vignette|340x340px|Déploiements opérationnels des forces armées françaises en 2021 La liste des opérations militaires impliquant la France recense les opérations en dehors du territoire national dans lesquelles les forces armées françaises ont été engagées depuis la fin de la guerre d'Algérie et de l'empire colonial, du début des années 1960 jusqu'à nos jours.
Qualifiées d'opérations extérieures (OPEX), ces opérations militaires ponctuelles succèdent aux guerres de décolonisation. Elles revêtent des formes variées s'agissant de leur objectif, de leur cadre d'engagement ou de commandement, de leur durée ou encore des moyens engagés.
L'origine du terme d'OPEX, dont l'usage s'impose dans les années 2000, provient de l'expression « Théatre d'opérations extérieures » utilisée pour désigner la présence militaire française dans l'entre-deux-guerres en Afrique, en Pologne, au Moyen-orient et au Maroc.
Définition et contexte d'ensemble Définition Il n'existe pas de définition officielle d'une « opération extérieure ». La définition la plus fréquemment utilisée est celle qui figure dans le rapport Thorette relatif à la construction du monument OPEX : .
Depuis la fin des années 1990, la décision de qualification d'« opération extérieure » est prise par la voie d'un arrêté interministériel) qui précise la zone géographique ainsi que la période concernée. Toutes les interventions militaires de la France en dehors de son territoire ne sont donc pas administrativement des OPEX.
La qualification d'OPEX a des implications sur le plan social, par exemple concernant l'attribution de la carte du combattant, et sur le plan pénal, car elle protège juridiquement les militaires faisant usage de la force armée.
OPEX durant la guerre froide Depuis la fin de la guerre d'Algérie et jusqu'à la fin de la guerre froide, les OPEX conduites par la France ou auxquelles elle participe se situent principalement en Afrique. Après une réorganisation des forces, la France consacre l'essentiel de ses moyens militaires à sa force de dissuasion nucléaire et aux forces terrestres (FFA) et aériennes (FATac) destinées à défendre le territoire national contre une éventuelle attaque venue de l'Est. Mais la France entend conserver son rôle de « protecteur » des jeunes États indépendants de son « pré carré » africain, exposés à des agressions extérieures ou à des troubles intérieurs. La France intervient seule en Afrique, au titre des accords de défense ou d'assistance qu'elle a signés avec ses anciennes colonies. Depuis le début des années 1960 jusqu'à la mi-août 1990, la France conduit une vingtaine d'OPEX en Afrique dont six au Tchad, trois au Zaïre et trois en République centrafricaineLe dictionnaire des OPEX ne mentionne pas l'opération Caban de renversement de Bokassa qui ouvre la voie à l'opération Barracuda..
Durant cette même période, la France mène huit opérations au Liban, qui subit le contrecoup du conflit israélo-arabe, dans un but humanitaire ou en tant que participant à une force de maintien de la paix. Cette forte implication s'explique par les liens culturels, économiques et politiques forts qui unissent la France au Liban qui avait été administré sous mandat français dans l'entre-deux-guerres.
Enfin, la France demeure une puissance maritime à un double titre : elle possède des territoires outre-mer d'une part et elle dépend des voies maritimes internationales d'autre part, notamment pour ses approvisionnements énergétiques. Ce contexte crée les conditions pour que la France soit conduite à s'engager dans une troisième catégorie d'OPEX visant la protection de ses intérêts maritimes, en particulier dans les mers et golfes bordant la péninsule arabique. La France participe au déminage du canal de Suez en vue de sa réouverture en 1975, puis au déminage des golfes Persique et d'Oman en 1988-1989 lorsque prend fin la guerre Iran-Irak. Par ailleurs, la France projette des task-forces aéronavales pour protéger Djibouti ainsi que pour une démonstration de force vis-vis de l'Iran.
OPEX depuis la fin de la guerre froide L'effondrement de l'Union soviétique modifie profondément le paysage géopolitique du monde au début des années 1990, conduisant à une diversification des lieux et des cadres d'intervention de l'armée française. Si l'Afrique francophone demeure une zone stratégique pour la France, les évènements au Moyen-orient et en Europe l'amènent à y intervenir.
L'invasion du Koweit par l'Irak dirigée par Saddam Hussein en et la guerre du Golfe qui en découle marquent le début d'une nouvelle ère des interventions extérieures françaises : beaucoup plus fréquemment multinationales, dans le cadre de l'ONU, de l'OTAN, de l'UE/UEO ou d'une coalition formée pour l'occasion, elles revêtent parfois une ampleur inconnue durant les décennies précédentes. Daguet (Irak, 1990-1991) lors de la guerre du Golfe est une opération de guerre de haute intensité comme la France n'en avait pas connu depuis la fin de la guerre d'Algérie.
La France avait poussé à la réactivation de l'UEO au milieu des années 1980, dans l'objectif d'ajouter une dimension « sécurité et défense » au processus de coopération européenne, tout en réaffirmant la solidarité au sein de l'Alliance Atlantique. La guerre du Golfe est l'occasion de mettre en pratique cette volonté, avant même l'instauration de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) par le traité de Maastricht instituant l'Union européenne. C'est ainsi que la surveillance de l'embargo à l'encontre de l'Irak par les marines européennes s'effectue dans un cadre opérationnel défini par l'UEO (opération Artimon, 1990-1994). Après la cessation des hostilités, le déminage des eaux du Koweït est également effectué sous mandat de l'UEO (Southern Breeze, 1991-1991).
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, des OPEX sont menées en Europe, par suite des guerres en ex-Yougoslavie qui éclatent à partir de 1991 : la France y participe aux premières opérations de l'OTAN hors du territoire de ses États membres (Crécerelle / Deny Flight et Sharp Guard). L'Europe occidentale se doit de réagir pour minimiser les impacts humanitaires de ces conflits qui se déroulent à ses portes et tenter d'y mettre fin. En 1992-1993, la France participe à trois opérations maritimes coordonnées par l'UEO en mer Adriatique (Sharp Vigilance, Sharp Fence et Sharp Guard, cette dernière conjointe avec l'OTAN), et à l'opération Danube de police et de douane visant à aider la Hongrie dans la mise en œuvre de l'embargo décidé par l'ONU sur le Danube.
À partir de 2003, l'Union européenne reprend à son compte les opérations qu'elle lance dans le cadre de sa Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Les premières opérations militaires sont lancées dans ce nouveau cadre en 2003 (Altaïr / EUFOR Concordia) et en 2004 (Astrée/EUFOR Althea) toujours pour contribuer à la stabilisation de la situation en ex-Yougoslavie, mais aussi pour la première fois en Afrique (opération Artémis en RDC).
Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la France se doit aussi de participer aux opérations de maintien de la paix sous commandement de l'ONU. Avec la fin de la guerre froide, le nombre d’opérations de maintien de la paix augmente rapidement. De plus en plus, les opérations de maintien de la paix, dont le but initial était de faciliter le règlement de conflits entre États, sont déployées pour faire face à des conflits intra-étatiques et à des guerres civiles. De même, les missions confiées aux « Casques bleus » deviennent plus diverses et plus complexes. De 1991 à 2020, la France participe à plus d'une trentaine d'opérations de maintien de la paix dirigées par l'ONU dont une quinzaine en Afrique. La part prise par la France dans ces opérations de l'ONU est très variable d'une opération à l'autre et dans le temps. Début 2021, le Département des opérations de maintien de la paix dirige 12 opérations pour un effectif total supérieur à civils et militaires. La France participe à trois d'entre elles (Daman FINUL II, MINUSMA et MINUSCA) avec moins de 600 personnels militaires.
Cadre d'engagement et de commandement des opérations Sous la , le Président de la République est le chef des armées et peut donc, avec le Gouvernement qui dispose de la force armée, les engager dans des opérations extérieures. Toutefois, le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote. Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement.
Les opérations extérieures engageant des moyens militaires français résultent soit d'un mandat de l'ONU, soit d'une décision de l'Union européenne, soit de la décision de la France de participer à une coalition internationale, soit enfin d'une initiative purement française, notamment en Afrique au titre des accords de coopération et de défense passés avec la plupart des anciennes colonies françaises et quelques autres pays..
Les opérations de maintien de la paix décidées par l'ONU peuvent être conduites directement par elle, ou confiées à une organisation internationale (OTAN, UE), ou bien plus rarement menées par un pays dirigeant le cas échéant une force multinationale, qu'elle mandate alors via une résolution prise en Conseil de sécurité des Nations unies..
Depuis la fondation de l'Union européenne, instituée par le traité de Maastricht, se met en place par étape une politique de sécurité et de défense commune (PSDC) au titre de laquelle les États membres mènent des opérations civiles ou militaires, sous mandat de l'ONU ou non. Seules les opérations militaires, passées ou en cours, impliquant l'armée française sont répertoriées dans cet article..
En 2024, L’armée française se dotée d’un commandement pour l’Afrique, avec une présence la d’une centaine de militaires au Gabon contre 350 précédemment, une centaine au Sénégal contre 350 précédemment, une centaine en Côte d’Ivoire 600 précédemment, et environ trois cent au Tchad contre 1 000 précédemment.
+Typologie et exemples d'opérations extérieures en cours ou récentesMandat / Décision ONUFrance UE MultilatéralComman-dementONUDaman / FINUL II (Liban, 1978- ) MINUSMA (Mali, 1993) | rowspan="3" style="background:lightgrey ; " | | style="background:lightgrey ; " | | rowspan="2" style="background:lightgrey ; "| |- !UE|EUTM RCA (RCA, 2016) EUNAVFOR MED Irini (2020) |EUNAVFOR MED Sophia (2015-2020) |- !Multilatéral|Chammal (Irak, Syrie, 2014) | rowspan="2" style="background:lightgrey ; "| |Hamilton (Syrie, 2018-2018)Agénor (G. Persique, 2020-)FranceSangaris (RCA, 2013-2016)Corymbe (golfe de Guinée, 1990- ) Serval (Mali, 2013-2014) Barkhane (Mali, 2014-2022 )
Effectifs déployés en opérations extérieures Les déploiements opérationnels des forces armées françaises entrent dans quatre catégories distinctes. :
Les déploiements en France métropolitaine ; Les forces prépositionnées de souveraineté stationnées en France d’outremer ; Les forces prépositionnées de présence, implantées en Afrique et au Moyen-Orient, en vertu d'accords bilatéraux avec les États concernés ; Les opérations extérieures (OPEX).
Depuis le début des années 2000, les effectifs déployés dans le cadre des OPEX se situent annuellement dans une fourchette comprise entre et des armées. De façon constante, ils se répartissent entre 2 ou 3 opérations principales mobilisant chacune de à , et jusqu'à une vingtaine d'opérations, le plus souvent dans un cadre ONU ou UE, auxquelles ne sont affectés que des effectifs limités.