La FIAT 600 est une automobile fabriquée par le constructeur italien FIAT entre 1955 et 1969 en Italie. La fabrication par ses partenaires locaux dans plusieurs autres pays a parfois perduré, comme en Argentine et Colombie jusqu'en 1982 et même jusqu'en 1986, en ex-Yougoslavie. Elle est considérée comme l'icône du miracle économique italien.

Histoire Contrairement à ce que l'on a parfois cru et lu, la FIAT 600 n'a pas été simplement le fruit d'une intervention d'urgence pour pallier les retards de la 500, mais un projet mûrement réfléchi, le résultat d'une longue étude de conception d'une structure autoporteuse et d'un nouveau moteur. Dès 1945, un projet soutenu par le gouvernement français, portant sur une voiture à châssis aluminium et traction avant, fut soumis à FIAT à travers sa filiale SIMCA. L'étude préliminaire a conduit les acteurs français à abandonner le projet à cause du manque de matières premières disponibles, notamment l'aluminium.

Reprenant ses études d'avant-guerre, Dante Giacosa a mené depuis 1945 des études et des essais sur 2 projets baptisés « 102 » et « 400 expérimentale », qui ont débouché sur la conception de 2 voitures, l'une traditionnelle, l'autre à traction avant avec une large utilisation d'alliages légers, équipée d'un moteur transversal, 4 cylindres horizontaux en ligne de . Mais la nécessité de remplacer les anciens modèles d'avant-guerre « FIAT 1100 » et « 1500 6 cylindres » va retarder ces projets.

Après le lancement des « FIAT 1400 » et « 1100-103 », les ingénieurs du bureau d'études FIAT, dirigé par Dante Giacosa, ont commencé à travailler sur l'héritière de la Topolino 500 C, la dernière version de la « 500 Topolino » de 1949. En 1951, le principe d'une conception « tout arrière » ou « tout avant » va faire l'objet d'un grand débat pour définir la solution à adopter pour permettre un gain de poids et de coût. La conception « tout avant » est abandonnée en raison de la ferme opposition du sénateur G. Agnelli depuis 1936. D. Giacosa va tirer profit de son expérience acquise chez Cisitalia où il a construit une petite voiture de course à moteur arrière dérivée de la « FIAT 1100 » d'avant-guerre. Il faut rappeler que Volkswagen avec la Coccinelle et Renault avec la 4CV ont retenu la solution de la propulsion avec moteur à l'arrière.

En 1952, alors que Dante Giacosa, ingénieur et patron du bureau d'études FIAT à Turin, travaille sur le projet de la future petite FIAT 500, le modèle qui doit, dans les plans de FIAT, motoriser les Italiens de l'après guerre, se rend compte très rapidement que la mise au point du nouveau petit moteur de moins de , refroidi par air, va prendre plus de temps que prévu. Alors que Vittorio Valletta le directeur général de FIAT insiste pour lancer rapidement sur le marché un nouveau modèle économique pour remplacer la 500 Topolino C vieillissante, Dante Giacosa entreprend d'adapter la forme arrêtée de la future 500 pour en faire une voiture de taille plus importante.

Une fois le style et les dimensions de la voiture finalisés, il restait à régler le problème du moteur. Si, dans un premier temps, un bicylindre en V à 150° associé à une transmission semi-automatique, semblable à celle de la Cisitalia a été développé, cette solution intéressante est abandonnée car elle aurait nécessité un temps de développement trop long. Alors, comme le raconte Dante Giacosa dans ses mémoires « I miei 40 anni di progettazione alla FIAT », avec ses collaborateurs, il conçut en quelques mois un groupe motopropulseur entièrement nouveau : un moteur vertical 4 cylindres, refroidi par eau, associé à une boîte de vitesses à 4 rapports synchronisés. C’était en début d'année 1953 et les essais finaux purent commencer. La morphologie du moteur des 600 premiers exemplaires, avec les améliorations et augmentations de cylindrée nécessaires, est parfaitement identifiable. Sa rationalité, sa robustesse, sa fiabilité et sa sobriété, qui ont fait sa réputation, en font l’un des meilleurs moteurs jamais conçus à Mirafiori. C'est sur la base originelle du moteur « FIAT tipo 100 » () puis « 100.D » (), que les moteurs des FIAT 850, 127, Panda 34, Panda 45, Panda 903, Uno 903 et Uno 45 ont vu le jour, sans oublier l'Autobianchi A112, les versions Abarth de 982 et ainsi que les SEAT Ibiza et Marbella, pour ne citer que les modèles les plus populaires.

Cette nouvelle voiture FIAT 600 est née en un temps record. Elle est présentée au Salon international de l'automobile de Genève le avec une carrosserie à deux portes, ouvrant face au vent (portes « suicide »), comme l'exige la mode de l'époque, et un habitacle pouvant recevoir facilement quatre adultes. Elle est équipée du nouveau moteur FIAT tipo 100, placé à l'arrière, refroidi par eau, de développant 21 ch CUNA à , autorisant une vitesse de . Son prix, lors de son lancement, ne dépasse pas les ₤ires.

La FIAT 600 devient un cas d'école dans l'histoire de l'automobile mondiale. En effet rarement un modèle de cette taille a été autant apprécié des automobilistes à travers le monde, à tel point que FIAT doit se résoudre à annoncer des délais de livraison qui dépassent largement les 12 mois. Afin de satisfaire une demande toujours croissante au fil des années, FIAT la fait construire par ses filiales et sous licence dans de nombreux pays, en Europe et Amérique du Sud.

Les différentes séries thumb|250px|FIAT 600 thumb|250px|FIAT 600 berline vue arrière L'évolution du modèle repose sur 6 séries en Italie :

FIAT 600 : ( - ) moteur , carburateur Weber 22 DRA, 21,5 ch CUNA/DIN () à , vitesse maxi . Portières ouvrant face au vent (portes suicide), vitres coulissantes, clignotants placés sur les ailes, rond central sur la calandre avec « 600 » et six joncs horizontaux. Durant l'été 1955, FIAT complète l'instrumentation du tableau de bord avec un nouveau système breveté d'indication précise du niveau de carburant, qui n'oscille pas en roulant.

FIAT 600 : ( - ) la cylindrée du moteur ne change pas mais sa puissance passe de 21,5 à CUNA/DIN () toujours à , grâce à l'utilisation du carburateur Weber 22 IM. Les vitres des portières sont maintenant descendantes à commande par manivelle sans déflecteur.

FIAT 600 : ( - ) la puissance du moteur passe de 22 à CUNA/DIN () avec un carburateur Weber 26 IM et un taux de compression qui passe de 7:1 à 7,5:1. La vitesse dépasse les avec une consommation sans changement. La puissance de la dynamo passe de 180 à . Les feux arrière plus grands reprennent le dessin de ceux de la nouvelle FIAT 500. Les clignotants sur les ailes sont remplacés, comme l'exige le nouveau Code de la route italien, par des feux près des phares avant et des répéteurs de clignotants sont ajoutés sur la face verticale des ailes, en bout du jonc latéral, comme sur tous les autres modèles FIAT.

FIAT 600 D : ( - ). La cylindrée du moteur est portée à avec une puissance de CUNA/DIN () à autorisant une vitesse maxi de . Malgré l'augmentation sensible de la puissance, la consommation reste à . Sur le capot moteur arrière, le nombre de grilles d'air passe de 30 à 36 et des déflecteurs font leur apparition sur les portières qui restent à ouverture face au vent, selon les règles en vigueur.

FIAT 600 D : ( - ). La voiture ne reçoit aucune modification mécanique mais se met en conformité avec le nouveau code de la route « européen » qui impose l'ouverture des portières contre le vent.

FIAT 600 D : surnommée « Fanalona » en Italie à cause de ses phares plus gros ( - ). La mécanique reste inchangée, les phares avant reprennent ceux de la FIAT 850 de plus grandes dimensions, tous les joncs latéraux et moulures sont supprimés sauf les habillages de portières. La face avant se voit dotée d'une simple baguette chromée avec le logo FIAT au centre. La capacité du réservoir de carburant est portée à . Cette FIAT 600 D est familièrement aussi appelée « 750 » et vendue dans les pays d'Europe du Nord sous le nom de « FIAT 770 » (à ne pas confondre avec le petit coupé du même nom produit en Argentine par FIAT Concord, dérivé de la FIAT 850).

En Italie, la production de la FIAT 600 s'arrête fin , définitivement remplacée par la FIAT 850, lancée 5 ans plus tôt, en . La production globale du modèle italien s'élève à .

FIAT 600 Multipla

thumb|left|300px|FIAT 600 Multipla La FIAT 600 Multipla est parfois considérée comme le premier monospace du monde, ou du moins un précurseur. Construite sur la base de la FIAT 600, sa carrosserie a été allongée pour y loger quatre portes et comporte une face avant plane en porte-à-faux sur le train avant. Cette version a surtout été appréciée par les familles nombreuses et les taxis. Conçue, à l'origine, pour remplacer la « 500 C Giardiniera », c'est le fruit d'une idée audacieuse de Dante Giacosa, qui a avancé le poste de conduite sur l'essieu avant, équipé de la suspension de la FIAT 1100-103 et d'ajouter 2 portes supplémentaires. thumb|280px|Ambulance FIAT 600 M Coriasco La Carrozzeria Coriasco a été chargée de concevoir une fourgonnette pour la Poste Italienne. pour cela, elle utilisa la base du 600 Multipla pour en dériver une fourgonnette dotée d'un hayon différent et d'un compartiment de chargement au-dessus du moteur, le FIAT 600 M Coriasco dont l'idée originale a ensuite été reprise par FIAT LCV pour le petit fourgon 600 T, avec une façade avant plus carrée et des portes à ouverture classique contre le vent.

La FIAT 600 dans le monde Elle est fabriquée en Italie à une cadence qui dépassait les mille exemplaires par jour, du jamais vu à l'époque en Europe. À titre indicatif, la Renault 4CV, sa principale concurrente en France à l'époque, n'a jamais atteint les par jour. La fabrication de la FIAT 600 s'arrête en 1969 après avoir connu trois séries et une production de dans les seules usines italiennes.

À l'étranger, la FIAT 600 a été construite principalement dans les pays suivants :

: FIAT Neckar Jagst 600 thumb|250px|FIAT Neckar Jagst 600 La filiale allemande Fiat Neckar a débuté l'assemblage en de la « Jagst 600 », qui deviendra « Jagst 770 » en . Elle sera fabriquée dans l'usine Fiat d'Heilbronn jusqu'en à plus de en deux séries : Jagst 600 et Jagst 2.

: FIAT 600 De 1958 à 1960, la FIAT 600 est importée d'Italie mais, la demande est tellement forte que la production italienne ne peut y faire face. FIAT décide alors de doter sa filiale argentine FIAT Concord d'une ligne de fabrication dans Córdoba afin de faire face à la très forte demande des marchés Sud Américains. La Fiat 600 sera également assemblée au Chili et au Venezuela. ont été produits en Argentine jusqu'en 1982.

FIAT 600 (1960-62) La production locale dans l'usine Fiat Concord a commencé le , avec le modèle 600, qui était une réplique exacte de l'original italien avec un jonc supplémentaire sur les pare-chocs avant et arrière conformément au code de la route argentin. Le moteur était également le même, développant . L'usine d'assemblage était implantée dans la ville de Caseros, dans la province de Buenos Aires tandis que la production des moteurs, boîtes de vitesses et autres éléments mécaniques provenaient de l'usine de Ferreyra dans la province de Córdoba.

FIAT 600 D (1962-65) En 1962, après avoir terminé la construction d'une nouvelle usine à El Palomar (Buenos Aires), Fiat Concord lance la version « 600 D ». Comme sa sœur italienne, le modèle argentin voit la cylindrée du moteur passer de 633 à avec une puissance portée à . Elle bénéficie de quelques détails extérieurs mineurs comme l'incorporation de déflecteurs dans les vitres des portières et d'une finition intérieure plus soignée.

En 1963, la fabrication des carrosseries est déplacée sur le nouveau site industriel de El Palomar. C'est sur ce site que seront produits la grande majorité des modèles Fiat argentins jusqu'en 1996.

FIAT 600 E (1965-70) thumb|250px|FIAT 600 E