Le dispositif Alerte-Enlèvement est un dispositif mis en place en France, en , sur le modèle de l'alerte AMBER aux États-Unis et au Canada. Ce dispositif permet de diffuser sur plusieurs canaux une alerte en cas d'enlèvement avéré de mineur.

Il repose sur une convention signée entre le ministère de la Justice et les principaux médias, les grandes entreprises de transport de voyageurs, les sociétés d'autoroutes, les ports, les aéroports et les associations de victimes.

Historique En , Pierre Bellanger, fondateur et dirigeant de Skyrock, a découvert l'existence du système , utilisé aux États-Unis. Il a aussitôt imaginé de le transposer en France.. Au cours de ses démarches, Pierre Bellanger a rencontré Nicole Guedj, alors secrétaire d'État aux Droits des victimes, le afin de la sensibiliser à son projet de développer en France. Cela permit d'organiser un voyage d'étude au Canada où le système était opérationnel, ainsi qu'un groupe de travail de faisabilité fin . Cependant Nicole Guedj est ensuite appelée à d'autres fonctions et ne donne pas suite au projet. Le dossier va alors être repris par Valérie Pécresse, députée, à la suite d'une réunion publique le où Pierre Bellanger évoquait sa difficulté à imposer l'alerte AMBER. Cette dernière organisa une rencontre le avec Étienne Apaire, conseiller pour les affaires pénales et les victimes au cabinet du ministre de la Justice, à la suite de laquelle le dispositif fut enfin mis sur les rails., notamment grâce au travail de Raphaël Balland et de Patrice Camberou, tous deux magistrats.

Enfin, le , une convention visant à mettre en place un système d'alerte en cas d'enlèvement d'enfants est signée par le ministre de la Justice de l'époque, Pascal Clément..

Signataires Pascal Clément, ministre de la Justice, garde des Sceaux Claude Guéant, directeur de cabinet, ministère de l'Intérieur Philippe Marland, directeur de cabinet, ministère de la Défense Didier Lallement, directeur de cabinet, ministère des Transports , directeur du Développement des médias Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel

Toutes les sociétés contactées ont accepté de signer : télévisions : TF1, France Télévisions, Groupe Canal+, LCI, M6, BFM TV ; radios : groupe Vinci concessions (Radio Vinci Autoroutes), , groupe NextRadio (RMC, BFM), NRJ, Radio France, groupe RTL (RTL, RTL2 et Fun Radio), Skyrock ; agence de presse : AFP ; transports ferroviaires : RATP, SNCF ; transports routiers et autoroutes : APRR, AREA, ASF, ASFA, ATMB, Cofiroute, Eiffage, ESCOTA, SANEF, SAPN, SFTRF (Tunnel routier du Fréjus), SMTPC ; associations : Fondation pour l'enfance, INAVEM ; commission Finance et Patrimoine du CCIH ; opérateurs télécoms : SFR, Bouygues Telecom ; Divers : FDJ.

Déclenchement et émission du message d'alerte Le dispositif est déclenché par décision du procureur de la République après concertation avec les enquêteurs, et après information du procureur général près la cour d'appel et de la direction des Affaires criminelles et des Grâces du ministère de la Justice. L'alerte est lancée soit par la direction centrale de la Police judiciaire, soit par la Gendarmerie nationale, soit par la préfecture de police, qui envoie le message d'alerte aux différents médias et espaces publics.

Critères de déclenchement Il y a quatre critères : l'enlèvement doit être avéré (les fugues ou disparitions volontaires sont écartées) ; l'intégrité physique ou la vie de la victime est en danger ; des éléments d'informations permettent de localiser l'enfant ou le suspect ; la victime est mineure.

Le procureur informe les responsables légaux de la victime, et leur accord est nécessaire au déclenchement de l'alerte.

Modalité et forme du message d'alerte vignette|Exemple de message d'alerte en gare de Cannes pour l'enlèvement de Celya en . Les signataires de la convention s'engagent à diffuser des messages sur leurs moyens de communication durant trois heures à compter du déclenchement de l'opération. Au bout des trois heures, la diffusion des messages n'est plus obligatoire, il relève alors d'un choix rédactionnel. En plus des messages obligatoires, les sociétés signataires possédant un service d'informations peuvent continuer à couvrir l'enlèvement.

Les signataires sont aussi tenus de diffuser un message signalant la découverte éventuelle de l'enfant avant le terme des trois heures.

Le message d'alerte doit être simple, précis, solennel, validé par le magistrat ayant ordonné son déclenchement, il a dans sa forme un certain nombre de contraintes légales : Une légitimité : les messages doivent clairement être identifiés comme provenant d'une entité légale. À ce titre, chaque message est soumis à des chartes graphique et sonore strictes : un bruit de sirène, présence de Marianne, voix grave (en l'occurrence, celle de Patrick Floersheim ; les messages d'alerte continuent d'utiliser l'enregistrement de sa voix après sa mort en ) ; ils sont par ailleurs tenus de commencer par les mots . Une sécurité : le message doit reprendre une formule incitant les témoins éventuels à la prudence. Même si le message en lui-même n'est pas fixé, il doit inviter à ne pas intervenir soi-même, mais à appeler un numéro de téléphone donné (voire une adresse de courrier électronique).

Dates de déclenchement Depuis la création du dispositif en , et en date du , ont été diffusées : 38 en France métropolitaine et 2 en France d'outre-mer. Sur ces , 37 ont pu servir à retrouver les victimes (dont 30 pendant l'alerte et 7 après la levée de l'alerte), 2 ont été infructueuses (les victimes ont été retrouvées décédées) et 1 est encore en attente (le/la ou les enfants n'ont pas été retrouvés)