des années 1990, les humanités numériques ont étudié les transformations culturelles qu'a engendrées le développement du . Milad Doueihi parle, dans ce sens, de « culture numérique », pour mettre l'accent sur la transformation de la vision du monde que produit la diffusion des technologies numériques..

Il n'apparaît pas cependant que cette transformation ait un rapport avec la nature numérique des informations que traitent les divers appareils. Les utilisateurs s'en soucient peu en général. La baisse du coût de la production et de la diffusion des produits culturels, catastrophique pour les industries qui en vivaient, ainsi que l'incorporation à des produits manufacturés des compétences techniques qui étaient associées à ces activités, constituent les racines du changement. La culture numérique se caractérise ainsi par la production de produits culturels par des personnes aux compétences et aux occupations les plus variées, qui viennent remplacer ceux autrefois nécessairement conçus et produits par des spécialistes.. Dans le même temps, la circulation massive d'informations lisibles par des machines stimule le contrôle de ces échanges, et indirectement des personnes qui les utilisent, par les grandes organisations étatiques et privées, capables d'extraire de ces immenses flux de données des indices pertinents de leur comportement..

Plaçant le numérique dans la continuité historique des avancées techniques, Stéphane Vial propose de parler du dont il identifie trois : l’électronique (versant physique), l’informatique (versant logique des algorithmes) et les réseaux (versant réticulaire des connexions)..

Conséquences sociales

La « gouvernementalité numérique » est l'application du concept de gouvernementalité de Michel Foucault aux modes de contrôle social qui font appel aux ordinateurs et aux réseaux numériques. Trois formes d'intervention participent à la gouvernementalité dans le contexte des réseaux numériques : l'incitation par un système d’intéressement ou de sanction, la contrainte au respect d'une norme d'expression et de publication, l'encadrement par définition de normes d’action indépendantes des compétences ou de l’équipement de ceux dont les conduites sont encadrées..