La bataille de Beaune-la-Rolande a lieu le sur le territoire de la commune française de Beaune-la-Rolande, dans le département du Loiret, durant la guerre franco-prussienne de 1870. Elle s'achève par une victoire prussienne.

Contexte Le , la armée du prince Frédéric-Charles, rendue à sa liberté de manœuvre par la reddition de Metz, prend position sur la ligne Pithiviers–Montargis ( et corps d'armée), laissant le corps d'armée allemand en réserve à Angerville. La masse de l’Armée de la Loire ayant pris position sur l’axe Orléans-Paris, le prince ordonne le regroupement des et corps d’armée sur les hauteurs dominant Toury. Puis ces forces regroupées reçoivent l’ordre du prince de fondre, via Beaugency, sur l’aile gauche des Français.

Les Français progressent à présent vers Paris sur un front de , les divisions les unes à côté des autres. Le , les forces françaises du et de la première armée de la Loire forte de hommes tentent de forcer la position prussienne de Beaune-la-Rolande où les Allemands se sont fortement retranchés, pour ouvrir le passage vers Paris, venir au secours des Parisiens assiégés et « tendre la main au Général Ducrot » qui doit assurer de son côté une « sortie ».

Ordre de bataille Français régiment de marche formé de 2 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 2 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 3 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 2 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 2 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 3 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 4 compagnies de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du 109 régiment d'infanterie de ligne régiment de marche formé des 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie de marche du régiment d'infanterie de ligne 2 compagnies du régiment d'infanterie de ligne 2 compagnies du régiment d'infanterie de ligne 3 compagnies du régiment d'infanterie de ligne 3 compagnies du régiment d'infanterie de ligne 1 compagnie du régiment d'infanterie de ligne régiment de marche formé du bataillon et d'un bataillon de marche du régiment d'infanterie de ligne régiment de marche formé des bataillon du régiment d'infanterie de ligne bataillon du régiment d'infanterie de ligne bataillon du régiment d'infanterie de ligne bataillon de marche de chasseurs à pied formé de 1 compagnie du bataillon de chasseurs à pied 1 compagnie du bataillon de chasseurs à pied 1 compagnie du bataillon de chasseurs à pied 1 compagnie du bataillon de chasseurs à pied régiment de marche de zouaves formé de 18 compagnies de marche du régiment de zouaves Régiment de marche d'infanterie légère d'Afrique 2 compagnies du bataillon d'infanterie légère d'Afrique 2 compagnies du bataillon d'infanterie légère d'Afrique 2 compagnies du bataillon d'infanterie légère d'Afrique régiment de marche de cuirassiers formé de 1 escadron du régiment de cuirassiers 1 escadron du régiment de cuirassiers 1 escadron des carabiniers de la Garde impériale 1 escadron du régiment de cuirassiers de la Garde impériale régiment provisoire formé des , et de la garde nationale mobile de la Loire régiment provisoire formé des , et de la garde nationale mobile du Cher régiment provisoire formé des , et de la garde nationale mobile de la Haute-Garonne régiment provisoire formé des , et de la garde nationale mobile des Deux-Sèvres régiment provisoire formé des et de la garde nationale mobile du Jura régiment provisoire formé des et de la garde nationale mobile des Vosges régiment provisoire formé de la garde nationale mobile de la Haute-Loire régiment provisoire formé des et de la garde nationale mobile du Haut-Rhin régiment provisoire formé des et de la garde nationale mobile du Loiret bataillon de la garde nationale mobile de l'Isère bataillon de la garde nationale mobile de la Meurthe bataillon de la garde nationale mobile de la Savoie bataillon de la garde nationale mobile de la Savoie Compagnie de Gannat des Francs-tireurs de l'Allier Francs-tireurs du Doubs Légion bretonne

Prussiens

Déroulement de la bataille

La bataille débute à (heure solaire à l'époque). sont déployés en vue de cette opération. La du reste à Saint-Loup-des-Vignes au sud de Beaune-la-Rolande, et une seule division du participe aux combats, les deux autres divisions, trop éloignées, n'entendront que le bruit de la canonnade.

Le plan d'attaque est simple, le doit attaquer frontalement et sur l'aile gauche dans un mouvement enveloppant tandis que le devra attaquer sur l'aile droite. Environ Allemands sont répartis dans et autour de Beaune-la-Rolande et notamment à l'est, à Juranville et Lorcy. Le doit avant de commencer son mouvement en avant s'assurer de son aile droite en prenant Juranville et Lorcy. Cette attaque fait perdre beaucoup de temps au . Le avec deux divisions, attaque Beaune-la-Rolande et arrive au pied de l'ancienne muraille sans parvenir à briser la résistance opiniâtre du d'infanterie retranché dans la ville et bien à l'abri derrière l'ancien mur d'enceinte et dans le cimetière. Dans le cimetière se trouve également une fraction du commandé par le capitaine Feige qui, de son propre chef et contrairement aux ordres prescrits de revenir sur la position des « Roches » (à l'est de Beaune), s'est porté avec sa compagnie pour renforcer les éléments du qui s'y trouvaient. Le général Crouzat hésitant à bombarder « une ville française », qui aurait été la seule solution pour annihiler la résistance et ouvrir une brèche dans cette « forteresse », ne peut qu'entretenir un feu de mousqueterie peu efficace. Les troupes du sont donc immobilisées devant Beaune-la-Rolande sans soutien d'artillerie et le tir des Allemands bien protégés les fait grandement souffrir. Le général Crouzat attend l'arrivée des troupes du pour lancer une attaque générale mais le général Jean-Baptiste Billot, commandant le , a beaucoup de mal à assurer son aile droite. Vers , le général Billot n'a pas progressé vers Beaune-la-Rolande et s'épuise aux Côtelles et à Juranville contre les troupes de la . Le seul fait notable de ce combat parallèle est la prise d'un canon prussien par le capitaine Brugère. Après la prise du canon et des Côtelles par des éléments du de marche et du de marche, le combat s'estompe vers et seuls quelques coups de canon aboient encore sporadiquement jusqu'à . L'action continue cependant autour de Beaune.

Un extrait d'un récit de soldat du prussien nous donne un aperçu de la bataille devant Beaune au lieu-dit « les Roches » (à l'est de Beaune). Vers résultait le dernier assaut violent sur notre position, plus vigoureusement encore que tous les précédents. De nouveau arrivaient les tirailleurs de protection en masses denses sur plusieurs lignes, ils envoyaient sur nous une grêle de balles et étaient suivis de fortes colonnes d’attaque. Cette fois, l'ordre était donné par nos officiers de laisser s'approcher encore plus proche l'ennemi et de tirer seulement à la distance de 100 pas ; en toutes circonstances ils nous exhortaient à maintenir la discipline de feu la plus calme. C'était des instants sinistres jusqu'au moment où nous devions appuyer l'action. Une grêle de projectiles sifflait autour de nous ; entre-temps, nous entendions les commandements : en avant ! En avant ! (en français dans le texte) dans cette proximité de plus en plus grande. Car on n’y voyait rien, avec la fumée de la poudre et l'obscurité tombante de ce jour triste de novembre nous étions plongés dans le crépuscule. Soudain le commandement : « » et les décharges de mousqueterie, comme je n’en ai pas vu de nouveau pendant toute la campagne. Tout près de nous les Français s'approchaient (nous entendions distinctement les appels séparés à proximité de nous). Nous nous préparions à une lutte au corps à corps mais formés au bataillon de dépôt nous n'avions pas appris le combat à la baïonnette et nous nous disions que nous allions avoir à nous servir de nos crosses de fusil. Mais cela ne fut pas le cas, l'ennemi s’enfuyait de nouveau ; tout redevenait calme. Aucune autre attaque ne fut à attendre, car un événement favorable pour nous participait évidemment à la stagnation de la bataille.

Vers Beaune-la-Rolande, la situation s'est donc retournée contre le . La de Polignac voit apparaître au nord, vers Barville, le renfort du corps prussien composé de la d'infanterie et d'une division de cavalerie et qui accentuent, à marche forcée, leur pression sur l'aile gauche française avec le et le d'infanterie. L'artillerie prussienne postée sur les hauteurs de la butte de l'Ormeteau au sud de Barville, prend de flanc le mince rideau de troupes du qui se trouvaient au nord de Beaune-la-Rolande. Le sort de la bataille tourne en faveur des Prussiens. Le général Crouzat, voyant vers que la bataille tourne au désastre et que le tarde à arriver, tente de monter une attaque de la dernière chance vers la barricade barrant la route de Boiscommun à l'ouest de Beaune-la-Rolande. Les troupes qu'il a pu rassembler, composées de zouaves, de gardes mobiles et de son état-major, partent à l'assaut de la ville, mais la barricade est en feu et le tir des Prussiens, galvanisés par l'aide du corps, est particulièrement terrible ; au même moment débouchent, venant du sud-est, quelques éléments du ( de marche et zéphyrs), mais trop tard. L'attaque de Crouzat a échoué, la nuit tombe, le général Billot enfin rendu à Beaune souhaite poursuivre l'effort, mais Crouzat s'y refuse car le champ de bataille est trop sombre et déjà des méprises apparaissent entre Français se tirant dessus. Il faut battre en retraite, l'aile gauche a cédé, la ville n'est pas tombée et la confusion règne dans les rangs français. Les Prussiens feront des prisonniers tard dans la nuit dans les villages environnant, là où s'arrêtèrent des hommes harassés voulant trouver refuge. Les clairons sonnent le rassemblement et les Français retraitent vers leurs positions du matin. La bataille a été très coûteuse pour les Français, les pertes s'élèvent à environ et et prisonniers. Les Prussiens ont perdu 817 hommes (tués, blessés ou prisonniers).

Le peintre impressionniste français Frédéric Bazille, engagé volontaire au de marche de Zouaves en tant que sergent fourrier, y trouva la mort. Un monument fut érigé par son père après la bataille à l'endroit même où il perdit la vie, tué de deux balles.

Au Pavé de Juranville se trouve une plaque élevée par la société nationale du souvenir français, commémorant l'exploit d'un Turco du nom de Ahmed-Ben-Kacy qui embusqué dans une pièce où se trouvait un malade, abattit 7 Prussiens avant de succomber. Dans le livre de Grenest L'armée de la Loire il raconte l'histoire ainsi :