La bataille de Beaumont également appelé surprise de Beaumont ou encore bataille de Beaumont-Mouzon est un combat de la guerre franco-prussienne qui se déroule le à Beaumont-en-Argonne, dans les Ardennes française.

Elle oppose le 5e corps d'armée de l'armée de Châlons du général de Failly, à l'armée de la Meuse du Prince royal de saxe ( corps d'armée Prussien et corps d'armée Saxon). Les Français, surpris dans leur campement, sont repoussés jusqu'à Mouzon.

Le corps d'armée de Failly est écrasé et découvre l'armée de Châlons de Mac-Mahon, en marche sur Sedan. La déroute précipite le désastre final de l'armée française lors de la bataille de Sedan.

Lors de ces combats, les Français perdent et 42 canons, les Prussiens .

Contexte Après la désastreuse campagne d'Alsace et la retraite qui l'avait suivie, le ministère Palikao décrète la formation à Châlons d'une deuxième armée. Le conseil de guerre du demande à Napoléon III de rentrer à Paris dont le général Trochu est nommé gouverneur, le maréchal Bazaine devient généralissime des armées et le maréchal de Mac-Mahon doit ramener l'armée de Châlons à Paris.

Contre-ordre le 19 : la retraite de l'armée de Metz sur Verdun étant interrompue après la bataille de Rezonville, Mac-Mahon doit marcher vers l'est pour lui venir en aide.

Partie du camp de Châlons le 21, l'armée de Châlons, partagée en trois groupes (le à gauche), devait se regrouper le 25 autour de Verdun. Pris de vitesse par l'armée allemande, le maréchal de Mac-Mahon doit changer plusieurs fois de direction. Voulant atteindre Montmédy, il décide de franchir la Meuse à Mouzon et Remilly et se fait surprendre à Nouart.

Préliminaires Passage de la Meuse Parti de La Besace, le et la division Margueritte franchissent la Meuse à Mouzon le 29 au soir et prennent position sur la rive droite. Le et la division Bonnemain, partant de Raucourt, se dirige sur Remilly, puis sur Douzy et Tétaigne. Les et , encore sur la rive gauche, se trouvent séparés du reste de l'armée. Talonné par le corps bavarois, le décide d'utiliser les deux ponts de Mouzon et Villers pour franchir la Meuse, protégé par le encore à Beaumont.

Arrivée du français à Beaumont thumb|180px|Général de Failly, commandant du d'armée. Parti du Bois-des-Dames et de Belval, le arrive à Beaumont dans la nuit du 29 au et s'installe en hâte sur des positions déterminées sans étude préalable du terrain par le chef d'état-major, le général Besson. "Les troupes harassées de fatigue et difficilement dirigées par leurs officiers dans l'obscurité, s'entassent les unes sur les autres, la division à droite et la à gauche de la route avec l'artillerie de réserve à l'entrée de la ville. La brigade Maussion formant l'arrière-garde n'arrive qu'à cinq heures du matin et va camper devant la ferme de la Harnoterie. Les ambulances restent à Beaumont". Vers sept heures, le maréchal de Mac-Mahon traverse Beaumont, donne l'ordre à de Failly de marcher le plus tôt possible sur Mouzon pour y franchir la Meuse sous la protection du . Celui-ci fait observer que ses troupes sont épuisées et sans ravitaillement depuis trois jours ; le convoi de vivres va arriver et on partira après les distributions. Le maréchal s'incline devant ces raisons mais insiste sur l'urgence à traverser la Meuse. A neuf heures, le général de Failly convoque un conseil de guerre. Les rapports des grand'gardes et de la cavalerie ne signalant pas la présence de l'ennemi et pour cause, à la distance où se trouvaient du camp les unités chargées de la sécurité, il leur eût été difficile de voir quoi que ce soit, il est décidé de remettre un peu d'ordre dans les troupes, de les ravitailler et de faire nettoyer les armes. Les positions ne seront pas rectifiées, le départ étant imminent.

Description du champ de bataille Le bourg de Beaumont est situé au fond d'une cuvette, bordée au sud par les forêts qui vont de Stenay à La Besace. Une zone légèrement mamelonnée, mais découverte, s'étend sur m des dernières maisons aux lisières de ces forêts en bordure desquelles on trouve quelques fermes. À l'est se dresse un plateau, les Gloriettes, qui se prolonge au nord en surplombant la Meuse. Vu la topographie, le , serré de près par l'ennemi, aurait dû laisser sa cavalerie de l'autre côté des bois vers Belval, Bois-des-Dames, Beaufort et placer ses avant-postes d'infanterie dans les fermes de bordure. Protégé et averti, il aurait eu toute liberté pour se dérober au danger. Mais, massé à bonne portée de positions dominantes auxquelles l'ennemi pouvait accéder par les couverts, avec ses grand'gardes à peine éloignées de quelques centaines de mètres et un service de renseignement inexistant, le se privait de toute liberté d'action et de manœuvre. Il ne pouvait même pas refuser le combat.

Ordres donnés pour le départ vignette|L'artillerie française en position à Mouzon, le 30 août à midi. L'heure fixée pour le départ de l'avant-garde était vers une heure. Quant aux autres groupes, ils devaient faire connaître par un planton l'heure du départ, qui n'aurait lieu qu'après la soupe mangée... Un ordre de mouvement fort vague et bien peu conforme... Le convoi de ravitaillement étant arrivé du Chesne, une distribution fut immédiatement faite. Les hommes mangèrent la soupe, nettoyèrent leurs armes et, le beau temps étant revenu, firent sécher leur linge et leurs effets. L'artillerie conduisit tous ses chevaux à l'abreuvoir. Cependant, des paysans, fuyant devant les forces allemandes depuis Stenay, Belval et Bois-des-Dames, annonçaient que des colonnes ennemies s'avançaient à travers les fourrés. Rassuré par les renseignements de ses avant-postes mal placés, le commandant du demeurait persuadé que les Allemands ne le poursuivaient plus et qu'ils continuaient leur mouvement vers Stenay. Tout à coup, vers midi et demi, plusieurs coups de canon retentirent du côté de la forêt de Dieuliet. Les projectiles tombèrent au milieu des tentes et des soldats désœuvrés. La surprise était complète!

Mouvement des armées allemandes thumb|180px|Albert , Prince de saxe, commandant de l'armée de la Meuse. Le au soir, l'armée de la Meuse du Prince royal de Saxe occupe les positions suivantes : d'armée à Nouart et Tailly avec la de cavalerie aux Tuileries Garde et cavalerie de la Garde à Buzancy et Bar. en deuxième ligne, à 4 kilomètres en arrière : d'armée à Rémonville. Plus au sud, la armée se trouve sur une ligne Vouziers-Grandpré-Vienne-le-Château. Le chef d'état-major général, M. de Moltke, en possession des dépêches contenant l'avis "des dispositions du commandant en chef des forces françaises pour la journée du ", décide d'attaquer avec ses deux armées allemandes l'armée de Châlons avant qu'elle eût franchi la Meuse. Le 30 à six heures du matin, renseigné par sa cavalerie du passage de la Meuse par une partie des corps français, le prince de Saxe décide de se porter immédiatement sur Beaumont : le d'armée avec la d'infanterie (général Nehrhoff), la cavalerie saxonne par la grande route de Stenay et la par la forêt de Dieulet. le d'armée avec la par le bois de Belval et la par le bois du Petit-Dieulet. La Garde doit dégager la route de Buzancy à Beaumont pour laisser passer la armée.

Les troupes en présence Le français comptait environ et avait perdu une moyenne de 10 hommes par compagnie depuis Reims. Avec les de la brigade de Villeneuve et du du , le total des troupes françaises engagées à Beaumont avoisine les .

Les forces allemandes opposées à l'armée française sont le corps prussien, le corps saxon et le corps bavarois. L'ensemble s'élève à avec la cavalerie.

Les combats de Beaumont Attaque de Beaumont Vers midi, l'avant-garde de la prussienne débouche de la lisière nord du bois du Pont-Gérache et occupe le ferme de la Petite-Forêt. Ne voyant pas de poste avancé sur le front des campements français, le lieutenant-général de Schœler décide de passer à l'attaque avec sa et ses batteries d'avant-garde. Au premier coup de canon, les régiments campés au sud de Beaumont parviennent assez vite à se ressaisir. La brigade Saurin (11 et de ligne) et la brigade Fontanges (30 et de ligne) se forment en bataille avec le de chasseurs en avant. Appuyée par les batteries de la division Goze et celles de la réserve, l'infanterie se lance sur la ferme et oblige les Prussiens à s'organiser défensivement. À ce moment débouchent sur la ferme de Belle-Tour les batteries de l'artillerie de corps et les têtes de colonne de la prussienne. Elles s'engagent immédiatement à droite de la Petite-Forêt et arrêtent l'offensive française. Le a perdu son chef, le lieutenant-colonel Pallier, ses trois chefs de bataillon, 26 officiers et 750 hommes. Le colonel de Béhagle du est mortellement atteint, le colonel Berthe du 86 est grièvement blessé.

Cependant, depuis le plateau de la Harnoterie, le général de Failly, apercevant les colonnes ennemies qui s'avançaient sur les deux ailes du corps et craignant d'être débordé, décide de replier sa première ligne. Les et prussiennes avec les troupes saxonnes débouchant par la route de Stenay fondent sur Beaumont et bousculent les brigades Abatucci et Nicolas placées en seconde ligne. À deux heures, l'ennemi est maître de la ville et du camp. Les troupes françaises se replient sur les hauteurs au nord de Beaumont, les débris des divisions Goze et Guyot de Lespart à côté de la brigade Maussion, les restes de la brigade Fontanges avec le de ligne à la Harnoterie. Mais les 14 batteries prussiennes suivant l'offensive, postées sur les collines au sud de Beaumont, pilonnaient à la fois notre artillerie, la brigade Maussion et les troupes qui fuyaient vers le Nord.

Entrée en ligne du corps et du corps bavarois. Retardé par le corps sur la route de Nouart à Beauclair, la n'arrive que vers une heure et demie à Belle-Tour. La , par la route de Stenay, se porte sur la ferme de Beaulieu. Les tirailleurs du retardent la mise en place de six batteries mais, refoulés, le reste de l'artillerie saxonne se met en place sur la crête des Gloriettes et deux régiments saxons ( et ) marchent sur Létanne. L'avant-garde de la du corps bavarois arrive à Sommauthe à midi. Entendant le canon, le général von der Tann marche sur Beaumont, à la gauche des Prussiens, et poste ses deux batteries qui tirent aussitôt sur les troupes françaises en retraite. À ce moment, le reste de la division ayant rejoint, le général Schumacker se porte sur la Thibaudine pour une attaque de flanc.

Engagement de la division Conseil-Dumesnil près de Warniforêt. Cette , débouchant de la lisière nord du bois des Murets, aperçoit une troupe sur la route de Stonne à Beaumont, à hauteur de Warniforêt : c'est la de l'arrière-garde de la division Conseil-Dumesnil qui franchit la Meuse à Villiers. Le 3 et de ligne font face à l'attaque pour donner au convoi le temps de s'échapper. A découvert et devant un ennemi supérieur en nombre, ces deux régiments sont refoulés mais reforment une ligne de bataille à Yoncq. Les débris de la brigade gagnent Raucourt laissant la Thibaudine aux mains des Bavarois.

Continuation de la bataille au nord de Beaumont Vers quatre heures, sous la protection des 25 batteries installées sur les hauteurs sud de Beaumont, la bavaroise occupe la Harnoterie, la arrivant à La Besace. Le prince de Saxe s'installe à Beaumont avec son état-major. Le corps se déploie au nord de la ville tandis que le débouche de Létanne.