vignette|redresse=1.2|Mains en prière, dessin d'Albrecht Dürer exécuté vers 1508.
La prière est un acte codifié ou non, collectif ou individuel, par lequel on s'adresse à Dieu, à une divinité ou à un être désigné comme médiateur de Dieu ou de la divinité.
On distingue trois types de prières : la prière d'intercession (pour demander un bienfait pour quelqu'un ou pour soi-même), la prière de confession et la prière de gratitude. Elle correspond parfois à une attitude intériorisée, méditative, quand elle ne contient pas explicitement de requête et cherche un sentiment d'unité avec Dieu ou la divinité, comme dans l'oraison silencieuse.
La prière juive
vignette|redresse=1|Prière au Mur occidental, Jérusalem L'interprétation de la halakha (Loi judaïque) par le judaïsme orthodoxe établit que les hommes juifs doivent prier : trois fois par jour lors des jours ordinaires (de dimanche à vendredi) : l'office du matin (Sha'harit) est inspiré par le patriarche biblique Abraham, l'après-midi (Min'ha) par Isaac et le soir (Maariv) par Jacob ; quatre fois (l'office de Moussaf est alors intercalé après Sha'harit) lors du shabbat hebdomadaire ainsi que la plupart des jours fériés judaïques ; et cinq fois (l'office de Né'ila est ajouté en clôture de la journée de jeûne) sur le Yom Kippour.
Les femmes juives doivent prier au moins une fois chaque jour, mais sans une longueur fixe, et le système des prières journalières n'est pas requis pour les femmes.
Le judaïsme du mouvement Massorti traite aussi le système halakhique des prières journalières multiples comme obligatoire. Dès 2002, les juives du mouvement Massorti sont vues comme obligées comme les juifs du mouvement de prier les mêmes prières, et aux mêmes moments de la journée. Les communautés traditionnelles, et les juives à l'individu sont permises de s'abstenir des prières. . Les congrégations du judaïsme libéral utilisent des portions de la liturgie traditionnelle dans les offices, mais ils ne considèrent pas la halakha comme un commandement.
Pour les juifs, il y a une différence entre la prière en communauté (en miniane ou quorum) et la prière privée (personnelle). La prière en communauté est plus désirable, puisque cela permet de pratiquer des portions du rite, comme la lecture du kaddish par exemple, qui ne peuvent être pratiquées sans un quorum.
La plupart de la liturgie juive est chantée ou parlée en rythme avec une mélodie traditionnelle ou un nigoun. Les synagogues peuvent désigner ou même embaucher un hazzan ou chantre afin de diriger la congrégation dans les prières. L'embauche ou la désignation d'un hazzan d'entre les membres de la congrégation par le rabbin de la communauté dépend de la grandeur de la synagogue.
Les prières chrétiennes
vignette|redresse=1|Une attitude fréquente jusqu'au Haut Moyen Âge est la position dite de l'orant (bras et mains levés vers le ciel), geste reproduit pendant la messe catholique au moment du Notre Père. vignette|L'attitude des mains jointes (), probablement d'origine orientale, connaît un succès en Occident durant le Moyen Âge centralCet essor est peut-être dû à la fois à la pression franciscaine et à l'analogie avec le geste laïque de soumission lors de l'hommage féodal. L'ordre franciscain demandait en effet que l'élévation de l'hostie lors de la célébration de l'Eucharistie, se fît mains jointes. Cf . En effet, c'est vers les que s'imposent les deux attitudes chrétiennes actuelles, les mains jointes à la hauteur de la poitrine et la génuflexion. Cf. .. Dans les églises catholique, protestantes et orthodoxes, des moines peuvent consacrer leur vie exclusivement à la prière. Toutefois ce n'est pas le cas dans les églises chrétiennes évangéliques, où la vie de prière fait partie de tout croyant qui a vécu la nouvelle naissance.
Base biblique
La prière qui s'appuie sur les promesses de la Bible est un acte fondamental de la foi chrétienne, vécue comme une action de grâce et de communion avec Dieu, une communion d’esprits entre Dieu et les siens. C’est « Dieu le Père » que le croyant prie « au Nom du Seigneur Jésus-Christ ».
Dans l'Évangile selon Jean, Jésus-Christ indique comment prier à ses fidèles : « Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai » (14:13-14), « En ce jour-là, vous ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite » (16:23).
Le Notre Père est la prière la plus répandue dans le christianisme car elle a été enseignée par Jésus-Christ lui-même à ses apôtres.
La lecture de l'Évangile, la participation fréquente aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie, en renforçant la foi, augmentent la prédisposition à la prièrehttps://archive.wikiwix.com/cache/20220124095652/http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P9F.HTM..
Des pratiques de méditations, de jeûne et de veille peuvent être associées à la prière, de même que des lectures de textes, bibliques ou non. Pour le croyant, Dieu est accessible partout et la prière peut donc avoir lieu en n'importe quel lieu.
Églises catholique et orthodoxe Dans les Églises catholique et orthodoxes la prière se tourne vers Dieu, vers les saints et la Vierge Marie E. Bertrand Feumetio et Anicet Bongo Ondimba, Un certain chemin de vie, éd. Éditions Publibook, 2009, . Les principales prières sont le Credo, profession de foi en un seul Dieu, et le Notre Père. La prière journalière est la liturgie des Heures, suivie par les congrégations monastiques, les prêtres et les diacres, et conseillée aux laïcs. Traditionnellement, les laïcs prient le matin, le midi (Angélus), le soir et bénissent les repas. L'utilisation d'objets de culte (crucifix, icônes, chapelets, statues, etc.) est courante. Les cultures et les milieux sociaux ont également une grande influence sur les manières de prier. Elle s'appuie sur des liturgies précises et selon des rites particuliers (signe de croix avec les mains, génuflexion, etc).
Églises protestantes vignette|Famille protestante en prière, école néerlandaise, 1627. La Réforme protestante, commencée dans les années 1520, a ramené la prière à ses bases bibliques, notamment avec les cinq solas.. La prière est ainsi à Dieu seul, au nom de Jésus. La prière est plus libre et il n'y a pas de liturgie, ou d'obligation de rite de prière. La prière enseignée par Jésus lui-même, le Notre Père, est aussi récitée par les protestants en règle générale.
La prière, dans les églises chrétiennes évangéliques, s'appuie uniquement sur la Bible .. Le Notre Père est considéré comme un modèle et non une liturgie.
La prière islamique
Le musulman est un monothéiste, il prie Allah (Dieu). Pour lui, Allah est celui qui contrôle le monde et qui répond aux demandes. En effet la plus grande obligation du croyant en Dieu est de le considérer comme Un, de ne pas pratiquer le polythéisme et d'avoir la croyance qu'Allah n'a pas d'associés (les anges, les prophètes et les objets ne sont pas des dieux. Selon l'islam, tout est créé par Allah).
vignette|gauche|redresse=1.2|Prière du vendredi à la grande mosquée de Baitul Mukarram, Bangladesh. La salât, ou salâh (صلاة [ṣalāʰ]) désigne la prière islamique, second des cinq piliers de l'islam. Chaque musulman est tenu d'effectuer cinq prières quotidiennes obligatoires (farâ'idh), tourné vers la Qibla, qui indique la direction de la Ka'ba de La Mecque.
Elle peut être faite à n'importe quel endroit (sauf rares exceptions quand des impuretés sont présentes), bien que pour les hommes, accomplir en groupe à la mosquée les cinq prières canoniques est fortement recommandé ou obligatoire, notamment pour les prières du Vendredi (la plus importante de la semaine) et pour les deux fêtes (Aïd al-kebir et Aïd al-fitr). Elle doit s'accomplir en état d'ablutions (de pureté).
La salât n'est devenue une obligation cultuelle qu'après le "Mi'raj", (l'ascension) du prophète de l'Islam au Ciel, que la tradition situe en l'an 2 avant l'hégire, vers l'an 620 de notre ère. La prière musulmane (salat), demande au croyant de louer la grandeur de Dieu (Allah), de se soumettre à lui, et de lui demander le pardon pour ses péchés. Il faut pour cela s'être purifié par les ablutions et avoir une pureté de l'intention (niyya). La prière musulmane est composée aussi de la prosternation, le moment où le serviteur d'Allah est le plus proche de son dieu. Il se remémore Dieu et se souvient de lui.
D'après les paroles d'Allah (que le croyant musulman croit compilées dans le Coran, le livre saint de l'islam), prier est la manière la plus simple de l'atteindre. La prière ne peut être confinée à un moment ou à un endroit. Parce que les désirs et les besoins des gens ne s'apaisent jamais, leurs prières ne finissent jamais. Il n’existe pas dans le Coran un passage où Dieu ordonne aux musulmans de prier 5 fois dans la journée. Les cinq prières habituelles sont décrites dans les hadiths (paroles du prophète Mahomet). La prière musulmane n'est pas limitée dans le temps et chaque individu peut prier à tout moment car Allah, pour les musulmans, ne dort jamais (Qayoum).
En plus de la prière rituelle (salât), l'invocation d'Allah, par le tasbih, le dikhr,ou le douâa sont considérés comme une des formes de prières en Islam.
La prière bouddhiste Dans le bouddhisme theravāda ou le bouddhisme Zen, les moines ne prient pas car la prière n'a pas de sens en raison de l'impersonnalité des êtres, hors d'une pratique de dévotion laissée au commun du peuple. L'attachement aux rites ou la croyance aux effets de la prière (silavrata-paramarsa) fait d'ailleurs partie des dix liens qu'il faut briser pour parvenir à l'Eveil. Selon S. N. Goenka : « Il n'est pas correct de prier le Bouddha pour lui adresser une demande, ce n'est pas dans son enseignement. Un être libéré ne fait que montrer le chemin, c'est à vous de faire les efforts nécessaires pour atteindre le but. »Trois enseignements sur la méditation Vipassana, Points sagesse, 2009. Plusieurs textes (par exemple l'Asibandhakaputta Sutta, SN 42.6) indiquent l'inutilité des prières.
Dans le bouddhisme tibétain, la prière est un accompagnement des pratiques comme la méditation ou les enseignements.. Elle est parlée ou chantée et permet d'avoir une intention altruiste et de se concentrer sur un but : l'éveil. Pour prendre refuge, on commence en ces termes : "En le Bouddha, le Dharma et le Sangha, je prends refuge jusqu'à l'éveil", ce qui signifie que l'on va vers le Bouddha, son enseignement, et la communauté bouddhique. Ensuite on remercie d'autres personnages importants du bouddhisme pour leur apport au monde. On peut aussi prier lors des repas pour remercier les bouddhas et les circonstances d'avoir à manger.
Position vignette|Femme agenouillée adorant Cybèle au milieu d’autres adorateurs (bas-relief de Paros). L’habitude de prier à genoux, commune depuis le Moyen Âge, était assez rare dans l'Antiquité : un bas-relief de Paros, sculpté à l’entrée d’une grotte., représente une foule d’adorateurs rendant leurs hommages à Cybèle assise sur son trône, à Pan, aux nymphes et à d’autres divinités. Seule, une femme est agenouillée, au milieu de tous les autres adorateurs debout.