Le diocèse de Séez (en latin, Dioecesis Sagiensis) correspond actuellement au département de l'Orne et l'évêché est situé à Sées.
Toponymie La graphie Séez correspond à celle généralement employée jusqu’à la fin du pour le nom de la ville. Officiellement, l’orthographe de celui-ci est devenue Sées, ce qui a permis d’éviter l'homonymie avec Séez de Savoie (nouvellement française). Cependant, l’usage antérieur a été conservé par l'Église catholique (diocèse de Séez, évêque de Séez).
Histoire
Origine
Le sud de l'actuelle Normandie fut vraisemblablement évangélisé par saint Martin de Tours et ses compagnons. Le Perche garde le souvenir de sainte Céronne, une moniale venue de la région de Béziers, morte en 490. L'établissement épiscopal vint de Tours ou de Rouen vers le . Ainsi saint Latuin est le premier évêque de Séez, ou plutôt d'Exmes. Il semblerait en effet que le premier évêché se situât à Exmes, cité romaine importante. L'évêque Passivus signe les documents des conciles comme évêque d'Exmes puis comme évêque de Séez à partir de 541. À cette date, il semblerait que le redécoupage des diocèses créa deux nouveaux évêchés, Lisieux et Séez, remplaçant pour partie le diocèse d'Exmes.
Moyen Âge L'installation des évêques de Séez s'effectuait selon un cérémonial assez pittoresque, décrit en 1836 par F-J Libert dans un Mémoire (ci-dessous référencé). Cette pratique se poursuivit jusqu'au .
Époque moderne 1547 : une bulle du pape Paul III sécularise les chanoines de l'église (cathédrale) de Séez qui, depuis 1131, appartenaient à l'ordre de Saint-Augustin, étaient habillés de blanc et logeaient en commun. Le roi Henri II les autorise à porter le même habit que les autres ecclésiastiques et à occuper séparément les maisons vendues par le chapitre.
Au cours du , Jacques de Silly, évêque de Séez (et baron de Fleuré) fait bâtir une résidence dans cette paroisseCasset (M.), Les évêques aux champs, Châteaux et manoirs des évêques normands au Moyen Âge (), annexes, Le manoir des évêques de Sées à Fleuré, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2007, p. 293-304. (https://books.openedition.org/purh/7150?lang=fr) ; cette « maison de plaisance (sic) des évêques le restera jusqu'à la Révolution.
1698 : extraits du Mémoire sur l'état de la France, Généralité d'Alençon, établi à cette date par l'Intendant, M. de Pommereuil : « Les ecclésiastiques séculiers de cette généralité, y compris les curés, sont au nombre de . Tous les couvents renferment et . » Ce Mémoire répertorie : cinq-cent-cinquante paroisses (et leur clergé) : pour les hommes : douze cloîtres, deux chapitres (celui de Séez composé de quarante chanoines et celui de « Carouge » avec six chanoines), trente-huit prieurés, dix-neuf couvents ; pour les femmes : cinq cloîtres, trois prieurés, six couvents.
NB : il y avait aussi une collégiale Saint-Nicolas (de six chanoines) au Merlerault (qui était à cette époque dans le diocèse de Lisieux).
Époque révolutionnaire Mars 1789 : les députés élus pour représenter le clergé aux états généraux de 1789 sont : pour le bailliage (ou sénéchaussée) d'Alençon : Guillaume-Gabriel Leclerc (Argentan 1743 - Sées 1832), curé de La Cambre. Le , à Paris, il refusa de prêter le serment prévu par la Constitution civile du clergé en déclarant : « Je suis né catholique, apostolique et romain. Je veux mourir dans cette foi et je ne le pourrais pas en prêtant ce serment ». pour le bailliage d'Argentan: Jacques Dufresne (1732-1832), curé du Mesnil-Durand pour le bailliage du Perche: Gabriel Le François, curé du Mage.
1790 : selon les dispositions de la Constitution civile du clergé votée par l'Assemblée constituante, il est procédé dans chaque nouveau département à l'élection d'un « évêque constitutionnel » ; Jacques-André-Simon Le Fessier (1735-1805), précédemment curé de Bérus près d'Alençon, est élu pour l'Orne. Il siège également à l'Assemblée législative du département, qui comprend 10 députés. D'autres évêques lui donnent la consécration, malgré l'opposition du pape Pie VI.
Marquet, précédemment principal du collège d'Alençon, est nommé vicaire de l'évêque constitutionnel. Thomas Poulard, né à Dieppe en 1754, est vicaire épiscopal (il sera évêque constitutionnel de Saône-et-Loire à Autun en 1800 et 1801 avant l'application du concordat du ).
En 1793, le sieur Le Fessier, constatant que « tout culte public est prohibé et reconnu contraire à l'ordre social et à la tranquillité », selon la Convention, remet sa démission au conseil général de Séez, ce qui lui vaut un emprisonnement à Alençon pendant 47 jours.
Plusieurs membres du clergé (ainsi que de simples fidèles) furent arrêtés, jugés et condamnés à la déportation ou parfois à mort par les tribunaux révolutionnaires ; motifs invoqués : « réfractaires », « contre-révolutionnaires », « conspirateurs » ou « fanatiques et ennemis du peuple ». Jean Beaudouin de Tours, chartreux au Val-Dieu : déporté à l'île de Ré. Louis Béniard, chanoine de Sainte-Marguerite de Carrouges : mort en . Pierre Boschet, né à Séez : déporté à l'île de Ré. Jean Bourdon, capucin, né à Séez en 1745, mort en sur les pontons de Rochefort. Gervais Brunel, prieur de La Trappe de Soligny, mort en sur les pontons de Rochefort. Charles Busnel, déporté à Ré. Jacques Collas du Longchamp, prêtre de Vimoutiers, né en 1758, mort en . Thomas Collin, vicaire d'Avrilly, mort en . Guillaume Desveaux, originaire de Ménil-Jean, curé de Nocé : déporté à Ré. Jacques Duboulay, vicaire de la Ferrière-au-Doyen : déporté à Ré. Charles Jean-Louis Valframbert (en religion père Dorothée), capucin : mort à Alençon en 1792. Jean-Baptiste Esnault (en religion Dom Vincent, chartreux du Val-Dieu, mort en . François Faucillon, originaire de Briouze, curé de Montreuil-au-Houlme : déporté à Ré. Marie-Jeanne Guesdon (dite des Acres), couturière à Falaise : guillotinée en 1794 comme « recéleuse de prêtre réfractaire ». Jean Godard, prêtre de Saint-Germain d'Argentan : mort en . Rémy Landais, vicaire de Couterne : mort à Rochefort en 1794. Louis François Lebrun, prieur de Saint-Martin de Séez, mort en sur les pontons de Rochefort. N... Lelièvre, prêtre de Saint-Pierre de Montsort d'Alençon. Jacques-Jean Lemeunier (ou Lemounier), vicaire de Mortagne : mort aux Carmes à Paris en . Magnier, sous-prieur de la Trappe de Soligny : déporté à Ré. Henri de la Moudière, chanoine de la cathédrale : mort à Alençon en . René Nicolas Poret, curé de St Martin de Boitron. X. Martin de Puisereau, curé du Challenge. X. Martin du Puisereau, frère du précédent et vicaire. Jacques Riblier, vicaire de Saint-Martin l'Aiguillon : mort à Alençon en . Léonard Michel Sellos, né à Rouperroux. (Cf Martyrologe du clergé français pendant la Révolution, 1840)
Époque contemporaine En 1844, Charles-Frédéric Rousselet étant évêque de ce diocèse, est imprimé (chez Jules Valin, imprimeur à Sées) un Recueil des statuts, réglemens, instructions, mandemens et ordonnances pour le bon ordre de la discipline et de l'administration dans le diocèse de Séez. Ce livre très détaillé, intégralement consultable sur Internet, donne une idée extrêmement précise du fonctionnement du diocèse à ses différents échelons (administration centrale de l'évêché, chapitre de la cathédrale, archidiaconés, archiprêtrés, doyennés, paroisses). À peu de chose près, les dispositions qui y sont contenues resteront en vigueur plus d'un siècle (jusqu'au concile de Vatican II).
Découpage administratif Avant le Concordat de 1801
Le diocèse remonte au nord jusqu'à Mézidon, à l'ouest jusqu'à Messei, au sud jusqu'à Alençon et Le Theil et à l'est jusqu'à Tourouvre. Le diocèse est donc à cheval sur le duché de Normandie et le comté du Perche. Sont incluses dans le diocèse les villes de Falaise, Argentan et Mortagne. Il est bordé par le diocèse de Bayeux, le diocèse de Lisieux et le diocèse d'Évreux au nord, le diocèse de Chartres à l'est et le diocèse du Mans au sud.
Le diocèse était découpé en cinq archidiaconés : trois en Normandie : Séez, Hiesmois, Le Houlme, deux dans le Perche : Bellesmois, Corbonnois.
Il y avait seize doyennés : Saint-Pierre-sur-Dives, Falaise, Trun, Exmes, Aubigny, Briouze, Argentan, Asnebec, Écouché, Macé, Alençon, Sées, Moulins-la-Marche, Mortagne, La Perrière, Bellême, et quatre-cent-quatre-vingt-dix-sept paroisses.
thumb|center|500px|Le diocèse dans la province ecclésiastique de Normandie.
de 1801 à 1995
À la suite du concordat de 1801 passé entre le Premier consul Bonaparte et le pape Pie VII : les limites du diocèse de Séez sont fortement modifiées (du fait en particulier de la suppression des évêchés d'Avranches et de Lisieux) ; elles coïncident désormais avec celles du département de l'Orne. chaque nouveau « doyenné » - correspondant désormais au canton civil - est placé sous l'autorité d'un « curé » (dénomination devenue à l'usage « curé-doyen » puis simplement « doyen ») [NB : 35 doyennés recensés en 1809] à la commune civile correspond une « succursale » (communément appelée « paroisse ») occupée par un « desservant ». 395 desservants sont recensés en 1809. à chaque arrondissement civil (Alençon, Argentan, Mortagne, Domfront) correspond un « archiprêtré » (le curé-doyen de chaque sous-préfecture porte le titre d’archiprêtre). Un archiprêtré supplémentaire est également maintenu à Sées, siège de l'évêché. Vers 1950, chacun des 2 vicaires généraux porte également le titre ancien d'"archidiacre" : « archidiacre du Perche » (pour Charles Leconte, décédé en 1954) et « archidiacre de Normandie » (pour Louis Mercier, décédé en 1960).
de 1995 à 2016 Par décision d'Yves-Marie Dubigeon, le diocèse de Séez est réorganisé administrativement en 1995Carte : http://diocesedeseez.cef.fr/-Paroisses-.html.
Trente-trois paroisses sont créées (aux limites beaucoup plus étendues que les anciennes) : Sainte-Céronne-au-Perche (couvrant 31 communes dont Mortagne-au-Perche, Bazoches-sur-Hoëne, La Chapelle-Montligeon, Pervenchères) Sainte-Anne-du-Perche (couvrant 32 communes de l'Orne dont Longny-au-Perche, Randonnai, St Maurice-lès Charencey et en Eure-et-Loir: Neuilly-sur-Eure) Saint-Germain / Saint-Lhomer (couvrant 14 communes dont Rémalard) Sainte-Madeleine-au-Perche (couvrant 12 communes dont Berd'huis) Notre-Dame-des-Ermitages (couvrant 8 communes dont Le Theil) Saint-Léonard-des-Clairières (couvrant 14 communes dont Bellême) Saint-Vigor du Bocage athisien (sur 13 communes dont Athis de l'Orne) Saint-Pierre / Saint-Paul en Bocage (sur 8 communes dont La Lande Patry) Saint-Rémy des Trois Rivières (sur 13 communes dont Tinchebray) Bienheureux Marcel Callo (sur 7 communes dont Flers) Sainte-Anne-de-la-Varenne (sur 9 communes dont Messei) Notre-Dame-du-Houlme (sur 15 communes dont Briouze) Saint-Sauveur-en-Domfrontais (sur 13 communes dont Domfront) Notre-Dame en Passais (sur 8 communes dont Passais-la-Conception) Sainte-Geneviève-des-Andaines (sur 8 communes dont La Chapelle d'Andaine) Saint-Jean-Baptiste-en-Pays Fertois (sur 20 communes dont La Ferté-Macé) Saint-François-en-Ecouves (sur 17 communes dont Carrouges) Saint-Maximilien Kolbe (sur 22 communes dont Trun) Saint-Jean Eudes en Val d'Orne (sur 18 communes dont d'Écouché) Notre-Dame du Val d'Orne (sur 19 communes dont Putanges-Pont-Écrépin) Bienheureuse Marguerite de Lorraine (sur 20 communes dont d'Argentan) Notre-Dame au Pays d'Alençon (couvre la commune d'Alençon) Sainte-Thérèse au Pays d'Alençon (sur 10 communes autour d'Alençon) Saint-Pierre au Pays d'Alençon (sur 17 communes dont St Germain du Corbéis) Saint-Gilles en Haute Sarthe (sur 27 communes dont Le Mêle-sur-Sarthe) Saint-Benoît en Pays d'Auge (sur 24 communes dont Vimoutiers) Saint-Evroult-en-Ouche (sur 12 communes dont La Ferté-Fresnel) Saint-Pierre / Saint-André en Auge (sur 24 communes dont Gacé) Saint-Godegrand (sur 12 communes dont Le Merlerault) Notre-Dame-de-la-Marche (sur 18 communes dont Moulins-la-Marche)