Le camp de CanjuersClaude-Jean Giannesini, Un camp militaire : Canjuers, sous la direction du professeur André Martel, mémoire IEP Aix en Provence, 1975 1975/2.C. Aubert, La politique d'installation des camps militaires : le cas particulier du polygone de tir de Canjuers, université de Nice-Toulon, faculté de Droit (mémoire de D.E.S. d'administration des collectivités locales), 1984. et son polygone de tir sont des terrains militaires de l'armée de terre française situés dans le Var, en France.

Créé en 1970, avec ses de terrain, dont de camp bâti, le camp de Canjuers est le plus grand champ de tir d'Europe occidentale. Déjà partiellement utilisé entre les deux guerres, il sert actuellement à l'instruction aux unités françaises et étrangères avec permanentes et par an. On y tire , et de tous calibres en de tir par an. En plus des bâtiments spécialisés, cinq aires de bivouac et des fermes aménagées confèrent une capacité de logement de pour de passage par an. Il est particulièrement destiné à l'entraînement au tir (missiles, artillerie, hélicoptères, chars, etc.). Il est d'ailleurs le seul champ de tir en France permettant les tirs d'exercice de lance-roquettes multiple (LRM).

Le mât de pavillon est une sculpture monumentale de de hauteur réalisée par le sculpteur Francesco Marino Di Teana. En acier Corten, pesant , il fut édifié à la suite d'un concours 1 %, en collaboration avec l'architecte Louis Schneider.

Réglementation et accès thumb| Priorité aux engins lourds. vignette|Matériels déclassé sur le camp de Canjuers en 2012. AMX AuF1 au premier plan et AMX-30 au second. Le camp de Canjuers et son polygone de tir sont des terrains militaires dont l'entrée est contrôlée et strictement interdite au public. Le camp est actif tous les jours de la semaine. Des tirs (chars, missiles sol-sol ou air-sol, fantassins) peuvent y être effectués à tout moment et les restes d'engins explosés, non encore décontaminés ou non éliminés présentent un risque de toxicité variable selon leur nature : selon l'association Pyrophor, la radioactivité peut être élevée à proximité du camp.., mais cette association anti-nucléaire a publiquement démenti dans les colonnes de Nice-Matin, en , avoir trouvé de la radioactivité aux abords du site..

Le risque d'incendie y est majeur dès le début de l'été, aggravé en périodes de sécheresse et persistant toute l'annéeIncendie au camp de Canjuers : le parquet militaire de Marseille ouvre une enquête - Nice-Matin, 9 août 2008.. Le survol aérien est interdit, sauf les jours d'inactivité et du Grand Prix automobile de Monaco (la portée verticale maximum des tirs des chars est de ). Le droit militaire s'y applique en plus du droit civil, et sans minoration de celui-ci (circulation, faune, flore, forêts…).

Le camp est ouvert localement pour les pèlerinages aux habitants des villages dont le terrain a été concédé par l'État, et pour la commémoration annuelle de la Résistance au Clos d'Espargon à laquelle les enfants des écoles participentLe camp de Canjuers - Gilbert Giraud, Tourtour.village.free.fr, 7 novembre 2010.

La circulation automobile est autorisée sur les deux voies nord-sud qui le traversent (avec interdiction de quitter la route). Les conducteurs doivent se montrer prudents, particulièrement au niveau des croisements avec les routes ou les pistes de travail où de gros engins peuvent évoluer : la N 555 : de Montferrat à Comps passant devant le camp bâti ; la D 25 : de Bargemon à Bargème passant à proximité de Brovès.

Géographie Le camp de Canjuers est situé sur le massif karstique des Préalpes de Castellane. Il couvre un ensemble de reliefs variés mais principalement représentés par des plateaux et poljés à une altitude moyenne de , dominés à l'est par la montagne du Malay, à l'ouest par le Grand Margès et bordés au nord par le Verdon et ses gorges ; parmi ces plateaux les plus notables figure le plan de Canjuers, à l'extrémité occidentale du camp militaire.

L'Artuby, affluent du Verdon, circonscrit une enclave au centre-nord délimitée par un canyon difficile à franchir.

La Nartuby prend sa source sous le Camp bâti et file vers le sud pour rejoindre l'Argens.

Historique du camp La résistance Une centaine de maquisards ont évolué dans le secteur du Malay, y formant le camp Lafayette (SAP), et furent surtout actifs lors du débarquement de Provence, lors des parachutages nocturnes qui portaient les noms de code suivantsLe camp de Canjuers, son histoire et ses richesses, Lacoste G. (Col.), chez l'auteur, Antibes, 2007.Masson V., La résistance dans le Var de 1940 à 1944 A.M.U.R. Ed., et Maquis du Var, Imp. dracénoise, Draguignan. : César : (sud-est de Brovès) , . « L'omelette brunit sur le feu » et « La carpe pond des œufs » ; Cicéron : (sud-est de Comps) , . « Aucune femme n'est curieuse » et « Les plombs ont sauté » ; Prisonnier (Mons-Brovès) , . « Le salut est bien militaire » et « Les gravures sont archivées » ; Sabotage du pont entre Comps et Vérignon ; 1943 : les FTP ( de Provence) évoluent au Malay puis se retranchent sur Draguignan ; Le , la Wehrmacht monte une expédition contre le maquis Malay sans résultats, sauf les granges et les maisons brûlées ; Un autre maquis se trouvait dans le secteur du Grand Margès : l'avion abattu dans le secteur de Mocrouis-Coreiasse n'a jamais été retrouvé ; Les maquis du Malay : maquis Vallier, FTP, section atterrissages-parachutages ou SAP, du camp LafayetteSigles de la Résistance ..

+ Cérémonie du transfert à Mons de la Stèle du Malaye qui se trouvait auparavant dans le Camp, au col de la Glacière 900px|center center|200px center|200px center|100pxCérémonie annuelle du Clos d'Espargon (Camp de Canjuers).La stèle avant son déplacement.Le drapeau du SAP camp Lafayette.

Processus des expropriations La superficie de l'emprise militaire est de répartis ainsi : Aiguines : sur (total de la commune) Ampus : / Bargème : 250 / Bargemon : / Bauduen : /

Brovès : / Châteaudouble : / Comps-sur-Artuby : / La Roque-Esclapon : / Montferrat : /

Mons : / Seillans : / Trigance : / Vérignon : /

Les landes et parcours constituent (soit 55 %), les bois (39 %) et les terres cultivables (6 %).

Sont concernés recensées, de terrain reconnus, ; résidents, dont 70 à Brovès ; également , et .

Les acquisitions se font à l'amiable pour , et par décision judiciaire pour . sont déjà propriété de l’État.

Les indemnités sont en moyenne de : ce prix moyen de rachat a été plutôt bien accepté, seules douze des se sont réinstallées. Ce sont les chasseurs qui ont résisté le plus longtemps et le plus bruyamment.

Le coût total des acquisitions est de de francs, réparti comme suit : Département : forêts et voiries : ; Transfert de Brovès : ; Expropriations judiciaires : .

Chronologie de la création 1950 : délimitation d'un champ de tir (Canjuers-Est)Annie Bruel, De la terre et des larmes, Aubéron éd., Gap, 2005 . 1955 : mise en étude d'un projet de 1962 : lancement du projet 1963 : : Pompidou déclare à Toulon : 1964 : déclaration d'utilité publique 1969 : début des travaux, création de la de camp 1970 : début des travaux du camp bâti 1971 : création du mixte de génie Légion ( BMGL) 1972 : création du de camp 1973 : arrivée du CPCIT 1974 : fin des expropriations 1976 : installation de l'École d'application de l'artillerie à Draguignan et du RA à Canjuers 1984 : création du CT/ du génie 1998 : création de la garnison de Canjuers, regroupant le d'infanterie/ régiment de groupement de camp, le de chasseurs d'Afrique (ou RCA), le d'artillerie de marine, un détachement du de transmissions et le Centre d'instruction missiles.

Construction thumb|center|900px|Camp de Canjuers : le site de Lagne. thumb|upright|Stèle du Génie au sommet du Malaye. Devant l'ampleur de la tâche, les moyens de la Légion (la compagnie de pionniers du étranger) et du Génie (CTL 5/2 (compagnie de travaux lourds) du de travaux lourds du du génie de Versailles, et du d'Avignon), sont regroupés en un seul corps, le BMGL (bataillon mixte de génie légion), créé le .

Quelques chiffres : de terrassements ; de matériaux transportés ; de matériaux concassés ; de routes, dont le « périphérique » ; de pistes ; 50 passages bétonnés pour chars ; 4 aires de bivouac.

Commandants successifs

1969-1973 : colonel Billon 1974-1978 : col. Sirvent 1978-1981 : col. Taithe 1981-1984 : col. Ritz 1984-1987 : col. Antoine 1987-1991 : col. Nicolaï 1991-1993 : col. André 1993-1995 : col. Mounier 1995-1998 : col. Rommelaère 1998-2000 : col. Mariotti 2000-2001 : col. Baldecchi 2001-2003 : col. Barnier 2003-2005 : col. Boilletot 2005-2008 : col. Ducros 2008- 2010 : col. Bruchon 2010- 2012 : col. Fenon 2012- 2014 : col. Collot Depuis 2014 : col. Vinot-Préfontaine

Incendie en 2022 En , un incendie provoqué par un exercice de tir d'artillerie détruit plus de et mobilise 320 pompiers...

Patrimoine bâti hérité

La politique du camp a toujours été de protéger le patrimoine que l'État lui a concédé. Cela va même plus loin que la seule protection, cela passe par l'entretien, la réparation, la mise en valeur et le respect de l'environnement. Seule la petite chapelle de la Barre, dans le petit Plan, a été détruiteBoyer R. (Abbé) : Archéologie dans le camp militaire de Canjuers, Bull. Soc. Études Scientifiques et Archéologiques de Draguignan et du Var Tome XL, 1999-2000, Draguignan, .J.P. Brun : Carte archéologique de la Gaule, Le Var 83/1 et 2, Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1999.J. Cru, Histoire des gorges du Verdon du Moyen Âge jusqu'à la Révolution, Edisub, 2001 .Relevé des sites archéologiques du camp de Canjuers (lettre, C.A.V.), Draguignan, 1979..

Préhistoire Silex, outils en pierre taillée, pierre polie Plusieurs sites de taille de silex ont été localisés autour de la Barre (entre les Grand et Petit Plan), et de la carrière des Bessons<ref>H. Lumley-Woodyear, « Le paléolithique inférieur et moyen du midi méditerranéen dans son cadre géologique », in Gallia, supplément V, Paris, CNRS, .</ref>.

Tumulus, dolmens et tombes en blocs

Avaye, Saint-Marcellin, Devenset, le Matelot, Varjon, la Douraisse (nord Duou) : tombe à crémation.

Habitats fortifiés Ils sont souvent baptisés à tort du vocable latin oppidum'' qui leur est très postérieur. On ne dispose d'aucune source sur ces constructions qui représentent un des premiers stades dans l'évolution depuis le simple enclos à animaux vers la ferme fortifiée, le castrum, le château… On observe fréquemment jusqu'à trois lignes de défense concentriques et parfois des structures d'habitation au centre. Ces constructions hébergeaient hommes et animaux. Elles sont toujours situées sur des sites avec une vue très étendue. Guébhard et Gobbi ont décrit des regroupements de plusieurs habitats distants, plus ou moins éloignés d'un habitat central plus grand et plus défendu.

Aisse (sommet + castrum), Ambourrée (sommet), Beausoleil (sommet, triple), Bigue, Cadenières, Chanay (sommet, triple), Chodouin (sommet), Durbec (+castrum), Faou N (sommet), Fourches (éperon barré), Goranne (sommet ?), Lagne (sommet), Loup, Magnan, Malbousquet (éperon barré triple), Pierron (sommet), Sardon (sommet), Saint-Bayon, Tour (éperon barré), Ubac des Fourches (sommet), Villars (de pente).

Moyen Âge Espérel.

Époques récente et actuelle Villages ou hameaux abandonnés Les villages de la Chardan, la Douraisse, Guent, Saint-Bayon, Sauvechane furent construits après la destruction de Comps lors des guerres pour la succession de la reine Jeanne en Provence (1382-1386) entre les partisans de Charles Duras et ceux de Louis d'Anjou.

Brovès , Etym. : limite de champ.

Exproprié à la création du camp en 1972.. Peuplé très tôt du fait d'une source autrefois abondante, mais peu de traces écrites. Seigneurs de Brovès : Les Bérenguier et Pontévès : Guillaume premier de Provence distribua les terres contiguës à ses compagnons d'armes.