vignette|Récital de Jacques Brel (Les Trois Baudets, ). Ces gens-là est une chanson écrite et interprétée par Jacques Brel, produite par Barclay et publiée en dans l'album Jacky par les éditions Pouchenel de Bruxelles. Cette chanson très sombre, qui s'achève sur le désespoir d'un amour impossible, prend la forme d'une invective au texte corrosif. Sa musique est un trois-temps lent à thème répétitif.
Narration
Le narrateur prend à témoin un tiers (un certain « Monsieur ») et lui décrit les différents membres d'une famille, dont l'existence est particulièrement médiocre et mesquine. Il fustige en particulier leur immobilisme (ce qui contraste d'ailleurs avec le mouvement qu'il crée en les éloignant de lui)..
Cette chanson reprend le principe brélien de la vérité progressive que l'on trouve dans plusieurs de ses œuvres comme Les Bourgeois, Mathilde ou Regarde bien, petit. En effet, l'énumération se termine par la fille, la belle Frida qu'il aime éperdument, et dont l'amour est réciproque, mais dont la famille n'autorise pas le mariage, estimant que le prétendant n'en est pas digne, ce qui explique peut-être enfin son hostilité à leur égard.
Cette subjectivité du narrateur, qui pourrait entacher son jugement, a d'ailleurs été confirmée par Brel, qui l'a qualifié de « faux témoin » dans une entrevue avec Dominique Arban, sans pour autant rejeter la justesse de la critique qu'il porte sur la petite bourgeoisie..
La chanson s'achève sur la résignation du narrateur, qui visiblement n'est pas dupe de la promesse que Frida lui a faite de semblant convaincu que jamais elle ne trouvera le courage pour le . Il prend alors congé de son interlocuteur déclarant qu'il est tard et qu'il doit rentrer chez lui.
Du point de vue vocal, fidèle au « crescendo Brélien » (déjà maintes fois utilisé par l'artiste ), l'interprétation commence de manière modérée, puis s'amplifie progressivement, pour finir exaltée lorsque le narrateur évoque Frida, traduisant ainsi sa passion pour elle, ce qui contraste avec la phase de résignation qui suit et qui clôt la chanson..
Histoire de la chanson
Selon son accordéoniste Jean Corti, Brel s'est sans doute inspiré d'une famille réelle pour dépeindre les personnages de cette chanson..
La chanson a été enregistrée pour Barclay le , en même temps que Fernand et Les Désespérés.. Cet enregistrement dure et ISRC FR-Z01-66-00100, dans la base « Phonogrammes », SCPP. Consulté le 3 juillet 2009.. La chanson s'est classée à la huitième place du hit-parade français le ..
Le manuscrit des paroles de la chanson a été mis aux enchères à Paris le par Sotheby's à l'occasion du de la mort du chanteur ; estimé entre , il a été adjugé pour ...
Discographie
super 45 tours Barclay 70 900 M : Ces gens-là, Jacky, L'Âge idiot.. 33 tours Barclay 80284S. Jacky.
33 tours Barclay 90021. Ces gens-là. Enregistrement en public : : Olympia 1964 - 1966 (sortie posthume)
Reprises et détournements
Reprises
La chanson a été reprise par plusieurs artistes.
C'est ainsi qu'Ange l'interprète en sur l'album Le Cimetière des arlequins (et en sur l'album en public ) ; le groupe ne reprend que les trois premiers couplets : le quatrième, celui évoquant Frida, est remplacé par un solo instrumental ; l'explication de l'absence du quatrième couplet est donnée sur le livret de l'album, où on peut lire : .
La chanson est reprise dans plusieurs compilations réunissant des artistes rendant hommage à Brel : French B en dans Brel, Québec, Michel Delpech en dans Hommage : Ils chantent Brel et Noir Désir en également dans Aux suivant(s). Le groupe chante à plusieurs reprises ce titre en concert et la chanson est encore reprise dans l'album Noir Désir en public en . La même année, Annie Cordy reprend la chanson dans la compilation Hommage aux grands de la chanson française parue chez Reader's Digest.
De même, Florent Pagny en a enregistré une version en pour son album Pagny chante Brel.
Oxmo Puccino, surnommé pour l'occasion « Black Jack Brel »., a rappé cette chanson en sur la compilation L'Hip-hopée : La Grande Épopée du rap français ; il y interprète les paroles fidèlement, se démarquant néanmoins de l'original dans le phrasé du dialogue avec Frida..
Abd al Malik la revisite également en à la mode du slam dans son titre Les Autres, sur l'album Gibraltar..
, Ycare a lui aussi interprété cette chanson.
Détournements et parodies
En , pour le final de son album Sept colts pour Schmoll, Eddy Mitchell sur l'instrumental Tighten Up présente les musiciens ; pour ce faire (notamment), il parodie quelques passages de la chanson de Jacques Brel ().
En , l'humoriste Thierry Le Luron détourne Ces gens-là sous le titre Chez les Fafa, en référence au Premier ministre de l'époque Laurent Fabius.
Dans l'édition du spectacle humoristique Sois Belge et tais-toi !, les paroles de la chanson sont modifiées pour les faire coller à l'affaire Agusta-Dassault..
Jean-Pierre Gauffre, chroniqueur à France Info, l'a également détournée le , le jour du de la mort de Brel, sur le thème de la crise financière, le premier membre de la famille devenant l'Oncle Sam (les États-Unis)..
En , lors de leur spectacle Otaké !, les humoristes toulousains Les Chevaliers du Fiel parodient cette chanson. C'est Éric Carrière, membre du duo qui interprète le personnage nommé Bruno de Bruxelles et, imitant la gestuelle et le ton de Brel, critique les banquiers, les agents immobiliers et les huissiers de justice.
Références
Voir aussi Liste d'interprètes de Jacques Brel
Catégorie:Chanson interprétée par Jacques Brel Catégorie:Chanson écrite par Jacques Brel Catégorie:Chanson de 1965 Catégorie:Chanson interprétée par Florent Pagny Catégorie:Chanson sur la famille