Lhoméopathie est une médecine alternative considérée comme pseudoscience, et élaborée par Samuel Hahnemann à la fin du .
Formulation de l'homéopathie par Samuel Hahnemann
Après avoir soutenu sa thèse de médecine et exercé quelques années, fort déçu de la thérapeutique de son époque, Samuel Hahnemann abandonna momentanément sa pratique pour traduire de nombreux auteurs qui l'avaient précédé. Lors de la lecture du Traité de matière médicale de William Cullen, il s'aperçut que les symptômes dus à l'action du quinquina (china), tels que décrits, ressemblaient fort à ceux de la « fièvre tierce » dont il avait souffert quelque temps auparavant et qu'il avait soignée, ainsi que l'Académie le recommandait, avec quelques gouttes de teinture de quinquina.
Il eut alors l'idée de vérifier les assertions de Cullen en prenant, ainsi qu'il le dit lui-même, « quatre gros de quinquina ». Apparurent alors ces symptômes décrits par Cullen. Il se demanda si cette étrange coïncidence était fortuite et expérimenta dans ce sens pendant six ans, avant de formuler son principe de similitude.
C'est à partir de ce principe qu'il a proposé une méthode de soins, en rupture avec les saignements et autres lavements de l'époque, qu'il nomma homéopathie. En 1796 un très important journal médicalla Revue de médecine pratique fondée par Hufeland cf http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2002_num_90_335_5402 d'Allemagne en publia les bases représentées par son Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales de Samuel Hahnemann. En 1805, paraissent à Leipzig en latin Fragmenta de Viribus medicamentorum Positivis(connus sous l'appellation les Fragments), recueil qui contient les pathogénésies de vingt-sept drogues qu’il a expérimentées sur lui-même et ses proches. En 1806, il expose sa doctrine dans La Médecine de l’expérience qui développée, sera rééditée en 1810 sous le titre l’Organon de la médecine rationnelle. C'est la deuxième édition, en 1819, de ce traité de médecine homéopathique qui portera le titre célèbreIl en publiera 4 autres versions de son vivant : en 1819, 1824, 1829, 1833. La sixième et dernière édition, inachevée au moment de la mort de Hahnemann, fut retrouvée en 1921 : c'est la cinquième édition qui sert de base à l’enseignement dans la plupart des écoles unicistes cf http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:hV2Hwx9lQfsJ:www.serverhomeobel.com/dsaelens/ebh/Cours/hist/hist.pdf+%22paul+curie%22+et+hom%C3%A9opathie&cd=14&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-a l'Organon de l'art de guérirRéférence:Organon der Heilkunst (Samuel Hahnemann) , traduite en français (1845) Consultable en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France qui fut vite traduit en différentes langues.. Hahnemann considérait la médecine de son époque comme pratiquant l'administration de remèdes produisant des symptômes qui n'ont aucun rapport direct avec l'état du mal et la qualifia donc d'allopathie. Bien que son sens se soit perdu, cette dénomination perdure chez ses successeurs qui l'emploient désormais pour désigner tantôt la médecine fondée sur les faits, tantôt toute pratique à visée thérapeutique ne relevant pas de l'homéopathie.
Ne rencontrant pas le succès espéré auprès de ses confrères, Hahnemann déménage à Leipzig ville universitaire, où il entreprend de donner des cours après avoir passé une thèse en 1811 pour accéder au statut de lecteur : c'est effectivement à Leipzig que seront formés ses premiers disciples tels que Stapf, Gross et Moritz et Wilhem Müller. L'opposition à sa doctrine croissant à mesure de son audience Hahnemann se replie en 1821 à Koëthen où il publiera en 1828, le second ouvrage majeur dans la compréhension de l’homéopathie « Les maladies chroniques ».
Hahnemann et ses disciples expérimentèrent plus de substances, d'où il publia cinq nouvelles versions de son organon.Hahnemann fait publier plus de 30,000 pages au cours de sa vie, résultat de traductions dans plusieurs langues vers l'allemand, d'articles, de travaux majeurs et d'ouvrages secondaires. La bibliographie de son œuvre et de sa correspondance en français est disponible sur le site de l'Institut d'histoire de la médecine de la Fondation Robert Bosch- où elle peut être téléchargée.
La popularité de l'homéopathie à ses débuts était liée à ses aspects spirituels, voire d'« art divin » Pour Olivier Faure, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Jean-Moulin - Lyon III, France et spécialiste de l'histoire de la médecine, la popularité de l'homéopathie à ses débuts est liée à ses aspects spirituels, voire religieux, qui la rendaient acceptable pour divers courants anti-matérialistes de l'époque. Certains disciples de Saint-Simon pensaient que l'homéopathie allait dans le sens d'une réconciliation entre la foi et la science. Hahnemann lui-même parlait d'« art divin » pour désigner l'homéopathie. Il pensait être l'agent de la révélation par Dieu de principes fondamentaux de la nature.
L'homéopathie s'organisait d'ailleurs à ses débuts comme une « Église », dont l'Organon constituait une sorte de livre saint. Certains n'hésitaient pas à organiser des pèlerinages dans le village de naissance d'Hahnemann. Ce dernier exigeait de ses patients une totale foi dans l'homéopathie et leur imposait la lecture de l'Organoncf. le compte rendu de Patients in the History of Homoeopathy sur le site du SNMHF.
Notons que les molécules n'étaient à l'époque qu'une hypothèse, et on ne commença à pouvoir les dénombrer dans un volume donné qu'à partir de la loi d'Avogadro (1811). Lorsque Hahnemann a mis en place la dilution, destinée à atténuer les effets des substances (puisqu'elles produisent des effets néfastes), il n'avait donc pas connaissance des travaux d'Amedeo Avogadro (la diffusion du savoir était lente, et les travaux sur les solutions aqueuses ne vinrent qu'après). Il ne pouvait donc pas réaliser que des dilutions au-delà de 12CH revenaient à produire un médicament sans molécule active.
Diffusion dans le monde Les cercles contestataires - notamment saint-simoniens, mais aussi fouriéristes - où se recrutaient beaucoup d'homéopathes permirent à l'homéopathie de s'étendre rapidement dans l'ensemble de l'Europe et du mondeUn médecin des lumières en quête de lois in http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=17999. En 1925, à Rotterdam, est fondée la Ligue Homéopathique Internationale. Diffusion en France Le comte Sébastien Des Guidi (1769-1863) Révolutionnaire napolitain exilé en France, où il fut naturalisé le II thermidor de l'an VI, le comte Sébastien des Guidi fut professeur de mathématiques puis inspecteur d'académie, et en 1820 -à - obtint les diplômes de docteur ès sciences et de docteur en médecine. Convaincu de l'efficacité de l'homéopathie lors d'un voyage en Italie, il commença à l'exercer en 1829, d'abord à Crest puis à Lyon, d'origine italienne, est souvent donné comme l'introducteur de l'homéopathie en France, à Lyon,en 1830. Il fonde la Société homéopathique lyonnaise qui sera plus tard à l'origine de la Société gallicanequi se réunira pour la première fois à Lyon en septembre 1833. Dès 1827 à Strasbourg Bigel écrivit sur les travaux de Samuel Hahnemann tandis que Paul Curie donnait des consultations à Paris dès 1824.. À partir de 1832, l'essentiel des œuvres d'Hahnemann commence à être disponible en FrançaisMaurice Garden, René Favier, Patrice Bourdelais, Olivier Faure, Un historien dans la ville, . Hahnemann lui-même s'installera à Paris en 1835. L'homéopathie pénètrera rapidement en France, à Paris - et à Lyon - bien sûr, mais aussi en ProvinceOlivier Faure Histoire de l'Homéopathie, in Un historien dans la ville.
L'homéopathie rencontra assez tôt l'opposition des autorités médicales. En 1835 l’Académie de médecine condamne l’homéopathie, ce qui n'empêchera pas cette dernière de prospérerd'après Olivier Faure in Un historien dans la ville. Fin 1858, à la suite d'un procès en diffamation intenté par douze homéopathes au journal l'Union médicale devant la première chambre du Tribunal civil de la Seine, l’homéopathie reçoit un « blâme » des tribunauxL'affaire naquit d'une critique portée sur la publication de De l'homéopathie, et particulièrement de l'action des doses infinitésimales du A. Magnan: .
En 1865, le Sénat de l’Empire émet un vote dilatoire publié dans le Moniteur universel. Le ministre de l’instruction publique autorise toutefois l’enseignement de l’homéopathie.
Le développement de l'homéopathie en France se fait par le biais de diverses organisations.
En 1833, Pierre Dufresne, de Genève, fondeOn trouve aussi que la Société gallicane homéopathique fut fondée à Lyon en 1833 sous l'impulsion de Sébastien Des Guidi cf http://www.bm-lyon.fr/decouvrir/collections/boiron.htm la Société Homéopathique Gallicane qui regroupe les médecins homéopathes francophones (Suisses, Belges et Français).