L'usine Orano MalvésiOn trouve parfois Malvési orthographié « Malvézy » ou « Malvesy ». (avant 2018, Areva Malvési) est une usine de raffinage et de conversionen chimie la conversion correspond à la transformation d'un réactif par une réaction chimique du yellowcake (un concentré de minerai d'uranium) sous la forme de tétrafluorure d'uranium (UF4) située à Narbonne dans la zone industrielle de Malvezy. Elle a été exploitée par la Comurhex pendant Présentation de la société Comurhex, sur societe.com, avant d'être intégrée dans le groupe Areva en 2014. Cette usine, spécialisée dans la chimie de l'uranium, épure des concentrés de minerais d'uranium pour en extraire des produits destinés à être transformés en combustible nucléaire. En 2020, représente près de dont 350 regroupant les activités Chimie-Enrichissement, Ingénierie/ Projets, Démantèlement & Services et d’entreprises extérieures partenaires..
La zone industrielle de Malvezy, d'une superficie de ., comprend de bâti et héberge l'usine d'Orano ainsi que plusieurs petites et moyennes industries : Gérard Bertrand (viticulture), Arterris (agriculture), Cegelec Nucléaire Sud-Est (Vinci Énergies), Camions du Midi (Camidi) Cette zone comprend aussi une centrale solaire photovoltaïque, une douzaine de bassins de décantation, d’évaporation, de lagunage des eaux usées et de stockage de plus de de résidus radioactifs. Le site de Malvési est rattaché à l'usine Comurhex de Pierrelatte exploitée par Orano. vignette|400px|Vue nord, 2015 vignette|400px|Vue nord ouest, 2019
Site vignette|Minerai de soufre provenant de Malvési Le site est une ancienne carrière de soufre, exploitée de 1935 à 1953, pour la production de dioxyde de soufre (œnologie), principalement destiné au vignoble du Languedoc.. L’exploitation de la mine de soufre a laissé sur le site un massif de résidus dans lequel ont été creusés les premiers bassins de l'usine atomique Synthèse du rapport de l’IRSN sur le dossier accompagnant la demande d’autorisation de création de l’INB ECRIN, IRSN, 19 juin 2013.
Sur le site, les deux vents dominants sont : le cers, un vent soufflant du nord-ouest pratiquement toute l'année ; et le marin, un vent en provenance de la mer Méditerranée située à environ au sud-est Rapport et conclusion de la commission d'enquête publique du projet Comurhex II - Préfecture de l'Aude, 10 septembre 2009. Le site aurait été choisi par le commissariat à l'Énergie atomique en raison de son climat favorable à l'évaporation par les actions combinées du Soleil et des vents. Narbonne compte d'ensoleillement par an.
L'usine de Malvési est située à une altitude de NGF au pied de l'oppidum de Montlaurès, un site archéologique de la civilisation celtique. L'usine est alimentée en eau par la source de l'Oeillal, une source vauclusienne qui jaillit au sud de l'oppidum sur l'ATLAS des Unités Domestiques protohistoriques du Sud de la France (ATLAS-UDO). La source et l'ensemble des eaux rejetées par l'usine alimentent le canal de Tauran, qui se déverse dans le canal de la Robine, traverse le centre-ville de Narbonne, puis se jette dans l'étang de Bages-Sigean.
Historique Après la Seconde Guerre mondiale, la conversion des concentrés de minerais d'uranium débute en région parisienne à l'usine du Bouchet. Cette usine alimente les premiers réacteurs nucléaires construits à Fontenay-aux-Roses, Saclay, Grenoble et Marcoule, à des fins civiles (production d’électricité, médecine, par exemple) ou militaires (défense nationale)..
vignette|Le général de Gaulle inaugure l'usine en 1959. En 1956, le CEA prend la décision de décentraliser le raffinage de l'uranium. Georges Guille (SFIO), alors secrétaire d'État chargé des Relations avec les Assemblées et de l'Énergie atomique du gouvernement Mollet, négocie l'installation d'une usine sur le site de Malvési. La production de l'usine du Bouchet est alors limitée à par an, tandis que celle de Malvési est envisagée dans un premier temps à , avec possibilité d'extension à H. Huet, Le centre du bouchet, chef de centre, 1961. L'usine atomique de Malvési est construite en 1958, puis inaugurée par le général de Gaulle en 1959.
Pour exploiter l'usine de Malvézi, le CEA fonde la Société de Raffinage de l'Uranium (SRU), filiale commune du CEA, de la Compagnie Saint-Gobain et de la Société des Potasses et Engrais Chimiques (PEC).
1959 : démarrage de la production En 1959, l'usine commence la production d'uranium métal (sous forme de lingots d'uranium non enrichi) utilisés par les réacteurs de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG). Les unités de production d'uranium métal de Malvési atteignent un maximum d'environ en 1965, année du lancement du chantier du dernier réacteur de la filière française UNGG, le réacteur Bugey-1 de la centrale nucléaire du Bugey.
Puis la production d'uranium métal décline à la suite de l'abandon de la filière UNGG, au profit de la filière américaine des réacteurs à eau pressurisée de Westinghouse Electric, utilisant de l'uranium enrichi. À partir de 1964, les activités de l'installation nucléaire de Malvési se sont recentrées sur la production du tétrafluorure d'uranium (UF4) devant ensuite être converti à l'Usine Comurhex de Pierrelatte, avant d'être enrichi à l'usine militaire de Pierrelatte, pour la fabrication de combustible destiné à la fabrication des bombes atomiques en France.
1971 : création de la Comurhex En 1971, la SRU fusionne avec la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte pour donner la société Comurhex (pour COnversion Métal URanium HEXafluorure), devenue en 1992 filiale à 100 % de la Cogema renommée Areva NC, et devenue Orano en 2018Areva devient Orano - source Le Huffington Post, 23 janvier 2018. La production subit une forte augmentation dans les années 1970, pour atteindre entre et pendant les années 1980.
De 1960 à 1983, l'usine de Malvési convertit non seulement du yellowcake issu des mines d'uranium, mais également de l'uranium de retraitement (URT) provenant du traitement de combustibles nucléaires irradiés du site nucléaire de Marcoule (Gard). L'usine traite notamment du nitrate d'uranyle extrait des barres irradiées dans les réacteurs G1, G2 et G3Ginier Jean, L'énergie nucléaire en France. In : L'information géographique, 29, 1, 1965, 9-20.. Les déchets produits à cette époque, contenant notamment du plutonium, de l’américium 241 et du technétium 99, sont alors entreposés dans les bassins sur le site même de l’usine et sont toujours en place en 2009..
En 1975, les bassins de décantation B3, B5 et B6 sont creusés dans le massif de stériles de l'ancienne mine de soufre.
vignette|Carte de France de l'industrie nucléaire en 1976 En 1976, les mines d'uranium françaises, exploitées par le CEA depuis la Seconde Guerre mondiale, sont cédées à la Compagnie générale des matières atomiques.
Années 80 et 90 : montée en puissance de l'usine À partir de 1980, de nouveaux bassins d'évaporation (B7, B8 et B9) ont été creusés en contrebas du massif de stériles de la mine de soufre.
Des recherches en uranium effectuées par la COGEMA dans le Minervois avortent à Laure-Minervois en 1981, sous la pression de la population.
En 1984, le conseil général de l’Aude s'oppose au projet de mine d'uranium dans le Lauragais dit « concession de Tréville »« Non l'uranium de Tréville » - La Dépêche du 29 juin 1984.
Un nouveau projet de mine d'uranium dans le Minervois est présenté par la Cogema lors d'une enquête publique en 1987"Tu me divises par deux" - Midi Libre 18 juin 1987. Le , le journal local l'Indépendant publie un article sur une rencontre avec un groupe d'extraterrestres à proximité de l'entrée de l'usine de Malvési. À la suite de cet article, la gendarmerie nationale française effectue une enquête et se rend sur les lieux accompagnée du témoin, sans découvrir de preuves matérielles de cette rencontre. Le GEIPAN classe ce phénomène comme non identifiable faute de données précises..
La production annuelle maximale de est quasiment atteinte en 1997. En 1999 est réalisée la déviation des eaux de l'Oeillal et du drainage des bassins de décantation.
En , la direction annonce prévoir la suppression de 63 emplois sur les 285 salariés Comurhex de l'usine de Malvési du fait d'une réorganisation de l'entreprise entre le siège, Comurhex Pierrelatte et Comurhex Malvési..
Le , la COGEMA abandonne son projet de mine d'uranium dans le Minervois après 23 ans d'oppositions locales"Désistement de la COGEMA" - Midi Libre 23 mars 2000.
Années 2000 thumb|300px|Production de l'usine de Malvési sur la période 1959-2012 En 2001, 63 emplois sont supprimés et la CGT dénonce la dégradation des conditions de sécurité des salariés..
En 2003 est mis en service une installation de traitement des rejets gazeux d'ammoniac.
En 2004, à la suite de fortes pluies, une digue du bassin B2 se rompt, entrainant l'écoulement de boues nitratées sur douze hectares, selon la Dépêche., selon l'association écologiste du sud-ouest ECCLA.. La préfecture de l'Aude interdit alors d'utiliser les bassins B1 et B2.. À la suite de la rupture de cette digue est creusé le bassin B10, et divers travaux d'aménagement des bassins sont menés jusqu'en 2006Préfecture de l'Aude - rapport au conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques, 2 septembre 2010].
En est créé un Comité Local d'Information et de Concertation (CLIC) sur la zone industrielle de Malvési.. Depuis lors le CLIC se réunit au moins une fois par an.
La production annuelle maximale de est à nouveau atteinte en 2005.
Fin 2005-début 2006, 6 mois de précipitations exceptionnelles font déborder les lagunes de d'effluents nitratés qui se répandent sur le site..
Les bassins B11 et B12 sont construits sur la période de 2006 à 2008.Rapport sur le projet de traitement des nitrates du site industriel de Areva Malvési, du professeur JC Bernier. Bassins Construction Capacité Surface Utilisation (2015)B1-B2 1959 6 ha EntreposageB3 1975 0,9 ha Décantation B5 1975 1,9 ha B6 1975 1,8 ha B7 >1980 2,3 ha Évaporation B8 >1980 3,2 ha B9 >1980 2,4 ha B10 2004 3,6 ha B11 2006 2,4 ha B12 2008 2,8 ha
La consommation d'eau de l'usine atteint en 2005 cubes par tonne d'uranium produite, soit de mètres cubes d'eau consommée dans l'annéeRapport environnemental social et sociétal de la Comurhex - Malvési 2005 .
En , la mise en service d'une nouvelle installation de refroidissement ramène la consommation d'eau à par an..
Crise du nucléaire
En novembre et , Areva suspend pour deux mois la production de la Comurhex à Malvési, en raison d'une chute des commandes après la catastrophe de FukushimaLe contrecoup de Fukushima, mis en ligne le 15/09/2011. Selon Luc Oursel, président d'Areva, Le Monde, 15 septembre 2011, « Areva suspend la production de deux usines d'uranium à cause du Japon ».. Le syndicat Force Ouvrière (FO) évoque quant à lui un arrêt supplémentaire de quatre mois en 2012.
En 2012, le groupe Areva produit tonnes d'uranium (t/u), - une production annuelle globalement stable - dont /u du Kazakhstan, /u du Niger et /u du Canada.
Installation nucléaire de Base ECRIN thumb|Monticule de déchets des anciens bassins B1 et B2 constituant l'INB ECRIN vignette|Plan de la base vie construite en 2008 au démarrage du projet Comurhex II
La CRIIRAD analyse en 2006 le contenu de boues répandues dans l’environnement par la rupture de la digue du bassin B2, survenue en 2004, et y constate la présence de traces d’américiumCaractérisation radiologique de boues et terres CRIIRAD V2, à un niveau de . Cet isotope artificiel est un descendant du plutonium, résultant de la conversion dans le passé de l'usine de lots d'uranium de retraitement (de 1960 à 1983).. La CRIIRAD ne détecte pas de plutonium, mais en suppose l'existence, parce que l'américium est un descendant du plutonium 241 dans sa chaîne de désintégration.