Jeanette MacDonald, née le à Philadelphie et morte le à Houston, est une cantatrice et actrice américaine célèbre surtout pour les comédies musicales filmées qu’elle a tournées dans les années 1930 avec Maurice Chevalier et Nelson Eddy.
Au cours des années 1930 et 1940, elle tourne 29 films dont quatre sont nommés pour l’Oscar du meilleur film ; elle réalise de nombreux enregistrements et est récompensée par trois disques d'or. Elle se produit également à l’opéra, en concert, à la radio et à la télévision. Jeanette MacDonald a eu quelque influence comme cantatrice en rendant le bel canto accessible au public populaire des salles de cinéma.
Enfance et débuts au théâtre Jeanette MacDonald est née le dans la maison de famille à Philadelphie, au 5123 Arch Street. Ses parents sont Daniel et Anna May McDonald, et elle est la plus jeune de trois filles. Anna May est contremaîtresse dans une usine et Daniel est sous-traitant pour une entreprise de construction spécialisée dans la construction de maisons, telles que les poignées de porte. Le nom de naissance de MacDonald est « Jeannette Anna McDonald » mais le deuxième N de son prénom a été abandonné et un A ajouté à son nom de famille. La nouvelle orthographe « MacDonald » soulignerait son héritage écossais. Pendant son enfance, MacDonald prend des leçons de danse avec Al White et chante à l’église ainsi que durant des événements scolaires, et a tourné avec des productions des scènes pour enfants. Elle chante également le long de l’Opéra de ses voisins et paraît dans la production d’Al White Six Little Song Birds destinée aux enfants d'environ neuf ans.
Elle rejoint sa sœur Edith (connue plus tard au cinéma sous le pseudonyme de Blossom Rock) et elle décroche son premier contrat professionnel comme choriste dans Revue, « attraction musicale » présentée entre deux films au Capital Theatre de Broadway – c’est lors de cette attraction que fut créée la chanson Swanee de George Gershwin. Au cours des années suivantes, elle gravit petit à petit la hiérarchie des artistes lyriques sur Broadway ; en 1929, dans la comédie musicale Boom Boom, elle tient le premier rôle lyrique avec son nom au-dessus du titre (la distribution incluait aussi le jeune Archie Leach, qui devait changer plus tard son nom de scène en Cary Grant).
Cette même année, Ernst Lubitsch repère Jeanette MacDonald et lui propose le premier rôle féminin de Parade d'amour (1929), son premier film parlant, avec pour partenaire Maurice Chevalier. Ce premier de ses vingt-neuf longs métrages fut un énorme succès.
La carrière cinématographique Les années Paramount
Durant les deux années 1929 et 1930, dans l’effervescence des premières productions parlantes, Jeanette MacDonald tient la vedette de six films, dont quatre pour Paramount Pictures. D’abord Parade d'amour (1929), dirigée par Lubitsch, avec Maurice Chevalier ; puis l’année suivante Le Vagabond roi, somptueuse production bicolore des débuts du Technicolor dont l’université de Californie UCLA détient la seule copie couleur connue ; elle participe cette même année à Paramount on Parade, un de ces spectacles fastueux où les grands studios présentaient avec leurs vraies voix leurs vedettes jusqu’alors muettes ; elle tient la vedette de Let's Go Native, une histoire d’île déserte et est enfin la star de Monte-Carlo (1930), grand classique de Lubitsch où elle crée la chanson Beyond the Blue Horizon, qu’elle enregistre trois fois au cours de sa carrière.
Envisageant de produire elle-même ses films, Jeanette MacDonald signe avec United Artists en 1930 pour tourner The Lottery Bride (1930), comédie sirupeuse qui fit un flop. Elle s’engage alors pour trois films auprès de la Fox : dans L'Amant de minuit (Oh, for a Man!) (1930), elle incarne une chanteuse wagnérienne ; dans Don't Bet on Women (1931), elle est l’enjeu d’un pari amoureux ; enfin, Annabelle’s Affairs (1931) est une farce délicieuse où elle incarne une séductrice new-yorkaise sophistiquée. Du film qui reçut à l’époque un accueil enthousiaste, il ne subsiste qu’une seule bobine.
En 1931, elle quitte Hollywood pour une tournée européenne. L’année suivante, elle revient aux États-Unis tourner pour Paramount deux films avec Maurice Chevalier. Une heure près de toi (1932), dirigé par George Cukor et Ernst Lubitsch, fut tourné simultanément en anglais et en français ; chaque scène, filmée d’abord en anglais, était ensuite reprise en français avec une distribution française, dans les mêmes décor et avec la même équipe technique. Il n’existe aucune copie connue de ce film. L’année suivante, Rouben Mamoulian met en scène Aimez-moi ce soir (1932) que beaucoup considèrent comme le chef-d’œuvre ultime de la comédie musicale.
Les années MGM avec Nelson Eddy
En 1933, Jeanette MacDonald se rend de nouveau en Europe. Elle y signe un contrat avec Louis B. Mayer et son premier film pour MGM fut (1933), adaptation du succès de Jerome Kern à Broadway. Elle avait pour partenaire Ramón Novarro (Ben Hur) ; malgré un splendide final en Technicolor, le film n’eut pas grand succès. En 1934, La veuve joyeuse, dirigée par Ernst Lubitsh, avec Maurice Chevalier – adaptation de la célèbre opérette de Franz Lehár de 1905 – applaudie par la critique, fut un succès dans les grandes villes d’Amérique et d’Europe. Toutefois, le film ne gagna guère d’argent en dehors des grands centres urbains et eut quelque mal à rembourser un investissement élevé du fait d’un tournage bilingue en anglais et français.
En 1935, elle partage pour la première fois la vedette avec un nouveau venu, le baryton Nelson Eddy, dans La Fugue de Mariette (1935), mis en scène par W. S. Van Dyke. Ce fut une très grande réussite artistique et commerciale. L’année suivante, elle tient la vedette des deux productions les plus rentables de l’année : Rose-Marie (1936) – drame familial et amoureux dans les étendues sauvages du Canada – fut un énorme succès. Nelson Eddy, coiffé du célèbre chapeau des Mounties (Gardes montés) canadiens, devint une image iconique du Canada aux États-Unis. Puis San Francisco avec Clark Gable et Spencer Tracy, histoire d’une soprano prise dans la tourmente du tremblement de terre de 1906 ; les effets spéciaux du tremblement de terre sont toujours considérés comme exemplaires. À l’automne de 1936, commence le tournage de Le Chant du printemps, avec Nelson Eddy, qui dut être interrompu à la suite de la mort du producteur Irving Thalberg ; la version achevée en 1937 est considérée comme une des meilleures comédies musicales des années 1930.
En 1937, Jeanette MacDonald fut consacrée comme star, avec son nom seul au-dessus du titre, dans L'Espionne de Castille. Alors que la Guerre d’Espagne prenait de l’ampleur, le film évoquait une autre révolte espagnole, à l’époque napoléonienne. MacDonald avait pour partenaire Allan Jones. Le partenariat MacDonald-Eddy avait été rompu depuis que Jeanette avait épousé l’acteur Gene Raymond. Les films de Jeanette MacDonald et Nelson Eddy en solo n’obtenant pas le succès escompté et à la suite des protestations du public, MGM dut reconstituer le couple dans La Belle Cabaretière, d'après l’opéra de Giacomo Puccini La fille du Far-Ouest (La fanciulla del West). Toutefois, le film ne comportait pratiquement aucune scène en commun des deux stars.
Louis B. Mayer avait promis à Jeanette qu’elle serait la vedette du premier film en Technicolor de la MGM. Il tint parole avec Amants (1938), avec Nelson Eddy comme partenaire. À la différence du film précédent, les deux vedettes y avaient des rapports sans affectation et de nombreuses scènes communes. À la suite d’une fausse couche de Jeanette (d’un enfant de Nelson Eddy, dit-on) lors du tournage d’Amants, Mayer annula la participation du couple dans Le Flambeau de la liberté. Nelson Eddy tourna le film en solo, tandis que Jeanette MacDonald tournait Emporte mon cœur (1939) avec Lew Ayres.
Après Emporte mon cœur, Jeanette MacDonald quitte Hollywood pour une série de concerts et refuse de reconduire son contrat avec MGM ; toutefois, après divers atermoiements et sur l’insistance de Mayer, elle accepte de tourner L’Île des amours (1940) avec Nelson Eddy. Le film fut un de ses plus grands succès. Elle tourne ensuite Chante mon amour (1940), version en Technicolor de la pièce Bitter Sweet de Noël Coward de 1929. Pour Chagrins d'amour (Smilin' Through), film de 1941 en Technicolor, James Stewart et Robert Taylor qui devaient être ses partenaires étant appelés sous les drapeaux,ils furent remplacés par Brian Aherne et Gene Raymond.
Ma femme est un ange (1942) raconte l’histoire d’un ange qui perd ses ailes lors de sa nuit de noces. La qualité du film fut largement altérée par les nombreuses coupes de la censure. Ce fut la dernière collaboration de Jeanette MacDonald et Nelson Eddy. Eddy racheta son contrat chez MGM et s’engagea avec Universal ; MacDonald tourna un dernier film pour MGM, Cairo (1942), une comédie à petit budget sur fond d’histoire d’espionnage.
Les dernières années
Jeanette MacDonald suivit Nelson Eddy chez Universal où ils projetèrent un tournage en commun après qu’il eut terminé Le Fantôme de l'Opéra (1943). Entre-temps, Jeanette avait fait une apparition dans Hollywood Parade (Follow the Boys, 1944), production extravagante célébrant l’effort de guerre d’Hollywood et réunissant plus de quarante vedettes, parmi lesquelles Marlène Dietrich, W. C. Fields, Sophie Tucker et Orson Welles.
Après avoir quitté MGM en 1942, les deux artistes se produisirent fréquemment à la radio. Ils espéraient pouvoir tourner ensemble de nouveau et élaborèrent plusieurs projets en ce sens, envisageant même de financer une production de leurs propres deniers, mais ces diverses tentatives échouèrent.
Après cinq ans d’absence des écrans, Jeanette signe à nouveau avec MGM pour deux films : Cupidon mène la danse (Three Daring Daughters, 1948), avec José Iturbi et Lassie perd et gagne (The Sun Comes Up, 1949), réunissant deux des plus grandes vedettes de la MGM, Jeanette MacDonald et Lassie.
Jusqu’à 1962, les studios envisagèrent divers projets pour réunir de nouveau les deux stars, mais aucun n’aboutit, du fait, en particulier, de la santé déclinante de la cantatrice.
Au cours de ses trente-neuf années de carrière, Jeanette MacDonald reçut deux étoiles sur le Walk of Fame d’Hollywood et elle posa l’empreinte de ses pieds dans le ciment frais en face du Grauman’s Chinese Theater.
Concerts et enregistrements
À partir de 1931 et jusqu’aux années 1950, Jeanette MacDonald se produisit régulièrement en concert entre ses tournages. Lors de sa première tournée européenne en 1931, elle se produisit en France et en Grande-Bretagne. Elle fit sa première série de concerts américaine en 1939, après The Broadway Serenade. Elle chanta plusieurs fois au Hollywood Bowl, ainsi qu’à Carnegie Hall.
À l’entrée en guerre des États-Unis en 1942, elle participa à la fondation de l’ (« Secours d’Urgence de l’Armée »). Afin de recueillir des dons, elle mettait ses bis aux enchères ; elle collecta ainsi plus de . Franklin Delano Roosevelt, dont elle était, avec Nelson Eddy, l’une des stars favorites, lui accorda une décoration. Elle se produisit également à la Maison Blanche pour les présidents Harry S. Truman et Dwight David Eisenhower.
Elle dut cesser de chanter en public en 1960, à la suite de sérieux ennuis de santé. Outre ses problèmes cardiaques, elle souffrait d’une tumeur cérébrale bénigne mais inopérable.
Jeanette MacDonald enregistra plus de quatre-vingt-dix chansons au cours de sa carrière, sous le label RCA-Victor aux États-Unis ; elle avait déjà enregistré quelques airs sous le label HMV lors de sa tournée européenne de 1931. Elle reçut avec Nelson Eddy trois Disque d’Or, le dernier pour un album en duo avec Nelson Eddy de 1957.
Opéra