Madame de Miramion, de son nom d'origine Marie Bonneau de Rubelles, née le à Paris où elle est morte le , devenue par mariage dame de Miramion, est une religieuse française du règne de Louis XIV, à l'origine d'une institution charitable établie en 1675 dans l'hôtel de Miramion (actuel arrondissement).

Issue d'une famille noble impliquée dans la gestion des gabelles, elle épouse en 1645 Jacques de Beauharnais, seigneur de Miramion, qui meurt quelques mois plus tard. Mère d'une fille née en 1646, elle perd ses parents en 1647, héritant d'une fortune importante.

Elle est ensuite victime d'un rapt organisé par Roger de Bussy-Rabutin, cousin de Madame de Sévigné. Cet épisode la pousse à entrer en religion (1649), mais elle va principalement se consacrer à des œuvres charitables, d'abord aux côtés de Vincent de Paul et Louise de Marillac, puis indépendamment.

En 1675, elle achète un hôtel particulier parisien situé quai de la Tournelle, qui va recevoir le nom d'« hôtel de Miramion », où elle installe une communauté de bienfaisance, dont les membres sont désignées comme « les miramiones ».

Biographie Origines familiales et formation

Marie Bonneau de Rubelles est la fille de Jacques Bonneau, seigneur de Rubelles (actuel département de la Seine-et-Marne), contrôleur des gabelles, et de Marie d'Ivry.

Elle est la nièce de Thomas Bonneau (mort en 1662), seigneur de Pocé et de Valmer (actuel département de l'Indre-et-Loire), fermier des gabelles de 1632 à 1655 et conseiller de Louis XIII.

Mariage et période des épreuves (1645-1647) Son père, la marie le , à l'âge de 16 ans, à Jacques de Beauharnais, seigneur de Miramion (dans l'actuelle commune de Saint-Jean-de-Braye« Parc de Miramion », sur le site de la commune de Saint-Jean-de-Braye., Loiret), conseiller au Parlement de Paris. Jacques de Miramion est de l’abbé François-Timoléon de Choisy (1644-1724), futur biographe de Madame de Miramion.

Elle perd son époux moins de huit mois après leur mariage, le , alors qu'elle est enceinte de quatre mois et demi. Le , elle accouche au bout de 46 heures d'une fille, Marguerite (future ).

En 1647, elle est touchée par la variole, mais n’en garde pas de séquelles, sauf, pour la fraîcheur de son teint.

Elle perd ses parents en 1647, héritant d'une fortune considérable, .

Épisode de l'enlèvement par Roger de Bussy-Rabutin Quelque temps après son veuvage, Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), cousin de Madame de Sévigné (1626-1696) et futur auteur de l’Histoire amoureuse des Gaules (1666), devenu veuf en 1646, croit apprendre qu’il ne serait pas indifférent à la jeune veuve, dont la richesse l'intéresse afin de soutenir son rang.

Bussy-Rabutin pour organiser son enlèvement, qui a lieu au cours d'un déplacement de Marie de Miramion, puis il l’emmène dans son château .

Mais, au bout d'une journée, les protestations furieuses de sa captive lui font comprendre qu'il a fait une erreur.

Pendant deux ans, Marie de Miramion et sa belle-famille le poursuivent en justice. Finalement un arrangement a lieu : il accepte de verser en dédommagement.. Madame de Miramion lui pardonne. Il épouse ensuite une autre femme.

Malgré son pardon, semble avoir été éprouvée par ce rapt. lui conseille de se retirer dans un couvent pour en éviter un nouveau, conseil qui va au-devant de sa propre piété.

Dans les ordres (à partir de février 1649) le et le renouvelle le 25 décembre suivant.

Aux côtés de Vincent de Paul et Louise de Marillac À ses débuts, (créée en 1629), dont elle partage la foi ardente et .

Elle collabore d’abord aux œuvres de Vincent de Paul (1581-1660) et Louise de Marillac (1591-1660).

À la tête de ses propres institutions Elle développe ensuite ses propres institutions. Elle déploie son esprit d’entreprise et son efficacité gestionnaire dans les œuvres qu’elle finance.

Ainsi, elle ..

Après avoir fondé en 1662 la communauté de la Sainte Famille, composée de seulement sept à huit personnes, vouée aux soins des malades et à l’instruction des petites filles pauvres, elle la réunit à la communauté des Filles de Sainte Geneviève.

La communauté des miramiones (à partir de 1675) En 1675, elle achète à Paris un hôtel particulier situé sur l'actuel quai de la Tournelle, face aux extrémités (est et ouest) de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis, hôtel ensuite appelé « hôtel de Miramion ». Les membres de la communauté sont désignées par le nom de « miramiones ».

vit avec les femmes qu’elle recueille, vêtue comme elles, proche d’elles. Elle ne leur impose pas de clôture. Ses hôtes peuvent quitter la communauté quand elles le souhaite. .

vignette|Cour intérieure de l'hôtel de Miramion.

Madame de Miramion et la cour de Louis XIV

Comme l'écrit l'historienne Danielle Haase-Dubosc (1939-2017) : Cette pharmacie peut être tenue pour le germe de la pharmacie centrale des Hospices de Paris, actuelle Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), installée dans l'hôtel de Miramion à partir de 1812, l'hôtel ayant servi d'arsenal entre 1794 et cette date..

Madame de Sévigné, dont elle est approximativement contemporaineNées en 1626 et 1629, mortes toutes deux en 1696. la décrit à la cour, lors de la représentation d'une pièce d'inspiration biblique de Jean Racine, Esther : Parmi ces huit jésuites se trouvaient le père de La Chaise, confesseur de Louis XIV et le célèbre prédicateur Louis Bourdaloue.

Mort et funérailles Elle meurt le .

Le duc de Saint-Simon lui consacre une nécrologie : Mémoires (1691-1701), Tome I, Paris, Gallimard, collection « La Pléiade », 1983, p. 283..

Annexe : l'hôtel de Miramion et l'hôtel de Nesmond L'hôtel acheté par Mme de Miramion, construit par le financier Christophe Martin dans les années 1630, jouxte un hôtel qui appartient à l'époux de sa fille Marguerite.

Celle-ci, signale Saint-Simon, ..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie ancienne François-Timoléon de Choisy, Vie de Madame de Miramion, Paris, Antoine Dezallier, 1706. Réimpression : Paris, 1707. Roger de Bussy-Rabutin, Mémoires, tome I (édité par Ludovic Lalanne (1815-1898), Paris, Charpentier, 1857, p. 163 et suivantes) Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, tome I (édité par exemple dans la collection « La Pléiade », Paris, Gallimard, 1960, p. 749-750 et notes)

Bibliographie récente . Jean Orieux, Bussy-Rabutin, le libertin galant homme (1618-1693), Paris, Flammarion, 1958. Jacqueline Duchêne, Bussy Rabutin, Paris, Fayard, 1992. Louis Chabaud, Madame de Miramion et la charité, Paris, P. Lethielleux, 1904.

René et Suzanne Pillorget, France Baroque, France classique 1589-1715, , Paris, Bouquins-Robert Laffont, 1995 tome I (« Récit »), p. 368-369. tome II (« Dictionnaire »), p. 179.

Articles connexes Hôtel de Miramion Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l'église de la paroisse dont dépendait l'hôtel de Miramion Hippolyte Féret (mort en 1678), curé de cette paroisse

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